‹ Iconographie photographique de la Salpêtrière (volume 2)Chapitre 7 sur 10 · NATURE DES CRISES HYSTÉRIQUES · texte numérisé non relu

NATURE DES CRISES HYSTÉRIQUES

Janvier.

Février ...... |

Mars :

Avril

Mai i

Juin . .i . . ..!

Juillet

Août . . .1 . .

Septembre. .

Octobre. . . .

Novembre . .

Décembre . .

Totaux.

leuts

Etouffements Contractions ^

Attaqi

Attaqi épileptifc

Etouffen

Attaqi

épileptift

Attaqv

Etouffen Contracl

I. — De nombreuses conditions ont favorisé le développement de l'hystéro-épilepsie dans ce. cas. Les accidents nerveux, constatés à la foisoUez la mère et cHplz le père ; de plus, l'alcoolisme chez celui-ci, ont assurément exercé leur action sur l'organisation de M... h' éducation déplorable qu'elle a reçue, l'existence vagabonde qu'elle a menée, les habitudes vicieuses qu'elle a contractées dès son enfance, tout cela a joué un rôle dans la production de la maladie. Une seule circonstance mérite une mention à part : c'est l'influence qu'un traumatisme, l'avulsion d'une dent, paraît avoir eue sur la première grande attaque. Nous n'insisterons pas non plus sur le caractère de M..., il se rapproché à beaucoup d'égards du caractère de Thétèéh L... (p. 4) et de celui de Geneviève (p. '^5-90). ^^^^

II. — Les symptômes permanents de l'hystérie gravp se composaient, à l'origine : 1° d'une hyperesthésie ovarienne gauche; 2° d'une hémianesthésie du même côté ; 3° d'attaques convulsives, ayant un type régulieJ^{ '.presque invariable. Cet ensemble symptomatique demeure le même pendant plusieurs années (1867-1872). Plus tard, nous voyons s'y joindre : 4° une hyperes- Ihésie de l'ovaire droit ; 5° une hémianalgésie droite, av^c anesthésie complète de la face, du thorax et du membre supérieur droit; et, à partir de 1874, une série d'autres manitésta lions : a) contractures , b) crampes , c) contorsions , d] tremblements , e) secousses, f) névralgies. Un mot sur chacune d'elles.

' a) En 1874, M... a présenté : 1° une contracture du ^membre inférieur gauche [forme hémiparaplégique), dont la disparition, au bout d'une demi heure, s'est Effectuée progressivement, les segments du membre étant redevenus libres en deux temps ; 2" une contracture des muscles du cou [torticolis hystérique)., qui s'est dissipée en vingt mmutes.:'^^^'' 'J-'-

En 1875, nous avons observé : 3° une contracture du pied gauche, puis de tout le membre inférieur, enfin, du membre supérieur du même côté [fort ne hémiplégique). Cette fois, la contracture a été annoncée par des secousses et s'est constituée lentement, débutant, par le pied et la main, et gagnant ultérieurement les autres jointures. Elle a disparu après cinq jours, non pas à la suite d'attaques, selon la règle, mais consécntivement à des crampes, exacerbations, pour ainsi dire, de la contracture.

Nous avons noté ensuite : 4° une contracture des membres du côté gauche (forme hémiplégique), qui a duré quelques heures ; 5° une contracture du membre inférieur gauche [forme hémiparapïégique), qui a duré une dizaine de jours (1) ; 6° une contracture du bras droit [forme monoplégique), qui a duré cinq jours ; 7° une contracture du membre inférieur gauche

(l) Voir p. 128. La contracture, apparue le 22 novembre, a guéri le 2 décembre (date non indiquée plus haut).

{forme hémiparaplégtque) ; 8° enfin^ une contracture des deux membres inférieurs [forme paraplégique) ^ qui a disparu en deux heures.

h) Les crampes siègent principalement dans les mains et les pieds, surtout à droite ; elles maintiennent, durant un temps variable, les doigts fléchis efc sont assez douloureuses pour arracher des cris à la malade. Elles occupent aussi les muscles des paupières, de la langue, etc., immobilisant ces organes dans la position qu'ils avaient quand la contracture les

rel quoou.Ê

a envahis.

c) Les contractions ne sont autre chose que des contractures passagères, changeant de place à chaque instant, sorte de crampes généralisées qui, par la doulear qu'elles occasionnent, donnent lieu à des con^ torsions, à des tortillements dans lesquels la malade prend successivement les attitudes les plus diverses- et les plus bizarres«,.u: ^.r,, .....^j^iui aujo. '

d) Le tremblement paraît avoir été, ici, l'un des premiers accidents de l'hystérie (p. 113, 124, 130, etc.); il se montre par accès, affecte d'ordinaire les membres du côté droit, et de préférence le membre inférieur ; ' si, alors, la malade est assise, on entend le pied battre le parquet de petits coups secs, qui se succèdent avec rapidité [trépidation).

^■■e) Chez M..., les secousses, dont nous avons parlé lilusieurs fois (1), n'offrent rien de particulier.

Tous les troubles de la motilité, que nous venons de j)asser en revue, constituent en quelque sorte, à eux seuls, une crise d'un genre spécial, ou, au contraire, s'ajoutent aux autres prodromes de l'attaque convulsive. Dans le premier cas, il n'est pas rare de les voir revenir pendant plusieurs jours consécutifs, alterner les uns avec les autres, le tremblement remplaçant les secousses ou les précédant, etc. ; en pareille circonstance, les malades se plaignent vivement, déclarant préférer de beaucoup leurs grandes attaques qu'elles appellent de tous leurs vœux, qu'elles se font donner même, comme Geneviève ; dans le second cas,, ces perturbations de la motilité, contractions, crampes, etc., disparaissent avec les convulsions.

