‹ Iconographie MolieresqueChapitre 133 sur 180 · Don Juan; dessiné par Maurin, lithogr. In-fol. obi · texte numérisé non relu

Don Juan; dessiné par Maurin, lithogr. In-fol. obi

On peut croire, comme la tradition s'en est conservée, que Molière, qui était bien loin d'être un impie et un athée, avait mis dans la bouche de son Don Juan quelques belles impiétés qu'il avait recueillies dans les dîners du cabaret de la Croix de Lorraine, où le très philosophe Desbarreaux , ainsi que l'appelait Chapelle , ne craignait pas de donner carrière à son fougueux athéisme. Il est à remarquer que cet illustre athée n'imita pas à son tour le Don Juan du Festin de pierre et se convertit pour faire une fin chrétienne : un mois après la mort de Molière, il mourut lui-même, à Chalon-sur-Saône, le 16 mai 1673. Tout le monde connaît l'admirable sonnet auquel est attaché le souvenir de sa conversion, mais on ne connaît pas cette petite pièce de vers, qu'il composa, en face d'un Crucifix, peu d'instants avant de rendre son âme à Dieu :

Ne regarde point mes forfaits :

Je sçay que du pardon ils me rendent indigne ; Regarde ta bonté qui ne tarit jamais.

Plus les péchez sont grands, plus la grâce est insigne. Pour l'amour de toy seul, non pour mon repentir,

Fais-m'en les effets ressentir.

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