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Jacques Roiiault, philosophe, né en 1620, mort en

— Desrochers. Tn-8.

Jacques Rohault était, en 1668, un des plus anciens amis lière ; il est probable que leur liaison remontait au temps du collège. Lorsque Molière, touché des- embarras pécuniaires de son père, imagine, pour ménager la susceptibilité du vieillard, de lui faire trouver un prêt d'argent, dont il fournirait lui-même les fonds, c'est son ami Jacques Rouhault qu'il mel dans sa confidence et qu'il charge de prêter, en son privé nom, à Jean Poquelin, une somme de dix mille livres. Yov. les Recherches sur Molière, par Eud. Soulié, p. 65. On voit, dans l'Inventaire posthume de Molière, l'exemplaire du Traité de physique, que Bon ami lui avait offert ex dono autoris, Il est donc impossible que Molière ait eu la pensée de se moquer de

dtj G me on l'a supposé, en le prenant pour type

du Maître de philosophie dans le Bourgeois gentilhomme.

307. Toussaint Rose, secrétaire <lu cabinel du roi, président en la Chambre des Comptes en 1684; mort en

— II. Lochon, 1660. In-fol. — Landry, d'après S. Gribelin, 1665. In-fol.

lurions pu citer, dans le nombi [us Mo-

■ fréquentait, dil Tascherean, le président lement lié

l lespréaui el Racine. ■ Voy. dans ['Histoire de lu \ i$ de MoMirt, ht., p. m, l'anecdote relatire ■ la chanaon de Sganaralla, da

m malgré lui.

MOLIERESQUE. 113

308. Michel de Marolles, abbé de Villeloin, fécond traducteur et curieux passionné, né en 1600, mort en 1681.

— Mellan, 16-18. In-1. — Nanteuil del. et se. 1657. In-fol.

On a tout lieu de croire qu'il était lié avec Molière, puisque c'est le seul auteur contemporain qui ait parlé en détail de la traduction de Lucrèce, en prose et en vers, que le célèbre comique avait composée et que le libraire Cl. Barbin devait publier après la mort de l'auteur (voy. dans VHist. de ta Vie de Molière, par Taschereau, 5e édit., in-S, p. 108). C'est là tout ce qu'on sait de cette traduction, aujourd'hui perdue, que Michel de Marolles a eue certainement sous les yeux. L'abbé de Villeloin avait beaucoup de prédilection pour les Œuvres de théâtre, surtout pour les ballets. Ménage rapporte, dans le Menagiana, qu'il avait entendu Molière lire trois actes du Tartuffe, chez M. de Montmor, « où se trouvèrent aussi M. Chapelain, M. l'abbé de Marolles, et quelques autres personnes ».

309. Jean Chapelain, de l'Académie française, né en 1595, mort en 1674.

— Nanteuil del. et se. 1655. In-fol.

Une anecdote du Menagiana nous apprend que Chapelain, loin de garder rancune à Molière, après la représentation des Précieuses ridicules, où l'hôtel de Rambouillet était bien un peu en cause, applaudit franchement au succès de l'auteur. On voit, en effet, dans sa correspondance (encore inédite), qu'il avait beaucoup d'estime pour Molière. Il le recommanda, dans les Notes qu'il fournit à Colbert sur les savants et les lettrés qui méritaient d'être pensionnés par Louis XIV. Il avait placé Molière immédiatement après Corneille, avec cette mention : « Au sieur Molière, excellent poète comique, mille livres. » « En ce même temps (1663) , dit La Grange. M. de Molière a reçu pension du roi, en qualité de bel esprit, et a été couché sur l'Etat pour la somme de 1000 livres; sur quoi il fit un Remerciement en vers pour Sa Majesté. »

Bibliogr. moliér., n° 212.

310. Pierre Le Moine, jésuite, poëte, né en 1602, mort en 1671.

— J h fjuiif junior sculp. Dans un ovale d'architecture. 17S2. In-18.

