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A MOLIERE

En lui adressant an exemplaire du Tiikatrum uhiybbsa

VAKITATIS, SBTJ EXCDBSUS MORALES IN ECCLESIASTBM SALO-

HORI8 i Théâtre de la vanité universelle, ou paraphrase morale sur tEcclésiatte de Satomon).

Illustre Molière, prince du Théâtre comique, toi qui, su; au milieu «les applaudissements, qoub donnes à bafouer les ridicules de l'homme; toi qui, par tes sailliea el le brillanl de ton jeu, autnir el acteur à la fois, lais la censure de uns sottises; loi, le sommet et !<• dernier terme de l'art amusant, qui ne le cèdes à pas un drs anciena el qui défies tous tes rivaux ensemble, dussent s'unir aux Romains et aux Grecs, l<is Italiens et les Espagnole d'aujourd'hui, les Français même, dont la gloire est déjà si ode.

MOLIERESQUE. 335

Accepte-le, il n'est pas à dédaigner, cet enfant de ma Muse. Il a pour lui l'éclat d'une divine naissance. Le Ciel a fourni le sujet de mon livre, et celui qui l'en tira le premier est le Sage par excellence, Salomon, fils de David.

Au texte inspiré j'ai essayé d'ajouter quelque chose de l'homme, autant du moins que j'ai pu tirer de ma propre expérience, autant qu'il m'a été donné d'éclairer ces oracles, d'en sonder les profondeurs, d'en pénétrer les détours incertains, de marcher d'un pied sûr à travers ces voies entre-croisées.

Dans cette sorte de satire sacrée , le roi d'Israël démontre tout le vide des choses humaines ; j'ai pris le canevas et me suis mis à le broder avec l'aiguille du Phrygien. Entreprise téméraire, mais la louange ne lui aura pas manqué. Un peu de bruit peut-être et un certain éclat l'ont suivie. Si tes yeux veulent bien s'arrêter sur quelques-unes de ces pages , tu trouveras dans mon travail plus d'un rapport avec le tien. Et moi aussi, je censure nos façons de vivre. Et moi aussi, je chausse tantôt le brodequin, tantôt le cothurne, et, à la première page de mon livre, j'écris Théâtre, comme toi. N'eût-il de toi que ce seul trait, tu peux déjà t'y reconnaître.

Tu peux encore y reconnaître Lucrèce, Lucrèce ton poète, dont tu fais la traduction, surpassant, dans ton vers français, et l'énergie romaine et l'élégance latine.

Comme le visage des enfants garde une ressemblance du père et de la mère, cette ressemblance se conserve dans mon poëme, où je donne une imitation adoucie de Lucrèce , quand il m'est permis de le faire , quand ni la Religion ni la Doctrine ne s'en offensent ; quand nous marchons de concert, lui et moi, dans le domaine de la Nature.

Par quel autre don pourrait s'acquitter ma reconnaissance, après les admirables spectacles que tu nous offres sur la scène ? Chaque fois que je les ai vus, je suis rentré chez moi plus gai et meilleur, tant tu as l'art de mêler le sérieux au badin, l'agréable à l'utile, d'enseigner la règle du bien, de tracer la ligne de l'honodte, châtiant toujours le vice, et récompensant la vertu.

Et tandis que l'agrément de la scène redouble à devenir innocent, la morale y fait largement son profit, je ne dis pas pour ces mauvais estomacs, — et c'est le plus grand nombre, il faut le reconnaître, — qui changent en poison les sucs nourriciers, et,

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dédaignant le miel qui coule à ruisseaux dans l'Attique, aiment mieux s'abreuver de sa cigué.

Rien de si bon, qui ne devienne nuisible, perverti par un mauvais usage : toi aussi, Molière, au milieu du concert de louanges qui se fait autour de toi, tu ne saurais échapper à la malignité des langues; mais n'est-ce pas assez d'avoir pour soi les bons esprits et les juges équitables? Ce n'est pas la foule des sots qui dispense la gloire. Plaire aux princes du monde, voilà le succès qui passe tout. Toi, tu plais au Roi lui-même; sa haute faveur en est le témoignage. Tu charmes au dernier point son oreille délicate, tu amuses les loisirs qu'il s'accorde, tu le délasses de ses soins par tes soins, par ces divertissements qui sont ton labeur et ta peine. 0 dieux! ce seul poids dans la balance, comme il emporte le reste !

Que dirai-je enfin? En haut, en bas, au milieu, tu plais a toutes les classes, tant ton génie se rend souple et divers, large et profond, selon qu'il lui plaît, tant il a le don de s'ajuster et d'agréer à tous les goûts.

