‹ Iconographie ornithologiqueChapitre 70 sur 101 · LE · texte numérisé non relu

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HIPPOLAIS ICTÉRINE.

Brehm. Notre but est, en outre, en procédant ainsi, de compléter,

en lui rendant hommage, le savant et lumineux Mémoire de notre docte ami M. Z. Gerbes (Revue Zoologique, décembre 1846, p. 433 et suiv.), sur la restitution de la Sylvia Icterina, de Vieillot. Nous avons pensé, quant à ce dernier Oiseau, que dans l'état de doute où se trouvent encore, au sujet de cette espèce, plusieurs Célèbres Ornithologistes, tels que MM. Temminck, Ch. Bonaparte, Schlegel et Gould, il était convenable de figurer sur la même Planche, pour en faciliter la comparaison, les deux Espèces de Bec-fins, dont l’un a toujours été, depuis près de trente ans, confondu avec l'autre,

quand son existence même na pas été contestée :

« Bien que cet Oiseau, dit M. Gerbes dans son excellent mémoire, ait été signalé » depuis bientôt trente ans, bien que plusieurs auteurs, durant ce laps de temps, aient » parlé de l’Jctérine, Jose pourtant affirmer que l’Espèce ainsi nommée par son fon- » dateur a été à peu près méconnue jusqu’au moment où j'ai ramené sur elle l’atten- » ton des Ornithologistes.

» Vieillot, si je ne me trompe, la décrivit pour la première fois en 1817, dans la » 2° édition du Vouveau Dictionnaire d'Histoire, publié par Déterville (tom. x1, art. » Fauvette, pag. 194), et l’indiqua comme fort voisine de la Sylvia Hippolais des au- » teurs et d’une autre Espèce qu’il considéra comme nouvelle et qu’il nomma , dés » lors, Sylo. Flaveola. Depuis il en produisit la description dans deux Ouvrages suc- » cessifs, la /'anne Française et le Tableau Encyclopédique (Ornithologie), sans l’accom- » pagner d’autres observations que celles qu’il avait déjà données.

» Aucun auteur, après Vieillot, n’avait plus fait mention de l’Ictérine, et cette » Espèce, dans l'esprit de beaucoup de personnes, devait certainement passer pour fort » douteuse, ou pour tout à fait perdue, lorsqu’en 1835, M. Temminck, dans la 2° édi- » tion de son Manuel d’Ornithologie, décrivit, sous ce même nom d’Jctérine, un Oiseau » Qui avait été tué par M. Cantraine, en compagnie du prince de Musignano, dans les » marais d’Ostia. On commença dès ce moment à ne plus douter de l’existence de

» cette Espèce. Le prince Ch. Bonaparte et M. Gould, en quelque sorte entraînés par

» l’autorité que l’auteur du Manuel d'Ornithologie a si justement acquise, ne se bor- » nèrent pas à la décrire, ils la figurérent. Malheureusement la sanction que l’Ictérine » recevait de la part d'hommes aussi éminents dans la science, était la conséquence » d’une méprise. L’Ictérine de M. Temminck n’était pas l’Ictérine de M. Vieillot. » Je crois avoir été l’un des premiers à reconnaître et à dire que l’Oiseau décrit sous

HIPPOLAIS ICTÉRINE.

ce nom par le Conservateur du Musée de Leyde, n’était autre qu’un Pouillot fitis (Plhillopneuste Trochilus) adulte de forte taille et en plumage d'automne. MM. Selys- Lonchamps et Schlegel, qui ont vu l'exemplaire type de la Sylo. Icterina de lOrnithologiste hollandais, ont exprimé la même opinion, l’un dans sa Faune Belge, l’autre dans sa Revue critique des Oiseaux d'Europe.

» L'erreur que beaucoup de Naturalistes ont partagée, sur ce point, avec M. Temminck est d'autant plus difficile à expliquer, que Vieillot, dans les divers Ouvrages où il a parlé de l’Ictérine, non-seulement donne de cet Oiseau une caractéristique toute différente de celle qu’on trouve dans le Manuel d'Ornithologie, mais encore qu’il a toujours mis une insistance toute particulière à nous apprendre que l’Hippolaïs Lusciniole (Sylo. Hippolaïs, auct.), étant l’Espèce avec laquelle l’Ectérine a le plus de rapports, il est nécessaire de rapprocher ces deux Oiseaux pour saisir les différences qui les caractérisent. En effet, ces Espèces ont entre elles de si grandes affinités, qu’à la première vue et par un examen superficiel, il est difficile de les distinguer. Ce sont, dans l’une comme dans l’autre, les mêmes couleurs ; c’est le même facies et à peu près la même taille, Mais des caractères plus importants que ceux tirés du plumage, établissent entre ces Oiseaux une démarcation si nette, qu'on est forcément conduit à les différencier. Ainsi, chez l'Hippolaïs Lusciniole, l'aile au repos n'alteint jamais le milieu de la queue, et la première rémige est égale ou presque égale à la cinquême ; tandis que chez l’Ictérine, l’aile, toujours plus longue d’un centimètre, au moins, que celle de la précédente, atteint et dépasse méme le milieu de la queue ; en outre, la première rémige égale chez elle la troisième. Ce sont là des caractères fixes et communs, dans l’une et dans l’autre espèce, au mäle comme à la femelle.

