Le même
— Portrait en buste, au pastel.
Ce portrait faisait partie de la Galerie théâtrale de Soleirol. Voy.le Catal., 1861, n° 571.
402. Thérèse Le Noia de la Thorillièbe, dite Mllc Dancourt, tille et sœur des précédents, née vers 1660, morte en l '
— Mademoiselle Dancourt. Comédie françoise. lii7l-liiT;i. Fr. Hillemacher se. 1857; d'après un croquis au crayon
noir. Gravé à l'eau-forte, pour la Galerie historique Troupe de Molière.
• ■n. -oro une desélèves de Molière, puisqu'elle joua,''. nal, le rôle d'une des Q-races dans Le ballet de Psyché, en 1671.
Raisin (Marguerite Siret), femme d'Edme Raisin, organiste de Troyes, directrice de la Troupe Comédiens du Dauphin.
— Portrait peint, en buste.
théâtrale ■
\ . ! ■ ( atal. •! • 1861, n»350.
Petits COU)
du Dauphin, dans laquelle Baron avait débuté à l'âge de dix ou onze ans, courut la province, avant de venir, à plusieurs reprises, donner des représentations à Paris. On peut voir, dans la Vie de Molière, par Grimarest, les rapports qui existèrent entre la Raisin et Molière, depuis que l'organiste Raisin avait été admis à faire entendre au Roi l'Epinette magique, dans laquelle un de ses enfants était renfermé et jouait des symphonies, sans qu'on soupçonnât la présence de ce musicien invisible. La Troupe enfantine de la Raisin, dans laquelle figurait le petit Baron , donna plusieurs représentations sur le théâtre du Palais-Royal, grâce à l'intérêt particulier que Molière portait à cette troupe et surtout à Baron , qui en était l'étoile naissante. Il nous paraît certain que Molière avait présidé à la formation de la Troupe des Comédiens du Dauphin, et MUe de Morville, qui était une des comédiennes de cette Troupe, nous donne à entendre, dans son Bijou du Parnasse (Grenoble, Jean Nicolas, 1670, in-12), qu'elle avait bien profité des leçons de Molière.
404. Bedeau, sieur de l'Espy, frère de Jodelet, ancien acteur du Marais, mort vers 1668, à l'âge de 63 ou 64 ans.
— De l'Espy. Comédie françoise. 1659-1663. F. Hillemacher se. 1857; d'après un ancien portrait en pied, à l'aquarelle. Gravé à l'eau-forte, pour la Galerie historique de la Troupe de Molière.
Lespy quitta le théâtre du Marais, pour s'engager dans la nouvelle Troupe du Petit-Bourbon , en 1659; il créa des rôles dans les premières pièces de Molière, et se distingua surtout dans celui d'Ariste de l 'École des maris. Il se retira du théâtre en 1663. «Le sr de l'Espy, un des acteurs de la Troupe, aagé de plus de soixante ans, s'est retiré auprès d'Angers, à une terre, qu'il avoit achetéa du vivant de son frère, qui se nomme Vigray. » (Registre de La . Grange.)
405. MicnEL Boyron, dit Baron, l'élève, l'ami de Molière, et le plus célèbre comédien de son temps, né en 1653, mort en 1729.
— Baron. Comédie françoise. 1664-1673. /m/. Hillemacher se. 1868; d'après le portrait gravé par Desrochers. Gravé à l'eau-forte, pour la Galerie historique de la Troupe de Molière.
