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PLANCHE XLIV

Description. — En dessus d’un brun-olivatre, à reflets roussatres sur les ailes; le front, le menton et la gorge d’un roux-cannelle orangé; les rectrices entièrement rousses, mais d’un ton moins éclatant et plus foncé, avec leurs tiges noires dans leur première moitié à parür de la base; la poitrine, la partie médiane du ventre et la

région anale lavées de roux; les flancs brun-olivâtre comme le dos.

DIMENSIONS

Longueur totale , | 19 nt.

— du tarse, 02 1.

Fe de la queue, 08

Nous compléterons cette Description en la faisant suivre de la

Notice suivante, en partie extraite du Z oyage au Brésil, que nous

Iconographie Ornithologique. — $gme Lrv. 9

ANABATE AUX YEUX ROUGES

a transmise M. le Prince de Wied, par une lettre du 25 Décembre

dernier, et dont on appréciera sans doute tout l'intérêt.

« Anabates erythrophthalmus, Mihi : Voyez Description de mon Voyage au Brésil, (Ed. franc.) Vol. IT, page 43, et Beitrage zur ÎNalurg. Bras. Vol. IIT, pars Ir, page 1175. | |

» Dimensions de la femelle de cette Espèce récemment tuée : longueur, 7" 9 mn; envergure, 7 8, mesure allemande. Le mâle n’est pas différent de la femelle, sauf que la couleur rousse de la gorge descend un peu plus bas dans le premier. Les dimensions sont les mêmes chez les deux sexes. L’iris de l’œil donne l’un des caractères les plus saillants dans cette Espèce, car sa couleur est celle du feu, ou minium très-vif. Les pieds sont gris-olive sale. Les rémiges sont dans toute leur barbe extérieure, et à la racine seulement de celle intérieure, d’un rouge-clair. Les baguettes des pennes de la queue sont en-dessus d’un brun-noirâtre dans leur moitié basale, rousses vers la pointe, et roux-noirâtre en-dessous. La langue a deux tiers de la longueur du bec; sa pointe cornée est émarginée, et porte de chaque côté une petite soie. L’œil est placé tres-bas et peu éloigné de l’angle de la bouche; la commissure des paupières forme une ligne obliquement baissée par devant. Les ailes sont courtes; pliées, elles ne dépassent presque pas la racine de la queue. Les cinquième et sixième rémiges sont les plus longues. La queue est forte, composée de dix pennes étagées ; elle est donc arrondie, et souvent elle est portée un peu en éventail ou à demi étalée en fascicule irrégulier. Le jeune Oiseau ressemble au vieux, mais ses couleurs sont plus pâles, principalement le roux de la gorge et du front, et l'iris de l’œil n’est pas encore rouge, mais gris-verdâtre clair. | » Ge bel Oiseau, continue le Prince, est pour moi l’un des plus intéressants des immenses Forêts du Brésil, parce que les circonstances m'ont permis de bien observer sa maniere de vivre. C’est un de ces Oiseaux des grands bois de cette nature imposante, que l’on reconnaït de fort loin à sa voix élevée et singulière, qui est composée de plusieurs notes toujours pareillement modulées. Je n’avais pas encore observé cet Uiseau durant tout mon Voyage, jusqu’à ce que nous fussions parvenus à l’intérieur des grands bois des rives du Rio da Cachoéra, dans le Serton (désert, pays inhabite) do la comarca dos Iliéos (1 lhéos), vers une petite rivière qui porte le nom du Rio do Catulez (prononcez Catolé), où nous passämes quelques jours à chasser, en habitant une cabane à demi pourrie, que le hasard nous fit rencontrer. Nous étions frappés; en nous levant de grand matin, de la voix extraordinaire, composée de six notes, d’un Oiseau qui faisait le tour des grands arbres de notre voisinage, dont l’entrelacement de lianes et de plantes grimpantes nous empêchait dans le commencement d'approcher. C’était au mois de janvier, et la paire de ces Oiseaux qui vivait ainsi à notre portée nourrissait déjà ses deux petits de la grandeur de leurs père et mère.

ANABATE AUX YEUX ROUGES

En observant attentivement leur chant, je finis par découvrir qu’ils avaient leur nid pendu à une corde de liane qui descendait d’un arbre élevé. Ce nid consistait dans un ballon un peu allongé, formé de petits morceaux de bois sec, dans lequel il y avait une petite entrée, et au milieu le logement des Oiseaux. Il fut observé avec soin; il était d’ailleurs impossible de parvenir à cette petite habitation ballottée par le vent, et J'ai donc dù renoncer à rapporter ce nid intéressant. Pendant tout le jour, ces Oiseaux se répondaient mutuellement dans les bois; ils se séparaient et se dispersaient dans le voisinage. Mais l’on entendait presque toujours ce chant particulier que l’on peut très-bien reproduire par les notes sol, fa, la, sol, fa, la. Vers le soir, nous entendimes ces voix qui s’approchaient, et avant le crépuscule nous apercevions les quatre Oiseaux s’envolant l’un après l’autre d’une petite distance vers le nid flottant, où ils entraient de suite pour y passer la nuit. [Il était alors difficile de les faire sortir, car le jeune Botoconde, que j'avais avec moi, leur ue quelquefois des flèches qui heurtaient le nid sans que ces Oiseaux parussent s’en effrayer.

» À l'apparition de l’aurore, on les vit quitter leur demeure nocturne, et se disperser dans les bois pour y chercher leur nourriture, qui consiste en insectes. [ls paraissent fort gais, et avoir un attachement réciproque très-vif : leur démarche sur les branches est singulière : ils sautillent très-bas sur les jambes, en portant la queue irrégulièrement fasciculée, quelquefois un peu étalée et à moitié relevée; et on les voit escalader les lianes et le fourré des branches, mais jamais s’y accrocher à la manière des vrais Grimpeurs, des Pics, etc.; ils sautent, au contraire, de côté et d’autre.