» Mais ces caractères, pour étre constants, ont-ils assez d'importance pour déterminer l’espèce? Ne seraient-ils pas d’un ordre secondaire, et ne constitueraient-ils pas plutôt ce qu’on a nommé une variété locale? Je répondrai à cette question, qui, peut-être, paraîtra superflue, mais dont cependant j'ai dû tenir compte, par une seule observation. Si l’on voulait voir dans l’Ictérine une Hippolaïs Lusciniole modifiée par de certaines influences locales, il faudrait que l’on admiît nécessairement et préalablement que cette dernière ne doit Jamais se rencontrer dans les lieux qu'habite P’Ictérine. Or, j’aflirme que dans certaines contrées de la France, les deux Espèces vivent toute l’année à côté l’une de l’autre et dans des localités où elles sont soumises aux mêmes influences. L’Oiseau qui fait le sujet de ce travail est donc bien une espèce distincte : Je la décrirai comme telle.

» Description. Dessus de la tête du cou d’un gris olivâtre; front olivâtre saturé de jaune ; croupion d’un cendré verdâtre clair; parties inférieures, espace entre le bec et l’œæil, cercle ciliaire, joues et côtés du cou jaunes; flancs d’un gris brun nuancé de jaunâtre.

» Âïles brunes ; les rémiges primaires bordées en dehors de gris verdätre, les secon-

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HIPPOLAIS ICTÉRINE.

» daires largement frangées de blanc jaunätre, et prés de leur origine de verdätre: » grandes couvertures des ailes d’un cendré vert sur le bord. SR

» Queue brune, frangée de gris verdâtre; la penne la plus extérieure moïns foncée » que les autres et finement lisérée de blanc roussätre. EU

» [ris brun foncé. |

» Bec à mandibule supérieure brune et à mandibule inférieure jaune.

» Tarses et pieds bleuâtres; ongles bruns.

» Le mâle et la femelle ne diffèrent pas sensiblement.

» Les jeunes avant etaprès leur première mue se distinguent peu des adultes ; toutes » leurs couleurs sont généralement plus pales, et surtout les franges extérieures des » ailes et de la queue, au lieu d’être blanchâtres ou verdâtres, sont, chez eux, d’un vert

» jaunâtre Clair.

DIMENSIONS

» Longueur totale, moyenne, prise sur 15 individus, 13 mt 5 milim — de aile pliée : du poignet à l’extrémité des pennes, 07 06 — des tarses, 02 01 __ du bec: de la pointe à sa naissance , 01 01 — hauteur du bec (maximum), 00 04 — largeur du bec( idem |), 00 06

» Proportions des rémiges : Première de 1 ou 2 millimètres moins longue que la troi-

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sième, et plus longue que la quatrième de 2 ou 3 millimètres; la deuxième la plus » longue.

» Mœurs. L’Hippolaïs Ictérine vit sur les coteaux ombragés, dans les vallées fertiles » et humides; elle se plaît dans les saussaies, les oseraies et, dit-on, les roseaux. Je » l'ai fréquemment rencontrée dans les vergers d’oliviers.

» Son régime diffère peu de celui de l'Hipp. Polyqlotta. Comme elle, elle se nourrit » d’insectes ailés qu’elle saisit adroitement au vol, de larves. J'ai constamment trouvé » dans son gésier des débris d’insectes à élytres, mélés à de fort petits colimacons; » plusieurs fois aussi j’ai pu constater qu’elle joignait à ce régime des fruits et des » baies.

» La ponte est de quatre à cinq œufs un peu plus grands que ceux de l’Hippolais » Lusciniole, mais ayant la même forme et présentant les mêmes couleurs et la même » distribution de taches.

» Habitat. Quant à l’habitat de l’ Ictérine, il serait actuellement diflicile d’en déter- » miner bien rigoureusement les limites géographiques, attendu que cette Espece » n'étant pas encore parfaitement connue, n’a pu être signalée dans tous les lieux où » elle se trouve. Ce que je peux dire en toute assurance, c’est qu’elle est très-certaine-

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