‹ Iconographie MolieresqueChapitre 63 sur 180 · Décorations et scènes de la Nopcede Village, comédie · texte numérisé non relu

Décorations et scènes de la Nopcede Village, comédie

de Brécourt. Dessinées par l'auteur et gravées par

Le Pautre. 7 pièces pet. in-4, en travers, avec un

frontispice, in-8.

Ces charmantes gravures se trouvent dans quelques exemplaires de la première édition de cette comédie (Paris, Théod. Girard, 1666, in-12). On voit, dans chaque estampe, que le décor changeait à vue, au moyen d'une toile de fond. Les spectateurs privilégiés, qui étaient assis ou debout sur le théâtre pendant la représentation, sont représentés dans ces estampes, qui donnent une idée parfaite de l'aspect de la scène, ainsi que de l'ornementation architecturale de la salle du Palais-Royal, où cette comédie fut représentée, en 1663 ou 1664, et non au théâtre de l'Hôtel de Bourgogne, quoique l'auteur qui faisait partie de la troupe de Molière se soit engagé à l'Hôtel de Bourgogne, par contrat du 17 mars 1664, au commencement de la nouvelle année théâtrale.

242. La Mort de Pompée. A Paris, chez A. de Sommaville et A. Courbé. Au bas de l'estampe : F. C. in. etfecit. Gravure à l'eau-forte. In-4.

Cette estampe de François Chauveau, qui représente la scène de la mort de Pompée, telle que Philippe la raconte à Cléopâtre dans la première scène du oe acte de la tragédie de Corneille, se trouve en frontispice dans la première édition de cette tragédie, imprimée en 1644.

Le portrait du Foyer des artistes de la Comédie-Française, lequel représente Molière, couronné de lauriers, avec le costume de César, dans la Mort de Pompée, prouve que ce rôle tragique était un ses principaux rôles, comme l'indique aussi un passage de VImpromptu de l'hôtel de Condé. Nous ne doutons pas qu'on ne découvre, un jour, que Y Illustre Théâtre des Béjart avait pris cette qualification ambitieuse, parce qu'on y représentait surtout les tragédies de Pierre Corneille, qui furent réimprimées alors par les Elzevier de Leyde, avec le titre de l'Illustre Théâtre de M. Corneille (suivant la copie imprimée à Paris, 1644, pet. in-12).

243. Théâtre sur lequel la comédie et le ballet de la Princesse d'Flide furent représentés (à Versailles , dans la 2e journée des Plaisirs de l'Ile enchantée). Israël Silvestre delineavit et excudit. Cum privilegio Régis. Estampe double. In-fol.

C'est une des planches de la grande édition des Plaisirs de l'Isle

n ICONOGRAPHIE

enchantée, arec les gravures deuinéea et gravées par Silvestre P ta, Robert Bollord, 1664, in-fol.).

i texte de la Relation décrit ainsi ce théâtre improvisé : « Le Roy

fit donc couvrir de toilles, on si peu de temps qu'on avoit lieu de l'en étonner, tout le rond (environné de palissades, s'avancant toujours vers le Lac) d'une espèce de dôme, pour défendre contre le vent le grand nombre de flambeaux et de bougies qui dévoient éclairer le théâtre, dont la décoration estoit fort agréable. >.

Bibliogr. motiér., n° 103.

-2 14. I<es Plaisirs rie l'hle enchantée, ordonnez par Louis XIV, roy de France et de Navarre. A Versailles, le ti may 1664. Manuscrit grand-in-fbl de S7 IT. avec peintures à la gouache, armoiries, chiffres, et rel. en mar. r. a comp. el fil., dos et coins fleurdelisés, tr. d. Armes de Noailles.

Ce beau manuscrit, dédié au roi par le sieur de Bizincour, dont les armes sont peintes sur le frontispice, avait été exécuté, à grandfl frais, pour Anne, comte d'Ayen et duc de Noailles, qui était un des quatorze chevaliers de l'Ile enchantée, et qui, 9ous le nom d'Ogier le Danois, remplissait les fonctions déjuge des courses.

On ne savait pas ce qu'était devenu ce manuscrit, depuis qu'il avait figuré dans une vente de livres précieux, faite par le libraire Chardin en 1811 (Voy. la Bibliogr. moHéresque, 2e édit., p. 109). Nous avons constate, avec plaisir, en lisant le Catalogue de la Bibliothèque du château de Mouchy (rédigé par Léon Techener, 30 mai 1872, Typographie de Lahure, gr. in-8, pp. 44G et suiv. , que M. le duc de Mouchj était rentré en possession de ce superbe manuscrit que la Révolution avait fait sortir des archives de la famille de Noailles.

