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PLANCHES XIII ET XI

Nous figurons ces deux Bondrées, données, comme espèces distinctes, par l'Honorable M. Lesson, d’abord parce qu’elles sont inédites, ensuite pour les signaler à l'attention des Naturalistes, en annonçant de suite que nos dessins sont la représentation exacte des types qui ont servi aux descriptions de ce Savant Ornithologiste. |

Voici comment le zélé Professeur de Rochefort décrit sa

sd torquata.

Iconographie Ornithologique, — 3% Lrv. 1

BONDRÉE A COLLIER NOIR. — BONDRÉE A COLLIER ROUX.

« Bec noir; tarses jaunes; plumage gris-blanc-roussâtre, plus » clair sur la tête, et chaque plume rayée de noir. Le manteau » brun, chaque plume cerclée de blanchätre, enveloppée d’un cer- » ele irrégulier de noir; plusieurs plumes droites, noires, implan- » tées dans locciput. Poitrine jaunatre; ventre roux-clair, maillé » de blanc ; queue blanche, largement rayée de deux bandes noires. » (Mus. de Paris ; Patrie inconnue.) » |

Malgré les quelques inexactitudes que renferme cette description. et dont nous dirons la cause tout à l'heure, il est bien évident que, dans son ensemble comme dans la plus grande partie de ses détails, elle se rapporte au sujet figuré dans notre Planche: Aussi, sans reprendre cette description en sous-œuvre, nous bornerons-nous à la compléter sous deux rapports :

Ainsi 1l n'est pas exact de dire que la gorge de notre Oiseau soit enveloppée d’un cercle irrégulier de noir. Ce sont réellement trois raies noires qui la distinguent, dont une tombant du dessous du bec, les deux autres de chaque côté de son ouverture, et toutes trois venant se rejoindre en s’arrondissant au sommet de la poitrine ; de plus les grandes pennes alaires sont noires; la 1° rémige est la plus courte, la 4° est la plus longue, et enfin, la queue, d’un brun fauve marbré de blanc sale, ne parait blanchatre qu'en dessous, où elle laisse transparaitre ses deux bandes noires.

Maintenant cet Oiseau est-il bien une espèce distincte et différente de la Pernis cristata (Cuv.) Pélorhynchus (Temm.) PI. col. 44? C'est ce qu'il convient d'examiner.

Nul doute qu'au premier aspect cette différence ne soit assez vivement accusée quant à la teinte sénérale de la coloration. Mais en comparant l’une avec l'autre, on s'aperçoit bientôt que de nombreux

rapports de plumage de la P. lorquala avec la P. cristata, dans ses

BONDRÉE À COLLIER NOIR. — BONDRÉE A COLLIER ROUX.

éléments principaux, sont assez faciles à saisir. Il est. par exemple. impossible, dans les trois raies noires de la gorge de la P. torquata. de ne point reconnaitre la base de celles qui se retrouvent en même nombre, aux mêmes places et de même forme, sur la P.cristata, moins visibles chez celle-ci, quoique plus foncées, à cause de la teinte fuligineuse sur laquelle elles se dessinent. De même. dans le maillé blanc du dessous du poignet de laile et de labdomen de la P. torquata, il est difficile dene pas voir la base du maillé blanc du poignet de l’aile des cuisses et des couvertures inférieures de la queue de la P. cristata. Si l'on rapproche de ces analogies celles tirées de la taille en tout point la même, de la couleur et de la forme des pattes, de la forme et de la couleur des plumes, de l’ornement suboccipital, enfin dans la disposition et la structure de celles du lorum, on ne pourra guère hésiter à considérer la P. #orquata soit comme une variété de la P. cristata, soit comme sa femelle, ce qui est notre profonde conviction.

Ajoutons que la Patrie de cette P. torquata, que M. Lesson a dite inconnue, est la même que celle de la P. cristata, car le Voyageur Duvaucel l’a rapportée au Museum d'Histoire Naturelle en Septembre 1821, de Sumatra. |

Voici au surplus les rapports de dimensions de l’une à l’autre :

| Pernis cristata. Pernis torquata.

Longueur totale, = 700 5 Gad re a de l’aile, 480 : 460 — du tarse, | 60 53 — du doigt du milieu, sans l’ongle, 50 50 se de l’ongle, en ligne droite , 7 25 — — en suivant sa courbe, 30 31

La démonstration du double emploi comme espèces distinctes

BONDRÉE À COLLIER NOIR. — BONDRÉE A COLLIER ROUX.

de la P. cristata, soit des deux P. torquata et ruficollis, soit de cette dernière seulement, va résulter d’une manière encore plus claire de la description de celle-ci comme de la Figure que nous en donnons Planche 14.

