A NOTE SUR LE PLAN
sante, et en quelque sorte à l'ordre du jour, à créer des genres nouveaux, à ériger en caractères génériques des caractères de deuxième, de troisième et de quatrième valeur. De loin en loin la même plainte s’est fréquemment élevée à ce sujet, mais SANS SUCCÉS et sans résultat. Espérons que la voix puissante d'un Savant Académicien, de M. Isidore Geoffroy Saint-Hilaire, qui s’est déjà fait entendre à diversesreprises, viendra arrêter le fléau avant que les désastres en soient irrémédiables, par la publication du Mémoure spécial dont il s'occupe depuis longtemps, sur les Règles de la Nomenclature.
Au milieu de ce désordre, il est pourtant deux points sur lesquels on parait naturellement d'accord, c'est linanité, comme création et comme priorité, de tout ce qui n a pas été publié et est demeuré à l’état de manuscrit ou à l’état de simple note. On comprend en effet l’inconvénient qu'il y aurait à tolérer un abus qui à voulu s'établir un moment, et qui consisterait à permettre à un Auteur de citer dans un Ouvrage, comme dénominations ayant autorité, celles qui n'auraient été vues que simplement écrites, soit dans une Collection publique ou particulière, soit dans des Catalogues. Le moindre inconvénient d'un pareil abus serait de mettre les personnes qui s occupent de la même branche Scientifique dans l'impossibilité de remonter, pour leurs recherches, à l’origine de ces dénominations, puisqu'elles n'auraient jamais été publiées, et de se rendre compte des motifs qui auraient dirigé, nous ne dirons pas lPAuteur, mais le Naturaliste ainsi improvisé.
Disons à cette occasion qu'on ne peut s'empêcher de se plaindre de la légèreté et de l'empressement peu réfléchi avec lesquels sont jetées, dans les nombreux Recueils périodiques, les diagnoses de senres ou d'espèces plus où moins intéressants ou nouveaux. Non
que nous prétendions blämer ce recours précipité à la publicité ;
mais nous critiquons le mode d'emploi que l’on en fait. Nous voudrions que ces diagnoses , surtout lorsqu'il s’agit d’un genre, fussent moins laconiques (nous n’apprécions guère le laconisme de description, en fait de Science exacte et positive comme l’est l'Histoire naturelle), ou accompagnées d’un corollaire critique et raïisonné dans lequel serait discutée la valeur relative des caractères que l’on penserait être propres à ce senre, de manière à initier chacun aux motfs déterminants de votre jugement.
Ce que nous voudrions aussi, c’est que chacun, en écrivant sur l'Histoire naturelle, dépouillât tout amour-propre à l'égard de ses devanciers où contemporains, et s’empressät de conserver relisieusement les dénominations existantes, ou ne les changeat qu'après avoir discuté et mis en évidence la nécessité de ce changement. Il ne faut pas oublier que le Naturaliste qui écrit est exactement dans sa sphère, comme l’Historien dans la sienne; le Naturaliste AUSSI , quand il établit un genre, quand il raconte ou discute les différentes phases de la création de ce genre, se fait Historien; et alors il a besoin des mêmes qualités, il doit se montrer Historien fidèle, calme et impartial, et donner la raison de sa décision et de sa détermination.
Quant à nous, nous le déclarons : notre intention, dans le cours de notre Publication, est de nous conformer à ces principes.
Ainsi jamais il ne nous arrivera de changer le nom d’un senre établi, même quand nous reconnaitrions la défectuosité de ce nom: mais en nous y conformant, nous ne renoncons pas à notre droit. qui est aussi pour nous un devoir de conscience, de discuter le fort et le faible, de manière à placer la question, si elle était douteuse, sous les veux des Ornithologistes. |
De même, dans les caractéristiques soit génériques, soit spécifi-