PLANCHE XII
L'Oiseau que nous figurons sous ce Nom spécifique de Unicolor, et de grandeur naturelle comme le précédent, appartient bien évidemmentau Genre Wesites ; mais nous avons hésité longtemps avant de nous décider à en faire une Espèce, pensant qu'il pouvait fort bien n'être que le jeune ou la femelle adulte de W. vartegata, dont la Planche précède celle-ci. C’est en effet le même aspect et le même ensemble de coloration, en ce sens que le roux feuille-morte ou
cannelle, qui domine dans cette dernière espèce, est ici la seule et
Iconographie Ornithologique. — J9me Lrvy. 9
MÉSITE UNICOLORE.
unique teinte de tout l'individu, à l'exception de la gorge et de la poitrine, où cette couleur s 'éclaircit pour faire place à une nuance brun- jaunatre ; on entrevoil bien aussi comme la trace naissante ou le vestige d’une ligne blanchatre longeant la joue et allant se perdre vers l'oreille: c’est enfin le même système plumaire décomposé et sans adhérence. et la même forme surobtuse de Paile.
Lorsqu on en vient cependant à envisager le bec, le tour de veux, les grandes couvertures des ailes, les pieds, et à comparer les mesures et Les formes de ces diverses parties, il est difficile de résister à l'envie de voir dans notre Oiseau sinon une Espèce, au moins une Variété notable (bien près de devenir pe de W. variegala.
Ainsi, le bec n'a plus la même étrangeté de forme de celui de cette dernière espèce, ni la même dimension. Chacune de ses mandibules est droite depuis son point de départ jusqu'à un peu plus de la moitié de sa longueur, et ne s’arrondit, l’une en haut, l'autre en bas, qu à partir de cette limite pour se rejoindre en un bout angulaire quelque peu subulé. Tandis que chez la M. variegata, la courbure de la mandibule supérieure commence à son origine et continue graduellement et sans interruption jusqu'à son extrémité, la mandibule inférieure seule, après avoir suivi presque parallèlement cette courbure dans les deux premiers liers de sa longueur, se relève à son dernier tiers pour rejoindre la pointe de la mandibule supérieure.
Il résulterait de cette première différence que le caractère tré, pour la A7. variegata, de la longueur du bec égale à celle de la tête, ne pourrait plus avoir la même valeur comme caractére générique,
puisque dans notre espèce le bec serait égal aux deux tiers tout au plus de cette longueur.
MÉSITE UNICOLORE.
Ainsi encore, le tour des yeux et le lorum, au lieu d’être dénudés et sans plumes, sont au contraire totalement emplumés; les grandes couvertures des ailes à barbules si lâches et si effilées dépassent les plus longues pennes de l'aile; les tarses sont plus allongés, et au lieu de six squamelles peu distinctes, en comptent neuf parfaitement imbriquées. |
Ainsi enfin, chose bien remarquable, et qui viendrait diminuer de valeur l’un des principaux caractères génériques de la M. variegata, la soudure partielle du doigt extérieur avec le médian, toute particulière à cette dernière espèce, disparait entièrement chez notre individu, dont tous les doigis sont absolument distincts et séparés dès leur origine les uns des autres. —.
Toutes modifications, à l'exception du bec, qui ne sauraient provenir ni de l’âge ni du sexe. Sans doute elles peuvent ne point paraitre, aux yeux de tous les Ornithologistes, avoir une assez grande valeur pour servir de fondement à une spécification que nous ne proposons nous-même qu'avec doute; mais enfin elles sont beaucoup plus profondes et plus tranchées que celles qui résultent
ordinairement du sexe et de l’age, ce qui suffira pour nous excuser.
Dimensions comparées de la M. variegata et de notre M. unicolor.
vante. M unisnlor.
Longueur totale, 300 22: 290 — du bec, depuis les plumes frontales, 24 20 = du tarse, 0 25 — du doigt médian avec son ongle, 27 30 — du pouce avec son ongle, 19 »
D'où il résulte qu’en somme, chez la M. unicolor, en même temps
que le bec et la taille générale sont moindres que chez la M. varie-
MÉSITE UNICOLORE. | | 5
gata , les tarses, fée pieds et les doigts dans toutes ed parties AS
plus considérables. ee .
Le bec et les pattes sont d’une couleur brune noiratre, ce qui
n est pas l'indice d'un jeune individu, chez qui ces parties sont tou- Jours orisatres.
Cet Oiseau fait partie de la Collection du Museum de Paris, qui renferme tant de trésors peu ou point connus; il y a dé envoyé en 1898, c'est-à-dire à la même époque à peu près où M. Bernier envoyait la Wesites variegata, par un Voyageur Naturaliste M. Goudot, qui l’a découvert aussi à Madagascar, cet autre Centre de la Création qui commence à fixer l'attention des Savants.
Il est à souhaiter que nos Voyageurs puissent découvrir encore et envoyer une série des mêmes espèces de sexe et d'age différents,
jointe : à des observations de mœurs et d’ habitudes, afin de dissiper
les doutes que l’on peut si légitimement avoir sur leur identité ou
leur différence spécifique.
BONDRÉE À COLLIER NOIR.
PE RN EN + ORQU ATA rs Traité d'Ornithologie, 1831).
BONDRÉE À COLLIER ROUX.
PERNIS RUFICOLLIS (Den).