IG^S
Distance de l'a-
cromion àl'olé-
Distaiice de l'olé-
crâne à l'apo-
physe styloïde
du cubitus . . .
Distance de celle-
ci à l'extrémité
du médius. . .
Longueur de la
Lec... ne se sertde son bras gauche que pour appuyer, pour presser. Elle travaille u la buanderie au pliage du linge ; voici comment elle procède : elle maintient la partie déjà pliée avec la main gauche, pendant que la droit* prépare un second pli.
Membre inférieur gauche. — Il est moins long que le droit, d'environ quatre centimètres.
La hanche est libre ; le genou, roide, accomplit d'une façon passable les divers mouvements. Le pied n'est pas sensiblement déformé. Voici les mensurations comparatives des deux membres inférieurs :
A gauche. Adroite.
Circonférence de
la cuisse au ni-
veau du pli de
Circonférence à 10
cent, au-dessus
de la rotule. . .
Circonférence de
la jambe à 10
cent, au-des-
sous delà rotule
Circonférence du
cou-de-pied au
niveau des inal-
Circonférence du
métatarse. . . .
Distance de l'é-
pine iliaque an-
térieure et su-
périeure à l'ex-
trémité supé-
rieure du tibia.
Distance de celle-
ci à la malléole
Distance de celle-
ci à l'extrémité
du 3° orteil. . .
litimarchese, fait assez bien, sans trop de fatigue ; mais, dans les mouvements, le pied traîne un peu et se renverse parfois; la malade s'incline sur le côté gauche ; quelquefois aussi la jambe fléchit tout à coup.
Les différents modes de la sensiUlité sont intacts ; il n'y pas, à cet égard, la moindre différence entre les deux moitiés du corps. — UexcifaMlité réflexe est, cependant, augmentée au membre supérieur gauche. La malade nous raconte que, parfois, lorsqu'elle essaie d'étendre la main gauche, il survient presque aussitôt des spasmes tétaniques courts et répétés dans le membre supérieur correspondant [épilepsie spinale).
Outre ces phénomènes convulsifs, la malade éprouve de temps en temps : 1° des élancemenls qui, partant de la nuque et de la région cervicale postérieure, s'irradient dans le bras et dans le coude ; — 2° des douleurs vives dans le poignet et des craquements dans l'épaule et le coude. Ces derniers symptômes seraient influencés par les changements atmosphériques.
La malade semble un peu
plus âgée qu'elle ne l'est ; les cheveux blanchissent, et plus à droite qu'à gauche. L'inégalité que nous avons signalée pour les membres, les épaules, n'existent pas pour les seins, qui sont peu développés, mais égaux.
D'habitude, la santé est assez bonne. Toutefois nous devons mentionner : \° des migraines ; 2° des ci'ises gastriques.
\° Les migraines s'accompagnent : a) de douleurs occupant surtout la moitié droite de la tête, et plus spécialement la région pariétale ; — l] parfois de vomissements ; — c) et toujours d'abattement, de lourdeur intellectuelle.
2° Une fois par an, L... est sujette, durant vingt-quatre heures, à des accidents bizarres : les membres paralysés se contracturent davantage, se retournent, dit-elle, le coude et l'épaule sont le siège de vives douleurs, puis surviennent des nausées, bientôt suivies de vomissements Mlieiix; à ce cortège de symptômes s'ajoutent enfin de l'incertitude dans les idées, un peu de délire, caractérisé surtout par de la loquacité et des divagations. Elle dort, et tous ces accidents disparaissent sans
accès épileptique ni convulsions d'aucune nature. En \ 869, nous avons été témoin d'une crise de ce genre.
Inintelligence est médiocrement développée. La malade ne sait pas lire, mais cela tient à ce que ses accès ont empêché qu'on pût la garder à l'école. La mémoire est bonne. L... raisonne bien.
Son caractère est doux, timide; ses allures n'offrent aucun signe d'excentricité.
Depuis 1871 jusqu'à ce jour (janvier '1878), la malade a été examinée un certain nombre de fois. Nous allons indiquer les principaux changements dont il a été tenu compte. — La tue serait devenue moins bonne à droite qu'à gauche.
Un examen ophthalmoscopique, pratiqué en 1872, a fait reconnaître que la papille droite était un peu plus pâle que la gauche. — De nouvelles mensurations comparatives des membres ont permis de s'assurer qu'il y avait bien une atrophie relative des membres du côté gauche, mais que les chiffres obtenus étaient un peu plus élevés que ceux de \ 866, ce qui s'explique par ce fait que la malade a pris de l'embonpoint.
