‹ Iconographie MolieresqueChapitre 79 sur 180 · Mmi de la Sablière, l'amie de La Fontaine, morte en · texte numérisé non relu

Mmi de la Sablière, l'amie de La Fontaine, morte en

— Portrait dessiné par Colin, 18S3, gravé par Tony Johannot. ln-s. — Iithogr. de Delpech. In-fol. el in-8.

le la Sablière, l'amie fidèle de La Fontaine, ne pouvait être

l'amie de Molière, qui fréquentait souvent sa maison:» Il est

a»>''/ bien établi, dit M. Taschereau dans la ■">•■ eiln.de fflistoirtdt

de Volière p. 225 . que le latin macaronique de la burlesque

cérémonie, par laquelle Molière eut l'idée de terminer son Malade

imaginaire, fut improvisé en commun, à un souper, chea Mm' de la

, ou. se trouvai t, entre autres convives, avec Ninon de '. cloa, Molière, Boileau, et, on l'en a a. -ruse, le médecin Mauvillain. ■

MOLIÈRESQUE. 123

Les relations polies et sympathiques qui existaient entre Molière et Mme de la Sablière avaient commencé sans doute à l'époque où il faisait, en petite mité, des lectures de son Tartuffe, dont la représentation était interdite par ordre du Roi. La Fontaine l'avait décidé sans peine à l'aire une de ces lectures chez Mmo de la Sablière, qu'on appelait, du nom de son mari, Mmc de Rambouillet. On trouve cette mention dans le Registre de La Grange, au 16 mars 1664 : « L'Escol/e des maris et l'Impromptu, chez Mme de Rambouillet, 330 livres. »

328. Élisabetu-Sophie Chéron, femme de Jacques le Hay, musicienne, peintre et poëte, membre de l'Académie de peinture, né en 1648, morte en 1711.

— Portrait peint et gravé par elle-même en 1693. In-fol. — Bricard, d'après San terre.

Mllc Chéron, élève de C. Lebrun, avant son mariage avec Jacques le Hay, prit fait et cause pour son maître, que le poème de la Gloire du Val-de-Grâce avait vivement ému et affecté, car il se trouvait entièrement sacrifié à Mignard dans ce poème où il n'était pas même nommé, quoiqu'il fût alors premier peintre du Roi. Mlle Chéron composa donc une réponse en vers, assez faible, toute en l'honneur de Lebrun^ et elle l'envoya manuscrite à Molière, qui devint depuis un de ses amis. Cette réponse n'a paru que longtemps après, en 1700, dans un recueil intitulé VAnonimiana, (font Mlle Chéron pourrait bien être l'auteur. Le brouillon autographe, chargé de ratures, se trouve dans les Mélanges inédits de Trallage, à la Bibliothèque de l'Arsenal. Le début de ce poème intitule : la Coupe du Yal-de-Grùce à M. de Molière, est un éclatant éloge de l'auteur de la Gloire du Val-de-Grâce ; en voici les premiers vers :

Esprit de nos jours le plus rare,

Toy de qui la plume sépare

Ton nom d'entre tous les Acteurs,

Pour le mettre au rang des Autheurs ;

Toy qui sans effort de ta veine

Corriges la nature humaine,

Et qui par un art merveilleux

Joins au plaisant le sérieux;

Qui critiques sans complaisance

Toutes les sottises de France...

Bibliogr. moliér., n° 1195.

329. Gaston de Franck, nue d'Orléans, fils de Henri IV, né en 1608, mort en 1660.

— Michel Lame del. et se. In-4. — Lasne, d'après

m ICONOGRAPHIE

Fr. Chameau. In-fol. Dans une Thèse. — Yaidyck p. Yosterman se. In-fol. — Puilly se. In-fol.

temps avant que M. Eudore Soulié eut découvert les documents qui ont jeté un nouveau jour sur la jeunesse de Molière, nous ferions entrevu que Gaston d'Orléans avait été le premier pro-

'■'îir de V Illustre Théâtre Bi de Molière, car Madeleine Béjart fut la maîtresse en titre d'Esprit do Raymond, baron, puis comte de Modène, et ce dernier était gentilhomme de la chambre de Gaston d'Orléans. Nous voyons, en effet, dans on acte notarié du 17 septembre 1644, publié par M. Eud. 8oulié, qu'un des associés de Molière, Germain Clérin, est qualifie « comédien de l'Ilhutre Théâtre, entretenu par Son Altesse Royale ■ On s'explique ainsi comment les acteurs de l'Illustre Théâtre étaient appelés sans

•••• ru visite, au Luxembourg, ou ils jouaient non-seulement des tragédies et des comédies, mais encore des ballets et des pièces en musique.

330. François de Bbautillibr, duc de S'-Aignah, lieutenant général des armées du roi, premier gentilhomme de la chambre du roi, ami et protecteur des poètes et des littérateurs à la Cour, né en 1610, mort en 1687.

— BcUthasar Montcornet excu. In-1. — Larmetsm. In-4. — Michel Lame. In-8. — Daret, 1645. In-4.