Voici, d'après le Catalogne de la Bibliothèque du château do Mouchy, la description de ce manuscrit, qui ne renferme pas malheureusement la vue du théâtre où furent représentées trois comédies de Molière, outre les trois premiers actes du Tartuffe.

manuscrit est entièrement calligraphié, et quelques mots de la dédicace au Roi sont eu lettres d'or. Ony trouve huit belles plan ches peintes a i,i gouache, ainsi que deux frontispices et quatorse emblèmes en médaillons, surmontés de devises écrites sur des ban demies cnb>riees . ipiinze armoiries et quatre chiffres, or et cou leur, suspendus a d'élégantes draperies; enfin, quarante-sept pi de \,-rs : épigrammes, madrigaux, quatrains, calligraphiés sur de riches manteaui déployés on sur des fragments de rouleaux, et un dialogue ds mi vers, entre Alcine, Célie el Dircé, à la louange ds Kem.'-inere (Anne d'Autriche . Les vers récités en l'honneur des

Reines par Apollon, les i/iintrr H></)ir<, les quatre Soitont, etc.. sont

MOLIKKESQUK.

du président de Périgny ; et les vers faits pour les chevaliers ont été composés par de Benserade. »

Les belles gouaches qui font l'ornement du manuscrit ne représentent pas la Prùicesse d'Èlide, ni le Tartuffe, dont les trois premiers actes furent joués aux Fêtes de Versailles ; la dernière seulement (fol. 81), représentant le palais d'Alcine, met en scène les trois comédiennes de la troupe du Palais-Royal, Mlle du Parc, MUe de Brie et Mlle Molière, qui récitèrent le dialogue d'Alcine, de Célie et de Dircé, en l'honneur de la Reine-mère. Malgré la petite dimension des figures, on peut supposer que ce sont des portraits ressemblants.

245. Plan de la Salle des Ballets à Versailles dans l'aisle du nord, projettée par M. Mansard. Dessin à l'encre de Chine. In-fol., avec d'autres dessins d'architecture, relatifs au même projet.

Louis XIV, peu de temps avant la mort de Molière, avait eu l'intention de faire construire dans le palais de Versailles une salle destinée à la représentation des opéras et des ballets, pour remplacer les théâtres mobiles qu'on dressait dans les jardins ou dans les cours du palais, chaque fois qu'on devait y donner une fête extraordinaire. Molière fut consulté, à ce sujet, par le roi, qui le chargea de s'en entendre avec Mansard, surintendant des bâtiments, et Vigarani, ordonnateur des fêtes de la cour.

Ce sont les projets de construction de ce théâtre, qui ont été retrouvés depuis peu d'années et qui sont réunis dans la Topographie de Versailles, au Cabinet des estampes de la Bibliothèque Nationale. Un seul de ces plans originaux offre une date : c'est le Profil intérieur de la Salle de Versailles, donné le 17 janvier 168G par Vigarani. Il faut citer aussi un dessin d'architecte, colorié, qui porte ce titre, d'une écriture du temps : « Plan de la petite salle des Comédies du château de Versailles et Rez de chaussée de la Tribune de Mm° la duchesse de Bourgogne. »

Sur une esquisse à la plume, nous avons trouvé la description suivante, qui peut offrir quelque intérêt, quoiqu'elle nous paraisse très-obscure :

« La salle de l'Opéra cont. 9 th. de large sur 17 th. 1/2 entre les murs.

« Le théastre a 30 pieds de long à l'orquestre, sur G th. 1/2 de large; pour les coulisses, a 12 pieds derrière.

« L'orquestre a 9 p. 1/2 de large sur 29 p. de long.

« Le parterre a 24 p. de long sur 39 de large, compris le dassoub des logea.

» L'amphithéastre, 16 p. sur 24 pieds de large.

« Il y a 15 logea à chacque estage, de 6 pieds de large chacune MU i |ii''ils.

« Le thénstiv a 7 th. de br.L-e sur \ù pieds entre les murs.

■ lu théaatn une celui de l'Opéra, sur 36 p. de

profondeur. L'orquestre, 7 p. sur 36 p. 'le longueur.

I • parterre, 56 p. il»- l":i- rar -". p. de large à la teste, compris l'amphitheastre de dessoub.