1874. Ocioire. — Aura. — Unedemi-heureauplus avant l'accès, d'ordinaire une dizaine de minutes, L... éprouve :
a) une douleur à l'épigastre, avec sensation de gonflement; il lui semble qu'une boule remonte derrière le sternum, s'arrête à la base du cou et l'étoufîe ; b) une douleur dans le bras paralysé qui, partant du coude, s'élève jusqu'à l'épaule ; son trajet répondrait assez bien à celui du nerf médian (?). « On dirait qu'on me coupe le bras ou bien que j'ai un mal qui va aboutir. » Cette douleur, lorsqu'elle est très-forte, s'accompagne de mouvements, de secousses de la main ; — c) la malade accuse encore une douleur occupant la région pariétale gauche, gagnant la partie postérieure de la tète, puis descendant le long du cou : « Ça me fait mal comme des bourdonnements dans la tète. >> Grâce à ces différents phénomènes précurseurs, qui seraient aussi intenses au début qu'immédiatement avant l'accès, la malade ne s'est jamais blessée. Elle ne sent rien dans le membre inférieur et n'a pas de vision colorée.
Décembre. — L. . . n'a pas eu de crise gastrique depuis quatre Iconographie.
ans. Elle est toujours sujette à des migraines. — Les spasmes du membre supérieur gauche persistent. — Vodorat et le goût sont moins nets à gauche qu'à droite. — En ce qui concerne Vaiira, la malade répète la même chose pour les points a et c ; mais en ce qui concerne le point 5, sa description de ce jour diffère de l'ancienne : la douleur siège au niveau du coude ; elle ne remonte pas, mais descend dans l'avant-bras, le poignet, la main et les doigts, « où, dit-elle, on dirait que j'ai des fourmis. » Elle ajoute que, aussitôt avant l'accès, elle voit les objets et les personnes danser, « comme s'ils étaient dans un globe de verre. »
La menstruation devient très- irrégulière. Les règles ont paru le 10 octobre dernier ; il y avait dix mois qu'elle n'avait rien vu. En novembre etdécembre(1 874), elles ont manqué. Elles n'ont paru que 1 0 fois en 1 875. Durant les six premiers mois de 1876, elles ont paru deux fois et ont cessé définitivement en juin
1877. Novembre. — Elle voit mieux de l'œil gauche que du droit ; elle sent mieux de la
narine droite que de la gauche : elle prise et ne met de tabac que dans la narine droite. — La coloquinte est également perçue sur les deux côtés de la langue et de la bouche, mais la malade déclare que, en mangeant, elle sent bien mieux les aliments à droite qu'à gauche. — La malade distingue plus nettement le froid, la chaleur, le contact, le pincement, etc., sur la moitié droite du corps que sur la moitié gauche, où il y a un affaiblissement de la sensibilité, mais non une abolition.
L... n'a que rarement des vertiges (1 ) ; les accès ont suivi la marche ci-après :
(l) Sur les registres on a noté 10 vertiges en 1862, peut-être dus au
Années. Accès
Taille: 1"'54. L'embonpoint a augmenté ; L... pèse actuellement 56 kilogr.
bromure de potassium, deux en 1871 et un en 1873.
Chez les deux malades dont nous avons relaté l'histoire, chez celles dont nous nous occuperons encore, nous retrouvons toujours la même série d'accidents : 1° Convulsions affectant les allures d'un état de mal ; — 2° Hémiplégie consécutive compliquée généralement de contracture et très-souvent d'hémichorée (athétose) ; — 3° Epilepsie partielle.
Avant de poursuivre l'exposé des faits, arrêtonsnous dès maintenant sur les premiers accidents qui
constituent le premier terme de ce syndrome clinique si intéressant.
Sauf dans notre première observation, qui semblerait indiquer une aifection congénitale, les accidents primitifs, à savoir les convulsions, se montreraient dans les premières années de Tenfance (1). Après un malaise général assez vague, difficile à bien définir et que les parents décrivent plus ou moins incomplètement, quelquefois sans prodromes appréciables, l'enfant est pris de convulsions.
Si l'on s'en tient aux observations régulières, c'està-dire à celles pour lesquelles il a été possible d'obtenir, de parents intelligents, des renseignements précis, les convulsions sont circonscrites à une moitié du corps ; elles se manifestent par accès, rappelant ceux qui caractérisent l'épilepsie, composés des trois périodes classiques (tétanisme, clonisme, stertor) et dans l'intervalle desquels l'enfant ne recouvre pas connaissance. Ces accès, par leur continuité, constituent un véritable état de mal, accompagné d'une élévation souvent considérable de la température.
Les convulsions durent un temps variant de 10, 15 minutes.... à une ou plusieurs heures (9 heures chez Perr...).
fl) A 17 mois (Obs. Il) ; — à 7 ans (Obs. III) ; — à 8 mois (,Obs. IV) ; — à 3 ans (Obs. V) ; — à un an '? (Obs. VI) ; à 9 mois chezMaur.... ; vers 3 ou 4 ans chez Ro... ; — à 23 mois chez Perr... ; — à 5 ans chez Petit.
Tantôt l'enfant est emporté par les convulsions ou succombe quelques jours plus tard sans avoir recouvré la connaissance ; tantôt, au contraire, il survit et alors on peut observer deux conditions sur lesquelles nous reviendrons dans un instant. Passons en revue ces diverses terminaisons.
C'est surtout dans la pratique de la ville que Ton a l'occasion de voir les enfants atteints de cette sorte de convulsions. Succombent-ils au bout de quelques heures, on ne remarque rien autre chose que les symptômes ordinaires de l'état de mal épileptique, avec limitation toutefois des convulsions à un seul côté du corps.
