‹ Iconographie ornithologiqueChapitre 4 sur 101 · Ô NOTE SÜR LE PLAN · texte numérisé non relu

Ô NOTE SÜR LE PLAN

» POUR UN MÊME GROUPE, ADOPTER INVARIABLEMENT LE PLUS ANCIEN » D'ENTRE EUX. »

Telle est la marche que nous nous proposons de suivre dans le cours de la Publication de cette /conographie Ornithologique , que nous avons conçue et que nous voulons exécuter sur le plan créé par Buffon, et si bien repris longtemps après lui par lhonorable M. Temminck. |

Depuis Buffon, en effet, dont les ouvrages en histoire naturelle sont appréciés aujourd'hui à toute leur valeur, surtout au point de vue Philosophique de la Science, aucun Naturaliste n’a élevé à l'Ornithologie un Monument aussi considérable que sa Collection de planches enluminées, qui renferme, en 973 planches, la représentation de 1020 espèces; et cependant cette OEuvre n’est pas encore à la hauteur qu'il lui voulait voir atteindre, ni aussi entière qu'il l'avait projetée : soutenue et conduite avec persévérance tant qu'il vécut, elle s’est arrêtée en même temps que lui.

Près d'un siècle s'est écoulé, et un seul Naturaliste, dans toute cette période, a de nos jours tenté de donner suite au projet de Buflon, en tâchant de le compléter par la représentation des découvertes Ornithologiques les plus récentes. M.Temminck, en collaboration avec le baron Laugier de Chartrouse, a, dansun intervalle de près de vingt ans, C'est-à-dire de 1820 à 1838, publié ses planches colorices, qui ont conquis la place qu’elles méritaient dans la Science à laquelle ce Naturaliste distingué a déjà rendu tant et de si grands services. Encore, dans ce long espace de temps, n'a-t-il réussi à faire paraitre que 600 planches, représentant, en plus des espèces figurées par Buffon, 661 espèces; ce qui porte l’ensemble de celles existant dans ces deux Ouvrages réunis à 1681 espèces environ.

On voit par cet apercu combien est faible ce nombre relative-

ment à celui des espèces admises en Ornithologie, puisqu'on en compte plus de 10,000, et que les Découvertes incessantes accroissent chaque jour ce chiffre. Aussi serait-ce une Entreprise difficile à réaliser d’ici à longtemps, que la Publication par Figures de toute la Série Ornithologique.

Pourtant, si notre intention aujourd’hui n’est point d’aspirer à ce but, ce qui pourrait nous être imputé à présomption, au moins avons-nous le désir en ajoutant une Suite aux Planches Enluminées et aux Planches Coloriées, de remplir autant que nous le permettront nos faibles efforts et les encouragements que nous espérons rencontrer, le vide immense qui est encore à remplir sous ce rapport.

Les Savants et les Naturalistes sentent de plus en plus, surtout en France, la nécessité d’un Ouvrage dans lequel, comme dans celui de Buffon, comme dans celui de MM. Temminck et Laugier, puissent venir se fondre tous les Ouvrages Spéciaux publiés depuis longtemps et qui se publient encore sur les Oiseaux en France et à l'Étranger, notamment en Angleterre, à des prix presque toujours si élevés qu'ils en deviennent difficilement abordables.

Il n’y avait donc qu’une seule manière d’atteindre ce résultat, et de rendre cette Partie de la Science accessible au plus grand nombre : OPÉRER UNE RÉDUCTION DE PRIX SUR UN PAREIL OUVRAGE. C'est ce que nous nous empressons d'offrir aux Savants et aux Amateurs, au moyen de sacrifices que nous sommes à même de faire, et dont toute la récompense pour nous sera dans notre succès et dans le bon accueil que recevra cette Iconographie.

Le format que nous avons adopté est exactement le même que celui choisi par Buffon et par MM. Temminck et Laugier, in-4° et

in-folio; en sorte que les possesseurs de ces deux ouvrages pourront

[0 NOTE SUR LE PLAN faire relier le nôtre à leur suite, ou en intercaler les Planches, selon leur Ordre Méthodique, de l’un dans l'autre.

Les Figures, toujours d’après nature, seront dessinées sous nos veux, par M. Alphonse Prévôt, peintre attaché au Muséum d'Histoire naturelle, déjà connu depuis longtemps par les Illustrations en ce cenre dont il à enrichi la plupart des orands Ouvrages publiés depuis plus de vingt ans, sous les auspices du Gouvernement.

