COSTUMES DE MOLIERE
DANS LES RÔLES QU'lL A JOUES.
253. Josaphat instruisant Barlaam. Vignon inventor. Pet. in-fol.
Nous avons vu cette gravure placée en tète du Josaphat de Magnon, tragédie représentée à Bordeaux par la troupe des Béjart et de Molière, et dédiée au duc d'Epernon. Le titre que nous avons conservé est écrit à la main, au milieu de la gravure, et cette écriture est bien contemporaine de l'édition in-4 publiée à Paris en 1646, avec la dédicace qui semble indiquer que Madeleine Béjart avait un rôle dans cette pièce. On peut supposer, sans trop d'efforts, que le rôle de Josaphat était joué par Molière, qui venait alors de faire représenter, à Bordeaux, sa Thébdide , cette tragédie dont le manuscrit a été peut-être entre les mains de Racine, lorsque celui-ci accepta le conseil de traiter le même sujet et de refaire cette tragédie, sur le plan de la pièce de Molière, pour le théâtre du Palais-Royal.
Molière avait toujours eu, dès sa jeunesse, le goût de la tragédie, mais il ne réussit jamais à la jouer d'une manière convenable; il
fut souvent sifflé à Paris, comme en province. C'est un fait certain,
quoiqu'on ne ifûrmé que dans VÉlomirt /n/i>r>condre de
de Chalussay. (Voy. acte iv. se. lrM Voici comment
impitoyable satirique raconte le retour de la Troupe des Bejart
i donnant la parole à Elomire :
tfeai y ravinâmes donc, seurs de faire merveille, Après avoir appris l'un et 1 autre Corneille;
! étoit déjà le bruit de mon renom.
Qu'on nous donna d'abord la Salle de Bourbon.
Là, par Héractiui, nous ouvrons ce théâtre
Loin que tout fust charmé, tout fut mal satisfait; Et par le coup d'essay que je croyois de maistre, le me vis en estât de n'oser plus paroistre. Je prends cœur toutefois, et d'un air glorieux, J'affiche, je harangue et fais tout de mon mieux. Mais inutilement je tentois la fortune:
Après Béraeliu», on siffla Rodogwu; Ciniin le fust de meame, et le Cid tout charmant . un pareil traitement.
tachant où m'en prendre, Je me »is su;- 1" point de me pendre.
Ce fut alors que Molière se tourna exclusivement vers la comédie, cl son succès De tit <[ii.> croître de j"ur en jour. Il se souvint qu'il avait étudie son art à L'école de Scaramouche et des maîtres de la farce, comme il le dit dans Élomire hypocondrt:
Et sans eux. ce talent cpie j'av pour le comique. Ce talent dont je char je t';iis la nique
Aux plus fameux vaut le berceau.
Eu malheureux mort-né, rencontré son tombeau.
adant il est Lien étrange qu'aucun des contemporains ne nous ait laissé une appréciation <lu talent Bcénique «le Molière; excepté dix vers de Montfleury sur l'exagération et les défauti son rival dans les rôles de tragédi -, on ne ~ait rien du jeu de ce fameux comédien, bî ce n'es) qu'il était incomparable dans le comique, et que s"n public riail aux éclats, dès qu'il paraissait en
mt pas, dans les écrivains du temps, • n'< -• tbinet . un
■ tir. 11 faut »nner que sa physionomie,
. - i pantomime, n'aient pas ete souvent reproduits st poptl-
lariséa par le dessin et la gravure. A S ttrtlle
de Simonin, on n'a pas une bonne estampe M
dan mouche.
. — Molière année 1638 . Cceuré dei. 1* million scu/jit. îravé sur acier, sous la direction de ■ fi coloriée La main par M Boddin. In-l.
Ce p Wt pour la
Galerie théâtrale ou Collection de portraits; en pied des principaux acteurs qui ont figuré... sur les théâtres de Paris (Paris, Bance aîné, 1812, 2 vol. in-4). La pi. porte le n° 68.
255. — Molière en 1658 (dans le rôle de Vuleain). Tire du cabinet de M. Soleirol. Impr. de Drouart, à Paris. In-S.
Ce portrait, tiré en bistre, a été fait d'après le dessin original, pour l'ouvrage de Soleirol : Molière et sa Troupe.