Quand les enfants résistent et meurent deux, trois jours ou davantage après la fin des convulsions, voici ce qu'on observe : L'enfant est dans le coma ou tout au moins dans un assoupissement profond et c'est à peine si, de temps à autre, on note quelque indice de conscience ; le pouls demeure fréquent et la température élevée ; enfin^, on constate que les membres qui ont été le siège de convulsions sont paralysés (1).
Un tel état répond évidemment à une lésion du cerveau. Quelle est-elle ? La plupart des traités consacrés aux maladies des enfants, consultés par nous, ne noue
(l) Nous avoHS pu observer, en ville, ces différents phénomènes chez une petite fille de 3 ou 4 ans, dont malheureusement nous avons égaré l'observation.
— aient fourni aucune notion à cet égard. Les cas du second groupe, dans lesquels la vie persiste plusieurs jours, nous paraissent autoriser à croire qu'il s'agit là d'une lésion de nature inflammatoire.
Relativement aux enfants qui survivent, nous avons avancé que deux conditions pouvaient se présenter. En effet, dans les Observations II, III, V, VI, la paralysie, sous forme hémiplégique, est définitivement constituée ; d'autres fois, et deux observations que nous avons publiées antérieurement (1) en font foi, la paralysie diminue plus ou moins promptement et bientôt les malades ne conservent plus qu'un léger affaiblissement des membres, absolument inertes quelques jours auparavant, affaiblissement qui se traduit par de l'incertitude dans les mouvements du bras le renversement du pied dans la marche, etc. Puis, au bout de quelques mois, d'un an..., les phénomènes déjà observés se reproduisent : de même que la première fois, les convulsions affectent un seul côté du corps, toujours le même, et laissent après ellesune hémiplégie, qui, cette fois, devient définitive.
(l) Voir Comptes-rendus et mémoires de la Société de Biologie, 1876, (cas de Laul...) et Bulletin de la Société anatomique, juillet 1876 (cas de Merl...)
Observation III. — Convulsions à sept ans. — HémipUgie du côté droit. — Peur vive à 20 ans: accès d'épilepsie. — Etat actuel de la malade. — Attitude des membres paralysés. — Description des accès. — Marche de ia maladie.
Delet...., Joséphine, âgée (le 48 aus, est entrée le ■lo"" décembre 1833, à la Salpêtrière (section des épilepti- <iues]. 'èonpère nous a fourni, en 1866, les renseignements ([ui suivent (1). En ce qui le concerne personnellement, il déclare n'avoir jamais eu d'accidents nerveux ou syphilitiques : il jouit d'une bonne santé. — Il en serait de même de la mère de notre malade.
Il n'y a pas de consanguinité.
— Ils ont eu quatre enfants :
l'aînée est morte en bas âge, étant en nourrice ; la seconde est celle qui fait l'objet de notre observation ; la troisième est morte à 18 ans, d'une fièvre typhoïde (?) : elle était nerveuse ; enfin le quatrième est un garçon vivant
(l) Nous avons recueilli cette observation en 18CC. pendant notre internat dans le service de M. Delasiauvk. De 1871 à 1878, nous avons pu la continuer dans le service de M. CiUBCOT.
et bien portant. — Ou ne nous signale aucune maladie nerveuse du côté des ascendants, grands-pères et mères paternels et maternels (1).
Notre malade, élevée au sein en nourrice, aurait été propre et aurait marché de bonne heure; ni convulsions, ni scrofules. A. sept ans, D...
eut une fièvre cérébrale (?) dans le cours de laquelle on lui aurait fait prendre un bain ; ce serait en sortant de ce bain qu'elle aurait été prise de convulsions, suivies d'une ralysie du côté droit. Jusqu'à ce moment, D... était trèsintelligente; elle savait lire, écrire, etc. ; mais, à partir de là, ses facultés ont baissé peu à peu. — Elle a été réglée, sans difficulté, à 13 ans.
Au coup d'Etat de décembre 18ol, les soldats tirant des coups de fusil sur la
(l) A l'époque de la conception, son père avait 29 ans et sa mère 22 ans.
maison qu'elle habitait, des balles vinrent tomber dans sa chambre ; ces circonstances, l'idée que son jeune frère qui, par peur, s'était jeté sur le parquet, avait été tué, lui causèrent une frayeur extrême ; le soir même, elle fut prise d'accès épileptiqiies qui se renouvelèrent le lendemain. La seule modification des membres paralysés que l'on ait constatée consisterait en une sorte de torsion plus accusée qu'auparavant.
Etat actuel. — D... jouit d'habitude d'une santé excellente, — en dehors de ses accès épileptiformes, bien entendu — et n'a jamais gardé le lit depuis son admission à la Salpêtrière. — Les fo)ictions digestives, respiratoires, etc., s'accomplissent d'une façon normale. Les règles, devenues moins abondantes qu'autrefois, sont régulières et suivies pendant quelques jours de pertes blanches.