On est avide de t'entendre et de te lire. Tout le monde t'a dans la main ou dans la poche. Si l'on te ferme la porte, ce n'est que chez ceux qui ne te connaissent pas, qui, par prévention, se refusent à te connaître, qui ont en haine et en horreur jusqu'au nom de la Comédie; non sans raison toutefois, car il était jadis et il est encore aujourd'hui, dans ses traditions, de présenter au public bien des inconvenances.

Ces inconvenances , condamnons-les , mais à la charge des coupables, non pas à la tienne, û Molière 1

Le vrai, dans sa crudité, n'étant pas un mets que supporte tout le monde, tu sais y ajouter l'assaisonnement et le BeL Ton badinage est celui des honnêtes gens. Loin de toi les grossières équivoques 1 Ta plaisanterie entre claire et limpide dans les oreilles raffinées, et c'est ainsi que, avec une mesure parfaite, Lu n ce grand point d'allier la vérité mordante à la Bagesse aimable.

Portraits des auteurs anciens et modernes, dont Molière a traduit ou imité les ouvrages.

Nota. Cet Appendice, qui a été fait hâtivement à la dernière heure, pour satisfaire aux désirs de quelques moliéristes , devra être plus tard augmenté et perfectionné. Nous avons voulu seulement indiquer ici les séries de portraits, qui pouvaient être jointes à une Iconographie générale de Molière. Avouons, cependant, que les résultats n'ont pas répondu à nos efforts. Les catalogues d'estampes ne daignent mentionner que les portraits rares et remarquables au point de vue de l'art du graveur. Il est vraiment singulier qu'un amateur courageux et passionné n'ait pas encore entrepris un catalogue descriptif de tous ces portraits gravés et lithographies, en les classant, soit par ordre alphabétique, soit par ordre systématique. La collection des portraits, au Cabinet des estampes, compte plus de 120,000 portraits renfermés dans 800 volumes in-fol. max., et cette collection est bien loin d'être complète ; ainsi on n'y trouve pas plus de 60 portraits de Molière.

\ . Titus Lucretius Carus, auteur du poëme : de Natura rerum.

— Portrait de Lucrèce, dans un médaillon, tôtc de profil couronnée de lauriers et de fleurs, tournée à gauche. Le médaillon, posé sur un bloc de pierre où on lit cette inscription : les Œuvres du poète Lucrèce, est soutenu par le génie du Feu et le génie de l'Air. Au-dessous, sont les génies de l'Eau et de la Terre, représentés assis.

Dans le haut, la Nature, personnifiée, presse ses mamelles et répand son lait sur les quatre Éléments. Dessiné et gravé par Chauveau. Cette gravure sert de frontispice aux Six Livres de Lucrèce, de In Nature des choses, traduits par Michel de Marolles, seconde édition (Paris, Guill. de Luyne, 1669, in-8).

Est-il permis d'espérer qu'on retrouvera, un jour, la traduction en prose et en vers libres, que Molière avait faite du poëme de Lucrèce et que sa veuve vendit au libraire Barbin, qui n'osa pas la publier dans les Œuvres posthumes de l'illustre écrivain ? Il est certain que cette traduction était complète et que le libraire, qui en avait acheté le manuscrit 600 livres, refusa de l'imprimer, parce que le dogme de l'immortalité de l'âme était mis en doute par \o poëte latin. On peut supposer que Gassendi avait ajouté des notes à la traduction de son élève. L'abbé de Marolles, dans la préface de la seconde édition de sa traduction de Lucrèce (Paris, Guill. de Luyne, 1659, in-8), parle ainsi, par oui-dire, de la traduction de Molière, laquelle était déjà fort avancée à cette époque :

« On m'a dit qu'un bel esprit en fait une traduction en vers, dont j'ay vu deux ou trois stances du commencement du second livre, qui m'ont semblé fort justes et fort agréables. Je m'asseure que de ses bons amis, que je connois et que j'estime extrêmement, ne manqueront pas de nous dire cent fois que le reste est égal, ce que j'auray moins de peine à croire que le poëte n'en doit avoir eu à le composer, quoyque toutes les matières ne s'y trouvent pas également capables des mesmes beautez si l'on s'y est voulu servir du mesme style et que l'on ait eu soin de n'en point altérer le sens. » L'abbé de Marolles ajoute que Gassendi lui donna des conseils pour corriger sa traduction en prose, en lui parlant sans doute de celle que Molière avait entreprise avant lui :