» Nous réussimes à tuer le couple adulte et l’un des petits, après les avoir observés pendant quelques jours, et ce sont les seuls individus que j’aie pu me procurer au Brésil. Ï paraît qu’ils pondent deux œufs comme la plupart des Oiseaux de ces pays chauds. |

» Le D' Spix ne semble pas avoir jamais rencontré cet Oiseau, non plus que M. Natterer. Mais le premier a figuré sous le nom de Campylorhynchus scolopaceus, un autre Oiseau que J'ai décrit sous le nom de Opethiorhynchus turdinus, et qui est de même très-remarquable par sa voix, et a, par sa maniere de vivre, quelque parenté avec l’Oiseau décrit ci-dessus, quoiqu'il soit plus voisin des Grives (Turdus).»

La représentation de grandeur naturelle que nous donnons de

cette Espèce a été faite sur le type même de la Description de M. le

prince Max. de Wied. S. A. a en effet eu la bonté de mettre à

notre disposition, en nous l’adressant tout préparé, l’'Individu uni-

que, on le voit, qu'il avait découvert dans son Voyage, et dont l’'Es-

pèce parait encore très-rare dans les Musées. Graces à cette bien-

ANABATE AUX YEUX ROUGES

veillance et à cet amour désintéressé de la Science, nous aurons encore plus d'une occasion de donner le Dessin de plusieurs Espèces de la riche Collection de M. le Prince Max. de Wied, demeurées

Jusqu'à présent inédites quant aux figures.

BRÊVE D'ANGOLE.

PET LA A NGOLE NSTS. VieizzorT, Nouveau Dictionnaire d'Histoire Naturelle, vol. 1v, page 356. Édit. 1803, et Encyclopédie méthodique.

PITT A PULIH. Fraser, Proced. Zool. Sve., décembre 1842, p. 190.

SPEC. CHAR. Pütta. — Notà nigrâ à mandibulæ superioris basi super verticem usque ad collum eductä, et utrinque notà latâ cervinâ marginatä ; plumis auricularibus et colli lateribus nigris; dorso tectricibusque alarum majoribus metallicè viridibus ; tectricibus alarum minoribus, tectricibusque caudæ singulis, ad apices pallidè cœruleis, instar Cyani; primariis, secundariis, rectricibusque caudæ nigris; primaris tertià, quartà, quintà et sextà per medium albo fasciatis; gulà ferè albä, seu fulvo-rosaced, corpore subtüs fuscescente-aurantiaco, rubido apud abdomen imum levitèr tincto; rostro, tarsis, digitis unguibusque apparentèr rubris. (Fraser)

PLANCHE XLVL.

On sait quelle analogie désespérante de coloration existe dans trois ou quatre Espèces du Genre Pitta, Brêve, dont fait partie celle que nous figurons aujourd’hui. Il n’est donc pas étonnant que notre Espèce ait été longtemps confondue avec la Brêve du Bengale, Corvus Brachyurus. Gm. PI. enl. de Buffon, 258, sous le nom de la-

quelle elle figura dans la Collection Nationale du Muséum d’His-

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BRÉVE D ANGOLE.

toire Naturelle de Paris depuis 1804, époque de son acquisition jusque bien longtemps après la spécification distincte qu’en avait faite Vieillot.

C’est en 1803, dans la deuxième édition du Nouveau Diction-

naire d'Histoire Naturelle, vol. IV, p. 556, que Vieillot établit cette

spécification en ces termes :

« Cette Brêve porte la livrée des Oiseaux de cette Famille, et, sur quelques parties

» du corps, les teintes se présentent sous des nuances différentes. Trois bandes couvrent

» sa tête; deux sont noires; l’une est sur le sommet et s'étend jusqu’au inilieu du cou :

» l’autre part des coins de la bouche, passe au-dessus de l’œil, couvre les joues, et se

» termine derrière le cou; la troisième, de la même longueur que la première, est

» d’un vert-jaunâtre sale. La gorge, d’un rose-päle, bordée de jaune-clair, est, dans sa

» partie inférieure, d’un jaune-foncé, qui se présente sous la forme d’un collier ; les par-

» ties subséquentes, jusqu’au ventre, sont d’un vert-jaunatre : l’on remarque une belle

» tache bleue qui est à l’extrémité des deux plumes des ailes; celles-ci sont totalement

» vertes. Du reste, elle ressemble à la Bréve de la côte de Malabar. Longueur 6° 3/4:

» bec noir, iris bleu; pieds gris-blancs. Get Oiseau a été trouvé par Perrein dans le » royaume d’Angole, où il est très-rare et se tient dans l’intérieur des terres : Espèce

» nouvelle. »

C'est en effet dans la Collection du Voyageur Perrein, à qui lon doit la découverte de la belle Pie-Grièche qui porte son nom, et qui l'avait rapportée de ses voyages aux côtes d'Afrique, que Vieillot a décrit notre Brêve.

Sans doute, cette Description laisse beaucoup à désirer ; mais elle se complète par celle à laquelle il renvoie, de la Bréve de la côte du Malabar (qui n’est autre qu'une variété de Pitta Bengalensis) dont il indique /e ventre rouge, et par le renvoi qu'il fait de celle-ci à la Description de la Brêve de Malacca. P. malaccensis, dont il ind que : le croupion et les peütes pennes des ailes d'un bleu de ciel brit lant; la plupart des grandes, vertes à l'extérieur, notres à l'intérieur,

el terminees de blanc; les plus grandes entièrement notres terminées de

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