La tête est droite ; il n'y a pas de raideur du cou. La circonférence de la tête mesure, en passant au niveau de la racine du nez et des conduits auditifs , 53 centimètres et demi, 26 centimètres et demi pour la moitié
droite, 26 centimètres et demi pour la gauche. — Les plis du front sont marqués et égaux. — Les plis palpébraux paraissent moins accusés à droite qu'à gauche, mais à un faible degré. — Nous ne constatons aucune différence entre les globes oculaires. — Le sillon naso-labial droit est moins accentué que le gauche. — Les narines ont les mêmes dimensions. — On n'observe aucune déviation, soit de la bouche, soit de la langue ou de la luette. La voûte palatine est large, parait symétrique, ainsi que le voile du palais, autant qu'il est permis d'en juger, car il n'existe que trois dents.
Membre supérieur droit ['paralysé). Au repos , le bras s'appuie le long du thorax ; l'avant-bras, à peine fléchi, se soutient sur le devant de l'abdomen ; la main est fortement fléchie, à angle droit, sur l'avant-bras, ce qui lui donne V aspect d'un crochet.
(Planche IIL) — La malade élève le Jr«5 jusqu'à la ligne horizontale, porte la main au front. L'abduction et l'adduction sont gênées. — Les mouvements du coude sont plus étendus que chez Lecom....
(Obs. II); la flexion et l'extension s'exécutent d'une manière presque complète. — Quant aux mouvements du poignet, ils sont tout à fait abolis : c "est là que la déformation atteint son maximum. Les doigts, surtout le poîice, le médius et Vanmilaire, sont fléchis dans leur ensemble et on ne les allonge qu'avec difficulté. L'index et plus particulièrement le, petit doigt jouissent d'une certaine mobilité. — D... s'habille seule ; elle a cependant besoin d'aide pour se peigner et nouer les cordons de ses souliers. — Elle travaille à la couture, tenant l'aiguille de la main gauche et soutenant le linge avec l'auriculaire droit. Elle est assez habile et s'acquitte de sa besogne sans trop de lenteur : elle fait deux draps par jour. (Les ouvrières les plus actives ne peuvent en faire plus de trois).
Dans l'hiver, la peau du membre supérieur droit devient violacée, marbrée. Au toucher, il est, en tout temps, plus froid que le gauche. — Dans les temps humides , douleurs et craquements dans l'épaule, mais aucune douleur le long du bras ni dans les autres jointures. Toute-
fois, au moment des grandes gelées , elle souffrirait plus qu'à toute autre époque. — — La contracture de la main serait aussi plus prononcée lorsqu'il survient des changements atmosphériques.
Voici les mensurations comparatives des deux membres supérieurs.
Droit. Gauche.
Circoii férencô du
bras au niveau
de l'aisselle. . . .
Circonférence du
bras, à 10 cent.
au-dessus de l'o-
Circonférence de
l'avant-bras, à 10
cent, au-dessous
de l'olécrâne . .
Circonférence du
Circonférence du
Distance de l'acro-
mion à l'olécrâne
Distance de l'olé-
crâne à l'apo-
physe styîoïde.
Distance de celle-
ci à l'extrémité
du doigt médius
La clavicule droite a 1 3 centimètres 5 de longueur, et la gauche 1G centimètres. L'épaule droite est plate, sans relief, tandis que la gauche est
arrondie, développée. — Los seins sont peu volumineux, et le droit moins que le gauche.
— La moitié droite du tronc est moins ample que la gauche.
Membre inférieur droit. — A part le genou qui présente delà roideur et quelque tendance à la flexion, les jointures sont lihres. — La malade marche en hoitant, en raison du raccourcissement du membre ; parfois, il Ivii arrive aussi de traîner un peu le pied, mais ce phénomène n'est pas bien accusé, car Del... n'use pas la chaussure plus d'un côté que de l'autre.
Droit. Gauche.
Circonférence de la
cuisse au niveau
de l'aine 42,5 47
Circonférence à 10
cent, au-dessus
de la rotule ... 32 36,5 Circonférence de la
jambe à 10 cent.
au-dessous de la
rotule 25 27
Circonférence de la
jambe au niveau
des malléoles . . 22 22,3 Circonférence du
métatarse 22,5 23
Distance de l'apophyse iliaque
ant. et sup. à
Iconographie : t. ii.
l'extrémité supérieure du tibia. 43 43
Distance de celleci à la malléole externe 38 39
Distance de celleci à l'orteil médian 17 18
L'influence du froid sur la peau est moins grande qu'au membre supérieur. Au palper, le genou et la jambe sont plus frais à droite qu'à gauche.
Les différents modes de sensibilité' sont normaux. — L'ouïe est un peu obtuse à droite. — La vue, Y odorat, etc., ne sont pas pervertis. — La physionomie de la malade (Planche III) exprime une certaine hébétude, et annonce une intelligence médiocre. La mémoire est mauvaise, ainsi D...ne se rappelle même plus qu'on l'a ph(jtogiaphiée (1).
