‹ Iconographie MolieresqueChapitre 88 sur 180 · Le même · texte numérisé non relu

Le même

— Petit portrait en buste, peint sur cuivre, dans un cadre noir à cercle.

Ce portrait faisait partie de la Galerie théâtrale de Soleirol. Voy. le Catalogue de 1861, n° 131.

376. Catherine le Clerc du Rozet, dite Mlle de Brie, morte très âgée en 1704. Elle avait fait partie de la Troupe de Molière à Lyon.

— Mademoiselle de Brie. Comédie françoise. 1653-1673. F. Hillemacher se. 1857; d'après une miniature du temps, peinte sur cuivre. Gravé à l'eau-forte, pour la Galerie historique de la Troupe de Molière.

Beauchamps, dans les Particularités de la vie de quelques Comédiens (à la fin de ses Recherches sicr les théâtres de France), fait ainsi le portrait de la demoiselle de Brie : « Elle étoit jolie, bien faite, bonne actrice dans le comique et dans le tragique, où elle faisoit les premiers rôles ; elle dansoit et chantoit très-bien. »

Mlle de Brie eut pour rivales, non-seulement à la scène, mais encore dans la vie privée de Molière, Madeleine Béjart et M110 du Parc. Molière, dans l'Impromptu de Versailles, ne la ménage pas, parce qu'il se détachait d'elle, depuis son mariage : « Vous faites une de ces femmes qui pensent être les plus vertueuses personnes du monde, pourvu qu'elles sauvent les apparences; de ces femmes qui croient que le péché n'est que dans le scandale, etc. » Voy. à ce sujet la lettre de Chapelle à Molière. Voy. liibliogr. molièr., n° 1166.

M"c de Brie eut plusieurs enfants, mais, ce qui donne à réfléchir, c'est que Molière n'en tint pas un seul sur les fonts : il fut seulement deux fois parrain avec MUc de Brie, qui était marraine, à Saint- Roch le 10 septembre 1669, au baptême d'une fille de Romain Tou-

bel, marchand, el h Saint-Oermain-l'Auxerrois, le 12 décembre 1672, an baptême de déni filles jumelles du comédien La Grange.

:»77. La mi' mi:.

— M"0 tic Brie, dans le rôle d'Agnès, de YÈcole des femmes. En pied, debout, et de profil, tournée à droite. Année 1680. Lithogr. signée //tc L. lithogr. de Delpech. In-fol.

N° 50 des Costumée de théâtre de 1670 à 1820, par IP Lecomte. Le dessinateur n'a pas indiqué l'original de ce portrait.

M,M do Une fut l'amie et la consolatrice de Molière, qui lui resta toujours sincèrement attaché et qui recul av< - i.- même

toit jusqu'en 1672. C'est à cette époque seulement qu'il consentit à se séparer d'elle, pour se réconcilier avec sa femme. M1Ie île Brie, qui ne se retira du théâtre qu'à l'âge de G5 ans, en avait déjà 42 lorsqu'elle créa, dit-on, le rôle d'Agnès dans V École des fèi On peut affirmer cependant que le rôle fut joue aussi, sinon i par Armande Béjart. MUc de Brie était encore fort séduisante, lorsque l'auteur anonyme de la Fumeuse Comédienne lui adressait ce madrigal, en 1080 :

Il faut qu'elle ait este charmante.

Puisqa'aajourd'huy, malgré ses ans, A peine des attraits naissans nt sa beauté mourante.

378. René Berthelot, dit Du Parc, surnommé Gros-René, un des acteurs de l'Illustre Théâtre, mort en 1661.

— Du Parc. Comédie franc oisc. 1 645-1664. /r. Hillnnackersc. 1857; d'après un ancien portrait à l'aquarelle, sur papier. Gravé à l'eau-forte, pour la Galerie historique de !<> Troupe de Moli

Le sieur du Parc avait créi ,1e rôle de G lansle

!> '■]!? amoureux, et le nom de ce personnag - était devenu son surnom de théâtre. On peut <'n conclure que le typ • el le caractère de Oroa- ... se retrouvaient clans d'autres comédies on tarées que Molière av.ni faites pour la province et qu'il n'a pas eu le temps de raccew moder pour le Loret, dans M historié/m, fait

un bel éloge de ( hroî René :

II me tri.- sur le volet,

Kt qui vnut truis foii Jodeltt

MOLIERESQUE.

Du Parc resta jusqu'à sa mort dans la Troupe de Molière. Il avait un embonpoint qui l'empêchait de remplir bien des rôles, mais la jalousie ne le faisait pas maigrir, et il prenait en bonne part la coquetterie de sa femme, comme Molière le lui faisait dire dans son rôle de Gros-René :

Je suis homme tout rond de toutes les manières... Moi jaloux! Dieu m'en garde et d'être assez badin Pour m' aller emmaigrir avec un tel chagrin.