Le P. Lemoine se trouvait à Rouen, ei dans l'intimité de Pierre Corneille, lorsque Molière passa, par cetio ville, avec la Troupe dos Béjart et de Dufresne, pour y faire la comédie. 11 avait été régent au

111 ICONOC.U.WHIK

Collège <le Clermont, il y avait connu Molière, il était poëte et prand poëte : il fut donc tout naturellement en rapport avec l'ancien élève des jésuites, avec l'auteur dramatique, avec le comédien, qui s'était faitremarquer et apprécier par Corneille, quand il jouait lies de ce grand homme sur l'Illustre Théâtre. Le Père Lemoine, qui imme nous le supposons, régent

d'un'' des classes d'humanités, dans laquelle se trouvait Mol au Collège de Clermont, adressa au prince de Conti une Elégie « sur trtie du Collège de Clermont, après ses études achevées ■ Voy. les Poésies du P. Pierre Lemoine, de la Compagnie de Jésus. Paris, Augustin Courbé, 1650, in-4, p. -ij:> et Buiv. Dans c< . une

des Muses, In plus belle des soiurs comme In j,lus discrète, la Poésie sans doute, dit au jeune condisciple de Molière :

11 te peut souvenir avec quelle tendresse

ouverné tes pas, j'ai conduit ta jeunesse ; Ta gloire et tes vertus me seront de mes soins D'éternels argnmens et d'illustres témoins. J'ay fait rtas, j'ay fait en cette gloire

Ce que fait le sculpteur en l'image d'ivi La matière en est riche, elle est née avi Mais la forme est de l'art, et cet art est de moy.

311. Ji:an Palaniat, auteur comique et poète, ne en lii.'.o, mort en 1721.

— Gravé pur Fî. Delvaux. 1786. On lit, au bas : « Ce Pl n'avait pas encore été gravé. » In- IX.

Palaprat raconte lui-même, dans la pi ses Œuvres, édit.

de 1712, comment il rat admis à vivre en pleine intimité avec M>-

lière et les Comédiens de la Troupe italienne. Voici ce passage précieux, qui n'a pas encore été cité : « Ce grand comédiei mille fois encore plus grand auteur, vivoil d'une étroite familiarité avec les Italiens, parce qu'ils étoienl bons acteurs el honnêtes pens : il y en avoit toujours doux ou trois S Q08 B0UpeT8, Molière

en étoit souvent aussi, mais non ps ivenl nue nom le sou-

liaitions, et mademoiselle Molièi acore moins souvent que lui;

mais nous avions toujours fort régulièrement plusieurs virtuoti (je puis me servir de cette expression dans la maison d'un Italv i

•ient les gens de Paris les [dus inities dans les ancien de la Comédie Françoise, les plus sçavans dan annales et qui avoienl fouillé le pins avant dans les Archives do l'Hôtel de Bouri ogne et du Marais. Ils nous entretenoient

l miupin, Q l tribus, < rivello, Spi-

e, du Docteur, du Capitan, Jodi i Cec rnier

norissoit plus que jamais; c'étoit le nom de théâtre ordinaire. , . ■] le tan; ;i brilloit tant à l'Hôtel 'Sne'

MOLIERESQUE.

Quoique Molière eût en lui un redoutable rival, il étoit trop au-dessus de la basse jalousie pour n'entendre pas volontiers les louanges rpi'on lui donnoit; et il me semble fort (sans oser pourtant l'assurer, après quarante ans) d'avoir oui dire à Molière, en parlant avec Dominico, de Poisson , qu'il auroit donné toutes choses au monde pour avoir le naturel de ce grand comédien. Ce fut donc dans ces soupers, que j'appris une espèce de suite chronologique de comiques jusqu'aux Sganarelle, qui ont été le personnage favori de Molière, quand il ne s'est pas jette dans les grands rôles à manteau, et dans le noble et haut comique de YEcole des femmes, des Femmes sçavantes, de Tartuffe, de Y Avare, du Misanthrope, etc. »

Bibliogr, moliér., n° 1493.