Toutefois, elle se souvient qu'elle est à la Salpètrière depuis vingt-quatre ans, qu'elle est venue au commencement de janvier et elle dit que, dans les premiers temps de son séjour, elle ne restait jamais plus de quinze jours sans avoir d'accès. — La pa-
(l) Cette malade a été photographiée en 1872 pour la première fois.
rôle est loin d'être aussi facile que chez la malade del'OBSER- VATiON II ; souvent il y a quelque hésitation, du bredouillement; par instants, ces phénomènes sont encore plus intenses ; d'autres fois la parole est assez libre. Cet embarras de l'élocution, Tobnu])ilation intellectuelle que nous avons signalée, ne sont pas dus à la répétition des accès d'épilepsie, qui paraissent, au contraire, devenir de plus en plus rares.
1874. Décemtre. Nous avons à relever quelques changements, d'ailleurs légers: D...
se plaint de douleurs assez profondes dans le bras paralysé, à trajet mal défini; — le pouce n'est plus fléchi comme autrefois, mais allongé ; l'index, le médius et Vauniilaire sont presque toujours fléchis et contractures. L'influence du froid extérieur est la même. Au palper, la main, le genou et la jambe du côté droit sont plus froids que les régions correspondantes du côté gauche. La sensibilité est normale des deux côtés.
Accès. D... affirme qu'elle ne sent rien avant les accès , qu'elle n'a pas « du tout de
prévenance. » Il y a quelques jours, elle a eu, dans la même journée, trois accès ; on a remarqué que, immédiatement avant le premier, elle tirait sa main malade avec l'autre et que, de plus, avant le second elle aurait dit : « Ça va me prendre encore. » Malgré plusieurs interrogatoires, nous n'avons jamais pu savoir ce qu'elle éprouve. Elle jetterait quelquefois un cri et tomberait ensuite par terre ; — le bras ])aridijsé se retournerait plus que l'autre, la bouche et les yeux seraient déviés à droite : ce serait de ce côté que prédomineraient les convulsions ; fréquemment, les convulsions manqueraient tout à fait dans le côté sain.
Pas d'écume, pas d'évacuations involontaires. La connaissance reparaît au bout de quatre ou cinq minutes. En revenant à elle, la malade est hébétée, demande pardon.
1877. Décembre. Même état.
Les facultés intellectuelles sonX, restées ce qu'elles étaient en 1866. Les o-ègles ont été régulières jusqu'au mois de septembre dernier. Depuis lors, tout en revenant, à des époques fixes, elles sont moins abondantes et durent moins
longtemps (2 jours au lieu de 6).
Les accès, notés exactement depuis 1861, se répartissent comme il suit :
Années. Acn's.
De même que dans les deux premières observations, nous voyons dans celle-ci Vhémiplégie succéder à des convulsions et s'établir sans rémission. En quoi consiste cette hémiplégie ? D'ordinaire, lorsque l'enfant recouvre la connaissance, ce qui arrive au bout d'un temps variable, souvent 4 ou 5 jours, quelquefois davantage, les parents s'aperçoivent que l'un des bras reste inerte, qu'il retombe quand on le soulève, que l'enfant ne s'en sert pas.
Puis, les accidents aigus produits parles convulsions ayant disparu, si on lève l'enfant, on constate qu'elle ne se tient que difficilement sur la jambe qui répond au bras paralysé. Dans la marche, l'enfant traîne cette jambe, le pied se renverse. En un mot, les membres d^un côté du corps sont « mous comme une chiffe, b
Années. AccH.
Eu raison de la rareté des accès, on voit qu'ils n'ont guère de relation avec les règles.
(l-2) On aurait relevé 5 vertiges en 187j et 1 eu 1877.
pour employer la comparaison de la mère d'une de nos malades.
Peu à peu, dans beaucoup de cas, la paralysie diminue, principalement au membre inférieur. Ensuite la flaccidité des membres paralysés fait place, au bout d'un temps qu'il nous a été impossible de faire préciser, à de la contracture. Nous avons vu qu'elle existait dans les trois observations qui précèdent ; nous la rencontrerons également dans les Observations V et VI. Le plus souvent, elle semble se produire lentement.
Voici, à ce sujet, quelques détails empruntés à l'observation d'une malade nommée Per..., Alphonsine, et qui nous montreront comment l'hémiplégie s'établit progressivement.
A l'âge de 25 mois, Per... est prise d'un premier ^^af de mal convulsif; les convulsions qui ont duré neuf heures n'ont frappé que la moitié droite du corps : jambe, bras, bouche. Au réveil, eUe était paralysée et ne pouvait du tout mouvoir le bras et la jambe du côté droit. Trois mois se passent, alors elle marche en traînant la jambe et quelques mouvements redeviennent possibles au bras. Bras et jambe étaient alors « comme du chiffon, sans vie. » C'est à mesure du retour partiel des mouvements, c'est-à-dire vers le quatrième mois, que la roideur aurait commencer à se montrer,
A quatre ans et demi, nouvel état de mal convulsif pendant 4 ou 5 heures; limitation des convulsions au côté droit; flaccidité complète, suivie au bout de quel-
que temps du retour de la roideur. Enfin, à cinq ans, troisième état de mal qui dure douze heures et dans lequel les convulsions n'envahissent encore que le côté droit du corps. Consécutivement paralysie plus accusée, puis roideur qui persiste, sans atteindre jusqu'à la contracture. L'hémiplégie est compliquée cVathéfose.
