‹ Iconographie MolieresqueChapitre 96 sur 180 · La même · texte numérisé non relu

La même

— Mademoiselle de Beauval. Comédie française. 1670- 1673. Fr. Hillemacher se. aq. f. 1868; d'après un ancien portrait peint à l'huile. Gravé à l'eau-forte, pour la Galerie historique de la Troupe de Molière.

A. Jal a découvert, dans un registre de la Secrétairerie d'Etat, une pièce bien curieuse, laquelle prouve que les Troupes royales avaient le privilège do pouvoir choisir, dans les Troupes nomades

de province, 1 pxi, par leur talent et leur réputation, pa-

t dignes d'être mandés à Paris, en vertu d'un ordre <lu Roi : De par le Roy, S .niant tousjours entretenir les Troupes

de ses Comédiens complètes, e1 ponreel effet prendre les meilleurs provinces p"iir son divertissement, et estant informée que la nommée de Beaural, l'âne des actrices '!<• la Troupe des corné qui est présentement à Mascon, a toutes les qualités requises pour mériter une place dans la Troupe de ses Comédiens, qui repr tint dans la salle de son Palais-Royal, Sad. Majesté mande et ordonne àladicte Beauval et à son mary tl <• se rendre incessamment à la suite de sa Cour, pour y recevoir ses ordres : vont et entend que lea comédiens de lad. Troupe qui est présentement à Mascon, ut à les laisser Beuremenl el librement partir, sans leur donner aucun trouble nv empeschement, nonobstant toutes conventions et trai lausea dedesdil qu'ils pourroienl avoir mit ensemble,

dont, attendu qu'il s'agir de la satisfaction et du service de Sa Majesté, elle les a relevés et dispensez : Enjoint à tous ses officiers et sujets qu'il appartiendra, de tenir la main à l'exécution du présent ordre. Fait à Saint-Germain en Lave, le 31 juillet ltiTO. Loi is, et plus - i:t. h La Beauval el Bon mari obéirent. On lit, à ce

sujet, dans le Registre de La Grange : « 1670. Quelques jours après qu'on eut recommencé (à jouer) après Pâques, M. de Molière manda de la mesme Troupe de campagne M. el M"1' Beauval, pour une part el demy, à la charge de payer 500 livres delà pension du sr Béjart et 3 livres chaque jour de représentation à Chasteauneuf, ! ■ la Troupe. » Quatre mois après, la Beauval accouchait d'une fille, qui fut baptisée le 15 novembre 1670, à Saint-Germain l'Auxerrois : le parrain était n Jean-Baptiste Poquelin Molière, tapissier, valet de chambre ordinaire du Roy »; la marraine, « Catherine Lcclerc. femme d'Edme Villequin, officier du Roj », qui n'était autre que M11* de Brie, comédienne du Palais-Royal.

398. Loisk Pitkl, dite Mlle Beaubourg, fille de Pitol de Beauval et de Jeanne Olivier Bourguignon, morte en

— Mademoiselle Beaubourg. Comédie françox /■". Hillemacher se. ls.'iT; d'après un croquis à l'encre, rehaussé au bistre. Gravé à l'eau-forte, pour la Gâterie historique de l" Troupe de Molière.

Ile qui, à l'âge de S ans, avait crée le rôle de la petit son dans le Ualad ! le ne manquait pas d'intelligence,

ma; Et) rieur prévenait peu en sa faveur. Elle n'en ci.

moins ii . dont le dernier fut sou camarade de théâtre,

■ Trochon de Beaul i

MOLIERESQUE. 165

399. François Lenoir, sieur de la Thorillière , gentilhomme et capitaine de cavalerie, admis en 1662 dans la Troupe de Molière, mort en 1680.

— De la Thorillière, le père. Comédie française. 1662- 1673. Fréd. Hillemacher se. 1868; d'après un portrait à l'aquarelle sur papier. Gravé à l'eau-forte, pour la Galerie historique de la Troupe de Molière.

La Thorillière s'était fait comédien par vocation, et quoique comédien il conservait ses allures et ses prétentions nobiliaires. C'était un bel homme, ayant le visage noble et de beaux yeux, mais il gardait un air calme et riant dans les rôles les plus tragicpies. Molière, dans Y Impromptu de Versailles, semble lui reprocher sa fatuité. Il fut envoyé, par Molière, en députation avec La Grange auprès du Roi, qui était au camp devant Lille, pour obtenir la permission de jouer le Tartuffe. Voici comment La Grange raconte cette ambassade : « Le 8 août 10(57, le sr de la .Thorillière et moi, de La Grange, sommes partis de Paris, en poste, pour aller trouver le Roi, au sujet de ladite défense (de donner une seconde représentation du Tartuffe). Sa Majesté étoit au siège de Lille, en Flandre, où nous fûmes très-bien reçus. Monsieur nous protégea, à son ordinaire, et S. M. nous fit dire qu'à son retour à Paris, elle feroit examiner la pièce de Tartuffe et que nous la jouerions. Après quoi, nous sommes revenus. Le voyage a coûté mille livres à la Troupe. » La Thorillière était, de 1663 à 1666, le secrétaire du théâtre, puisqu'il tenait les registres journaliers où sont consignés les détails de chaque représentation, le produit de la recette, la distribution des rôles, etc. Les deux registres, qu'il a rédigés luimême ou fait rédiger sous ses yeux, seront peut-être publiés, après celui de La Grange. Aussitôt après la mort de Molière, La Thorillière abandonna le théâtre du Palais-Royal, pour entrer avec sa femme à l'Hôtel de Bourgogne : « Les sieurs La Thorillière et Baron quittèrent la troupe, pendant les fêtes de Pasques, » dit La Grange, flans son Registre, oh sept ans plus tard il annonçait en ces termes le décès de son ancien camarade : « Le samedy 27 juillet 1680, M. de La Thorillière est mort à l'Hostcl de Bourgogne, ce qui a donné lieu à la jonction des deux Troupes, deux mois après. » La Thorillière, décédé rue du Renard, fut inhumé à Saint-Sauveur, la vieille paroisse des comédiens. On a tout lieu de croire que sa femme, Marie Petit-Jean, était morte bien longtemps avant lui.

400. Pierre le Noir, sieur de La Thorillière, fils du précédent, né en 1659, mort en 1727.

— De la Thorillière, le fils. Comédie fronçoise. 1671.

/ . EfiUemaeher te. aq. f. 1868; d'après un portrait, peint par Gillot. Gravé à l'eau-forte, pour la Galerie historique de I" Troupe de Moti

'. n Thorilliëre fut un des élèves de Molière, qui lui confia un rôle d'Amour, dans Psyché, à coté de Baron. Plus tard, ce

p ii' de véritables quali «D'une taillei . mais bien prise, dil M. Fréd. Hillemacher,

il a*. iaux yeux, le regard a(

. la voix pleine et sonore. Son jeu était rempli d'action et animé d'un aimable enjouement. » Il avait épousé Anpie Iiiancolelli, tille de Dominique, le célèbre Arlequin delà Comédie-Italienne. Pierre de La Thorilliëre, quoique comédien, tenait beaucoup à sa noblesse et se souvenait que son père avait été Mine d'une compagnie de pied clans 1" régiment de

Lorraine et maréchal de camp. Il prenait le titre d'écuyer et il fit vérifier s la Réforme de 1697; ses armes étaient d'azur

aune hure de sanglier de sable, accompagnée de trois glands de iple,

Page 1