« Il y a près de quatre ans, qu'ayant eu dessein de revoir ma traduction pour la rendre plus juste et plus correcte qu'elle n'estoit la première fois, je prontay des bons advis que m'en donna l'un des plus scavans hommes de son siècle, Pierre Gassendi, peu de jours avant sa mort. Il m'y marqua de M propre main tous les endroits, où il crut qu'il estoit nécessaire de retoucher, de sorte qu'en cela mesme il me donna beaucoup de marquée de sa bienveillance. »

Au reste, la traduction de Molière n'était pas ignorée de ses amis, comme Brossette nous l'apprend dans une note sur la Bâtira II de Boileau. (Voy. ion édition di I Boileau-Despréau:

lamenta historiques. |

« La Sam-.' a Molière, par Boileau, fui faite <•" 18M. La même année, L'auteur étanl chea M. du BroussinaTeo M. !«■ duc d

et Molière, ce dernier y devoit lire une traduction de Lucrèce en vers françois, qu'il avoit faite dans sa jeunesse. En attendant le dîner, on pria M. Despréaux de réciter la Satire adressée à Molière, mais, après ce récit, Molière ne voulut pas lire sa traduction, craignant qu'elle ne fût pas assez belle pour soutenir les louanges qu'il venoit de recevoir. Il se contenta de lire le premier acte du Misanthrope, auquel il travailloit en ce temps-là : disant qu'on ne devoit pas s'attendre à des vers aussi parfaits et aussi achevés que ceux de M. Despréaux, parce qu'il lui faudroit un temps infini s'il vouloit travailler ses ouvrages comme lui. »

Plus tard, l'abbé de Marolles, en publiant lui-même une traduction en vers du poëme de Lucrèce {Paris, Langlois, 1677, in-4), donna, dans sa préface, de nouveaux renseignements sur la traduction de Molière, qu'il ne parait pourtant pas avoir eu en communication :

« Plusieurs ont ouï parler de quelques vers, après la traduction en prose qui fut faite de Lucrèce dès l'année 1649, dont il y a eu deux éditions. Ces vers n'ont vu le jour que par la bouche du comédien Molière, qui les avoit faits. C'étoit un fort bel esprit, que le Roi même honoroit de son estime, et dont toute la Terre a ouï parler. Il les avoit composés, non pas de suite, mais selon les divers sujets tirés des livres de ce poète, lesquels lui avoient plu davantage, et les avoit faits de diverses manières. Je ne sais s'il se fût voulu donner la peine de travailler sur les points de doctrine et sur les raisonnements philosophiques de cet auteur, qui sont si difficiles, mais il n'y a pas grande apparence de le croire, parce qu'en cela même il lui eût fallu donner une application extraordinaire, où je ne pense pas que son loisir (ou peut-être quelque chose de plus), le lui eût pu permettre, quelque secours qu'il en eût pu avoir d'ailleurs, comme lui-même ne l'a pas nié à ceux qui voulurent sçavoir de lui de quelle sorte il en avoit usé pour y réussir aussi bien qu'il faisoit : leur ayant dit plus d'une fois qu'il s'étoit servi de la version en prose, dédiée à la sérénissime reine Christine de Suède; de laquelle quelqu'un avoit parlé si avantageusement, qu'il disoit n'avoir rien lu de plus utile ni de plus instructif, à son avis, depuis les livres sacrés des Prophètes. »

2. Publius Terentius Afer, auteur de comédies latines. — Portrait de Térence dans un médaillon, tôte de l'ace, avec cette inscription : P. Terentius Carthagin.Afer. Ce médaillon, soutenu par deux tritons mâle et femelle, est placé sous un cadre octangulaire , contenant la scène de la mort d'Amphion, qui se précipite dans la mer, avec cette inscription : Trahitur dulcedine cantus. Au-dessus, un écusson aux armes du Dauphin, soutenu

3i0 APPENDICE.

par deux génies ailés. F. Chauveau inc. I. Langluis sculp. In-4.

Cette estampe sert de frontispice à l'édition de Térence in usum Delphine (Parisiis, Fré«l. Léonard, U>7.">, in-4). Il y a aussi un frontispice gravé dans la traduction de Térence, par l'abbé de sfarolles [Pari», Pierre Lamy, 1G59, in-8), laquelle était certainement dans la bibliothèque de Molière, à qui l'auteur l'avait offerte en présent. Mais ce frontispice gravé ne se rencontre que dans bien peu d'exemplaires.

