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FEMME DE MOLIERE

27i. Madame Molière, en costume de théâtre, manteau rouge à collet bleu. Au-dessus de sa tète, en lettres d'or : Mademoiselle Molière. Ancienne miniature.

Miniature sur vélin, appliquée sur bois. H. 19 cent. L. 15.

Ce portrait, qui appartient à M. Auguste Vitu, est le pendant d'un portrait de Molière, qu'il possède aussi. Voy. plus haut, n& 35.

Molière, lui-même, a fait "ttn charmant portrait de sa femme, dans le Bourgeois gentilhomme (acte III, se. 9), où elle jouait le rôle de Lucile, fille de M. Jourdain.

« Elle a les yeux petits. — Cela est vrai ; elle a les yeux petits, mais elle les a pleins de feu, les plus brillants, les plus perçants du monde, les plus touchants qu'on puisse voir. — Elle a la bouche grande. — Oui, mais on y voit des grâces, qu'on ne voit point aux autres bouches ; et cette bouche, en la voyant, inspire des désirs, est la plus attrayante, la plus amoureuse du monde. — Pour sa taille, elle n'est pas grande. — Non, mais elle est aisée et bien prise. — Elle affecte une nonchalance dans son parler et dans ses actions. — Il est vrai ; mais elle a grâce à tout cela, et ses manières sont engageantes, ont je ne sais quel charme à s'insinuer dans les cœurs. — Pour de l'esprit... — Ah ! elle en a, du plus fin, du plus délicat. — Sa conversation... — Sa conversation est charmante.

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— Klli> osi toujours - Veux-tu de ces enjouements épa-

nov toujours ouvertes? El vois-tu rien de plus imper-

tinent que les femmes qui rienl à tou) propos? — Mais enfin elle est capricieuse autant que personne au monde. — Oui, elle est ca; m demeure d'accord, mais tout sied bien aux belles,

on souffre tout des belles... »

l Molière esquissait de main de maître ce portrai mande Béjart, en 1670, il était encore brouillé avec elle, mais il n'avait pas cessé de L'aimer. Ce fut peut-être le portrait qui amena une réconciliation.

Un antre portrait, non moins ressemblant, a été tracé d'après nature, cinquante ans plus t ird, par M"c Poisson^ qui était, avec la veuve de Moliei-e, a la Comédie-Française.

« Elle avoit la taille médiocre, mais un air engageant, quoyque

c de très-j iche fort grande et fort plate, mais

faisoil tout av( . jusqu'aux plus petites choses, quoiqu'elle

se mist très-extraordinairement et d'une manière presque toujours

opposée a la mode du temps. »

Le ménage de Molière avait toujours été malheureux, comme on peut le voir dans la Fameuse Comédienne, ou Armande Béjart pas représentée sous des couleurs trop favorables. On peut donc faire la part de la malveillance systématique de l'autour anonyme. qui constate cette malveillance, c'est que la veuve de Molière ut très-honorablement, après la mort de son mari, et, devenue la femme de Quérin d'Ëtriché ou de Trichet, qu'elle aimait depuis longtemps, elle ne lit jamais parler d'elle, d'une manière fàch jusqu'à ce qu'elle B6 relira du théâtre, en 1694, à l'âge de 5] ou 53 Elle avait eu trois enfants de Molière; elle en eut un seul de second mariage. Ce dernier mourut en 1708, à^é de trente ans eni iron. Des trois enfants de Molière, il ue resta qu'une tille, Esprit- Madeleine, née en 1665, qui avait épouse, en 1705, Claude de Rachel, sieur de Montalant, el qui ne laissa pas de famille.

^T.'i. Portrait d'Armarule Béjart, peinture du temps, but toile.

Ce tableau, qui appartient à M. Arsène Hotl été exposé en

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