312. Jean le Royer, sieur de Prade, poëte et historien, né en 1624.

— Fr. Pica>t. In-8. Il est représenté à l'âge de 47 ans.

Molière s'était rencontré en Languedoc avec ce savant bel-esprit, qui se trouvait en relation d'études et d'amitié avec Ch. Beys et J.-B. Tristan l'Hermite , sieur de Souliers et de Vauselle. Ils se lièrent ensemble dès cette époque, et Molière fit représenter, en 1UG1, sur le théâtre du Palais-Royal, Arsace, roi des Partîtes, tragédie du sieur de Prade, qui avait fait imprimer déjà deux tragédies.

Ce poëte s'est montré peu reconnaissant pour Molière, qu'il ne nomme pas même dans ses Œuvres poétiques (Paris, Nie. et Jean de la Coste, 1650, in-4).

313. Dominique Bouhours, savant jésuite, né en 1628, mort en 1702.

— B. Bonvicini. In-i. — Et. Desrochers. In-8. — Hubert, d'après Jouvenet. In-fol.

Le P. Bouhours, qui avait peut-être connu le jeune Poquelin au Collège de Clermont, bien qu'il y eut entre eux une légère différence d'âge, se montra toujours le partisan et l'admirateur de Molière. C'était pourtant un jésuite, mais un jésuite lettré, bel esprit, homme de goût et homme de bonne société. Ménage, qui fut en querelle avec lui, après la publication des Doittes sur la Langue françoise, proposés par le l'. Bouhours à MM.de l'Académie, disait avec dédain : « Le P. Bouhours ('tait un petit régent de troisième, mais d >>u huit ans il s'esl érigé en précieux, en

H anl Voiture el Sarrasin, Molière el Despréaux, et eu visitant Les dames et les cavaliers. » Bouhours, quoique jésuite et précepteur des fils de Colbert, ne cacha pas qu'il était l'auteur de cette noble épitaphe de Molière :

116 ICONoiiKAI'IIIi:

Tu réformas et la Ville <n la Cour, • l.i récompi .-'iront un jour h.- leur peu de ■ tace.

11 leur fallut un comédien, Qui mil. ii les p.'lir, sa gloire et son étude. Mais. Molière, a ia gloire il ne masquerait rien, si. parmi lea défauts que tu peignis si hien, Tu Lea avoia repris de leur ingratitude.

::i i. Paui Pi llisson Fontaiuer, perte el littérateur, mcmbre de l'Académie française, secrétaire et favori de Foiniuet, né m lii-jf, mort en 1693.

— d. Edelinck, ni!»:;. In-fol.

Pellisson, qui était le secrétaire intime de Fouquet et aussi le secrétaire de ses commandements, avait aidé sans doute à t-i'-n disposer !<• surintendant on faveur de Molière. La Fontaine, le protégé de 1 le pensionnaire de Fouquet, n'avait pas été sans

doute étranger a l'accueil bienveillant que Molière trouvait au château de Vaux, après avoir été appelé plus d'une fois en visite, avec sa Troupe, a Dhôtel du magnifique et libéral ministre. Pellisson fut • ni- de Molière pour la représentation des / cheux, puisqu'il composa le prologue en vers de cette cou. prologue que la jeune Armande Béjart, costumée en naïade, prononça, d'un air héroïque, dans la mémorable Fête de Vaux. La Foutait, ntant les merveilles de cette Fête, dans une lettre à son ami Maucroix, parle de la pièce de Molière en ces termes :

n\ ouvrage

rivain. par sa manière, Charme à présent toute la Cour...

J'en suis ravi, car c'i si mon homme.

:it-il bien qu'autrefois

N.mx avons conclu dune voix

Qu'il alloit ramener en France Le bon goût et l'air '!•■ rérenoe?

Piebre liiuii.u.r, auteur du fameux Dictionnaire de lu Langue française, grammairien et traducteur, mort en 16 18, âgé tlt- 74 ans.