Ce portrait ressemble beaucoup plus au musicien Molière qu'à son illustre homonyme. Il est donc plus simple d'y reconnaître le musicien danseur et poète, qui aura joué un rôle de Vuleain dans quelque ballet de cour, à l'époque où ce Molière -là avait plus de réputation et de succès que le jeune comédien de l'Illustre Théâtre. On peut admettre pourtant que, dès cette époque, notre Molière figurait déjà dans les ballets et les mascarades que Gaston d'Orléans faisait représenter au Luxembourg. Nous sommes même convaincu qu'il avait un goût tout particulier pour les ballets, et qu'il en a composé plusieurs, avant de faire des comédies. M. Edouard Fournier, dans les notes de sa Valise de Molière, s'est rangé tout à fait à notre opinion. Le Bal/et des incompatibles prouve que Molière aurait admirablement réussi dans un genre qu'il n'a pu aborder qu'une seule fois, à la cour de Louis XIV, dans le ballet du Mariage forcé.
256. — Simonin ad vivum se. Fred. Hillemacher simile fec. anno 1869.Vray portraict de M. Molière en habit de Sganarelle, d'après la gravure de Simonin, qui est au Cabinet des estampes de la Bibliothèque Nationale; gravure à l'eau-forte. In-8.
Cette réduction, gravée en fac-similé, qui est en tête de notre Iconographie, avait été exposée au Musée-Molière en 1873. Voy. n° 36 du Catalogue.
La gravure de Simonin est décrite dans notre Iconographie, n° 3G : « Un autre habit pour le Cocu imaginaire, haut de chausses, pourpoint et manteau, col et souliers, le tout de satin rouge cramoisi. Une petite robe de chambre et bonnet de popeline. » Inventaire de Molière. Eu». SouliÉ, p. 278.
257. Molière, sous ses costumes de Mascarille et de Sganarelle, gravure de Chauveau, servant de frontispice à un recueil des Œuvres de Molière, public par Barbin en 1673 (sic). Et. David del. Tamisier se. In-8.
Cette gravure sur bois, exécutée en fac-similé, d'après le fron-
tispioe de l'édition des Œuvres, de 1666, se trouve dans le tome XXVIII du Magasin pittoresque, p. 280. Yoy. plus haut, le n° 39 de notre Iconographie.
258. Molière, dans le rôle d'Arnolphe de Y Ecole des femmes. En pied et assis, de profil, tourné à droite. Année 1670. Lithogr. signée Hic Lecomte. Lith. de Delpech. In-fol.
N° 52 dos Costumes de théâtre de 1G70 à L820, par H'« Lecomte. Le dessinateur parait s'être inspiré de la gravure qui est en tète de la l» édition de YEcolc tics femmes. Yoy. plus haut, dans notre Iconogrojiliie, le n° 38. Cette gravure a été reproduite en fac-similé dans la réimpression textuelle de la pièce, par les soins de M. Louis Lacour. Yoy. Bibliogr. moliér., n° 99.
259. Suite de 20 portraits en pied, représentant les principaux personnages des comédies de Molière, dessinés par Geffroy, sociétaire de la Comédie-Française, Maurice Sand et Allouard, gravés par Monnin, Maurice Sand et L. "YVolfF. hiip. Moine et Faiconer à Paris. Gr. in-8.
Ces figures, plus ou moins fantaisistes, qui sont coloriées dans l'édition des Œuvres publiée par Laplace, Sanchez et C'°, en 1871, avaient déjà servi à illustrer une première édition publiée par M'Uado, en 1868. Quelques-uns de ces portraits avaient paru d'abord, dans les Masques et Bouffons (Comédie- Italienne', de Maurice Sand (Paris, Michel Lévy, 1Sj9, 2 vol. in-8).
Bibliogr. moliér., n° 488.
Nous donnons ci-après le détail de quelques-uns de ces portraitscostumes, quoique le dessinateur ne se soit pas préoccupe de faire des portraits qui ressemblassent à Molière. Il n'a voulu que caractériser chaque personnage, en lui donnant la physionomie d< rôle et en lui attribuant son véritable costume, lésera. DOUX nous, une occasion de mettre en regard descostumi d'après la tradition de la Comédie-Française la description dos • itumes de théâtre trouvés ohei Molière et inventories après décès, en nous servant de l'Inventaire même, découvert et publie par Mi Recherches sur Molivrc et sur sa fa-
mille Taris, Ilacbette, 1863, in-8).
Bibliogr. moliér., n° 1043.