Nous ne saurions trop regretter la perte des papiers de Molière, où se trouvaient sans doute, non-seulement des essais de traduction de plusieurs comédies de Térence, mais encore des études sur ce poète qu'il avait en si grande admiration. Il n'a pas cependant mis au théâtre une seule pièce du Comique latia, mais il l'a sans cesse imité en détail, et les commentateurs ont indiqué à peine une partie de ces imitations. Les éditeurs de 1682 disent , dans leur Préface : « L'inclination qu'il avoit pour la poésie le tit s'appliquer à lire les poètes avec un soin tout particulier; il les possédoit parfaitement et surtout Térence : il l'avoit choisi comme le plus excellent modèle qu'il eût à se proposer, et jamais personne ne l'imita si bien, qu'il a fait. »

o 11 n'a manqué à Térence, dit la Bruyère dans ses Caractère» (chap. île la Comédie), que d'être moins froid. Quelle pureté, quelle exactitude, quelle politesse, quelle élégance, quels caract> ■: n'a manqué à Molière, que d'éviter le jargon et le barbarisme, et d'écrire purement. Quel feu, quelle naïveté, quelle source de la bonne plaisanterie, quelle imitation de mœurs, quelle! ini . quel lleau du ridicule ! Mais quel homme on auroit pu faire de Mi deux comiques ! »

Boileau partageait l'admiration de Molière pour Térence, et le BoUeana nous donne cette comparaison entre les deux maitres de la comédie ancienne et moderne :

« Une des lectures qui faisoit le plus de plaisir a M. I c'étoit celle de Térence. C'est un auteur, disoit-il, dont toutes les expressions vont au cour ; il ne cherche point à l'aire rire, ce qu'affectent surtout les autres comiques ; il ne s'étudie qui dire des choses raisonnables, et tous ses termes sont dans la nature, qu'il peint admirablement Le peuple romain, si estimable par

tant d'autres endroits, prenoit souvent le change 8UT le vrai mérite

du théâtre. Il rouloil rire, à quelque prix que ce fût. Et voila ce qui rendoit Térence plus merveilleux, d'avoir accommodé Le peuple a lui, sans s'accommoder au peuple ; el par la, disoil M. DespréauXj Térence B l'avantage sur Molière, qui certainement est un peintre

d'après nature, mais non pas si pan. ut que Térence, puisque Molière dérogeoil souvent à son génie noble par des plaisanteries

grossières qu'il hasardoii en laveur de la multitude, au lieu qu'il ne

faut avoir en vue que les honnêtes gens. Il louoit encore Térence de demeurer toujours où il en faut demeurer, ce qui a manqué à Molière. »

3. Marcus Ancus Plautus, auteur de comédies latines. — Portrait de Plaute, d'après un buste antique. De trois quarts, tourné à gauche. Au-dessous : M. Ancus Plautus. Ce portrait, gravé au burin, se trouve sur le frontispice de l'édition des Comédies de Plaute [Franco furti, 1610, pet. in-8).

Dans la traduction de Plaute, par l'abbé de Marolles {Paris, Pierre Lamy, 1658, 4 vol. in-8), chaque volume est orné d'un frontispice, dessiné par François Chauveau. L'estampe du premier volume (F. Chauveau fecit) représente la scène de Sosie et de Mercure dans Amphitryon, avec le plan d'un théâtre romain.

Molière n'a mis au théâtre que deux comédies de Plaute, Y Avare et Amphitryon, qui avait été déjà imité par Rotrou dans une comédie restée au théâtre et jouée encore à l'Hôtel de Bourgogne. Mais on peut croire que Molière avait commencé, dans sa jeunesse, d'autres imitations d'après les pièces de Plaute, et que ces essais se trouvaient parmi les nombreux manuscrits qu'il laissa en mourant, manuscrits qui passèrent dans les mains de La Grange et furent perdus, à la mort de ce dernier. Dans la Préface de l'édition de 1682, les éditeurs disent seulement : « Ceux qui connaissent toutes les beautés de son Avare et de son Amphitryon soutiennent qu'il a surpassé Plaute dans l'une et dans l'autre. »

Ce n'était pas tout à fait l'avis de Boileau, qui n'appréciait réellement que Y Avare. Le bolœana rapporte que, peu de temps après la brouille de Molière et de Racine, » Molière donna son Avare, où M. Despréaux fut des plus assidus : « Je vous vis dernièrement, lui dit Racine, à la pièce de Molière, et vous riiez tout seul, sur le théâtre. — Je vous estime trop, lui répondit son ami, pour croire que vous n'y ayez pas ri, du moins intérieurement. » Le Bolœana nous donne un jugement de Boileau, tout différent, sur Y Amphitryon :