La Synonymie de chaque espèce représentée sera donnée aussi complète et aussi exacte que possible. Nous ÿ conserverons presque toujours de préférence Les Noms les plus anciens. Les Diagnoses caractéristiques de Genres et d'Espèces seront en Latin, la Langue universelle Scientifique, ce qui rendra notre Ouvrage plus intéressant pour les Souscripteurs étrangers à la France : de plus, chaque Planche portera le Nom Latin en même temps que le Nom Français de l'individu figuré.

Le Texte, du même format que les Planches, sera sans pagination, afin de pouvoir toujours accompagner la Figure à laquelle il se rapportera dans quelque ordre et de quelque manière qu'on la classe.

Nous ne nous dissimulons pas le peu de garantie qu'offrira pour le Texte notre Nom pour ainsi dire inconnu, quoique nos études en Ornithologie se soient poursuivies sans relâche depuis une vingtaine d'années. Mais au moins trouvera-t-on dans l'exactitude minutieuse de nos Planches un gage de notre aptitude et des soins que nous comptons apporter à l’accomplissement d’une tâche que notre dévouement à la Science nous détermine à entreprendre; et nous espérons que Île degré de perfection atteint par nous fera pardonner le peu de mérite ou d’autorité de nos Notes, qui ne seront tou-

jours que le plus faible accessoire d’un tel Ouvrage.

Quant aux Richesses dont nous pouvons disposer pour ce Recueil, nous avons l'assurance de l'appui bienveillant et toujours prêt aux encouragements Scientifiques de M. le Professeur Isidore GEOFFROY SAINT-Hiratre, Membre de l'Académie des Sciences, qui nous à permis de nous placer sous son puissant Patronage, et nous a promis de mettre à notre disposition les trésors Ornithologiques du Muséum d'Histoire naturelle.

Les Cabinets Particuliers (indépendamment des Cabinets Publics Étrangers) seront mis aussi par nous à contribution : et nous comptons spécialement sur celui, si célèbre, de M. le Prince d'Essling , sur ceux de MM. le Baron de la Fresnaye, Lesson, J. de Lamotte et Baillon. C'est assez dire que nous serons à même de satisfaire les désirs de nos Souscripteurs les plus exigeants.

Ce Recueil pourra être indiqué, dans les citations qu’on en voudrait faire, sous le titre d’ICONOGRAPHIE ORNITHOLOGIQUE, où mieux encore, sous celui de Planches Peintes, qui indique avec plus de justesse la relation intime qui existe entre notre Recueil et les Planches EÉnluminées et Coloriées, sans qu'il soit possible de confondre les unes avec les autres.

Disons, en terminant, que nous recevrons avec reconnaissance communication des Oiseaux nouveaux ou inédits qui nous seraient adressés pour être figurés dans notre Ouvrage; nous engageant à

les retourner avec le plus grand soin.

GENRE AIGLE

GENUS A @) UILÆ (Kcew, Historiæ Avium Prodromus, 1750).

GENER. CHAR. Rostrum. — Basi cerà pilosà insitructum ac rectum, versus apicem tantm aduncum.

Caput. — Pennis arctè tectum, aliquotiès cristatum.

Nares. — Obliquæ, ellipticæ.

Alæ. — Longissimæ, caudam coæquantes; 3?, 44, 5%, remigum longiores.

T'arsi. — Breves, usque ad digitos lanati.

Jusqu'à ces derniers temps la dénomination d'Aigle, Ægquila, a servi à désigner plusieurs Espèces d'Oiseaux de proie, reconnues appartenir évidemment à des Genres tout différents, tels que les Genres Halætus, Circaëtus, etc. Sans doute, la Famille des Accipitres étant des plus naturelles, et les nuances qui en distinguent les divers Genres des plus fugaces et des moins faciles à saisir, on a pu hésiter à fractionner les deux grandes Divisions que Linnée, avec un instinct si sûr, en avait faites sous les Titres de Z’wltur et de

Falco.

Un moment on a cru que le mérite de la création du Genre

Iconographie Ornithologique. — 4" Lrv. 1

a tu,

Lo

Je re A, Es

GENRE AIGLE

Æquila, ajouté aux deux Genres Linnéens, appartenait à Brisson (x), et c’est l’errement que jusqu'à ce jour avait suivi la Science Ornithologique. Depuis peu cependant on a reconnu, et avec raison, que le Genre avait élé créé avant Brisson, par Mœhring, et cest À M. G. R. Gray (2) qu'est due cette restitution. +.