— Vivien p, .1. Langbit se. In-S. — Thomatsin, 1698.

In-x.

On p :• Pierre Richelel parmi les amis de Molière,

puisqu'il ne parle de lui et de ses ouvrages qu'avec éloge, ou du moins avec bienveillance, non-seulement dans le Dictionnaire (« Molière, dit-il, a l'ait un.' excellente oomédie du Mitanthroj

MOLIÈRESQUE. 117

où il a donné carrière à son humeur caustique contre un grand nombre de ses contemporains, mais encore dans son Traité de Versification françoise,et dans ses notes sur Les plus belles Lettres de la langue françoise. Molière, sans doute, lui avait rendu service, en se moquant de Cordemoy dans le Bourgeois gentilhomme, lorsque Richelet, proposé pour être sous-précepteur du Dauphin, se trouva en concurrence avec Cordemoy, qui fut nommé, à sa place, lecteur ordinaire de ce jeune prince, grâce à la protection de Bossuet. Richelet obtint seulement une place inférieure de maître de langue française, dans la maison de Monseigneur. Richelet, à l'article Comédien, cite cette épitaphe de Molière, Fameux comédien, épitaphe dont l'auteur n'est pas connu :

Passant , ici repose un qu'on dit être mort. Je ne sais s'il l'est ou s'il dort :

Sa maladie imaginaire Ne peut pas lavoir fait mourir.

C'est un tour qu'il fait à plaisir, Car il aimoit à contrefaire.

C'étoit un grand comédien.

Quoi qu'il en soit, ci yît Molière :

S'il fait le mort, il le fait bien.

316. Louis Bontemps, premier valet de chambre du Roi. — De la Live. In-8.

On peut se faire une idée des services ingénieux et indirects que Bontemps, en sa qualité de premier valet de chambre du roi, qui avait en lui toute confiance, put rendre à Molière, lequel sans doute eut occasion de le servir de la même manière auprès de Louis XIV. M. de Bontemps, comme l'appelle la Relation des Plaisirs de l'isle enchantée, fut le principal ordonnateur de cette fête magnifique, à laquelle Molière eut tant de part.

« Lorsque le Roy estoit le plus amoureux de Mad. de la Vallière, dit Trallage dans ses notes manuscrites, il la vouloit régaler de temps en temps de quelque nouvel spectacle ; c'est pourquoy il pressoit extrêmement Molière, qui travailloit nuit et jour, et dès qu'une scène étoit composée, il l'envoyoit aussitost à l'acteur ou à l'actrice qui la devoit représenter, pour l'apprendre par cœur. C'est une merveille comment il n'y a pas plus de défauts dans ses pièces, eu égard à la préoccupation avec laquelle elles ont esté faites. Tout autre que Molière y auroit échoué. Mais il avoitunart de donner de l'agrément aux moindres choses, parce qu'il les plaçoit avec esprit. »

317. Sébastikn Bourdon, de Montpellier, peintre ordinaire du Roi, recteur de l'Académie de peinture, né en 1616, mort en 1671.

lis icoNOGRArmr:

— Fait par H. Rigaud. Gravé par Laurent Cars, pour sa réception <'• V Académie en 1 7 ."î 3 . In-fol.

li> plus tonchanl de l'amitié qui existait entre S ibastien Bourdon, ■ inscription autographe,

(m'en n trouvée derrière an vieux tableau représentant une Sainte Famille : ■■ Donné par mon ami Séb. Bourdon, peintre du Roy, et Directeur de l'A ■ Paris, ce vingt-quatrième de

juin mil six cens septante. J. B. P. MoLmua.a Ce tableau appartient aujourd'hui à M. Viardot. Voy. plus haut, nn J2s. Voy. aussi le Roman de Molière, par M. Éd. Fournier, p. 148 et suiv. Bibli .. n" 1645.

