‹ Iconographie ornithologiqueChapitre 52 sur 101 · PLANCHE XXXIX · texte numérisé non relu

PLANCHE XXXIX

Voici la Description détaillée que, dans le Mémoire précité, donne M. le Docteur Pucheran de cette belle Espèce, déjà précé-

demment nommée, et très-brièvement décrite par M. de la Fresnaye.

« Description. Grande tache d’un noir fuligineux, commencant à un centimètre de

» la base du bec et finissant sur l’occiput. Cette tache est de forme presque triangu-

» laire, à base occipitale, à sommet frontal. Les plumes qui la forment, lâches et ex-

» tensibles, de façon à simuler une espèce de huppe, sont presque en entier noires

» dans le centre de la tache; elles présentent du roux sur les deux côtés de leur portion

» rachidienne, et cette teinte sépare le noir de la base d’avec celui du sommet. Sur Iconographie Ornithologique. — 7% Liv. À

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les côtés, des dispositions semblables sont reproduites, mais ici le roux occupe fréquemment l’un des côtés du rachis. C’est que entre le bord externe de la tache médiane céphalique et le bord supérieur de l’œil se trouve longitudinalement étendue une espèce de sourcil dont toutes les plumes, noires à leur base, offrent de petites bandes transversales de noir et de blanc roussâtre. Le blanc roussätre forme le lisére le plus supérieur, et dans la partie commissurale du sourcil droit et du sourcil gauche, en avant de l’œil, les zônes rousses sont plus formées.

» Au-dessous de l’œil, part une bande noire qui se prolonge en arrière sur les côtés du cou, et entre celle de droite et celle de gauche, se trouve un grand espace roux, étendu du côté droit au côté gauche, en dedans du fouet de l'aile. Au-dessus de cette bande noire s’en trouve une seconde, plus rapprochée du sommet de la tête et séparée de la première par un trait formé de plumes représentant la même coloration que le sourcil supérieur de l’œil à gauche; cette seconde bande est mieux déterminée qu'à droite : ici, en effet, les plumes qui la composent présentent, près de leur terminaison noire, les taches rousses dont nous avons parlé à propos de la petite huppe céphalique. Ces deux bandes longitudinales, au reste, sont unies par une zône transversale de plumes noires, bordant supérieurement le grand espace roux au-dessus du cou, dont il a déjà été question.

» Le dos, les couvertures supérieures du prolongement caudal sont vert foncé: quelques-unes des plumes présentent à leur extrémité, sur leur face externe, deux petites taches superposées, l’inférieure noire, la supérieure blanche. Cette dernière est quelquefois séparée du vert foncé du reste de la plume par un petit liséré vertde-gris. Les grandes couvertures de l’aile sont vertes, mais d’un vert plus clair : elles présentent, en presque totalité, sur leur bord inférieur, deux petites bandes superposées, l’mférieure noire, la supérieure blanche. La bande est bordée dans presque tout son contour d’un liséré vert-de-gris. Au-dessus de ce liséré, se voit, sur le rachis de la plume, une petite tache noire variable en étendue, et de forme ordinairement triangulaire. Les six premières pennes de l’aile sont noires en dessus, dans la majeure partie de leur étendue, mais brunes seulement à leurs extrémités : elles présentent une bordure de la même couleur sur leur tiers intérieur. A la réunion de leur tiers supérieur avec leur tiers moyen, elles présentent une tache blanche. Les pennes du reste de l’aile sont vert olive en dehors, brunes en dedans, noires à leur base et en dehors le long de leur tige. En dessous, l’aile est brune et présente transversalement une bande blanche.

» Le contour inférieur de la queue est semi-elliptique ; les pennes qui la composent devenant de plus en plus longues à mesure que lon se rapproche des pennes médianes. La penne externe est, en dessus, de couleur bleue à son tiers supérieur et en dehors : en dedans, cette teinte devient plus verte et bordée de brun. À mesure qu'on se rapproche des pennes centrales, le bleu se retire de plus en plus vers le centre et est remplacé par du vert. Vient ensuite sur toutes une tache rousse à la-

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quelle succède une tache noire, bordée inférieurement par une tache bleu-grisonnant, lisérée enfin elle-même de vert-olive. Les deux pennes médianes sont dépourvues de la tache noire que portent les autres : la tache bleu-grisonnants’y trouve remplacée par une tache vert-olive. En dessous, la tache de la base est brun-clair : la tache rousse s’y trouve plus terne : la tache bleue est convertie en gris blanchâtre. Les pennes médianes en dessous, enfin, différent encore par leur coloration des latérales : elles sont simplement roux terne.

» Les plumes du thorax et du côté du cou forment de petites écailles portant dans leur centre une tache blanche entièrement cerclée de noir : ce noir est liséré de roux de rouille, bordé inférieurement de brun. Les plumes de la gorge et du nulieu du cou ont le blanc de leur centre immédiatement en contact avec le roux de rouille (liséré de noir) de leur partie libre. Les hypochondres offrent des taches transversales roussâtres et noires; le milieu de l’abdomen, l’entre-deux des jambes sont couleur de rouille. Les couvertures inférieures de la queue sont formées de plumes blanches finement lisérées inférieurement de brun.

» Les plumes de la tête et des parties inférieures sont très-décomposées dans cette espèce : la mandibule supérieure est brune dans la majeure partie de son étendue; l’inférieure blanchâtre à la base, noire plus en avant, blanchätre à son extrême pointe, au milieu comme sur les côtés, etc. Les ongles sont jaune de corne, ainsi que les tarses : les doigts ont la même teinte, mais plus brune, plus foncée.