M. Lesson décrit sa P. ruficolles dans les termés suivants :

« De la taille de la Bondrée huppée de l'Inde P. cristata). Bec » noir, tarses gris; plumes écailleuses entre le bec et l'œil, d'un gris » perlé comme pruineux. Tête et côtés du cou d'un roux vif, mar- » qué de noiratre ; gorge blanche; un large collier roux au devant » du cou. Les parties inférieures blanches, avec un trait brun et » délicat sur la tige de chaque plume ; tarses assez vêtus. Queue » blanche, traversée par trois raies noires; huppe petite, pointant » à peine sur l'occiput. (Mus. de Paris; patrie inconnue.) »

En comparant cette P. ruficollis avec la P. torquata, on est frappé de la similitude de rapports qui les unit, car c'est la même colorauon de plumage dans son ensemble comme dans ses détails; il ny a d'exceptions que pour les trois raies noires de la gorge, qui ne se dessinent que bien lésèrement en blond roux, et pour la huppe, qui n'est point accusée par les plumes cervicales ; et l’on demeure convaincu que l’un de ces Oiseaux ne peut être que le jeune de l’autre, et par suite un peu plus petit, car il y a erreur dans l'égalité de taille que donne M. Lesson à sa P. ruficollis avec la P. cristata. La pre- miére, ainsi que l'indique notre Figure faite également sur le type de la description de M. Lesson , est d’un dixième plus petite que

l'autre ; en voici les dimensions exactes :

Longueur totale, 595 nillin.

| = de l'aile, 400 | a du tarse , | > 48

— du doigt du milieu, sans l’ongle, 45

BONDRÉE À COLLIER NOIR. — BONDRÉE A COLLIER ROUX.

Longueur de l’ongle, en ligne droite, | | DE

— en suivant sa courbure, 29

D'après cet examen, nous inclinons fermement à penser, d’abord que la P. torquata ei la P. ruficollis ne font qu'une seule et même espèce dont la dernière est la jeune de l’autre; ensuite que la première est la femelle de la P. cristata. Ce qui nous autorise à émettre cette opinion, cest que les deux individus dont nous donnons les figures offrent, avec deux jeunes P. cristata, prenant la livrée adulte du male d’une part, qui se trouvent au Muséum de Paris, et d’une autre part avec le male adulte figuré dans les PLancnes COLORIÉES n° 44, la série la plus complète de plumages qui se puisse rencontrer pour des espèces étrangères d'Oiseaux de proie : la P. ruficollis pour le premier age revêtant la livrée de la femelle, mais commencant à passer au second âge, ce que semble indiquer le gris cendré des plumes du lorum; la P. torquata pour la femelle adulte; le jeune de la P. cristata, noiratre, tout fuligineux et n'offrant qu’une apparence de huppe que tout le monde connait, pour le second age revétant la livrée du male; et enfin le type du male adulte de cette dernière espèce, représenté par M. Temminck. | |

Quant aux erreurs de M. Lesson au sujet de la description de ces deux individus, comme au sujet de leur spécification, elles s’expliquent par ce fait qui nous à été rapporté, et que nous avons lieu de croire exact : qu à l'époque où ce zélé Naturaliste s'occupa de son Traité d'Ornithologie, quelques abus avaient fait interdire l’ouverture des armoires aux personnes étrangères à l'Administration, dans les Galeries du Museum de Paris; et que dès lors M. Lesson, par excès d'amour-propre, n'ayant pas voulu faire enfreindre en sa faveur une consigne générale, n'avait pu faire ses descriptions qu’à

Iconographie Ornithologique. — gme Lrvy, | 4 bis.

BONDRÉE A COLLIER NOIR. — BONDRÉE À COLLIER ROUX.

une distance assez incommode, et au travers des vitres, toutes conditions qui ont dû altérer et modifier sensiblement à ses veux l'aspect des teintes et des couleurs. | Par suite de cette simplification, les Espèces admises au nombre de six, par M. G. R. Gray, dans le Genre Pernis, se trouveraient

réduites à quatre.

Cet Article était imprimé lorsque nous est tombée sous les yeux la Planche vn du Bel Ouvrage publié en ce moment - Leyde, par MM. Temminck, Schlegel et Müller, sur l'Histoire Naturelle des Possessions Néerlandaises dans l’Inde.

Cette Planche, qui représente un jeune individu de la P. Cristata, ne fait que confirmer nos inductions et notre démonstration sur l'identification des P. Torquata et P. Ruficollis avec cette Espèce, en complétant la série des âges de la femelle. Car l’Oiseau qui y est figuré ne diffère de celui de notre Planche xiv qu'en ce qu'il est privé de toute trace de huppe ; et que sa poitrine est clair-semée de quelques flammes

brunes.

PERRUCHE AMAZONINE.

+PSITTACUS ANAZONINUS (O. pes Murs, Rev. Zool., Juin 1845. P. 207).

SPEC. CHAR. — Rostro eburneo; regione circum orbitarià nudatäâ; capistro, pileo, loris, gulà et rectricum margine rubro-cinnaberinis: genis flavo-aurantis; corpore suprà viridi-smaragdineo; abdomine lateribusque et crisso Iætè virescentibus; pectore viridi-olivaceo ; humeriset alulà rubro-coccineis; scapularibus minoribus, remigum

: secundariis sicut et rectricibus ad apicem cæruleis; primarüs cæruleo-nigris; alis, caudæ brevis ferè æqualibus, et cauda ipsà cæruleo subtüs argenteis; 2° et 3% longioribus; pedibus nigris.

Longit. 20 centim.

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