318. Pierre Mignard, de Troyes, premier peintre du Roi, membre de l'Académie de peinture, nr en HïlO, mort en I1

— P. Mignard pinxit. C. Vermeulen sculptU, 1600. In-fol. — Edelinck, d'après Mignard. In-fol. — Schmid, d'après Rigaud. In-fol.

i nage le plus éclatant de l'amitié de Molière pour Pierre Mignard est ^m poème de la Gloire <lu Val-de-Grâce. i itié datait de 1657, à l'époque où, revenant d'Italie, Mignard

contra Molièi I sa Troupe à Avignon : « Ci si 1 i, dit Tasche-

reau 3e édit. de VHist. <!<' lu vie de Molière^ p. -I . c'est là que se contracta entre ces <l«'u\ hommes célèbres une union qui concourut à leur gloire mutuelle; Mignard Laissa à la postérité le portrait de son ami; Molière, nouvel Arioste d'un autre Titien, m son

me du Val-de-Gi rer le talenl de >'>n peintre.

319. Dents Thiebry, imprimeur-libraire, un des jn. consuls de la ville de Paris, mort pu 171-2.

— Dionysius Thierry, consularis jurisdictionù Parùiensis prxfectta, 1689. Ferdinand pinx. 1690. Cl. Dufios si ulp. 1711. In-fol.

nu un privilège en 'ht.* An IS mars 1671, pour faire imprimer ses Œuvres complètes, mais il ne s'occupa de cette édition que peu de in^i^ avant sa mort, n en avait préparé le texte et il la faisait imprimer, à ses frais, chei Denya Thierry, lorsqu'il mourut presque subitement. » Voy. la Vi I i Htion originale </<•* Œuvre» de Molière, étude bibliographique par P. L. 1 bibliophile, p. 15.

Bibliogr. moliir., n° 1722.

320. François Chauveau, peintre, graveur du roi, membre de l'Académie de peinture, né en 1613, mort en 1676.

— Le Febvre pinxit. L. Cossinus fecit, 1668. Boudan excudit. In-fol. — Gravé par Edelinck. In-fol.

Chauveau, qui vivait dans l'intimité des poètes et des littérateurs de son temps, et qui avait toujours le crayon ou le burin à la main pour illustrer leurs ouvrages, a connu Molière et s'est lié avec lui, dès que Molière se fut produit comme ami des lettres et des arts, comme auteur dramatique et comme acteur. La grande pièce gravée par Chauveau, en 1065, pour la Confrérie de l'esclavage de Notre- Dame de la Charité, avec des vers signés du nom de Molière, prouve • que l'artiste pouvait s'adresser avec confiance au poète, qui était alors en pleine vogue. C'est à lui que Molière, en revanche, demanda deux frontispices gravés à l'eau-forte pour l'édition de ses Œuvres, publiée en 1666. Chauveau fit, en outre, plusieurs gravures pour les premières éditions de plusieurs comédies de Molière.

Nous trouvons, dans nos notes, que Chauveau aurait fait un portrait de Molière, sans nom, que les Iconographes ont décrit ainsi : « Un homme assis dans un jardin ; il tient un livre et parait méditer. » Pièce en hauteur. Cette pièce n'est pas dans l'Œuvre de Chauveau, au Cabinet des estampes de la Bibliothèque Nationale.

321. Louis-Victor de Rociieciiouart , duc de Viyonhe, maréchal de France, né en 1636, mort en 1688.

— Gravé par un anonyme (H. Bonnart?). In-i.

« Le maréchal de Vivonne, connu par son attachement pour Boileau et par les grâces de son esprit digne d'un Mortemart, voua une vive amitié à notre auteur, et, selon l'expression de Voltaire, vécut avec lui comme Lélius avec Térence. » Hist. de la vie de Molière, par Taschereau, 5e édit., p. 137.

322. Bernard de Nogaret de la Valette et de Foix, duc d'Epernon , colonel-général des armées du roi, gouverneur de Guyenne, né en 1592, mort en 1661.