« A l'égard de Y Amphitryon de Molière, qui s'est si fort acquis la faveur du peuple et même celle de beaucoup d'honnêtes gens, M. Despréaux ne le goûtoit que médiocrement. Il prétendoit que le Prologue de Plaute vaut mieux que celui du Comique françois. Il ne pouvoit souffrir les tendresses de Jupiter envers AIcmène, et surtout cette scène où ce dieu ne cesse déjouer sur le terme d'époux et celui d'amant. Plaute lui paraissoit plus ingénieux que Molière dans la scène et dans le jeu du Moi. Il citoit même un vers de Rotrou, dans sa pièce des Sosies, qu'il prétendoit plus naturel que ces deux de Molière :

Mi APPENDICE.

Et j'étois venu, je vous jure, Avant que je fusse arrivé.

Or voici le vers de Rotrou :

J'étois chez nous, longtemps avant d'être arrivé. »

Voyez le jugement de Bayle, mieux motivé et plus favorable, sur V Amphitryon de Molière. BibUogr. tnoliér., n° 1615.

. Quintus Horatius Flaccus, auteur des odes, des satires et des épîtres latines.

— Horace couronné par Apollon et recevant sa lyre des mains de la Muse. On lit, entre la Muse et le poëte : les Œuvres d'Horace, latin, français, première partie. Au bas, à gauche : F. C. in. et fe. Cette estampe de François Chauveau se trouve en tête des deux éditions (1657 et 1660) de la traduction des Œuvres d'Horace, par l'abbé de Marolles (Paris, Gut'U. de Luyne, 2 vol. in-8).

Molière, qui avait fait ses humanités au Collège deClermont. était « un fort bon humaniste », comme on le dit dans la Préface de l'édition publiée en 1682 par La Grange et Vinot, amis de l'illustre écrivain. «Le succès de ses études, ajoute Marcel, l'autour île cette Préface, l'ut tel qu'on pouvoit l'attendre d'un génie aussi heureux que le sien. Molière, on n'en sauroit douter, s'étoit passionné pour la poésie latine, avant du DP dans la poésie Françoise. Hor

le poëte favori des philosophes, fut certainement un des auteurs latins qu'il lisait le plus volontiers et qui convenait le mieux à la nature de son esprit. Sa bibliothèque d'Auteuil, suivant le témoignage formel de son Inventaire après décès, contenait un exemplaire in-i des Œuvres d'Horace, «"était, sans doute, une des éditions nvee commentaires, que les presses de Hollande ne cessaienl de reproduire dans le formai in-i, avant que ce format eût été absolument remplacé par les m-8 et les petits in-u elxeviriens. i>n doit bien penser que Molière avait aussi, dans sa bibliothèque de Paris, un ou plusieurs autres exemplaires d*HoraC6, en tonnât portatif, 1 1 1 : i i -> l'Inventaire ne le dit pas.

Depuis longtemps on a reconnu, dans le 9i* intermède dea Amantt magnifiques, une exquise traduction en vers dune ode d'Horat Molière avait intitule cette pièce : Dépit amoureux. « Il n'est pns

étonnant, dit AugUT dans une note ,1e son édition, de trotner Ifo

lière parmi les traducteurs de la charmante Ode d'Homes : D

ijmtus rrmn tihi. Klle l'avait frappe et inspire de bonne heure. H y avait découvert le germe de cette délicieuse scèno de brouiller

de raccommodement, d'où la comédie du Dépit amoureux tire son nom et son principal mérite, et qu'il a répétée, avec une admirable variété, dans Tartuffe et dans le Bourgeois gentilhomme. Il est à noter que l'imitation (de cette ode) porte le même titre que la pièce, où l'original parut développé pour la première fois par Molière. En voyant l'une et l'autre intitulées : Dépit amoureux, qui pourrait douter de la source où Molière a puisé pour sa comédie? » Mais, ce que ne dit pas Auger, c'est que les intermèdes des Amants magnifiques et ceux de George Dandin, ainsi que Mélicerte et la Pastorale comique, sont remplis d'imitations et de réminiscences horatiennes qui n'ont point encore été signalées. On peut affirmer que Molière a fait entrer dans la composition de ces intermèdes et de ces pastorales tous les petits vers galants qu'il avait rimes dans sa jeunesse et qui remplissaient son portefeuille.

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