Chez Lefè..., Augustine, la contracture a débuté vers le troisième mois. — Chez Dabonne... on aurait noté la roideur presque en même temps que la paralysie (?). — Chez St... (Obs. V), la paralysie s'est installée progressivement et l'apparition de la contracture a été tardive.
On voit donc que, après une période durant laquelle les membres sont flasques, il survient une roideur des jointures qui augmente plus ou moins lentement. Dans tous les cas, d'ailleurs, la contracture impose au membre supérieur une attitude particulière. Nous la rappellerons sommairement, renvoyant pour les détails aux Planches I-VI et aux descriptions consignées dans les observations : le bras est d'habitude plus ou moins fortement fixé contre le thorax, l'avant-bras est fléchi sur le bras, en pronation ainsi que la main qui, souvent, est à angle droit sur le poignet.
La déformation est beaucoup moins prononcée au membre inférieur. L'attitude habituelle, c'est Textension, avec déformation du pied qui présente généralement l'attitude du pied bot varus équin, tantôt à un léger degré, tantôt à un degré très-accentué.
La contracture prédomine en général au membre supérieur, de même que les convulsions durant l'état de mal.
Parmi les autres phénomènes qui se surajoutent à la paralysie, nous signalerons les arthralgies et V atropine des membres.
Arthralgies. Les jointures des membres paralysés, surtout Vépaule et le coude, sont le s'ége de douleurs plus ou moins vives, revenant par crises principalement au moment des variations brusques de température. Quelquefois aussi on note des craquements et, à l'autopsie, on trouve quelques-unes des lésions de l'arthrite.
Atrophie ou mieux arrêt de développement. L'arrêt de développement des membres ressort nettement des mensurations comparatives qui figurent dans nos observations. On peut même le constater sur les Planches. Les os sont moins volumineux que ceux du côté sain; quant aux muscles, ils ont, d'ordinaire, conservé à peu près intacte leur contractilité électrique.
Ce n'est pas tout encore. En plus des symptômes que nous venons de passer en revue, on voit souvent les membres paralysés être agités de mouvements choréiformes, en d'autres termes, l'hémiplégie est compliquée àliémicliorée . C'est, entre autres, ce que nous allons voir dans l'observation suivante.
Observation IV. — Convulsions épilepti formes à 8 mois, suivies d'hùnipliijjie gauche et d'accès (pilepiiques ; ^pistaais prodromiques. — Suspension des accès de G à 9 ans. — Retour des accès (9 ans). — TUtat de la malade de 1886 à 1818. — Aura. — Description d'un accès : troubles intellectnels et modifications pupillaires. — Marche des accès {18G3-1877),
Gra..., Marguerite-Pauline, est entrée à la Salpêtrière le 29 juin 1837. Elle avait alors 12 ans. Nous l'avons observée pour la première fois eu 1 866, dans le service de M. DelasiAUVE, où elle est encore aujourd'hui.
Reiiseigiiemoits fournis j)ar sa mère (1866 et 1878). —Père, mort eu 1870 d'une hypertrophie du cœur ; il avait eu, eu 1869, une congestion cérébrale ; pas d'alcoolisme , etc.
[Père , pas de renseigne ments. — 3Ière, morte à 7o ans, d'un érysipèle. Aucun parent de ce côté n'aurait eu d'affections nerveuses.]
Mère : bonne santé habituelle; pas d'accidents nerveux, pas de rhumatismes.
Migraines jusqu'à la ménopause. [Père et mère vivants et bien portants. — Une sœur a eu la danse de Saint-Guy, pendant 4 à o mois, et cela à 2jans. — Trois autres sœurs sont sujettes à des douleurs de tète. — Une nièce a eu une paralysie deVenfance].
Pas de consanguinité.
9 enfants (1) : 1° garçon mort en nourrice d'un accident ; 2" garçon mort à 6 semaines, on ne sait de quoi ; 3° notre malade ; 4° fille morte à 10 ans (hôpital Sainte-Eugénie), elle avait la danse de Saint-Guy ; 5° enfant mort-né (grossesse de 6 mois) ; 6° fille, âgée de 16 ans; santé excellente; 7-^ garçon mort à 5 semaines, du feu Saint-Antoine (?); 8° garçon mort à 5 mois, du feu Saint- Antoine ; 9» fille âgée de 2 ans et demi, bien portante. Sauf Marguerite, aucun de ces enfants n'aurait eu de convulsions.
