‹ Iconographie MolieresqueChapitre 138 sur 180 · Costume et physionomie du Bourgeois gentilhomme · texte numérisé non relu

Costume et physionomie du Bourgeois gentilhomme

Gravure anonyme. In-18.

Cette gravure est en tète du Comédiana, de Cousin d'Avalon. Bibliogr. rnoliér., n° 1118.

673. Le Bourgeois gentilhomme. Trois gravures sur bois, par Thompson, d'après Granville.

Ces gravures accompagnent un article, intitulé : De la prochaine inauguratio?i du Monument de Molière, dans l'Illustration, journal universel, 1844, in-fol.

674. Psyché. Scène de la pièce. F. Ertinger inc. et fecit. In-i2.

Cette estampe se trouve, en tète de cet opéra, dans le tome II du Recueil général des Opéra (Paris, Ballard, 1703, in-U .

675. Psyché. Comédie-Française, août 1862. Gravé sur bois, par Best, Cosson, Smeten.

676. Les Festes de l'Amour et de Bachus. Scène du ballet. F. Ertinger inv. In- 1:2.

Cette estampe se trouve en tête de cet opéra, dans le tome Ier du Recueil général des Opéra (Paris, Christ. Ballard, 1703, in-12).

677. Scène des Femmes savantes (la lecture du sonnet, acte m, se. 2). Coypel del. Dagneau fec. Tiré du cabinet de M. Denon. Lithogr. In-4, en travers.

Fac-similé d'un dessin de Coypel. même composition que la gravure de la Suite d'estampes des principaux sujets des comédies de Molière, gravées par Joulain. Cette lithographie est tirée au-dessous du portrait de Molière, attribué à Séb. Bourdon , par Denon. et que M. Mahérault a reconnu être de Coypel.

Cette estampe a été publiée dans le grand recueil intitulé : Monuments des arts du Dessin chez les peuples tant anciens que modernes, recueillis par le baron Vivant Denon, lithographies par ses soins et sous ses yeux, etc. (Pa>~is, Brunet Denon, 1829, impr. F. Didot, In-fol., tome IV.)

Bussy-Rabutin. qui était un des admirateurs du génie de Molière,

a porte un jugement excellent sur la comédie des Femmes savantes,

dans une leur." du 2't mars Hi73 :

« Pour la comédie des Femmes savantes, je l'ai trouvée un des plus beaux ouvrages de Molière. La première scène des deux MMH est plaisante et naturelle ; celle de Trissotin et des Savantes , le dialogue de Trissotin et de Yadius, le caractère de ce mari qui n'a pas la force de résister en face aux volontés de sa femme, et qui fait le méchant quand il ne la voit pas, le personnage d'Ariste, homme de l>on sens et plein d'une droite raison, tout cela est incomparable. Cependant, comme vous le remarquez fort bien, il y avoit d'autres ridicules à donner à ces Savantes, plu naturels que ceux que Molière leur a donnés. Le personnage de Belise est une foible copie d'une des femmes de la comédie des Visionnaires. Il y en a d'assez folles pour croire que tout le monde est amoureux d'elles, mais il n'y en a point qui entreprennent de le persuader à quelqu'un malgré lui.

« Le caractère de Philaminte avec Martine n'est pas naturel. Il n'est pas naturel qu'une femme fasse tant de bruit et enfin chasse sa servante, parce qu'elle ne parle pas bien françois, et il l'est encore moins que cette servante, après avoir dit mille méchants mots, comme elle doit dire, en dise de fort bons et d'extraordinaires, comme quand Martine dit :

L'esprit n'est point du tout ce qu'il faut en ménage, Les livres quadrent mal avec le mariage.

« Il n'y a pas de jugement à faire dire le mot quart m-, par une servante, qui parle fort mal, quoiqu'elle puisse avoir du bon sens. M tis enfin, pour parler juste de cette comédie, les beautés y sont grandes et sans nombre, et les défauts rares et petits. »

678. Les Femmes savantes (scène de la lecture du sonnet de Trissotin). Cit. Leslie, R. A. pinxit. P. Light /<><>( sculp1. In-l.

on a fait un tirage de cette estampe, avec ces mots au bas : i Jules Renouard, Paris-, pour les Turquoises, poésies, contes et nouvelles, publ. par le bibliophile Jacob (Taris, librairie veuve Jules Renouard, 18G9, in-4).

