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OBSERVATION II. — Convulsions à 11 mois. — Hémiplégie à gauche. — Peur vive suivie d'accidents épileptiques [i% ans). — Menstruation. — Agqravation des accès (2i ans). — Crises gastriques. — Migraine. — Attitude des mem- Ires paralysés. — Sensibilité spéciale et générale. — Aura. — Marche des accès . — Influence de l'âge et de la ménopause.
Lec..., Adèle, 42 ans, est entrée à la Salpêtrière le 29 février 1848. Elle fut placée d'abord dans le service de M. De- LASiAUVE, puis passa dans le service de M. Gharcot. En 1866, elle nous a donné, sur ses antécédents, les détails suivants. Elle a été élevée au sein en nourrice. Sa santé aurait été passable jusqu'à 17 mois, époque où ont éclaté des convulsions à la suite desquelles on s'est aperçu qu'elle était paralysée du côté gauche.
Elle n'a marcbé qu'à deux ans et demi (1), et encore avec quelque difficulté. A 3 ans, elle est revenue à Paris, lieu de sa naissance. La parole, alors, était difficile, souvent incompréhensible. Peu après, vers l'âge de 4 ans, Lec..., a eu des gourmes (croûtes dans les cheveux, glandes au cou.
(l) Elle ne marchait ni ne parlait quand les convulsions sont survenues.
ophlhalmie qui a duré trois ans, engelures aux pieds), et, à 7 ans, une fièvre intermittente. — Elle est devenue propre à 2 ans.
A 1 2 ans, le lendemain d'une feur occasionnée par les tentatives obscènes d'un individu ivre, elle fut prise d'accidents qu'elle caractérise ainsi : chaleur par tout le corps, malaise général, faiblesse, rougeur de la face, qui devint pourpre et perte de connaissance, mais pas de convulsions. Deux ou trois jours après, les règles apparurent sans difficulté, et depuis ce moment elles ont toujours été régulières.
De 12 à 22 ans, les accès épileptiformes que nous venons de décrire sont revenus fréquemment, quelquefois au nombre de 8 à 1 0 dans un seul jour. Ils ont subi, à cette date, — 22 ans, — une transformation qui leur a imposé les caractères des accès complets.
Ceux-ci n'ont pas modifié
l'attitude des membres paralysés : (' Depuis que j'ai souvenance, dit-elle, ils ont toujours eu la même position. »
Les convulsions, ainsi que nous l'avons constaté, prédominent du côté paralysé.
Etat actuel — Nous
avons vu cette malade en 1866, nous la retrouvons aujourd'hui, au bout de cinq ans, à peu de chose près, avec les mêmes symptômes. En voici la description :
Les deux moitiés de la face sont inégales : la tète a. 51 centimètres de circonférence au niveau de la base et en passant par-dessus les conduits auditifs ; la moitié droite mesure un centimètre de moins que la gauche. Les oreilles ont les mêmes dimensions.
La moitié gauche du front est plus petite que la droite; les plis palpébraux sont égaux ; l'ouverture palpébrale gauche est un peu plus petite que la droite ; l'œil gauche serait aussi moins volumineux (?).
Les parties molles de la région malaire semblent plus épaisses à gauche qu'à droite ; les os malaires nous ont paru le? mêmes. La moitié gauche du palais est légèrement moins large que la moi-
tié droite. La me, nette à droite, est faible à gauche; de ce côté, la malade dit avoir une espèce de brouillard qui obscurcit les objets. Il n'y a pas d'arc sénile ni de paquets adipeux. Les pupilles sont normales, contractiles. Uouïe est aussi bonne d'un côté que de l'autre. Les plis palpébraux, ceux du front, sont aussi accusés à droite qu'à gauche. Le sillon naso-labial droit, seul, est moins accentué que le gauche. Gela nous parait tenir à ce qu'il existe un certain degré de contracture des muscles de la joue gauche, comme le représente la Planche II. La narinedroite est moins dilatée que l'autre.
La bouche et la langue n'offrent aucune modification. Le goût, V odorat, \a parole ne présentent rien de particulier. — Les mouvements du cou sont libres.
Membre supérieur ganche. — La Planche II donne une idée très-exacte de l'attitude du membre supérieur gauche.
On voit: 1° que l'épaule, comparativement à la droite, est moins arrondie ; — 2° que le bras est, en quelque sorte, collé contre la paroi thoracique; — 3° que l'avant-bras
forme un angle droit avec le bras; — 4° que la main, et nous insistons sur ce point, est tout à fait à angle droit sur l'avant-bras ; — 5" que les doigts sont légèrement fléchis. Quant au pouce, il pend en dedans et est accolé a la paume de la main.
Les mouvements de l'épaule sont assez étendus ; la malade peut élever le bras horizontalement, le porter dans l'adduction et dans l'abduction.
— Au coude, la flexion seule est possible , l'extension ne va pas plus loin que ne l'indique la Planche II. — Il existe, au poignet, une contracture qui rend à peu près tout mouvement impossible.
— Les articulations du pouce sont mobiles. La flexion des doigts s'exécute assez bien, mais l'extension est très-incomplète en raison de la contracture très-modérée, d'ailleurs, des muscles tléchisseurs des doigts. — L'aponévrose palmaire est tendue. — Les éminences Ihénar et hypothénar, les muscles iuterosscux ne sont pas atrophiés.
Le membre supérieur gauche, considéré dans son ensemble, est, par rapport à l'autre, beaucoup moins développé, ainsi que les men-
surations suivantes le démontrent :
A gauche. A droit/- .
Circonférence du
bras au niveau
de l'aisselle. .
Circonférence du
bras à 10 cent.
au-dessus de
rolécràne. . . .
Circonférence de
l'avant-bras à
10 cent, au-des-
sous de l'olé-
Circoulérence du
Circonférence du
métacarpe. . . .