Pourtant, comme, avant tout, nous tenons à ce qu'en Histoire Naturelle, où le Public admis à contrôler la Science est si rare, justice soit rendue à chacun de ceux qui ont contribué à la faire

ce qu’elle est, nous n’hésiterons pas à signaler l'erreur positive qu'il

y aurait à s'en tenir à cette indication de l'honorable Ornithologiste

Anglais, qui a été suivie par M. L. Agassiz, dans son Nomenclator

Zoologicus. Oui, sans doute, Mœhring (3), qui à peine a laissé trace de son passage en Ornithologie, avait établi le genre ÆAquila avant Brisson, c'est-à-dire en 1752; mais un autre Naturaliste, de plus de portée et de valeur que Mœhring, qui l’a souvent cité, l'avait institué avant lui; et ce Naturaliste est Klein.

Dans son Aistoriæ Avium Prodromus, publié en 1750, mais qu'il écrivait, ainsi quil le dit lui-même en 1745, date de sa Préface, il a divisé ce qu'il a appelé l'Ordre des Oiseaux en Familles, en Genres et en 7ribus; et pour avoir une idée du sens qu'il attachait au mot Genre, il suffit de savoir que huit de ses Genres composent pour lui l'Ordre entier des Oiseaux. Or, lorsque après la Division, encore de si fraiche date, des Accipitres de Linnée en Vautours et en Faucons, Klein vient les subdiviser en trois Tribus, qu'ilnomme Zquila, f'ultur et Falco, il est bien évident qu'il n’y a chez lui que le nom

des degrés de son échelle de Classification de changé, et que son

(1) Ornithologie. 1760.

(2) Last of the Genera of Birds. 1841. (3) Ævium Genera. 1752.

M > GENRE AIGLE

terme de tribu a une valeur équipollente à ce que les Naturalistes

de nos jours sont convenus d’appeler genre. Et cela devient incon-

-testable quand on remarque qu’en tête de chacune de ces Tribus

il pose une Diagnose des mœurs et des caractères physiologiques

distincts des Espèces composant la Tribu.

Cest ainsi qu'en tête de sa première Tribu des Accipitres, qui est

celle des Aigles, Tribus Aquila, après avoir défini brièvement leurs

mœurs et leurs habitudes, il exprime en ces termes le Caractère

Générique principal qu'il leur reconnait: 7ribus Aquila, inter Aves

tetradactylos, digitis solutis meretur locum supereminentem. Puis à la fin de cette courte caractéristique, il ajoute : Plura de Aquilis spe- CLeS SUN. |

Or, ces espèces d’Aigles sont beaucoup moins mélangées et confondues chez Klein que chez Mœhring et chez Brisson. Pour s’en convaincre, on n'a qu à voir quels sont les Oiseaux de proie, qu’en dehors des Aigles et des Vautours, il relègue dans sa troisième Tribu, Tribus Falco; tous les autres Oiseaux de proie, sive, dit-il, Aucusque Accipitres, sie Milo, swe Buteones, aut in specie Falcones fuerint appellatr.

Il nous parait donc nettement établi que Klein doit être regardé comme le premier Ornitholosiste qui aux deux Sections primordiales de Linnée en ait ajouté une troisième en créant le Genre Aquila, adopté depuis par presque tous les Naturalistes, moins Latham, Jusqu'à Geoffroy Saint-Hilaire et Cuvier.

Car 11 y a loin de la composition si naturelle, si sage et si mesurée, du genre Æquila constitué par Klein, à la composition informe du même genre réalisée par Mœbhring; c'est à croire, si les dates n'étaient là pour démontrer le contraire, que celui-ci a écrit et tra-

vaillé bien antérieurement à celui-là. Ainsi là où Klein réunissait

CUS Le DER

‘is

Pony on

GENRE AIGLE

à peine quelques Pygargues à ses Aigles, avec lesquels, comme Brisson, il les confondait, Mœbhring, lui, comprenait pêle-mêle, sous cette dénomination générique, plusieurs Genres hétérogènes qui pour lui n'étaient en quelque sorte que des Espèces : Falconis quædam species, ditil, Æquilæ, Acapitres, Milvi Auctorum !

Quoi qu'il en soit, et pour suivre l'Historique du Genre qui nous occupe, Brisson conserva ce même Genre Aïgle, qu'il nommait Genus aquilinum; ainsi créé et remanié avant lui, et à l'instar de Klein, mais aussi avec plus de discernement que Moœhring, il y comprit à titre d'Espèces plusieurs autres Genres tout à fait distincts des vrais Aigles. |

Tous les Ornithologistes, jusques et y compris l’illustre Auteur du Manuel des Oiseaux d'Europe et des Planches coloriées, M. Temminck, ont fait de même.

