I.e célèbre Molière est dan* un jrrand éclat
mérite est connu de l'aris jusqu'à 1.' 11 est avantageux partout d'être honnête homme, Mais il est dangereux, avec lui. d'être un fat.
ois de CallièreSj qui ;> vécu dans la société de Molière et des poètes contemporains, fait cet éloge de Benserade, imprimé à la tin de son ouvrage De la science du momie, en 1717 :
Les Jeux et les Amours blondins
'ient autour de Benserade, Et les Dieux enjoués, badins, Le prirent pour leur camarade.
Poète fécond et sans art.
11 laissoit aller au hasard Son génie heureux el '■
:s .'t naturels portraits.
Dont il enrichit i Charmeront la Cour et In Ville, Et par des traits hardis autant «pi ingénieux, Il sçut plaire ù nos demi-dieux.
343. Philippe Quinault, poète dramatique, membre de L'Académie française, né en 1635, morl en i
— Edelinck sculptât. In-fol. Ses armoiries sont gravées
an bas du portrait. Cette estampe a deux états: l'un
avec les armoiries ébauchées ; l'autre avec les armoiries
Siitniiji'c. în-s, dans la collection d'O-
dieuvre.
Quinault avail commencé par se mettre dans >,<n tort i I
de Molière, en lui prenant le sujet de YEtourdi, avant que cette comédie fût connue à Paris, et en y faisant représenter Y Amant indiscret ou le Maître étourdi, en 1651. Plus tard, Molière se vengea de ce plagiat : quand Quinault eut mis au théâtre la Mère coquette ou les Amants brouillés, en 1C64, il invita de Visé à faire, sous le même titre, une comédie, en cinq actes et en vers, où il mit du sien et qu'il fit jouer sur son théâtre du Palais-Royal en 1665. Cette dernière pièce fut imprimée l'année suivante (Paris, Théodore Girard, 1666, in-12). Ils se réconcilièrent depuis, car ils étaient faits pour s'estimer l'un l'autre. Quinault devint le collaborateur de Molière et composa les intermèdes de Psyché ; ce fut le point de départ des succès lyriques de Quinault.
Nous citerons ici l'Eloge de Quinault, mis en vers par François de Callières et publié à la suite De la science du monde, en 1717 :
Toi qui, par de tendres chansons, D'une agréable symphonie, Et d'une touchante harmonie, Sçûs si bien animer les sons ; ' Quinault, le plus parfait modèle De cette alliance si belle, Ton nom jamais ne périra ; , Car c'est l'union poétique De la Muse avec la Musique, Qui nous fit aimer l'Opéra.
3 H. Jean Berain, dessinateur des Menus-plaisirs du Roi, né en 1630, mort en 1697.
— J. Vivien pinx. Suzanna Sylvestre effigies sculp. an. 1711. Cl. Buflos sculp. 1709. In-fol.
Vnv. ci dessus, n° 252, le Recueil de dessins de Jean Berain, pour les Menus-plaisirs du roi. « Jean Berain, dit Mariette dans son Abecedario, avait un talent singulier pour toutes les sortes de décorations et généralement pour tout ce qui étoit susceptible d'ornements, qu'il inventoit et qu'il dessinoit avec beaucoup de facilité. Jamais il n'y a eu de décorations de théâtre mieux entendues, ny d'habits plus riches et d'un meilleur goût que ceux dont il a donné lea dessins pendant qu'il a été employé par l'Opéra de Paris, c'està-dire pendanl presque toute sa vie. On auroit eu peine à trouver une imagination plus féconde; aussi, n'y avoit-il aucune feste de conséquence que l'on entreprit sans le consulter. Il présidoit à toutes celles qui se donnoient à la Cour. » On peut affirmer que ce fut Jean Berain qui inventa les décorations et les costumes du théâtre du Palais-Royal, lorsque Vigarani, le décorateur italien, fit enlever et détruire; de concert avec Ratabon, surintendant des bâtiments du roi, les décorations et les machines que le fameux Torelli avait
i3i icoNOon.vrniE
exécutées pour le théâtre du Petit-Bourbon. Voy. le Roman rfr
Molière, de M. Edouard Pournier (Paris, Dentu, 1863, in-12, p. 'jr, .
