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I. De l'épilepsie partielle ou hémiplégique proprement dite

Cette variété se rencontre chez des sujets qui, dans l'enfance, à une date quelquefois très-rapprochée de la naissance, ont été pris de convulsions suivies d'une hémiplégie et compliquée au bout d'un temps variable à'épilepjsie. Pour que le lecteur se fasse une idée précise du mode de début et de l'évolution des phénomènes, nous croyons avantageux de relater immédiatement deux de nos observations ; les développements et les réflexions nécessaires viendront ensuite.

Observation I. — Atrophie cérélrale infantile. — Hémiplégie droite; ses caractères. — Epilepsie (<2 ans); aura. — Marche des accès. — Absence de vertiges. — • Amélioration notable.

R..., Madeleine, âgée actuellement de 51 ans, est entrée à la Salpêtrière, le 27 décembre 1849. Nous l'avons observée, en 1866, dans le service de M.Delasiauve et,depuis 1 872, dans le service de M. Charcot.

La malade nous a fourni, sur ses antécédents et sur sa famille, les renseignements qui suivent :

Son père est mort d'un accident, alors que sa mère était enceinte d'elle depuis six semaines. Celle-ci aurait éprouvé une vive et douloureuse émotion à laquelle on a attribué la paralysie de R...

Elle n'avait pas d'attaques de nerfs, mais était sujette à des palpitations cardiaques, à des étouffements. Elle est morte presque subitement. R... n'a ni frères, ni sœurs, et on lui a toujours dit qu'aucun de ses autres parents n'avait eu d'affections nerveuses. Elle assure qu'elle est née avec sa paralysie du côté droit et qu'elle n'a pas eu de maladies graves durant son enfance.

Les accès d'épilepsie ont débuté à l'âge de 12 ans, sans cause connue. Le premier accès s'est produit dans la rue .

La malade a senti les doigts delà main atrophiée, s'étendre et s'écarter les uns des autres, et en même temps le memhre supérieur droit tout entier a été pris de secousses. Elle a voulu continuer sa course, en maintenant le membre malade as'ec la main saine. Mais bientôt, le malaise augmentant, elle fut obligée de s'asseoir par terre ; alors, elle perdit connaissance. Elle se serait mordu la langue. Depuis ce temps, les accès sont revenus à des intervalles qui varient d'un à deux mois. Elle n'en aurait qu'un chaque fois.

Aura. Les accès sont annoncés par une aura. R... sent un engourdissement dans les doigts de la main droite qui s'écartent. Elle court en avant comme poussée malgré elle, et saisit ou appelle la personne la plus voisine. Elle s'affaisse

et perd connaissance. L'aura durerait une minute.

Les accès sont diurnes et nocturnes. Pas de vertiges.

Etat actuel (1866). — Cette malade est maigre, de petite taille ('1™44). La tête est peu volumineuse, le front est assez haut, mais étroit; peutêtre la bosse frontale droite est-elle légèrement plus saillante que la gauche (îj.Les plis du front, qui sont très-accusés, sont égaux des deux côtés.

Il en est de même des plis palpébraux. La moitié droite de la face semble moins développée que la gauche. Les yeux jouissent de tous leurs mouvements. R... voit moins bien à droite, ce qu'on doit sans doute attribuer à une ophthalmie de l'enfance qui a laissé une tache sur la cornée.

La commissure labiale droite est un peu effacée (Planche I).

La langue est légèrement tirée à gauche. La voûte et le voile du palais nous ont paru symétriques.

L'oîiïe, le ffOMt et Vodorat sont normaux. La sensibilité générale est intacte.

Membre supérieur droit. L'attitude habituelle est celle qui est figurée sur la Planche L

Les mouvements de l'épaule sont gênés et s'accompagnent de craquements. L'extension complète de l'avant-bras, qui est en demi-pronation, est impossible, à cause de la rigidité du coude. La main est fléchie sur l'avant-bras , inclinée sur le bord cubital. On peut l'étendre et, dans cette manœuvre, on perçoit des craquements siégeant dans le poignet. Les espaces interosseux sont très-amaigris. R... est incapable d'étendre la main. Elle travaille à la couture et se sert de la main gauche.