Marguerite est née à terme; l'accouchement a été facile; mais, au 6« mois de la grossesse, sa mère aurait eu de vives contrariétés. — Voici dans quelles circonstances :
Ayant eu, lors de sa seconde
(l) A l'époque du mariage le père avait 23 ans 1/2 et la mère 17 ans 1/2.
couche, une ulcération du vagin attribuée à un coup d'ongle, elle se fit soigner. Une tante de son mari prétendit que cela tenait à une maladie qu'elle avait eu « étant fille »; de là des reproches, une scène vive, etc. — A 6 semaines, Gr... a eu des convulsions internes, qui se sont renouvelées plusieurs fois. — A huit mois, convulsions épileptiformes, qui ont duré plusieurs heures, et à la suite desquelles on s'est aperçu que Gr... avait une paralysie du côté gauche du corps ; malgré cela, elle a marché à 16 mois.
Les convulsions, durant cet état de mal, ensuite pendant les accès, ont toujours occupé le côté gauche et jamais le côté droit. Aussitôt après les convulsions la flaccidité était complète; lorsque, vers la troisième semaine, les mouvements ont commencé à revenir, on a constaté leur irrégularité.— De 8 mois à 5 ou 6 ans, accès tous les deux mois environ, précédés, presque sans exception, d'épistaxis la veille ou le jour même (1). —
(l) Un autre signe avertissait encore de l'approche des accès : c'était un rire subit et bruyant qui prenait Gr... en jouant, en mangeant, etc.
En raison de la malformation du pied gauche (pied bot paralytique), elle aurait été opérée au Bureau central, par Vincent Duval ; il paraît que l'opération aurait eu pour avantage de faire qu'elle marche moins sur la pointe du pied.
A cinq ans, taenia; à cette époque, elle bavait et cet accident aurait persisté pendant une année. — Croûtes du cuir chevelu, glandes au cou, dont deux se sont abcédées.
De 6 à9 ans, Gr... n'aurait pas eu d'accès, mais, de temps en temps, elle avait des mouvements convulsifs et sa langue se paral3^sait. — Les accès ont reparu à 9 ans, sans cause appréciable. Ils n'étaient plus précédés d'épistaxis; les convulsions n'intéressaient que le côté paralysé. — Elle a été réglée à 12 ans et demi, six mois après son admission à la Salpètrière. Avant 6 ans, les accès étaient surtout diurnes ; après 9 ans, ils ont paru de plus en plus durant la nuit.
En ce qui concerne Vhéinichorée, nous ajouterons quelques détails instructifs : nous avons dit qu'on l'avait observée 15 ou 20 jours après l'état de mal ; à cet égard nul doute : la mère assure que « l'en-
faut avait de la peine à téter.»
Elle nous assure aussi que les mouvements choréiques sont moins prononcés depuis l'âge de 15 ans, qu'ils ne l'étaient auparavant. Marguerite serre mieux aujourd'hui qu'autrefois. Son bras gauche aurait plus de force. — ^intelligence n'aurait pas baissé depuis une dizaine d'années. On prétend même qu'elle comprend mieux les choses, qu'elle se laisse plus aisément persuader, guider, etc.
Les notes, consignées sur le registre du service, vers 1860, nous donnent les détails suivants: Gr... sait un peu lire et écrire, mais sans pouvoir relire son écriture ; elle sait un peu compter ; elle a de la mémoire. Elle est incapable de travailler à la couture à cause de son hémiplégie. La menstruation est régulière; à l'époque de ses règles, Gr...
est sujette à quelques troubles légers, particulièrement à des palpitations. — Les accès sont fréquents et reviennent environ tous les quinze jours.
Etat de la ^naïade en 1875.
— Tête et face. Le front est médiocrement élevé ; les cheveux descendent un peu plus bas à gauche qu'à droite. Il
semble y avoir une légère dépression du front à gauche ; les bosses frontales ne sont pas saillantes. — Les plis du front sont égaux comme profondeur, mais il y en a 4 à gauche et 5 à droite. — Les yeux paraissent égaux. Les pupilles sont normales. Il y a un pli palpébral de moins à gauche qu'à droite. — Lorsque la malade ferme énergiquement les paupières les plis naso-palpébraux sont plus nombreux à droite qu'à gauche.
Les muscles de la moitié gauche de la face sont tantôt au repos, tantôt animés de spasmes choréiformes ; ils sont aussi plus prononcés à certains jours que dans d'autres. Lorsque les muscles de la moitié gauche de la face sont animés de ces mouvements, le sillon naso-labial gauche s'accentue très-fortement.
La bouche est large ; les lèvres sont modérémentépaisses ; les dents sont bien rangées (il en manque deux en haut, une en bas). La voûte et le voile du palais sont assez étroits, affectant un peu la forme ogivale; mais leurs deux moitiés sont symétriques. La luette et les piliers sont normaux.
Coît. Les muscles sternomastoïdiea et peaucier du côté gauche sont pris, de temps en temps, de mouvements spasmodiques.
Membre supérieur gauche. — L'avant-bras est d'habitude à demi fléchi et repose sur le devant du tronc (ceinture) durant la marche. Quelquefois, il est pendant, presqueallongé.
Parfois douleurs dans Vépanle, surtout au moment des variations de température ; pas de rigidité, ni de craquements. Il en est de même du coude. — L'articulation du poignet paraît jouir d'une mobilité latérale beaucoup plus considérable qu'à l'état physiologique.
