PLANCHE XX
Le désir de figurer les Espèces inédites contenues au Manuel de l’'Honorable M. Lesson, dont tous les types se trouvent au Museum d'Histoire Naturelle de Paris, nous donne encore l’occasion , pour cette Espèce, de signaler ure erreur que nous croyons lui être échappée, et, par suite, de relever un double emploi dans les Spe- cies du Genre Capito que vient de publier M. G. R. Gray, dans la 23° Livraison de son Genera.
Pour mettre à même d'apprécier nos doutes sur l'élévation de cet individu au rang d'Espèce, nous commencerons par rappeler la
Description qu'en donne le Savant Professeur de Rochefort :
Iconographie Ornithologique. — Ame I ry. »
BARBU À FLANCS PONCTUES.
« Taille d’une Grive; bec noir ; occiput et tête olive; joues d'un » noir de velours que horde en dessus une raie jaune de soufre se » perdant sur le dos; gorge et devant du cou orangés ; dos noir, va- » rié de jaune; ailes noires traversées par une raie Jjaunâtre, parties » inférieures du corps jaune-clair; flancs ponciués de noir, tarses » bruns. Patrie imconnue. »
L’ignorance seule de la provenance de cet individu, qui se trouve en effet dans les Galeries du Museum de Paris, est la cause de l’erreur dans laquelle est tombé M. Lesson. S'il eüt su que ce Barbu venait du Pérou, ses souvenirs se fussent évidemment reportés sur le Barbu orangé du Pérou, de Levaillant (Barbus, n° 27), Bucco Peruvianus (Cuvier), et la comparaison qu'il eût été amené ainsi à en faire, lui eût indiqué que les seules différences de ptilose existant entre l’un et l’autre sujet, ne pouvaient être que des différences de transition d’une livrée à une autre dans deux individus de la même Espèce. |
Telle est en effet notre opinion; et nous croyons qu'il suffira de comparer la Description de M. Lesson, de même que notre Figure, avec la Description de Levaillant qui suit, pour la’ juger fort admissible : |
« Le Barbu orangé, dit Levaillant, a les plumes du bord du » front, celles de la gorge et du devant du cou, d’un orangé rou-
seatre ; couleur qui se fond vers les parties inférieures, et qui se
» trouve tout à fait changée en un jaune de jonquille sur la poi- » trine et tout le dessus du corps. Les plumes des flancs portent des » taches noires en forme de larmes; et celles des jambes et du bas- » ventre ont, ainsi que les couvertures du: dessous de la queue, » chacune un trait noir dans leur milieu Le dessus de la tête et le
» derrière du cou sont d’un jaune varié de. noir. Le manteau, le
BARBU A FLANCS PONCTUÉS
»dos, les scapulaires et le croupion sont noir varié de jaune; une
large bande noire, légèrement teinte d’orangé, part de derrière » les veux et descend sur les côtés du cou, en séparant le jaune du » derrière et l'orangé du devant de cette dernière partie. Les ailes » et toutes leurs couvertures, ainsi que la queue et toutes les cou-
» vertures Supérieures, sont d'un noir pur; cependant Les plus gran-
» des couvertures alaires ont chacune une tache Jaune, et forment ainsi
» une bande transversale de cette couleur. Les dernières pennes alai- » res, celles près du dos sont aussi variées de jaune, et les moyennes » ont un-petit liséré aussi jaune, qu’on retrouve sur les pennes la- » térales de la queue. Le bec est noir, et les pieds sont bruns.
» Du Pérou, tué dans les bois. Faisait ee du beau Lainet de » M. Raye de Brenckleriaert, à Amsterdam. >
On voit que la seule et unique différence de r un à l’autre résulte de ce que l'intervalle circonscerit, à partir du sommet de la tête jusqu'au bas postérieur du cou, par la larse bande notre partant de derrière les yeux, dont parle Levaillant, est, sur son individu , d’un jaune-jonquille pareil à la couleur de la poitrine, tandis que sur l'individu de M. Lesson, qui est aussi le nôtre, cette même partie, qui na commencé à prendre sa couleur d’adulte que sur les deux côtés externes de ce même intervalle, constituant /@ raie jaunesoufre se perdant sur le dos, décrite par ce dernier Ornithologiste, est reslée à l’état de couleur olivätre, suffisante pour indiquer la transition du noir primitif au jaune.
Notre Barbu, type de M. Lesson, vient du Pérou, d’où il a été rapporté en 1827, par M. Ajasson, qui l’a trouvé dans les localités de Caxa-marquilla et Lama.
Longueur totale, e 18 centimètres.
Il résulte de ce qui précède que le N° 14 du Species du Genre
BARBU A FLANCS PONCTUÉS
Capito, de M. G. R. Gray, serait à supprimer comme faisant dou ble emploi avec son N°3, et que la Synonymie de l'Espèce serai celle-ci : |
Barbu orangé du Pérou. Levaillant. Barbus, n° 27.
Bucco Peruvianus. Cuvier. À. anim.
Micropogon aureus. Temminck.
Barbu à flancs ponctués. Lesson, Man., page 165.
Bucco punctatus. Id. id. id.
