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PLANCHE XXXVIII

C'est avec un véritable sentiment de plaisir que nous saisissons l'occasion qui se présente de rappeler aux Naturalistes le nom d’un homme qui a rendu et qui rend encore de si grands et de si modestes services tant à la Zoologie en général qu à l'Ornithologie en particulier.

Tout le monde connaît en effet la série des travaux auxquels le docteur L'Herminier, de la Guadeloupe, s’est livré toute sa vie pour vérifier par lui-même quelles pouvaient être l'importance et la valeur des caractères que le savant Acädémicien, M. de Blainville, avait eu, en 1815 et 1821, l’ingénieuse idée de tirer de l'étude de l'appareil sternal, pour les appliquer à une Classification méthodique des Oiseaux. On connaît également son curieux et intéres-

: : à A Iconographie Ornithologique. — 70e Lrv.

PIC L' HERMINIER.

sant Mémoire sur le Steatornis, etc., travaux qui doivent lui assurer Loute la reconnaissance des Ornithologistes.

Tout le monde sait enfin qu'il faillit être victime du terrible trem-

blement de terre qui désola, il y a peu de temps, la Guadeloupe,

. . e LE \ , qu'il habite, et que s’il eut le bonheur d'échapper à ce désastre, il eut la douleur d'y voir engloutir non-seulement sa fortune. mais ebcore ses manuscrits, ses riches et immenses Collections Ostéologiques et Anatomiques, fruits de vingt-cinq années de labeur. La science devait done, après une telle catastrophe, considérer l’infortuné docteur L'Herminier comme perdu désormais pour e , e \ : » \ 9 elle. Mais que ne peut l'énergie du caractère jointe à l'amour de l'étude! On en jugera par la citation suivante.

Nous aimons à croire que notre digne et honorable Collègue nous pardonnera d'initier le public savant à ses sentiments les plus intimes; mais comme il s’agit pour nous d'annoncer une grande et heureuse nouvelle, celle de son retour à la vie scientifique, nous nous permeltrons de citer cet intéressant passage d'une lettre que nous venons de recevoir de lui, et qui peint bien toute la ferveur du disciple d'une Science devenue pour lui une autre religion :

« Depuis la publication dans les Actes de la Société Linnéenne de Paris, en 1827, » de mon premier Mémoire intitulé : Recherches sur l Appareil sternal des Oiseaux, su- » vies d'un Nouvel Essai de classification de ces Ferlébrés, je n’ai pas cessé d’étudier » comparativement le Sternum et ses annexes ainsi que le Canal intestinal des Oiseaux. » Des Voyageurs envoyés ad hor, et des commandes faites dans tous les points du Globe, » m’avaient procuré la Collection la plus riche et la plus complète qui existat en ce » genre. Les Sternums conservés à sec, et les Intestins en bocaux, dans la liqueur, » S’entassalent Jour par Jour dans mes armoires, et Je n’atiendais plus que la posses- » sion du Ménure, du Cariama et de lV’'Aptéryx, pour publier tous ces documents et » mettre la dernière main à ce grand travail Ornithologique, quand le 8 février est » venu me frapper, el me ramener brutalement à la triste préoccupation des besoins maleriels

» les plus immédiats. À la vue de mes Collections anéanties à jamais, de mes Notes per- » dues pour la plupart, je suis tombé dans un tel désespoir, que j’ai juré de renoncer

PIC L'HERMINIER.

» à l’Histoire naturelle. Vain serment! Le temps qui amortit toutes les blessures, les » penchants comprimés qui se réveillent, vos communications journalières si intéres- » santes, si inattendues sur l’objet habituel de més études, ne me permettent plus ni le » sommeil ni le silence : je rentre donc dès aujourd’hui dans la Carrière scientifique, » et C’est avec Vous que je noue mes premiers rapports. »

C'est au milieu et par suite de ses études constantes sur les Oiseaux, que M. le docteur L'Herminier s’est procuré et a envoyé au Muséum d'Histoire naturelle de Paris, il y a seize à dix-huitans, le Pic que nous allons décrire, et que l'honorable M. Lesson lui a dédié.

Descripüon : En entier d'un noir luisant, à reflets passant du bleuâtre au verdatre, et à plumes soyeuses comme chez les Hirondelles, à l'exception du Front, du dessus de la Tête, de la Gorge, de

gale-

la Poitrine et du Ventre, qui sont d’un brun sanguin foncé é ment soyeux et luisant. |

Le Bec est lisse, noir et poli comme l’ébene, et n’a de ces légères stries ou cannelures si nombreuses d’ordinaire et si remarquables au bec des Pics, que dans son premier tiers à partir de sa base le long

des narines.

DIMENSIONS

Longueur totale, | 25 cent.

RE du bec, 03 pe de la queue, 09

Habite l'Amérique méridionale. Notre Dessin et notre Description sont faits d'après l'unique Individu de notre Collection nationale, lequel par conséquent a servi de Type à la description de M. Lesson, et ne se trouve encore, à ce que nous croyons, que dans

le Musée de Paris.

ATÈLORNIS SQUAMMIGÈRE.

ATELORNIS SQOUAMMIGER A. DE LAFREsNaYyE, Rev. Zool., 1838, p. 224.

(PucHEran, Rev. Zool., juin 1846, p. 193 et suiv.).

SPEC. CHAR. — 4. capite toto, cristato ac corpore subts omnind fulvèalbidis nigro intense rufoque levitèr squammatis; notâ un à rostri basi per medium capitis, alià ab angulo oculari externo, usque ad uncham, ultimä suboculari usque ad colli lateralis basim extensis, nigerrimis; collo postico rufo; dorso, urupygioque viridi-olivaceis: als lætè viridibus; tectricibus minoribus et mediis apice notà angulari nigrä, albo transversim lineatâ, terminatis; caudâ in prima parte olivaceä , duabus externis exceptis cœruleis, in secundä, rufä, in tertià nigrâ, cœruleo, rectrice externà exceptä albä, limbatä ; duabus medtis partim olivaceis, partim rufis: rostro brunneo,

pedibus flavis.

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