Baron était fils d'André Boyron et de Jeanne Ausou, comédiens de
L'Hôtel di orphelin on 1ms Ace, il manifesta, dès
sa je i talent dramatique extraordinaire. Molière en fut
frapi>t\ et lit ton! an monde pour s'emparer de eel enfant, qui i
enrôlé dans ta troupe des Coi liena du Dauphin, dirigée par
Mu* Raisin. Voy. la Vie de Molière, par Qrimarest, et surtout la Fniiirusr Comédienne, au anjel il»' l'attachement de Molière pour Baron, qui ne fut jamais ingrat, même an devenant l'amant d'Armaatée rt. On n'a pas encore reniai. pie (pue Baron, qui fit paraître au théâtre la plupart de ses comédies dans le cours de l'année 168C,
pourrait bien les avoir tirées en parti.' «les papiers «le Molière, que la veuve de l'illustre comédien avait alors entre les mains di la publication de l'édition complète de II
Voici ce «pie dit de ces manuscrits Qrimarest, qui tenait d< lui-même la plupart à nts qu'il a emplo; n ou-
vrage : J'avois fort à cœur de recouvrer les ouvrages de Molière qui n'ont jamais vu le jour .Te satois qu'il avoit laissé quelques fragments de pièces qu'il devoil achever. Je isi qu'il en avoit quelques-unes entières qui n'ont jamais paru. Mais sa femme, peu curii ouvrages de son mari, les donna tous, quelque temps après sa mort, au sieur de La issant tout le mérite de ce travail . le conserva avec grand Boin jusqu'à sa mort. La femme de celui-ci ne fut pas plus soigneuse decesouvra-
. que i.i Molière : elle vendit toute la bibliothèque de son où apparemment se trouvèrent les manuscrits qui étoient restés après la mort de Molière. »
que quelques rôles peu importants dans les pièces .le Molière et bous les yeui de son maître et bienfaiteur; os fut le rôle de l'Amour dans PsycAe', qui lui lit faire la conquête d'Armande
Béjart. On doit BUpposer que Molière lui avait appris, de préférence, à jouer clans la tragédie, qui convenait mieux à son génie dramatique. Molière était sans doute aU-deSSOUS de lui-même dans le genre tragique, mais les conseils qu'il donnait valaient mieux
que son exemple, ("est lui qui a appris à Baron la manière d'être
simple et naturel dans ses rôles tragiques, en B'élevant au plus haut point du pathétique, ("est ici le cas de rappeler encore une fois (pie Molière avait inventé une espèce de notation vocale pour le débit de ses rôles tragiques et comiques. Voy. ci-dessus le n° 393.
in.,. Lb même.
— h< Troy pinxit. J. Dtmllé sculp. 1738. In-fol.
m que la Vie de M. dé MoHère, par Orimareat,
inspire.- ei presque dictée par Baron. Qrimarest avait dit, au début de cet ouvrage, le premier qu'on ait publié sur Molière : •• Le Publie est rempli d'une infinité de fausses histoires à son occasion. Il ; de personnes de son tempe, qui, pour se faire honneur
MOLIËRESQUE. 169
d'avoir figuré avec lui. n'inventent des aventures qu'ils prétendent avoir eues ensemble. J'en ai eu plus de peine à développer la vérité, mais je la rends sur des Mémoires très-assurés.» Ces Mémoires sont ceux que Baron avait écrits. Aussi, ce fait est-il établi dans la Lettre critique sur la Vie de Molière : « L'Auteur nous promet la vérité des faits et veut nous faire croire qu'elle lui a coûté cher. Pour moy, je n'en crois rien, et je penserois plustost que, secouru de quelqu'un, contemporain de Molière, il a broché son ouvrage, qui est négligé en quelques endroits, et je jurerois que ce quelqu'un est Baron, car ce livre est autant sa Vie que celle de Molière. »
Bibliogr. moliér., nos 983 et 98G.
Le pamphlet de la Fameuse Comédienne renferme un étrange passage, qui n'en est que plus inexplicable à cause de la naïveté avec laquelle l'auteur semble laisser entendre que Molière, en recueillant dans sa maison le jeune Baron, donnait satisfaction à des goûts honteux et dépravés. Cette calomnie n'était peut-être pas une invention de l'auteur de la Fameuse Comédienne, car l'épigramme suivante, que nous avons cru pouvoir attribuer aussi à La Fontaine (Œuvres inédites de J. de La Fontaine, édit. Hachette, 1SG3, p. 177), en l'empruntant aux notes inédites de Trallage, prouve que les ennemis de l'honnête grand homme avaient cherché à le déshonorer dans sa vie privée, et La Fontaine s'était fait l'écho inconscient de la calomnie :
Baron est un Alcibiade :
Dès qu'on le voit, il persuade, Des damas il gagne le cœur, Et si ce merveilleux acteur Par dessus les autres éclate, C'est que, dès ses plus jeunes ans, Il eut de bons enseignements, Et Molière fut son Socrate.
407. Françoise Pitel, dite Fanchon Longchamp, femme de Jean-Baptiste Raisin, née en 1661, morte en 1721.
— il/110 Raisin, dans un rôle de fée. Cœuré del. Prud'hon sculp*. Jmpr. par Langlois. In-i.
Ce portrait colorié fait partie de la Galerie théâtrale (Paris , Bance aîné, 1812, pi. GO).