— Michel Lame, 1627. In-fol. max. — Nanteuil, 1650. In-fol. — Beaubrun p. Le Brun de/. Palliot se. In-fol. — Miynard p. Van Schuppen se. 1661. In-fol.

« Le sieur Molière, dit Trallage dans ses notes manuscrites, commença à jouer la comédie à Bordeaux, en 1044 ou 45. M. d'Espernon estoit pour lors gouverneur de Quienne. Il estimoit cet

120 ICONOGRAPIIIi;

acteur, qui lui paroissoit avoir de l'esprit. La suite a fait voir qu'il trompoit pas. »

323. Charles de Saihte-Maube, duc de Monlausier, gouvemeur du Dauphin, né en 1610, mort en 1690.

— S. Frosne, 1659, d'après Vaillant. In-fol. — Grigmm, d'après Le Febvre. In-fol. — Tardieu, d'après Ferdinand. In-i.

« Molière lit le Misanthrope, «lit Saint-Simon dans ses notes sur le Journal de Dangeau. Cette pièce fit grand brait et eut un grand suc-

i Taris, avant d'être jouée à la Cour. Chacun reconnut lf.de

Montausier, qui le sut et B'emj [u'à faire menacer Molière

de le faire mourir sous le bâton Enfin le Roi voulut voir le Misanthrope, et les frayeurs de Molière redoublèrent étrangement.... M. de Montausier, charmé du Misanthrope, se sentit si obligé qu'on l'en eut cru l'objet, qu'au sortir de la comédie il envoya chercher

Molière il lui dit qu'il avoit pensé à lui en faisanl le Misanthrope,

qui étoit le caractère le plus parfaitement honnête homme qui pût être, et qu'il lui avoit fait trop d'honneur et un honneur qu'il n'oublieroit jamais. »

Le Misanthrope fut représenté, le 4 juin 1666, sur le théâtre du Palais-Royal, mais, comme le dit Grimarest, Molière avait lu sa pièce Ute la Cour, avant cette représentation, qui ne réussit pas. « Le Misanthrope, dit Taschereau, est une véritable galerie des tr et des ridicules alors en faveur à la Cour. » On comprend que les ennemis de Molière aient essayé de nuire à son succès, en cherchant à reconnaître dans les personnages de la comédie quelques grandi seigneurs et quelques grandes dames de la Cour. On disait donc tout haut qu'Alceste n'était autre que le duc de Montausier, Oronte le duc de Saint-Aignan, Célimène la duchesse de Longoeville. « Le lendemain de la première représentation, qui fut très-malheui raconte Louis Racine dans les 1/ es sur In vie de Jean Racine,

un homme qui crut faire grand plaisir à mon père, courut lui annoncer cette nouvelle, en lui disant : « La pièce est tombée ; rien n'est n froid, TOUS devea m'en croire; j'y étais. — Vous \

reprit mon père, et je n'y étais pas; cependant, je n'en croirai rien, parce qu'il est impossible que Molière ait fait une mauvaise e. »

o-2i. Ninon dbLkkclos, l'Aspasie française du 17° siècle, née bu 1 616, morte <in 1706.

— Sc/miidt, d'après I-Yrdinand. Pet. in-i. — Gravé

par Masquclier , d'après Raoux. In-8. — Gravé par Thomas Worlidge, à la pointe sèche, dans la manière de Rembrandt. In-8.

La chambre de Ninon ne désemplissait pas de beaux esprits, comme pour faire concurrence à la fameuse chambre bleue de l'hôtel de Rambouillet. Molière, dès ses premiers succès de théâtre, fut présente à Ninon, qui ne fut pas étrangère ni même inutile à sa réputation. « Il lui soumettait tous ses ouvrages, dit Taschereau (5e édit. de YHist. de la vie de Molière, p. 136), et attachait d'autant plus d'importance à ses avis, qu'il la regardait comme la personne sur laquelle le ridicule faisait une plus prompte impression. » L'abbé de Châteauneuf, qui rapporte ce fait comme le tenant de Molière même, ajoute que ce dernier étant allé lui lire son Tartuffe, « elle lui fit le récit d'une aventure qui lui était arrivée avec un scélérat à peu près de cette espèce, dont elle lui traça le portrait avec des couleurs si vives et si naturelles, que si sa pièce n'eût pas été faite, disait-il, il ne l'aurait jamais entreprise, tant il se serait cru incapable de rien mettre sur le théâtre d'aussi parfait que le Tartuffe de Ninon. »

325. Marie-Catherine des Jardins, plus tard dame de Villedieu, née en 1640, morte en 1683.

— Gravé par Desrochers. In-4.