Molière avait été à Lyon un des témoins de son mariage ; Molière fut à Paris le parrain de son dernier enfant, baptisé, le 27 janvier 1663, à Saint-Eustache, sous les noms de Jean-Baptiste René, fils de R. Bertelot (sic) et de Marquise-Thérèse de Gorle; demeurant rue de Grenelle -Saint- Honoré. La marraine était « damoiselle » Armande-Gresinde Béjar (sic), femme du sieur J. Bapt. Poclin (sic) de Molière. Du Parc et sa femme demeuraient rue Saint-Thomas du Louvre, lorsqu'il y mourut le 28 octobre 1664. On lit dans le Registre de La Grange : « Mardi quatre novembre (1664), on ne joua point, à cause de la mort de M. du Parc. »

379. Marquise-Thérèse de Gorla, dite Mademoiselle du Parc, fille de Giacomo de Gorla, « premier opérateur du Roi », née vers 1638, morte en 1668.

— Mademoiselle du Parc. Comédie françoise, 1653-1667. Fr. Hillemacher aq. f. 1868; d'après un portrait à l'aquarelle, sur papier. Gravé à l'eau-forte, pour la Galerie historique de la Troupe de Molière.

« Cinq de£ plus beaux génies du siècle de Louis XIV, dit M. Hilmacher, devinrent successivement amoureux de Mlle du Parc : Molière à Lyon, en 1653 ; les deux Corneille à Rouen, en 1658 La Fontaine et Racine à Paris, en 1664. Il paraît que ce dernier fut le seul écouté. » Voy. le contrat de mariage de Du Parc et de Mlle de Gorle, dans les Origines du Théâtre de Lyon, par M. C. Brouchoud (Lyon, N. Scheuring, 1865, in-8). Molière a signé ce contrat, comme témoin, au mois de février 1653. Depuis cette époque, Mlle Du Parc faisait donc partie de la Troupe des Béjart. Molière ne lui ménage pas les éloges, dans l'Impromptu de Versailles; il lui fait dire : « Il n'y a point de personne au monde qui soit moins façonnière que moi. — Cela est vrai, répond-il, et c'est en quoi vous faites mieux voir que vous êtes excellente comédienne, de bien représenter un personnage qui est si contraire à votre humeur. » Il eut un profond chagrin, lorsqu'elle quitta, en 1667, le Palais-Royal, pour l'Hôtel de Bourgogne, et cette désertion étant le fait de Racine, il ne pardonna jamais à ce

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dernier. La pauvre Marquise, qui avait été suivie par ses adorateurs à l'Hôtel de B où elle eu! un dernier el prodigi<

dans l'Andromaque de Racine, ne jouit pas longtemps de son triom ■ pbe : ■■ lin 13 déc. 1668, Marquise Thérèse deQorle, vi-ufve de feu rthelot, vivant sieur Du Parc, l'une des comédiennes delà Troupe royalli . aviron 25 ans, décédée le onziesme du pré-

sent mois, rue de Richelieu, son corps porté et inhumé aux Reli-

■■ ille de Paris ; pi 'nvoy

Rault Régnier, marchand apothicaire, demeurant pa lerm.,

et Spencer, juré crieur, tesmoin Registre de Saint-Roch.) Cette mort presque subite produisil d'autant plus d'émotion, qu'on l'attribuait tout bas à un empoisonnement. Les poètes lui composèrent des épitaphes qui n'étaient pas dignes du sujet. Voici une des moins plates :

Cette merveille de th< Qui gagnoit tous les cœurs et nous ravissoit tous,

Dont chacun étoit idolâtre.

N'est plus maintenant parmy nous; Car les Dieux, transportés et d'amour et d'envie. Jaloux de notre bien, nous l'ont enfin ravie.

Nous aurions désiré trouver une épitaphe qui méritât d'être signée par Molière.

380. Julien Bedeau, dit Jodelet, comédien du théâtre du Marais et de l'Hôtel de Bourgogne avant de passer au théâtre du Palais-Royal, né en 1610, mort en 1660.

— Jodekt. Comédie françoùte. 1659-1660. Fr. BiUemaeher se. aq. f. 1868; d'après le portrait gravé par Abraham Bosse. Gravé à L'eau-forte, pour la Gai '-rie historique de la Troupe de Molière.

Jodelet fut un des meilleurs comédiens de Bon temps ; son nom detl éâtre caractérisait un type dans lequel il s'était incarne, depuis qu'il avait créé tous les Jodelet des Comédies de Scarron. •• 11 avail une Bgure fort plaisante, dit M. Fréd. Hillemacher; les trait son visage étaient si marqués et si comiques, qu'il n'avait qu montrer pour exciter le rire, dont il savait augmenter les éclats, la surprise qu'il affectait lui-même do l'hilarité des spectateur! ;

enfin, il parlait du D6S, et <•<• défaut rendait son débit plus burles-

i|u td nombre de portraits contemporains de ce comédien

pulaire. Il ae créa qu'un seul rôle dans les pièces 1s Molière, celui du Vicomte dans les | ridicules.

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