« Il v aura 1"» loges, compris celle du Roy et de la Rejne. « 3 loges pour les acteurs, au fond du theastre. » 3 loges au dessus. »

•'iti. Ballet <lt- Muses, allégorie pour les menus plaisirs du roi Louis XIV. Estampe gravée en 1666, par Dcpalmeus. lu-fol.

Le Ballet de» Muses, composé par Benserade avec le concours de Molière, fut r la première fois, le 2 décembre 1666, sur

un théâtre construit exprès, pour cette représentation, au château de Saint-Germain en Lave. Dans la troisième entrée de ce ballet, qui en avait treize, on intercala les deux actes de MeUeertt et une Pastorale comique, qui furent joues par la troupe de Molière. A la seconde représentation du Ballet des Muses, le 5 janvier 1667, on donna pour la première fois le Sicilien ou l 'Amour peintre, comédie

de Molière. H J' eut encore, en janvier et février, au château de Saint-Germain en Laye, sept autres représentations de ce même ballet, dans lequel dansait le roi, et chaque représentation amenait des changements et des augmentations de Bcènes, que Molière imaginait et faisail exécuter, de conceii avec Benserade. BibUogr. moKtr., n° 197 et 231.

-J i7. Les Festes de l'Amour et de Bacchus, comédie (sic), par

(Juinault, Molière et Lully.

C'est la 2e pi. de la Relation >/>• la Feste de Versailles, du 18 juillet mil six cens soixetÉe huit. (Par André Pélibien.) Paris, Imprimerie royale, 1679, in-foïï, flg (il), gravées par Le l'autre. Cet important ouvrage a été omis dans la Bibliographie moKéresque, où il aurait

du être placé après le n" 108.

La première esquisse de cel opéra, composée de scènes emprun- - aux anciens Divertissements de Chambord, de Versailles • Saint-Germain, rai représentée sur le théâtre du château de Versailles, avant la comédie de George Dandin, que Molière • troupe jouèrent devant le roi, peur la première fois, le 18 juil-

/ - de Î Amour et de Bacchus, représentée* cette oxmée (167J : bu quatre piè< es.

liècea .se trouvent indiquées ainsi, sans autri

MOLIERESQUE.

ment iconographique, dans le grand recueil d'estampes concernant l'histoire de France, formé par Fevret de Fontette. Voy. la Biblioth. historique de In France, par le P. Lelong, édit. de Fevret de Fontette (Paris, impr. de la veuve Hérissant, 1768-1778, 5 vol. in-fol., tome IV, Appendices, p. 70).

Lully fit représenter, en 1672, sur son théâtre de l'Académie royale de musique, à Bel-Air, cet opéra en trois actes, dont la première esquisse avait été jouée, devant le roi, dans le Grand Divertissement royal de Versailles, le 18 juillet 1668.

249. Premier Théâtre de l'Académie royale de musique, au jeu de paume de Bel-Air, près du Luxembourg, rue de Vaugirard. Estampe gravée vers 1672.

Nous n'avons jamais vu cette estampe, que possédait M. de Filippi dans sa précieuse collection théâtrale, vendue et dispersée en 1861.

L'ouverture de ce théâtre eut lieu le 8 avril 1672, en vertu du privilège spécial accordé à Lully, qui, l'année suivante, s'emparait du théâtre du Palais-Royal, trois mois après la mort de Molière. C'est à Bel-Air que fut représenté, pour la première fois, le 13 novembre 1672, l'opéra des Fêtes de l'Amour et de Baechus, auquel Molière avait contribué pour la plus grande part. On peut supposer qu'il s'était alors réconcilié avec Lully, en lui pardonnant d'avoir accaparé le privilège de l'Académie royale de musique, qu'ils avaient dû exploiter ensemble, et à frais communs.

Bibliogr. moliér., n° 206.

250. Elévation du fond de l'amphithéâtre de la Salle des Machines (au palais des Tuileries). — Elévation de la face. Deux pièces gravées par C. Lucas. (H. 220mm. L. 270mm.)

C'est sur le grand théâtre du palais des Tuileries, que fut représenté, pour la première fois, en janvier 1671, l'opéra de Psyché, composé par Molière, P. Corneille et Quinault, et mis en musique par Lully.