Fille aînée du sieur de Longchamp, MUe Fanchon Longchamp, qui épousa Jean-Baptiste Raisin, à son retour d'Angleterre, où elle avait passé plusieurs années dans une Troupe française, entretenue comme Troupe royale aux frais du roi Charles II, reçut des leçons de Molière, et joua, sons ses yeux, de petits rôles dans la Troupe des Comédiens du Dauphin. Elle devinl plus tard une actrice de pre-
mier Ordre, maifl alors son maître avait cessé de vivre. Il faut
remarquer que M<>lièi al le premier qui ait mis des enfants sur
két dana 1 I • tfBscarbagmm et dans le
Mn/nt/r imaginaire.
408. Marik-Argélique Gassot du Croisy, dite M11' Poisson, après sod mariage avec Paul Poisson, née en 1G58, morte en 1 7
— Modem tiselle Poisson. Comédie françoise. 1G7 1-1673. l'r. Hillemacher se. aq. f. 1868; d'après un portrait en pied, à l'aquarelle, sur vélin. Gravé à L'eau-forte, pour la Galerie historique de la Troupe de Molière.
M1!o Poisson est ainsi caractérisée, en 1680, dans un quatrain de la Fameuse Comédienne:
Elle a la taillo fort mignonne, Beaucoup d'esprit et bien de L'agrément,
La bouche belle et beaucoup d'enjouement, Mais son papa de trop près la talonne.
Elle avait été élevée sous lea yeux de Molière et elle avait reçu ses conseils, dès le plus bas âge, car elle était née, pour ainsi dire, sur le théâtre. Elle joua le rôle d'une des Grâces, dana 1" ballel de Psyché, en 1671. Ce n'est qu'après la réunion des deux Troupes royales, qu'elle épousa Paul Poisson. Elle se rappelait encore, dans son extrême vieillesse, avoir connu Molière el lea principaux comédiens du Palais-Royal; elle consigna ses souvenirs dans plusieurs Lettres adressées au Mercure de France, en 1740.
Bibîiogr. moHér., n° 1017.
409. Guillaume Marcoureau, sieur de Brécourt, ancien comédien de province et auteur dramatique, né en 1637, mort en 1G85.
— De Brécourt. Comédie françoise. 1658-1664. Fréd. Hillemacher se. nq. f. 1862; d'après un ancien portrait en pied, à L'aquarelle. Gravé à l'eau-forte, pour la Calorie historique de la Troupe de Molù
, en 1658, et i! lit partie de la Troupe jusqu'eo 1664. 11 créa le rôle d'Alain dans i / des femmes, avec un >i grand succès, que Louis XIV disait de lui : «('■ il était débauché et Met-
teur. Il fut obligé de s'enfuir, après un duel, et l'on peut croire que Molière, qui avait beaucoup d'amitié pour lui, n'eut pas de cesse qu'il n'obtint sa grâce. Brécourt, à son retour, dut s'engager à l'Hôtel de Bourgogne, mais il n'en resta pas moins attaché à son ancien maître et bienfaiteur. Il donna une marque publique de sa reconnaissance, en composant la petite pièce de l'Ombre de Molière, qui a figuré, comme un panégyrique, dans la plupart des premières éditions des Œuvres de ce grand écrivain. Cet hommage public rendu à la mémoire de Molière ne fut pas oublié, lorsque Brécourt, atteint d'une maladie mortelle en 1685, fit appeler le curé de Saint- Sulpice, se confessa et voulut recevoir les derniers sacrements. Le curé, Claude Bottu de la Bermondière, ne consentit à les lui administrer qu'après lui avoir fait signer, en présence de quatre témoins, la déclaration suivante : « Je promets à Dieu, de tout mon cœur et avec une pleine liberté d'esprit, de ne plus jouer la comédie le reste de ma vie, quand il plairoit à Son Infinie Bonté de me rendre la santé. Enfoy de quoy j'ai signé ce 1er mars 1685. » Cette déclaration fut transcrite sur le registre mortuaire de Saint-Sulpice, au-dessous de la mention suivante : « Le 29e dudit mois, a esté fait le convoy, service et enterrement de Guillaume Marcoureau, comédien de la Troupe du Roy, qui avoit renoncé à la comédie par acte dont la copie est ci-dessous ; aagé de quarante-huit ans, mort le 28e de mars, demeurant rue de Seine, aux Trois-Poissons, et ont assisté aud. enterrement, François du Perrier, son nepveu, André Hubert, et autres amis. » Yoy. le Dictionnaire de biographie et d'histoire, par A. Jal.