BRÈVE D'ANGOLE
gris, ayant une bande transversale blanche; la queue notre ; les couvertures inférieures rouges.
Vingt ans après, c'est-à-dire en 1823, Vieillot publiait la Diagnose latine de cette Espèce, dans le tome IL de l'Encyclopédie Méthodique, Ornithologie, page 685 ; mais cette Diagnose, quoique plus satisfaisante, ne fut pas beaucoup plus complète que ne l'avait été la Description; en voici les termes : P. capite nigro, sordidèque flavescente-viridt striato; gul& pallidè rufä; collari flavo; dorso viridi ; tectricibus alarum minoribus uropygioque cyaneis; rostro nigro; pedibus albido-griseis. Cest pour suppléer aux défectuosités de cette Diagnose, à la rigueur suffisante, que nous avons cru devoir la remplacer en tête de notre article, mettant de côté tout esprit national, par celle de l'honorable M. Fraser.
Nous croyons que, jusqu'en 1842, l'Individu de Vieillot resta unique dans la Science. À cette époque, M. Fraser, ayant recu de M. Robert Clarke, Chirurgien de la Colonie Anglaise de Sierra- Léone, une Brêve quil considéra comme nouvelle, oubliant que déjà une Brève, celle dont nous nous occupons, avait été trouvée en Afrique, et sur la côte occidentale, envisagea à juste titre comme une observation intéressante la découverte, sur ce continent, d’une Espèce appartenant à un Genre jusque-là particulier exclusivement à l'Inde, ainsi qu à l'Archipel Indien, et ne manqua pas, en en faisant une Espèce distincte, de la comparer judicieusement à la Brêve du Bengale, P. Brachyura, comme l'avait déjà indiqué Vieillot, et comme nous allons le faire nous-même.
Description. — La Brève d'Angole diffère effectivement de la Brève du Bengale, d'abord et à première vue, par une taille plus forte et par des jambes plus courtes, ce qui rend cette différence
encore plus sensible à l'œil. Elle en diffère ensuite par une répar-
BRÈVE D ANCGOLE.
lition toute autre de couleurs identiquement les mêmes, du reste, dans les deux Espèces. Ainsi la tête, chez chacune d'elles, a les plus | orands rapports d'aspect : cependant, en la comparant minutieusement, on reconnait que la bande superciliaire, de teinte fauve semblable, séparée dans l’une et dans l’autre par une ligne encéphalique médiane noire, se trouve frangée de blanc dans sa partie longitudinale inférieure chez P. Brachyura, tandis que ce blanc. de même que la tache suboculaire blanche, manque complétement, et se trouve remplacée par une teinte légèrement verdâtre chez P. Ængolensis, dont la joue est uniformément noire depuis les narines Jusqu'au cou. Le dos, chez l’une et chez l’autre, est du même vert foncé, légèrement bronzé ou olivâtre; mais ce vert. qui n occupe que les épaules et le milieu du dos chez la premiére, recouvre tout le croupion ainsi que les premières couvertures de la queue chez la seconde. Le croupion, chez celle-là, est d’un beau bleu de cobalt qui termine aussi l'extrémité de chaque plume des couvertures caudales supérieures, lesquelles sont noires: chez celle- Cl, au contraire, chacune de ces plumes est entièrement du même bleu cobalt, la uge seule étant d’un bleu indigo ; de plus, les rectrices, qui chez l’une sont noires, terminées de bleu ciel léscèrement blanchätre à la pointe, sont, dans l'autre, uniformément noires. Les ailes ont aussi entre elles, quoique ornées des mêmes couleurs, des différences notables et importantes : ainsi, à part les orandes couvertures alaires qui dans les deux Espèces sont du même vert que le dos, les détails de coloration n’en sont plus répartis de la même maniére; toute l'épaule et les petites couvertures tout le long du pli de l’aile sont uniformément du même bleu cobalt que le croupion chez P. Brachyura, tandis que chez P. Angolensis, les plumes
de ces parües sont d’un bleu indigo noiratre, et ne revêtent cette
BRÉVE D'ANGOLE.
couleur bleu cobalt qu'à leur extrémité et sous forme d’écaille : cette disposition différentielle existe même pour les moyennes couverlures, qui sont vertes dans les deux premiers tiers de leur lonsueur chez cette dernière Espèce, et entièrement noires dans l'autre. Quant aux rémiges, elles sont également noires dans la plus srande partie de leur étendue chez les deux Espèces avec lextrémité d'un gris blanchâtre, et un miroir blanc dans le milieu de leur | longueur ; mais ce miroir n’est pas tout à fait disposé de la même manière : chez P. Brachyura il existe sur les sept premières rémiges primaires aux deux côtés de la tige, pour les cinq intermédiaires,
et seulement sur le côté interne de la premiére, et le côté externe de la septième ; chez P. Angolensis, ce miroir n'existe, ainsi que la parfaitement indiqué M. Fraser, que sur les troisième, quatrième,
cinquième et sixième 1! rémiges primaires, à la partie interne seule-
ment de la troisième et aux deux côtés de chacune des trois autres. Pour ce qui est des rémiges secondaires, elles sont noires, bordées extérieurement de bleu ciel, et terminées par une Îarge bande blanche, chez P. Brachyura, bande qui ne paraît un peu bleuatre qu'à cause de la transparence de leurs barbes superposées sur le noir des plumes inférieures ; chez P. Ængolensis, ces rémiges sont entièrement noires, les trois premières seules portant une tache ovalaire sur leur partie latérale externe la plus rapprochée de la pointe. Enfin, les parties inférieures. presque identiques chez les deux Espèces, ne diffèrent entre elles qu'en ce que le blanc de la gorge de P. Ængolensis est moins pur, tenant le milieu entre le fauve clair et le rose blanchatre, le fauve de la poitrine et de l'estomac plus olivâtre et comme mélangé de verdâtre, et le rouge de la résion médiane de l’abdomen plus larcement répandu vers les flancs
chez P. Brachyura.
Iconographie Ornithologique. — $g"e Liv. 4