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partir de 18 ans, les accès se sont éloignés, et, jusqu'à son entrée à l'hospice, il est arrivé à la malade d'être tranquille durant six semaines et même deux mois.
Les accès, autrefois, étaient annoncés par une aura qui n'existerait plus. Elle éprouvait une douleur à l'épigastre, puis à la tête; elle avait le temps d'appeler sa mère et de s'asseoir. Jamais elle ne se serait blessée. — Elle pousserait un cri. - Au dire de l'infirmière, les convulsions seraient plus fortes dans les membres paralysés. La malade écuraerait beaucoup, ne se mordrait pas et n'aurait point d'évacuations involontaires ; enfin, elle reviendrait vite à elle. — Depuis qu'elle est à la Salpêtrière, on a toujours pu la maintenir sur sa chaise pendant les accès. Ceux-ci sont wocturnes et surtout dhwnes.
Le h)-as droit est appliqué le long du tronc ; l'épaule est plus élevée que la gauche; ses mouvements sont assez limités; la malade ne peut écarter le bras à plus de 10 ou 12 centimètres du tronc; elle est incapable de porter la main droite sur l'épaule gauche.
L'avant-bras est à angle droit sur le bras et un peu dans la pronation. Le muscle biceps est contracture. On parvient à fléchir un peu l'avant-bras sur le bras, sans pouvoir dépasser l'angle droit.
La main, considérablement atrophiée, est à angle droit sur le bord cubital. Les mouvements du poignet sont très-limités. — Les doigts décrivent un demicercle à concavité regardant vers le bord radial. —
Les phalanges des quatre derniers doigts sont un peu bouffies. Les plialangines et les phalangettes sont atrophiées, très-gréles. — Toutes les jointures des doigts, sauf l'articulation de la phalange avec la phalangette du pouce sont souples.
On trouve sur le bras droit une série de cicatrices froncées, déprimées, adhérentes aux os, et résultant de lésions osseuses. Ces cicatrices siègent: 1" à la face externe du bras (Pl. VI his), à 5 centimètres au-dessus du pli du coude ; — à la face interne du bras (3 centimètres au-dessus du pli du coude) ; — 3° au niveau du pli du coude, en dedans du tendon du biceps;
— 4" immédiatement au-dessus de l'épitrochlée ; — 5° sur le côté externe de l'articulation du coude, répondant à la fois à l'extrémité inférieure de l'humérus et à l'extrémité supérieure du radius. [l\ y a eu, dans ce point, intervention chirurgicale.) — 6° A la face antérieure de l'avant-bras, à 4 centimètres au-dessous du coude; — 7" et 8" deux autres cicatrices à 6 et 12 centimètres au-dessous de l'olécràne (face postérieure);
— 9° à la face postérieure de l'avant-bras, au niveau de l'extrémité inférieure du radius.
Le membre inférieur droit est atrophié à un moindre degré que le membre supérieur correspondant. Les mouvements des jointures de la hanche et du genou sont libres , ceux du cou-de-pied limités. — Les poils sont moins développés sur la jambe droite que sur la gauche. — Il existe des cicatrices : 1° sur le pied;
2° à cinq centimètres au-dessus de la malléole interne; 3" à 10 centimètres au-dessous du genou. — Ajoutons, enfln^ que la peau des membres paralysés a une coloration un peu violacée.
Comme il n'y a aucune cicatrice sur les membres non paralysés, que l'atrophie des membres paralysés est assez prononcée, nous pensons que l'hypothèse émise plus haut est parfaitement soutenable.
Les malades dont nous venons de parler, celles qui appartiennent au même groupe que nous avons observées, ont toutes une intelligence au-dessous de la moyenne; quelques-unes même présentent un degié plus ou moins prononcé d'imbécillité^ compliquée parfois de troubles de la parole. Ces symptômes sont évidemment en rapport avec l'intensité l'étendue et le siège de la lésion. Mais, chose remarquable, les facultés intellectuelles de la plupart des malades, ne semblent subir, du fait de la répétition des accès, aucune atteinte sérieuse. Que l'on interroge les parents ou les surveillantes qui les connaissent depuis longtemps, ils repondent que ces malades sont aujourd'hui ce qu'elles étaient il y a 10, 15 ou 20 ans. La lésion primitive, qui s'est traduite par un état de mal convulsif, une hémiplégie, etc., a déterminé un arrêt du développement intellectuel ; mais, à partir d'un certain moment, l'inteUigence n'a plus offert de modifications. On sait, par contre, que chez les épileptiques ordinaires, l'intelligence s'abaisse très-souvent, à mesure que les malades
vieillissent. La rareté ou l'absence des vertiges dans l'épilepsie hémiplégique n'explique qu'en partie cette sorte d'indemnité, puisque les épilep tiques qui ont seulement des accès, voient aussi diminuer leur intelligence, quoiqu'avec moins de rapidité que ceux qui sont sujets, de plus, au petit mal.
Ces malades ont un caractère moins désagréable, moins irascible, moins violent que les autres épileptiques ; leur physionomie est plus douce, leur regard moins dur que la physionomie et le regard des autres épileptiques.
Ceci joint à la conservation relative des facultés intellectuelles, sont des symptômes, qui, eux aussi, contribuent à démontrer que c'est avec raison qu'il faut séparer cette variété de l'épilepsie, de l'épilepsie classique.