Capito peruvianus. (Guv.) G. R. Gray, Genera, n° 3.
Capito punctatus. (Less.) Id. Ibid. n° 14.
BARBU SERIN
BUCCO LUTEUS. Lresson (Man., r. 163).
MEÉGALAIMA LUTE À (Lrssov.) G. R: Gray. (Genera N° 15.)
SPEC. CHAR. — Gorpore toto pallidé luteo, regione orbitarià, gulà colloque
junquillaceis exceptis.
PLANCHE XXL
Voici la description qu'en denne M. Lesson :
« Bec corné, tarses jaunes, plumage en entier jaune-blanc ou » serin. »
Ce curieux Barbu est en effet tout jaune-serin pale ou blanchätre, à l'exception de la région orbitaire, du menton et de la gorge, dont le jaune est plus vif et plus tranché, et des grandes couvertures alaires; les tarses sont blanchatres; il n’y a pas jusqu'aux poils qui recouvrent le bec et se prolongent jusqu’à son extrémité, au bec
lui-même etaux ongles, qui n'aient subi cette sorte d'influence albine.
Iconographie Ornithologique. — 4% Lrv. 3
BARBU SERIN
Les caractères d’une maladie analogue à celle à laquelle on atiribue généralement l'albinisme sembleraient résulter de l'examen de cet individu.
Une étude attentive nous y a fait découvrir une trace irrécusable sinon de ce fait, au moins d’une certaine transition ou élaboration incomplète de plumage : ce sont deux ou trois petites plumes du bas de la gorge qui ont conservé à leur extrémité et sur leurs dernières barbules une teinte rouge-orangée trés-prononcée el qui ne parait provenir, vue au microscope, d'aucune application de corps étranger. Nous avons également observé sur le frontal de petites plumes rudimentaires et à peine développées teintées de rouge-ponceau.
Maintenant, dans le cas où cet individu ne constituerait qu'une variété, à quelle Espèce devrait-il être rapporté? est-ce au Bucco philippensis. Gm., comme en a eu la pensée l’'Honorable Ornitholooiste qui l’a le premier décrit? est-ce à une autre Espèce? c'est ce que nous ne saurions dire pertinemment.
Il en est de même sur la question de savoir si ce sujet constitue un exemple d’albinisme ou seulement une transition de plumage particulière à cette Espèce. |
Nous nous empressons donc de conserver à ce rare Barbu le Nom Spécifique qui lui a été imposé par M. Lesson.
On en doit la découverte au Voyageur Leschenault, qui l’a envoyé en 1518 de Pondichéry au Museum de Paris. Ce Voyageur indique dans son Catalogue que les Malais appellent cet Oiseau Sambel- Sitou.
POMATHORIN DE HORSFIELD.
POMA THORINUS HORSFIELDIT. Svxss, Proced. Z. S. 1832. f° 89.
SPEC. CHAR. — Olvaceo-brunneus; strigd superciliari, collo in fronte, pectore * abdomineque medio albis. Irides fusco-sanguineæ. Rostrum flavum. Pedes fusci. (Svxes, Proc. Z. S. 1832, f° 89.)
PLANCHE XXIL.
Cet Oiseau, qui se trouve au Museum d'Histoire Naturelle de Paris depuis 1830, offre une nouvelle preuve des richesses sans nombre que possède et qu'a toujours possédées ce magnifique Etablissement.
Il a été découvert au Malabar par le célèbre Voyageur M. Dussumier, qui en a envoyé deux exemplaires en 1830; et c’est seulement en 1992 qu'il a été décrit par M. le Colonel Sykes, qui consacre depuis longtemps à l'Histoire Naturelle tous les moments qu il peut dérober à son service militaire dans l'Inde.
Iconographie Ornithologique. — 4% Liv. 7 bis.
POMATHORIN DE HORSFIELD.
Description. — Cette Espèce, qui rentre en grande partie dans l'ensemble de coloration sévère et uniforme de ses congénères, à le corps en entier brun-olivätre, à l'exception d’une tache blanche longitudinale partant des narines, passant au-dessus de l'œil et descendant le long de la partie latérale du cou, ainsi que du menton, de la gorge, de la poitrine et du haut de l'abdomen, également blancs; l’olivâtre qui encadre ces diverses parties tourne en une teinte noire qui en fait d'autant plus ressortir l'éclat de neige. [ris couleur de sang foncé; bec jaune; moitié de la mandibule supé-
rieure, à partir de sa base, brune; pieds d’un brun plombé.
DIMENSIONS
Longueur totale, : DA cent.
des tarses, 3 de la queue, 9
Observation. — M. le Colonel Sykes fait suivre sa Diagnose de la courte notice suivante :
« De petits Insectes (Dyptères) se trouvaient dans son estomac. » Je n'ai rencontré cet, Oiseau remarquable que dans lépaisseur » des forêts des Ghants (pays de Dukhum). Le chant du male est » hoot, whoot, whoot (que nous prononcons hout, vout, vout), » articulé lentement, auquel la femelle répond par hooe (c'est-à- » dire houe). Les habitudes sont celles des genres Turdus et » Timalia. J'ai dédié cette espèce à l'honorable Naturaliste auquel
» la Science est tant redevable. »