679. Les Femmes savantes, dispute de Vadius et Trissotin ; lithogr. d'après le tableau àe Poterlet, ln-i.

L'auteur du Carpenteriann (Bosch. 'nui1 noua penaat d'affirmer que, ai Ifolière n'a pas songe a l'Hôtel da Rambouillet au mettant au théâtre lea Précieuses ridicules, il s'est attaqué an aététablea préàeuaea dana les Paaanea Mwnnv,'

Ifolière a joué, dana lea Femmes tavantes, l'Hôtel de Ram

MÛLIÉRESQUE. 301

bouillet, qui étoit le rendez-vous de tous les beaux-esprits. Molière y eut un grand accès et y étoit fort bien venu ; mais, lui ayant été dit quelques railleries piquantes de la part de Cotin et de Ménage, il n'y mit plus le pied et joua Cotin sous le nom de Trissotin et Ménage sous le nom de Vadius, qui, à ce que l'on prétend, eurent une querelle à peu près semblable à celle que l'on voit si plaisamment dépeinte dans les Femmes savantes. Cotin avoit introduit Ménage chez Mmc de Rambouillet. Ce dernier allant voir cette dame, après la première représentation des Femmes savantes, où elle s'étoit trouvée, elle ne put s'empêcher de lui dire : « Quoi ! Monsieur, vous souffrirez que cet impertinent de Molière nous joue de la sorte ? » Ménage ne lui fit pas d'autre réponse que celle-ci : « J'ai vu la pièce ; elle est parfaitement belle ; on n'y peut rien trouver à redire ni à critiquer. »

Les ennemis de Molière avaient essayé inutilement de le brouiller avec Pierre Corneille ; ce dernier lui restait toujours attaché par des raisons d'intérêt, plutôt encore que par des liens de sympathie mutuelle. Pierre Corneille ne pouvait se dissimuler que Molière, en donnant à la comédie un éclat inusité, avait mis dans l'ombre la tragédie, qui perdait de jour en jour ses plus fidèles partisans. De là le succès froid, sinon contesté, des pièces nouvelles que Corneille consentit à donner au théâtre du Palais-Royal. On peut juger, d'après cet extrait de la Lettre sur les affaires du théâtre, attribuée au comédien de Villiers, des moyens perfides qu'on employait pour irriter la jalousie du grand Corneille contre Molière :

« Il y a au Parnasse mille places de vides entre le divin Corneille et le comique Elomire (Molière), et l'on ne les peut comparer en rien, puisque, pour ses ouvrages, le premier est plus qu'un Dieu, et le second est auprès de lui moins qu'un homme, et qu'il est plus glorieux de se faire admirer par des ouvrages solides que de faire rire par des grimaces, des turlupinades, de grandes perruques et de grands canons. Le nom de M. de Corneille, que nous pouvons justement appeler la gloire de la France, est adoré dans toute l'Europe, et comme il a travaillé pour la postérité, tout le monde publie hautement qu'il mérite de l'encens et des statues; ses copies sont plus estimées que les originaux qu'Elomire nous veut faire passer pour des chefs-d'œuvre beaucoup plus difficiles que des ouvrages sérieux. Lorsqu'il dit qu'il les peint d'après nature, il confesse qu'il n'y met rien du sien, ce qui ne le doit pas tant faire admirer qu'il s'imagine. Il veut encore nous persuader, pour rendre sa cause bonne, que les François n'aiment qu'à rire, mais il fait voir par là qu'il les estime peu, puisqu'il ne les croit pas capable de goûter les belles choses. » Ce fut donc un coup de maître, de la part de Molière, que de solliciter la collaboration de Pierre Corneille pour la comédie de Psyché ; Corneille se trouva, en quelque sorte, subordonné à Molière, lorsqu'il accepta de travailler sur un plan que Molière avait fait ; ce dernier trouva là une occasion de

venir généreusement en aide à l'illustre poëte, qui arrivait à la vieillesse par le chemin de la pauvreté. Voltaire, dans ses Remarques sur Sertoritit, cite un mot de Molière, que l'écho des rivalités littéraires avait peut-être porté à l'oreille de l'auteur (VAttila : « Molière disait de Corneille, qu'il y avait un lutin, qui tantôt lui faisait ses vers admirables et tantôt le laissait travailler lui-même. »

Page 1