Nous nous trompons : Cuvier (1), qui lui aussi à maintenu le Genre Aigle, en lui donnant une consécration toute nouvelle et unanimement respectée, est le premier de tous les Ornithologistes modernes, et cela dès 1798, qui lait restreint, en le constituant ce qu'il est réellement et ce qu'il restera toujours, aux Espèces d’AZigles proprement dits, en leur attribuant pour caractères : « un bec trèsfort, droit à sa base et courbé seulement vers sa pointe. » Caractère commun à ce qu'il appelle la Tribu des Aigles, comprenant les genres Halætus, Pandion, Circaëtus, Harpya, Astur, Dedalion, etc., et « des tarses, courts et gros, emplumés jusqu'a la racine des dorsts.» Caractère presque exclusivement unique et spécial aux seuls Aigles proprement dits, en un mot au Genre Æquila.

Il était impossible en effet, quelque faibles et à peine saisissables

(1) Règne animal, an vi.

‘+ te

GENRE AIGLE

que fussent les nuances, qui, sur certaines limites, séparent les différents Genres composant l'Ordre des Aquilinés, les uns des autres, de ne pas constituer, des Aigles proprement dits, un Genre essentiellement distinct et ayant encore ses caractères particuliers. Cette doctrine, Cuvier n’a jamais cessé de lui être fidèle; le célèbre Geoffroy Saint-Hilaire l'a toujours professée; c’est la même encore qu'enseigne depuis longtemps le digne Continuateur de son Nom, de sa Science élevée et de ses OEuvres, dans ses Cours publics, au Muséum d'Histoire Naturelle de Paris, et à la Sorbonne. Il faut savoir gré à M. G. R. Gray de s’y être sagement conformé dans son List of the genera of Birds, et dans son bel et bon Ouvrage de Genera of Birds, en voie de Publication, malgré l'exemple de l’honorable M. Temminck.

Sous ce rapport, il serait donc vrai de dire que si Klein a créé la dénomination sénérique d'Æquila, c'est à G. Cuvier qu'apparüent l'honneur d’en avoir fait une saine application.

Ce Genre se compose aujourd'hui des espèces suivantes :

1 À. Chrysaëtos (Lanx.), Pallas, pl. enl. 410.

2 A. Hela. Sav., pl. col. 151, 152.

3? A. Bifascrata. Gray. IE. Ind. Zool., pl. 17.

4 A. Nœua (Guer.), Mey. Hist. de l'Égypte. Ois., pl. r et

2, FIS.x,

5 À. Fulvescens. Gray, IL. Zool., pl. 29.

6 4. Nœvioides (Cuv.), pl. col. 455.

7 A. Albicans (RupPr.), Faun. Abyss., px,

8 A. Senepallus (Cuv.), Règne animal, t. r, P- 327. 9 Æ. Bonellx (Teun.), Pr. Bonaparte, pl. col. 288. 10 4. Morphnoides. Gould. Birds of austr.

11 À. Pennata (Gmer.), Cuv., pl. col. 33.

Iconographie Ornithologique. — Are Liv, 2

#, MA PE NA Éhn .: A 4 À wt st :

PACA

pr

4 | GENRE AIGLE

12 A. Bellicola (Daun.), Vieill., Le Vaill., Ois. d’Afr., pl r. 13 4. Coronata (Lanx.), Edward’s Birds, pl: 224.

14 À. Vulturina (Daun.), Le Vaill., Ois. d'Afr., pl. 6.

15 A4. Malayensis (Reunw.), pl. Cl. 117.

16 À. Audax (Larn.), G. R. Gray, pl. col. 32.

17 À. Isidori. O. des Murs, Rev. Zool., 1845.

AIGLE D'ISIDORE

FALCO ISIDORI (O. pes Murs, Revue Zool., mai 1845, page 175). +AQUILA ISTDORI (O. nes Murs).

SPEC. CHAR. — Cristà nuchali pennis elongatis deflexä; corpore toto, suprà, nigro coruscante; infrà, rufo brunescente, strigis nigris longitudinaliter lanceolato; caudà, parte superiore inferioreque nigrà, intermedià bruneo alboque sordidè marmoratä; rostro unguibusque corneis, nigro-cærulescentibus; pedibus flavis; tarsis usque ad basim pennatis.

Page 1