Fauteuil de Modère, conservé à Pézénas } peint sur les
lieux, 1836. Map. Thomas. Lith. Caboche et 6'ic, place de la Bourse, 8, à Paris. In-8.
Publié dans le Monde dramatique, tome III.
Bi>>/i'>:/>: moliér., n° 1090.
Un autre fauteuil de Molière, dit Fauteuil du Malade imaginaire, subsiste encore et appartient à la Comédie-Française, quoique Taschereau et d'autres aient soutenu qu'il avait été brûlé dans l'incendie de l'Odéon en 1799. M. Edouard Fournier a prouve, d'après l'opinion de M. Régnier, que le fauteuil fut sauv.- dee Hamn que la Comédie possède encore cette vénérable relique du théâtre le Molière. Voy. !>' Roman de Molière, pp. 177 et suiv.
286. Une Tapisserie des Amours de Gombaut et de Macée, dont il est parlé dans Y Avare, et ayant appartenu a Molière, suivant son inventaire après décès.
curieuse Tapisserie, qui a été retrouvée par M. Achille Jubinal, (ht exposée, en 1&73, an Musée-Molière voy. I<> n° \ du 1 ■ dogue ; mais, comme l'a fait remarquer M. Sud. Soulié, l'Inventaire après décès de Molière ne mentionne pas cette Tapisserie, qui provient de l'ancien Garde-meuble de la Couronne.
Une autre Tapisserie représentant le même sujet, laquelle se trouve au Musée de Saint-LÔ, (ht envoyée s l'Exposition universelle de 1867. Voy. Bibliogr. moKir., a» liji.
MOLIERESQUE.
227. Tapisserie représentant les Amours de Gombaut et de Macée, gravure. In-8.
Cette gravure, exécutée à Grenoble, accompagne une notice de M. Gariel, sur cette Tapisserie.
Bibliogr. moliér., n° 1420.
228. La Sainte-Famille, tableau de Sébastien Bourdon, ayant appartenu à Molière.
Ce tableau, qui a passé clans le cabinet de M. Viardot et qu'on a pu voir au Musée-Molière en 1873 (n° 2 du Catalogue), fut découvert, à Paris, au mois de mars 1840. « Une marchande de vieilles peintures de la rue Dauphine, Mmc L. Deleuze, raconte M. Edouard Fournier dans le Roman de Molière, pp. 148 et suiv., le gardait depuis quelque temps, sans beaucoup s'inquiéter de sa valeur qui ne lui paraissait pas considérable. Cette toile, de 18 pouces de haut sur 15 de large, où la figure de saint Jean-Baptiste domine dans une Sainte Famille, n'était, pour elle et pour ceux à qui elle l'avait fait voir, qu'une assez faible composition dans la manière la moins soignée de Sébastien Bourdon. Elle n'avait pas trouvé d'acheteur et gardait le tableau. Un jour, en le nettoyant, elle arracha sur le revers quelques bandes de papier qui tombaient en lambeaux, et mit ainsi à découvert, sur la traverse supérieure, un fragment de ] parchemin, portant quelques lignes écrites à la main. Elle se hâta de lire et voici ce qu'elle lut :
Donné par mon ami Seu. Bourdon peintre du Roy et Directeur de l'Académie de peinture.
Paris, ce vingquatrieme de juin mil six cens septante.
J. B. P. Molière.
« C'était un cadeau que Bourdon, depuis longues années l'ami de Molière et plus tard son voisin (rue de Richelieu, Molière logeait près de Y Académie des peintres), lui avait fait, le jour de sa fête, à la Saint-Jean de 1670. »
On ne soupçonnait pas, lors de la découverte de ce tableau, qu'il pouvait être mentionné dans l'inventaire après décès de Molière, qu£ M. Eud. Soulié ne publia qu'en 1863 dans ses Recherches sur Molière et sur sa famille. <>n y trouve, en effet, cette mention (p. 273 de l'ouvrage) : « Item. Un grand tableau couché, de quatre pieds de long, d'une Famille de Jésus. » Les dimensions du tableau, données par M. Edouard Fournier (18 pouces sur lo), sont nécessairement fausses, si l'on veut reconnaître ce tableau dans celui que décrit l'inventaire, en lui attribuant quatre pieds de long. M. Eud. Soulié fait aussi remarquer que Sebastien Bourdon a bien été recteur île
l'Académie do peinture, mais non directeur. Ce ne serait là qu'une confusion de titre, qu'il faudrait rapporter à une erreur de Molière. L'inventaire signale , en outre, dans une autre chambre de l'appartement, sept tableaux peints sur toile, dont quatre couchés et les trois autres en hauteur, avec leurs bordures vernies ; parmi ces derniers, on trouve une Vierge, qui pouvait être aussi une Sainte Famille, non désignée, il est vrai, dans l'Etat des biens de M! lière, en lTO.'i, niais l'inventaire après décès du mari de celle-ci, Claude Rachel, sieur de Montalant, mentionne non-seulement In Vierge et l'Enfant Jëtut, mais encore une Sainte Famille , qui lui venait sans doute de la succession de sa femme.