» Les dimensions de cet individu sont les suivantes :

Longueur totale, depuis le bout du bec jusqu’à l’extrémité de la queue, 30 ‘”*

— de la queue (inesurée en-dessus), 09 — du bec (le long du bord libre de la mandibule supérieure), 04 — — (en suivant la courbure de la mandibule supérieure), 03 — de la portion libre de la mandibule inférieure, 02°! — du tarse, 05 ‘}, — du medius (sans l’ongle), 02 '}, — du pouce (sans l’ongle), O1

» Le Muséum de Paris possède un second individu, appartenant bien sûrement à la même Espèce, et qui diffère, par les caractères suivants, de celui que nous venons de décrire :

« 1° Par sa taille plus petite et par ses teintes plus claires dans le vert et dans le roux des parties supérieures. Les plumes zônées du sourcil sont plus blanches; la tache noire du milieu de la tête est plus étroite et moins allongée, soit en avant, soit en arrière. Îl arrive, des lors, qu’en avant la liaison des deux sourcils, droit et gauche, s'opère dans un espace plus étendu de la région frontale, et qu’en arrière, la communication des deux lignes noires supérieures, naïssant en arrière de l’œil, se trouve plus nettement limitée.

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» 2° Par la moindre étendue transversale du grand espace roux SOuS-OCCipital et Je » plus grand nombre des plumes interscapulaires portant des taches noires, blanches

» et vert-de-gris.

» 8° Enfin, par le grand nombre des taches parsemées sur les plumes des parties

» inférieures qui existent mieux définies et plus compactes. La teinte rouillée de ces » mêmes parties est plus affaiblie, et sur le thorax elle est vraiment insensible. Les » tarses et les doigts sont moins foncés, plus jaunâtres. La mandibule supérieure ne » présente pas, au même degré que chez l’autre individu, ses teintes cornées : l’infé- » rieure, blanchätre en dessous dans toute son étendue, est brune le long de Ja partie » tranchante, iout en présentant quelques lignes de coloration cornée. Le bec est, en » outre, plus court et son arête moins arrondie et plus saillante.

» En définitive, nous croyons que ce dernier individu nous présente seulement une » variété d'age. |

» Un très-jeune individu nous offre, d’avec les deux individus précédents, les carac- » tères différentiels suivants : il est en entier roux, mais d’une teinte terne et foncée, » sur la tête, l’espace interalaire et le cou. Dans toutes ces régions, les plumes sont » d’un noir foncé à leur base; sur le menton, au contraire, leurs racines sont blan- » ches. Sur le dessus de l’œil et du front, elles offrent des zônes transverses de blanc » roussätre foncé et de brun, et en arrière et un peu au-dessous de l’œil, on aperçoit » une petite tache noire. Dans la région thoracique, les parties latérales sont d’un » roux moins foncé que sur la tête et le dessus du cou; il existe sur les plumes de la » partie médiane des zônes de blanc roussâtre et de brun. Sur les hypochondres, quel- » ques-unes, mais en trés-petite quantité, offrent ce dernier mode de coloration. Le » reste est brun-enfumé, teinté de roux. L’abdomen est blanc duveteux. La colora- » tion des pennes alaires ne nous présente rien de particulier : mais leurs couvertures » offrent un vert plus foncé, plus de roux et plus de brun que chez nos deux Individus » plus adultes, et la tache de l'extrémité est composée de deux bandes, l’inférieure » brun-noir, la supérieure blanc-roussätre et cerclée en dessus de brun-noir, aussi bien » qu’en dessous. Le dos est brun-olive foncé. Dans tout cet Individu, les plumes sont » ébarbées et très-décomposées. La mandibule supérieure est brun foncé; l’inférieure, » Jaune de corne.

» Nous pensions d’abord que c'était à un âge intermédiaire, entre les deux que nous » venons de décrire, que s’appliquait la Diagnose de M. de Lafresnaye, exprimée » dans les termes suivants : Tout le dessus de la tête Jusqu'à la nuque, ses côlés et tout le » dessous de l'Oiseau, sont roussätre-clair, mais chaque plume est comme écaillée par de petits » 6rOissants noïrdtres : le haut du dos est d’un roux marron : le resle, ainsi que le manteau el » la queue, esl d'un vert-olive teinté de roux : la queue est traversée par une bande noire vers » les deux tiers de son extrémité qui est couleur bleu de ciel : le bec est brun et les pattes jau- » ndtres. (fev. Zool., 1838, P- 224.) Sauf la coloration de la tête et une appréciation » différente des teintes, la Description de M. de Lafresnaye concorde, en effet, avec les

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nôtres. Mais de nouveaux renseignements, que nous devons à cet habile Zoologiste, nous permettent d'affirmer que l’Individu qu’il a décrit pee à l’un de ceux » dont nous venons d’esquisser les caractères.

» Voici ces renseignements, qui compléteront la Description donnée, en 1838, par » NL, de Lafresnaye : ils sont extraits d’une Lettre écrite à M. Des Murs, en réponse à » une missive dans laquelle M. Des Murs, satisfaisant à l’un de nos désirs, lui avait » demandé quelques notions relatives au Genre Brachyptérolle : » Chez le Br. pittoïdes, le tarse est plus long de une à deux lignes que chez le Br. lepto-

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