Droite. Gaw'hc.

Circonférence du bras au niveau de l'aisselle 17%5 îî^r,

Circonférence à ILl centimètres au-dessus de l'oléerâne 17^' IS'',;!

Circonférence de l'avant-bras à 10 centimètres au-dessous de l'oléerâne V-f'^tt l/'^.S

Circonférence du poignet 1.',=

Circonférence du métacarpe li*^ 17'=

Distance de l'acromion à l'oléerâne . . . '2')'= 28'=

Distance de l'oléerâne à l'apophyse du cubitus 20"= 20"=

Distance de cette apophyse à l'extré-

mité du doigt médius l^" 17''

Longueur de la clavicule Vj^ 17"

Ces mensurations indiquent, d'une façon précise, le degré de l'arrêt de développement du membre supérieur droit.

Membre inférieur droit. Il est plus faible que le gauche.

R marche en boitant. Il

lui est impossible de se tenir sur la jambe droite seule.

Droite. Gauche.

Circonférence de la cuisse au niveau du pli de l'aine 41«,5 42'=,5

Circonférence à 10 centimèlres au-dessus (le la rotule 32*= 3y"

Circonférence de la jambe à 10 centimètres au-dessous de la rotule 25'=, 5 27<=

Circonféren-ce de la jambe au niveau des malléoles 2u'=,:i 21'=

Circonférence du métatarse 20"= 20'=

Distance de l'épine iliaque antérieure et sup. à l'extrémité supérieure du tibia ... 38'= 38"=

Distance de cette extrémité à la malléole externe 32"= 35'=

Distance de cette malléole à l'extrémité du 3'^ orteil 16'= 10'=

Il suit de ces indications que l'atrophie est beaucoup moins prononcée au. membre inférieur qu'au, membre supérieur.

R se plaint de palpitations cardiaques et d'avoir la respiration courte. L'auscultation et la percussion ne dénotent rien de particulier.

R... est aussi sujette à des névralgies qui occupent, d'ordinaire, la moitié gauche de la face. La glande thyroïde est volumineuse. Les règles sont régulières, abondantes, durent de cinq à huit jours:

c'est principalement quand elles vont cesser que viendraient les accès.

1872. Février. L'examen ophthalmoscopique fait reconnaître un staphylôme postérieur à droite. — L'œil gauche est normal.

1874. ZO mai. Névralgie faciale gauche : points auriculaire, sus et sous-orbitaires et mentonnier. Vésicatoire et chlorhydrate de morphine.

Octobre. Aura. R.... sont un engourdissement dans les doigts et la main, mais ne dépassant pas le poignet et ne s'accompagnant d'aucune modification de la température.

Elle s'asseoit par terre et ap-

pelle. Pas de vision colorée.

On voit que l'aura s'est un peu modifiée depuis 1866.

1877. Décembre. L'état générai est le même. La sensibilité n'a pas subi de changements. Les accès deviennent de plus en plus rares.

Années

A"cès.

Années

Af^r^'s

in

(l) On a relevé quatre vertiges en 1862 et deux en 1869.

Années

kccès.

Années. Accès.

Les règles ont cessé en août 1871. — Les facultés intellectuelles sont aujourd'hui à peu près ce qu'elles étaient il y a douze ans, quand nous avons vu R... pour la première fois:

elles sont au-dessous de la moyenne. Développement assez marqué, et au même degré, de varices sur les jambes depuis deux ans. — Poids :

kiloffr.

Dans ce cas, nous n'avons eu de renseignements surla date de l'apparition de l'hémiplégie que par la malade, tous ses parents étant morts. Si on Fen croit. l'hémiplégie serait congénitale, ce qui est tout à fait exceptionnel. Une circonstance plaiderait, d'ailleurs, en faveur de son récit : c'est l'arr^^ de développement des membres paralysés qui, chez elle, est beaucoup plus considérable que chez toutes nos autres malades et que nous paraît pouvoir expliquer la vive émotion éprouvée par sa mère, mariée seulement depuis 6 semaines, à qui on ramenait son mari écrasé. La grossesse datait du premier jour du mariage, car l'accouchement a eu lieu exactement neuf mois après.

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