/■) Nous ne ferons que rappeler, pour le moment, les névralgies à siège variable, signalées maintes fois dans le cours de l'histoire de la malade et Vhyperesthésie vnlmire déterminant le spasme du constricteur du vagin (2).

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(1) Voir pp. 93 et 108.

(2) Afin de compléter ce qui est relatif au vaginisme, nous devons rapporter encore deux autres tentatives de coït infructueuses. Vers 1871, M... sortit en ville avec son père qui, le, soir, chargea un jeune voisin de la reconduire à l'hospice. En route, M. .. décida qu'elle ne rentrerait point et passa la nuit avec ce jeune homme : rien ne fut possible. — Il y a quatre ans en-

III. — Quelques-uns ùe^ phénomènes vaso-moteurs, relevés chez M..., doivent être mis en relief et rap-prochés de ceux que nous avons consignés dans d'au-' très observations. Une application de sangsues (p. 177)/ faite au niveau de chacune des régions ovariennes, a permis de vérifier l'opinion formulée par M. Charcot, au sujet de la pâleur et du refroidissement du côté anesthésié chez les hystériques, modifications dues à une ischémie plus ou moins permanente (1). Cette expérience démontra, conformément à l'assertion de notre illustre maître, que le sang coulait moins du côté insensible que du côté sain.

Nous citerons encore, chez M..., les plaques cVcrj/thème, d'urticaire (2), survenues à diverses époques, et nous rappellerons que Geneviève, elle aussi, a eu des planques cou gestives de la face; — qu'une autre hystéroépileptique, Hert... (3), a présenté, dans une attaque, un pointillé ecchymotique de la région antérieure du cou.

Ces hémorrhagics de hi peau se voient aussi après des accès d'épilepsie. En 1866, durant notre in-

■viron, elle s'enfuit de la Salpêlrière, alla trouver un homme d'une ciuquantaine d'années qui, lorsqu'elle était libre, lui avait fait des propositions et coucha avec lui sans plus de succès. Aujourd'hui, elle assure « que tout va bien, » depuis sa dernière escapade {'!). En effet, l'introduction du spéculum n'est plus douloureuse.

(1) Leçons Sîir les maladies du système nerveux, t. 1, 3° édit.,p. 303.

(2) Voir pages 87, 130.

(3) Bourneville — Recherches cliniques^ etc., p. 105

ternat dans le service de M. Delasiauve, nous avons observé, chez une femme, Bure..., Victorine, âgée de 50, ans un pointillé ecchymotique très-fin, comparable i à d:e:^[ piqûres de puces, formant un véritable collier de sept centimètres de hauteur, autour du cou. Trèsconfluent sur les parties latérales, le pointillé de-f venait de plus en i plus rare, à mesure qu'on se rap-.; pmchait de la ligne médian^noia^<;d 8si swio eiaoïlJaôns

fV, : -t- Kpus; ne reYiendrons pas sur les dififérents,.» troubles des sens {^qvïq du goût, de l'odorat, du côtéi correspondant à l'anesthésie de la peau et des mu- ( queuses, afifaibhssement de l'ouïe, achromatopsie, amblyopie, diminution de l'acuité visuelle, etc.), puisque') nous sommes entré, à, leur occasion, dans des détailsi minutieux. Toutefois, nous devons ^|i^iç§jUiie,mention.^i spéciale àetV ammir ose hystérique. , . * ■•:![ ' : ■ i : ) fjP)p,,^.u,rvient,,tant9t |itla,isu|ite,'4'une attaque, tantôfei en dehors de toute crise convulsive. Rosalie L... nous;,) fournit un exemple du premier groupe ; deux fois , au moins, à nptre connaissance, nous l'avons entendue se;) lamenter parce qu'elle ne voyait plus clair ; la cécité, du reste, fut toujours passagère (1).

Chez M..., au contraire, l'amaurose, qui porta à la fàis; sttflë^i^ deu^yeu;^;;;:,c^'' apparut; indépendamment de toute attaque et dura, chaque fois, '

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(l) Voir p. 19 et Brcherches cliniques, etc , p. 137 et 146. ' "

plusieurs heures (p. 129). Toujours, elle fut accom-l pagnée de douleurs vives qui arrachaient des cris à la ' malade. Il s'y joignait aussi de la photophobie et des cènvulsions des paupières. Nous devons ajouter que,' suivant la règle, en pareille occurrence, les paupières ■ et le globe oculaire étaient insensibles au toucher, et que la cécité a disparu d'ellê"mêiâe8Îà''tiné manière aussi spontanée qu'elle était venue. Ce sont les amauroses hystériques qui guérissent quelquefois... - à^i Lourdes et aux établissements similaires. .(o'idrnao .yëijdi iâa èniq noiiLïoilscaB'û ô'iiîooiq 8£q s n .asmxnjsi^,

V. — Les règles sont parfois accompagnées d'attaques, mais non d'une façon absolue. Souvent, les attaques éclatent dui'ant les intervalles qui les séparent. Les retards dans la menstruation ne paraissent pas avoir eu d'action. Enfin, une très-longue aménorrhée (19 mois) n'a pas empêché les attaques de revenir pendant 10 mois ; tandis que pendant les 9 autres mois de sa durée, la malade n'a pas eu une seule attaque convulsive. Rappelons, à ce propos, que si la ménopause coïncide quelquefois avec la disparition 'dé^ accidents convulsifs (1), il est d'autres cas dans lesquels on voit les attaques persister après la cessation régulière des menstrues (2). -^-J''^^'^^ ^^.r^«.i^u .-A ,nrnr.

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