Le duc de Saint-Aignan, qui composa, pour 1. - Fêtes de Versailles de 1664, la scène des Deux Nymphes avec Alcine M"1' Molière jouait le rôle de Dircé), était trop amoureux de la poésie pour ne

• avoir pris Molière en grande amitié : oc qui le prouve, c'esl que les ennemis de Molière ■ de lui faire tort auprès de ce

puissanl protecteur, en disant que le personnage d'Oronte, dans le M umthrope, avait été compose d'après le «lue de Saint-Aignan. Cependant, dit Qrimareet, « Molière avoil lu son Misanthi toute la Cour, avant que de le faire représenter, et le duc de Saintconnu sous les traits d'Oronte ; il sut donc mauvais gré a ceux qui s'obstinoienl a le reconnoltre, et il n'en

voulut pas A Molière. ..

Le duc de Saint-Aignan se mêlait de faire des comédies, et il en

fit représenter une, a beaux deniers comptants. <>n lit dans le

nge : ■ Le jeudy, 10 janvier I6tu, joue dans

lie, au Palais Royal, pour le Roy, la Bradamante ridicule,

qui non-, innée et < ommandé de la jouer, par If. le duo

de S iint-Ai| a in, premier gentilhomme de la chambre du Roy, qui

■it donne cenl louis d'or a l.i Troupe pour la despence des habits

iiui estoienl extraordinair

MOLIÉRESQUR. 12b

331. Henri de Lorraine, duc de Guise, célèbre par son aventureuse expédition de Naples, né en 1614, mort en

— L. Cittermans p. Morin se. In-fol. — Hans p. liousselet se. 1656. In-fol. — Portrait équestre. Daret. In-fol.

Le duc de Guise, qui comptait parmi ses gentilshommes le baron deModène, amant en titre de Madeleine Béjart, fut certainement un des premiers protecteurs de Molière. A l'époque de l'Illustre Théâtre, on publia une pièce de vers (Recueil de diverses poésies. Paris, Toussaint du Bray, 1G4G, in-8), adressée à monseigneur le duc de Guise « sur les présents qu'il a faits de ses habits aux Comédiens de toutes les Troupes ». C'est dans cette pièce de vers que l'on trouve pour la première fois le nom de Molière, qui avait eu sa part dans cette distribution d'habits de cour :

La Béjart, Beys et Molière, Brillants de pareille lumière, N'en paroissent plus orgueilleux, Et depuis cette gloire extrême, Je n'ose plus m'approeher d'eux, Si ta rare bonté ne me pare de même.

332. PniLiprE de France, duc d'Orléans, frère de Louis XIV, né en 1640, mort en 1701.

— Daret, 1657. In-4. — Fr. Poilly, d'après J. Nocret. In-fol. — Larmessin. In-4. — B. Moncornet. — Van Scuppen, 1660, d'après J. Nocret. In-fol. — Nanteuil del. et se. 1671. In-fol. — Mignard p. Seotin se. In-fol. — Le Febvre p. Van Schuppen se. 1670. In-fol.

Le jeune duc d'Orléans fut le premier protecteur de Molière et de sa Troupe, lorsque les amis de ce dernier lui conseillèrent de se rapprocher de Paris, en 1G58, et de se tenir prêt à être mandé par le roi. On peut donc attribuer, presque avec certitude, à Monsieur, influencé par son ancien précepteur La Mothe le Vayer, la recommandation spéciale qui détermina Louis XIV à faire venir à Paris la nouvelle Troupe, qui devint la Troupe de Monsieur, et qui s'installa sous ce titre à l'Hôtel du Petit Bourbon. Le frère du roi avait promis a s^s comédiens ordinaires une gratification qu'il ne leur paya jamais, mais il les couvrit de sa. protection et les aida ainsi à se mettre dai Les bonnes grâces de lu Cour et du public. Loret, dans sa Gazette en vers, raconte en ces tenues, sans toutefois nommer Molière, la première visite que Monsieur rendit au théâtre qui por-

t n ï t BOD nom. pou de temps après l'ouverture de ce théâtre, pour y voir représenter Y Étourdi et le Dépit amoureux :

De notre Roi le frère nuque Alla v.ùr un sujet comique, Km l'Hôtel do Petit-Bourbon,

Mercredi, que l'on trouva bon, Que ses comédiens jouèrent.

Et que les spectateurs louèrent.

Ce prince y fut accom; De maint courtisan bien peigne, De dames charmantes et Bagea, Et de plusieurs mignons visages. Le premier acteur de ce lien, L'honorant comme un demi-dieu, Lui fit une harangue expresse, Pour lui témoigner l'alle-ressc Qu'ils rerevoient du rare honneur De jouer devant tel seigneur.

333. Henriette-Annb d'Angleterre, fille du roi Charles I" et d'Henriette de France, première femme de Philippe duc d'Orléans, née eu 1644, morte en 1670.

— Mellon se. In-8. — Larmessin se. In-1.

Henriette d'Angleterre tînt sur les fonds, arec Louis XIV, le premier enfant de Molière, le 28 février 1663. Molière était nlors valet de chambre tapissier du roi et chef de la Troupe de Monsieur. Mais la protection particulière dont l'honorait la duchesse d'Orléans s'était déjà traduite par des témoignagea de bienveillance, DM |fo-

lière ne pul mieux reconnaître qu'en dédiant à Madame l'Écolt des femma, comme il .avait dédie i'E'.o/e des maris à Monsieur.

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