On a prétendu que Molière avait été chargé, par le roi, de diriger la construction de la salle des Machines, en 1660 ! On se fondait, pour appuyer cette étrange supposition, sur un devis d'architecte, au bas duquel Molière aurait écrit : « Ce devis me paroit bien entendu ; reste à sçavoir dans quel temps on rendroit les ouvrages. » Ce soi-disant autographe est évidemment faux. Ce qui eût été possible en 1670, ne l'était pas en 1660. Il est bien certain que le théâtre des Tuileries n'a pas été construit en 1660 et que Molière

icoNooR.winrc

n'avait ri-Mi à, v voir. La salle 'les Machines ne fut mise en état, que dans le cours de l'année 1070, sous la direction de Yigarani.

BibUogr. »i<>/i<ir., n» lG4o.

851. Troisième journée. Le Malade imaginaire, comédie représentée dans le jardin de Versailles devant la Grotte. Le l'autre scul/>s. ltiT.'i. Planche double. In-fol.

planche a paru dans les Divertissement de Versailles, don^ nrz par lr Roy ii toute sa Cour, au retour de la Conqueste de /" Franche-Comté en Vannée mik.i.xxiv. Paris, Imprimerie royale, 1675, in-fol. de 34 pp., avec pi, gravées par Le Pantre.) Mulière était mort depuis dix-sept mois, lorsque cette représentation du Malade imaginaire eul lieu a Versailles, sur le théâtre où il eût lui-même fait représenter sa pièce devant le roi, s'il avait vécu seulement quelques jours de plus. On doit imaginer que, pendant cette représentation, pour ainsi dire posthume, le souvenir de l'illustre comédien s'imposait à tous les spectateurs, surtout au moment de la • monie pendant laquelle il avait été frappé à mort.

Costumes et décors pour les comédie de Mulière et pour leur représentation à la cour de Louis XIV.

Ces dessins originaux de décors et de costumes, exécutés par les artistes qui travaillaient pour les fêtes de la cour, Sébastien Le Clerc, François Chauveau, Jean Le Pantre. Berain, Bonnart, etc., font partie d'un recueil célèbre, provenant des archives des Menusl ' isirs et \ •■min par le Domaine en 17!»J. lors de la suppression de cetie dépendance de la Maison du roi. Ce recueil, in-fol. maz., précède d'une note de M. de La Ferte, intendant des Menus, note datée île 1768, .avait passe dans les mains de Baptiste aine, sociétaire de la Comédie-Française, à la mort duquel il fut aoquii par M. de Soi. 'inné. Il est décrit dans le Catalogue de lu bibliothèque dramatique de ce célèbre amateur (tomeV, 1844. Estampes >■• dessins relatifs au Théâtre, n°77). On en trouvera une description plus détaillée dans le tome IV du Catalogne des livres imprimée, manuscrits, estampes, dessins, etc., composant la bibliothèque de M. C. 1 ber Paris, P. Jannet, ls.">J. in-8 . Mais ce recueil n'. «•te compris dans la cession de cette bibliothèque, achetée pu la

Ville de Poiien, et il a reparu dans une vente publique, où M. le baron Jami - P. de Rothschild en a fait l'acquisition.

A l'époqt ii s'ouvrit l'Illustre Théâtre, soui les auspices de

; Orléans, qui pavait une indemnité aux comédiens de cette nouvelle troupe, ceux-ci, étant ton pauvres, devaienl compter, pour leurs costumes, sur la générosité des seigneurs de i.i cour, qui leur donnaient des babits. Nous avons cite, dans la Jeunesse de MolUre,

MOLIERESQUE, 81

page 56, les Stances « à monsieur le duc de Guise sur les présens qu'il a faits de ses habits aux Comédiens de toutes les Troupes». C'est dans cette pièce anonyme, publiée, sans doute par du Pelletier, dans un Recueil de diverses Poésies (Paris, Toussaint du Bray, 1646, in-8), que le nom de Molière apparaît pour la première ibis, avec les noms de la Bejart et de Beys. Cette pièce n'est pas de Beys, comme nous l'avions dit, puisque Beys avait eu sa part dans les présents du duc de Guise et que la troisième strophe de ces stances (on ne l'a pas encore citée) est d'un comédien qui se plaint d'avoir été oublié dans la distribution des habits :

Grand duc, honneur de l'univers, Ayde-moi de quelque mémoire, Et considère que ces vers Sont les messagers de ta gloire.

Si pour obtenir un habit Les dames ont quelque crédit, Neuf Filles pour moy sollicitent, Que tu ne dois point refuser, Car c'est un prix qu'elles méritent, Pour le soing qu'elles ont de t'immortaliser.

Page 1