Bibliogr. moliér., n° 1645.
229. Tableau, peint sur toile, représentant une scène de Y École des Maris, ayant appartenu à Molière.
Ce tableau, qui n'a pas encore été retrouvé, s'il existe encore, est mentionné dans l'Inventaire après décès de Molière. Voy. le cherches sur Molière et sur sa famille, par M. Eud. Soulié, page 273. On le voit reparaître dans l'Etat des biens de damoiselle Marie- Madeleine-Esprit Poquelin de Molière, avant son mariage avec Claude Rachel, sieur de Montalant, en ITO.i. Voy. ibid., page 334. Il est encore bien indiqué, en 1738, dans l'inventaire après décès du sieur de Montalant. Voy. ibid., page 353. Le sieur de Montalant avait laissé son héritage à Pierre Chapuis, comme ayant épousé une demoiselle Poquelin. « Il ne serait pas impossible, dit M. Eudore Soulié, que quelque descendant de cette famille possédât encore, sans en connaître la source, quelque revenu, quelque vieux meuble, quelque portrait de famille, peut-être même le tableau de Y Ecole des Maris, transmis d'héritier en héritier jusqu'à nos jours. »
Ce tableau n'étant pas décrit, on ne peut que faire des conjectures sur le sujet qu'il représente. Nous croyons que ce sujet n'est autre que celui que François Chauveau a grave lui-même, d'après une de ses compositions, pour la première édition de VEcoie des Marie, achevée d'imprimer le 20 août 1G61, deux mois après la première représentation. Cette gravure nous donne une idée de ce qu'était le tableau.
230. Tableau représentant l'Enlèvement d'Europe, ayant appartenu à Molière.
blean n'est pas mentionné dans l'inventaire après décès de Molière, où tous les tableaux, excepté celui ds ['École des Metrie, sont cités dune manière vague el incomplète; mais dans L'invea* taire iiu sieur de Montalant, qui avait conservé tous les meublée
de u femme el par conséquent ceux de Molière, on remarque,
MOLIERESQUE.
entre six petits tableaux miniature, le premier, représentant Y Enlèvement de Proserpine. Ce n'est pas l'Enlèvement de Proserpine, mais bien l'Enlèvement d'Europe, que ce tableau devrait représenter, si nous attribuons à Madeleine Béjart (le juré-priseur, Jacques Taconnet, a pu se tromper à ce sujet) ce madrigal, qui paraît adressé à Molière et qui est imprimé, avec les Stances de Boileau sur Y Ecole des Femmes, dans la première édition (p. 35, première partie) des Délices de la poésie yalante (Paris, Jean Ribou, 1666, 3 part, in-12, avec 2 frontispices gravés).
Mademoiselle B... à Monsieur M... en luy envoyant un petit tableau sur lequel estoit représenté l'Enlèvement d'Europe.
L'Amour, le plus petit des dieux, Qui força le plus grand, à change de nature , D'emprunter d'un taureau l'instinct et la figure , Pour de la belle Europe avoir vu les beaux jeux, Fut trop favorable à la flamme De ce maître du firmament.
Quoi ! pour un seul petit tourment , Faire dans les plaisirs nager toute son âme? Ce Dieu ne le méritoit pas, Puisqu'il est perfide et volage :
Mais, toi, que je tiens en servage, Et qui suis doucement son dessein et ses pas ,
Me voulant ainsi faire peindre, Si tu fais le taureau, j'aurai toujours à craindre, Car enfin si, comme ce Dieu, Tu pouvois avoir l'avantage Do m'enlever en Crète ou dans un autre lieu , Serois-tu caution que je t'y verrois sage?
Ce madrigal cache un reproche de femme jalouse, qui tient en gavage un amant : il mériterait d'être commenté, dans la biographie de Molière, à l'aide de la lettre de Chapelle à Molière.