Le même
— Portrait en buste, peint en grisaille, d'après nature.
Ce portrait faisait partie de la Galerie théâtrale de Soleirol. Voy. n° 6 du Catalogue de 1861.
372. Louis Béjabt, le cadet, dit i/ÉGUisé, né en 1630, mort en 1678,
— L. Bejart, le cadet. Comédie françoise. 1645-1670.
F. HiUemachersc. 1857; d'après une miniature du temps.
Gravé a l'eau-forte, pour la Galerie historique de fa
Troupe de Molière.
Louis Bejart avait fait partie de la Troupe de Molière, en province; il remplissait les ti dans le tragique; on dans la distribution des rôles d'Androm L, qull en jouait deux "u trois alternativement; dans le comique, il excellait à j,,u ts. Il prenait le titre d • ordinaire du roi ; il ment de la Perte, comme le qualil
— Bejart, dans le rôle de la Flèche, de VAvart. B i
pied et debout, de trois quarts, tourné à gauche. Année 1580. Lithogr. signée Hia L. Lithogr. de Delpech. In-fol.
N° 68 des Costumes de théâtre de 1670 à 1820, par Hte Lecomte. L'original n'est pas indiqué. En tout cas, la date de 1680 doit être changée, Béjart le cadet étant mort le 13 octobre 1678.
L'Éguisé avait créé le rôle de la Flèche, dans Y Avare. Harpagon disait de lui : « Je ne me plais point à voir ce chien de boiteux-là ! » parce que cet acteur était boiteux, par suite d'une blessure qu'il avait reçue à la jambe, en séparant deux hommes qui se battaient à l'épée. Son surnom de l'Eguisé venait d'un de ses rôles que nous ne connaissons pas, quoiqu'il se qualifiât de sieur de VEguisé, dans les actes de l'Etat civil.
On lit dans le Registre de La Grange, sous la date de IG70 : « Le sieur Béjart, par délibération de toute la Troupe, a esté mis à la pension de 1,000 liv. et est sorty de la Troupe. Cette pension a esté la première establie à l'exemple de celles qu'on donne aux acteurs de la Troupe de l'Hostel de Bourgogne. Le contrat en a été passé pardevant Me Levasseur, rue Saint-Honoré, près de la barrière des Sergents. » La minute de ce contrat, écrit sur parchemin, est conservée chez le successeur de Me Levasseur, lequel demeure encore rue Saint-Honoré, près de l'église Saint-Roch. Cette pièce est un curieux document pour l'histoire de la Troupe de Molière et mérite, à ce titre, d'être reproduite intégralement :
Furent présents Jean-Baptiste Poquelin de Molière ; damoiselle Claire- Gresinde Béjart, sa femme, de lui autorisée ; damoiselle Madeleine Béjart, fille majeure; Edme Villequin, sieur de Brie; damoiselle Catherine Leclerc, sa femme, de lui autorisée ; damoiselle Geneviève Béjart de La Villaubrun, demeurant Place du Palais-Royal ; Charles Varlet de La Grange, demeurant rue Saint- Honoré ; Philibert Gazeau, sieur Du Croisy, demeurant susdite rue ; François Lenoir, sieur de La Thorillière, et André Hubert, demeurant aussi rue Saint-Honoré, es même paroisse Saint-Germain l'Auxerrois ;
Tous faisant, composant le corps de la Troupe du Roi représentant dans la salle du Palais-Royal, rue Saint-Honoré, paroisse Saint-Eustache, d'une part ;
Et Louis Béjart, ci-devant comédien en ladite Troupe, demeurant rue Frementeau, d'autre part ;
Lesquelles parties ont accordé entre elles ce qui en suit :
C'est à savoir qu'en conséquence de ce que ledit Louis Béjart se retire de ladite Troupe, et que pour ce faire il la requiert de lui donner une pension viagère pour vivre avec honneur, sans pouvoir
saisie par qui que ce soit, et lui être destinée pour ses aliments, •;■• ladite Troupe lui avoit accordé, avoit promis, comme elle promet |i ntes, tant par ceux que par celles qui la com-
posent et la composeront, et qu'elle subsistera en ladite salle du i en autre lieu en cette ville de I as d'acci-
dent ou de changement, de bailler et payer audit Louis Bëjart, ce acceptant, mille livres d<> pension viagère payable aux quatre quartiers, le premier échéant au dernier juin prochain, et continuer tant et si longuement que ladite Troupe subsistera en la manière que dessus ; laquelle pension lui servira d'aliments, et ne pourra être saisie en façon quelconque par qui que ce soit, le tout à condition que ledit corps de Troupe subsiste et qu'il ne se dissolve point ; et rupture d'icelle arrivant sans se pouvoir réunir, ladite pension n'aura plus cour- . - que quelqu'un desdits acteurs
ou actrices se retirent de ladite Troupe, soit pour entrer dans une autre troupe ou pour quitter tout à fait ladite Comédie, il sera entièrement déchargé de ladite pension viagère, de laquelle seront chargés ceux qui entreront en leurs places, ou le reste de la Troupe, en cas qu'il n'y en entre point. Et pour l'exécution des présentes, lesdites parties élisent leur domicile en la maison de ladite damoiselle Madeleine Béjart. rue Saint-Honoré, sus-déclarée, auquel lieu promettant, obligeant et renonçant.
Fait et passé audit Palais-Royal, l'an 1G70, le seizième jour d'avril.
Suivent les signatures.
Il faut remarquer que Molière n'a pas pris, dans sa signature, la particule nobiliaire qui lui est attribuée dans l'acte, et qu'il a signé : /. B. P. Molière.
Louis Béjart mourut, sept ans après, comme nous l'apprend le Registre mortuaire de Saint-Sulpice : « Le quatorze octobre. Louis sieur de Léguisé, officier au régiment de la I d'en-
viron quarante-cinq ans, mort le treize, rue Quénégaud, au logis du sieur Mécard, marchand chandelier, et ont assiste à son < : rement Jean-Baptiste Aubry et Isaac François Guérin, beauxfrères du deffunct. »
37t. EDME VlLLEQUIlVj BIEUBDE Brif., qui avait fait partie de la Troupe de Molière en province, mort en 1
— De Brie. Comédie frcmpoùe. 1653-1673. /•'. Bûlemth cherté. 1857; d'après l'estampe de I. Sauvé, but le dessin de 1». Brissart. Gravé à Peau-forte, pour la Galerie hùtorique de la Iroupe <!<' Mol*
Le Bicur de Brie n'avait aucun talent et jouait les utilités ;
MOLIÈRESQUE.
Molière ne le conservait dans la Troupe que pour y garder M"e de Brie, sa femme. De Brie était, comme mari, le plus accommodant des hommes, mais il avait, du reste, le caractère difficile et querelleur. Molière ne l'a pas fait figurer dans Y Impromptu de Versailles. Après la mort de Molière, lorsque les Comédiens du Marais vinrent se joindre à ceux du Palais-Royal, on n'eut garde de toucher à la part entière de De Brie, mais la veuve de Molière qui était, à vrai dire, la directrice de l'Hôtel Guénégaud, exigea que MUe De Brie, son ancienne rivale, n'eût qu'une demi-part. Voy. la notice de M. Ed. Thierry, en tète de l'édition du Registre de La Grange.