Il est certain que Mlle des Jardins avait été comédienne en province dans la Troupe de Molière, qui fut en galanterie avec elle, si l'on ajoute foi à l'anecdote racontée par Tallemant des Réaux (Historiettes, édit. de Paulin Paris, tome VII, p. 256). Quoi qu'il en soit, Molière fit acte de souvenir et de bienveillance, en faisant représenter, par. la Troupe du Palais-Royal, le Favori, comédie de Mlle des Jardins. Celle-ci, il est vrai, avait contribué au succès des Précieuses ridicules, en publiant le Récit de la farce des Précieuses.

Bibliogr. rnoliér., n° 1206.

Nous voyons, dans un recueil de Mélanges, écrit au xvne siècle {Bill, de l'Arsenal, Mss., B. L. F., in-fol., 364 ter), que Mllc des Jardins, devenue Mme de Villedieu, était « grande, bien faite, fine, railleuse, délicate en sentiments ». François de Callières, qui paraît l'avoir beaucoup connue, lui a consacré cet Eloge, en la rangeant parmi les Muses de la France :

Villedieu, de l'amour et victime et prêtresse, Sans le secours du Dieu des vers, Célébra par tout l'univers Les vifs accès de sa tendresse :

Elle lui tint lieu d'Apollon, De Muses du sacré Vallon ;

i:: ICONOGRAPHIE

Et cotte nouvelle Corinne A fait écouter ses doux chants.

Et t'eal [la. 6e enfin mit la double Colline Par ses «'■■ toncht ns.

326. CATHERINE MlGNARD . fille du peintre , mariée au comte <le Feuquières, née en 1657, morte en 171-2.

— Mignardp. Daullésc. 1735. In-fol.

« L'auteur d'un recueil de prose et de vers, YAnonimiana Taris, Pépie, 1700. in- 11' . prétend que Molière était épris des charmla tille de son ami Pierre liignard . mariée depuis a M. J.' I-Vuquières. Noua n'ayons découvert aucun passage d'auteur contemporain, qui puisse venir le moins du monde a l'appui de cette assertioi . ulement qu'elle fut marraine du troisième et dernier

enfant de Moli I deVHist.d ' ■• • M ère, par Tas

reau, ,p. Jls. \ < <ii i l'acte de baptême, découvert par Beffara

dan • Eustache :« Du samedi, premier

1672, i i i-Baptiste-Arniand, né du jeuili,

15 do mois passé, Ris de Jean-Baptiste Poquelin Molière, valet de chambre et tapissier dn Roy j el d'Armande-Claire-Elisabeth Béjart, sa femme, demeurant rue de Richelieu. Le parrain, messire Pierre Boilean, conseiller du Roy en ses Conseils, intendant et contrôleur généra] de l'argenterie et des menus-plaisirs et affaires de la chambre de S. M. La marraine, Catherine-Marguerite Mignard, tille de Pierre Mignard, peintre du Roy. « 1 signé : J.-B. Poquelin

Molière, Boilean et Catherine Mignard. Cet enfant mourut dix jours après son baptême. Catherine Mignard épousa, en 1698, comte de Feuquières; elle avait alors près de quarante ans. Saint- Simon dit, au sujet de i . qu'elle « était encore belle, et que Bloin, premier valet de chambre du roi, l'entretenait <l longb mps, au vu et au su de tout le monde. » Molière n'était plus là pour y voir.

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