Trallage, dans ses Mélanges inédits, nous a conservé le nom du
hiniste du théâtre de M ilière : le OOte est CUTI unis nous
n'en citons que ce qui Be rattache A notre sujet : ■ Le Sr Du Port,
machiniste ou décorateur des Comédiens francois à Paris, a deux filles (jiii dansent présentement à l'Opéra. La cadette est assez jolie et fort jeune.... L'aînée Du Fort est aimée par le duc de Valentinois.... < les deux filles n'étoient autrefois que deux petit. -s crasseuses que Mmc Molière souffroit, par charité, au coin de son feu, se traînant dans les cendres et lui rendant les services les plus bas. Je doute qu'elles voulussent maintenant la regarder, tant elles le portent haut. Le bonhomme Du Fort, leur père, enrage; mais il faut prendre patience, à peine d'estre bastonné par les aman
. Robebt Bauard, imprimeur du roi pour la musique. — Robert Ballard conmlarix jurùdietionù prxfect. on. 1666. LeFèvrepmx. Cl. Duflos sculp. Gr. in-fol.
Molière était en lionnes relations avec la famille des Ballard et surtout avec Robert Ballard, qui avait un privilège du roi, datant du xvie siècle et souvent confirmé, qui lui attribuait exclusivement le droit d'imprimer tous les ouvrages de musique et par extension
tout ce qui de près ou de loin pouvait se rapporter à la musique. C'est ainsi qu'il publiait seul les programmes des Ballets de Cour et les Relations des Fêtes, auxquelles la musique vocale ou instrumentale était appelée à concourir. Il y eut, cependant, à l'occasion de ce droit d'impression, quelques litiges entre lui et Molière, qui ne souffrit pas que ses pièces, quoique jouées à la Cour, fussent incorporées dans les programmes des ballets et des pièces en musique.
Bibliogr. moliér., chap. V, n° 190 et suiv.
Nota. — Nous n'avons pas trouvé les portraits de plusieurs autres amis de Molière, (pie nous aurions voulu faire figurer dans ce chapitre :
Le vicomte du Buisson, qui s'était mis de la cabale contre V Ecole i/r< femmes el qui redevint ensuite un des amis les plus dévoués de
l'auteur.
I comte de Jonzac, un des convives du cabaret de la Croix de
Lorraine ;
Le poète Hesnaut, on des élèves de Gassendi, le condisciple de Molière et de Chapelle :
Le | le athée Desbarreaux, autre convive littéraire du cabaret
de la Crois de Lorraine :
L'avocat -| ; i ourcroj . qui lit représenter la
comédie de Sancho Pança sur le théâtre «lu Palais-Royal,
MOLIKRESQUE. 135
Gauthier de Costes de la Calprenède, auteur dramatique , à qui Molière fit une avance rie 200 livres sur une tragédie que ce poëte s'engageait à donner au théâtre du Palais-Royal.
Jean Magnon, un des auteurs de l'Illustre Théâtre et poëte tragique ordinaire de la Troupe de Molière.
Claude Boyer, autre fournisseur de pièces tragiques et comiques du théâtre du Palais-Royal.
Le poëte Bouillon, que Molière avait connu dans la maison de Gaston d'Orléans, à laquelle ce mauvais poëte était attaché.
Le poëte de S1 Gilles, un des intimes de la société de Boileau, de La Fontaine, de Molière, etc.
Le poëte de Subligny, auteur ou collaborateur de la Folle querelle, comédie qui fut attribuée à Molière.
Le gazetier Robinet, dit Du Laurens, auteur du Vanèmjrique de l'Ecole des femmes (Bibliogr. molièr., n° 1146).
Le poëte comédien Charles Beys , le camarade de Molière à l'Illustre Théâtre et dans la Troupe des Béjart, en province.
Le comte de Guilleragues, ambassadeur à Constantinople, un des anciens habitués de la société de Molière et de Boileau. (On peut supposer que l'exemplaire non cartonné de l'édition de 1682, qui revint de Constantinople à Paris, pour passer dans la bibliothèque de M. de Soleinne, avait appartenu à Guilleragues.)
Le comte de Modène , qui avait été un des premiers amants de Madeleine Béjart, et qui n'en fut que mieux l'ami de Molière.
Samuel Chappuzaau, l'auteur du Théâtre français, qui renferme de si précieux détails sur la Troupe de Molière (Bibliogr. moliér., n° 1207), etc., etc.
Voy. VHisi. de la vie de Molière, par Taschereau, 5e édit. in-8.