La w,ai/i fait un angle droit avecl'avant-bros, elle est d'habitude inclinée vers le bord cubital avec lequel elle peut se mettre à angle droit. Les doigts sont allongés ; les phalanges étendues forment , avec le métacarpe, une sorte de creux qui regarde en avant. Les phalangines et les phalangettes ont plutôt une légère tendance vers la flexion.
Le pouce a une attitude à peu près normale. La malade parvient à allonger la main.
Il lui est impossible de fléchir aujourd'hui les doigts, parce que, dit-elle, sa paralysie la travaille. En effet, les doigts sont sans cesse en mouvement; ils s'étendent et se fléchissent successivement, s'écartent, se rapprochent, et cela indépendamment les uns des autres. En même temps, le poignet exécute des mouvements variés d'extension, de pronalion, d'adduction et d'abduction. (Pl. IV.)
Gr... se sert à peine de la main gauche. Veut-elle saisir une règle sur une table, elle la saisit pour la lâcher aussitôt par suite de l'ouverture des doigts. Elle peut cependant balayer.
Gauche. Droit.
Circonférence du bras au niveau de l'aisselle 30 c. 29
Cire, de 10 cent, au-dessus de l'oléciâue 27 2j
Cire, de 1 avantbras à 10 cent, audessous de l'olécrâiie 24 24
Cire, du poignet. 17 10
Distance de l'acromioti àl'olécràne. 34 30
Distance de l'olécràne à l'apopbyse styloïde du cubitus. 22,5 23
Distance de cette apophyse à l'extrémité du médius . . . 17,5 17,5
Membre inférieur f/auche. — Ni roideur, ni craquements dans les jointures. Tou tefois, il paraîtrait que le pied deviendrait un peu roide «quand le temps est pour changer. »
Dilatations variqueuses sur le membre inférieur droit ; à gauche, simples veiuosités.
Quand la malade est debout et déchaussée, on constate que le pied est d'abord tranquille et appliqué contre le sol, puis que le gros orteil s'écarte, que les autres orteils s'élèvent ou se fléchissent, que le talon s'exliausse ou s'abaisse. Ces mouvements sont relativement rares. On observe encore très-nettement chez Gr... la relation, signalée par M. Gharcot, entre les mouvements choréiformes du pied, de la main et de la face.
Si, par exemple, on dit à la malade d'ouvrir la main gauche ou de la fermer, le pied, chaque fois, se met en mouvement ; les orteils se fléchissent ou s'étendent, ensuite le pied repose de nouveau sur le sol. Si la main est portée sur la tète, le pied se tourne, s'agite, etc. — Simultanément, on voit, mais parfois seulement, la face grimacer et les muscles du côté gauche du cou se convulser.
Dans la marche, Gr..., à chaque pas, frappe du pied.
Le talon porte le premier, ensuite la pointe du pied.
On ne remarque presque pas de mouvements choréiformes dans la marche.
Gauche. Droit
Circonférence de la cuisse au niveau du pli de l'aine 57 c 59,5
Cire, à 10 cent, audessus de la rotule. . 45,5 49,5
Cire, de la jambe à 10 cent, au-dessous de la rotu'e 31,5 35,3
Cire, du cou-de-pied 24^5 26
Distance de l'épine iliaque antérieure et supérieure à la tubérosité externe du tibia 40 47,5
Dislance de celle-ci à la malléole externe. 40 40,5
Distance de celleci à l'orteil médian. . 17 18
La sensibilité générale et la sensibilité spéciale sont conservées.— Gr... travaille sans cesse, aide à la pharmacie, porte et nettoie les fioles, etc.
Elle est affectueuse, assez facile à conduire. — Jamais elle n'a eu de délire après les accès.
Aura. — Les accès, chez Gr..., sont à peu près toujours nocturnes, a) Gr... ne
sent rien dans la main, l'avant-bras, le coude ou le bras; mais elle éprouve, dans l'épaule gauche, des douleurs très-fortes qu'il est impossible de lui faire mieux dépeindre. Ces douleurs durent assez longtemps pour qu'elle puisse appeler la veilleuse.
Aussi ne se blesse-t-elle jamais. Toutefois, si, par exception, les douleurs ne sont pas assez intenses pour la réveiller, il peut arriver qu'elle tombe de son lit et qu'elle se fasse mal. b) Elle a ensuite des battements de cœur, et c) une sensation de chaleur qui envahit la moitié gauche de la face. Bientôt après, elle perd connaissance.
Elle urine parfois sous elle, écume peu, se mord la langue, mais rarement. — La durée de l'aura serait d'etiviron cinq minutes.
1878. 1% janvier. Gr... traversait une cour, portant des lioles qu'elle allait laver, quand une infirmière s'aperçut que sa figure changeait et qu'elle semblait pleurer.
Elle courut vers la malade qui, à ce moment, tournait sur elle-même en élevant les bras. L'infirmière l'a soute-
nue dans sa chute et l'a assise contre ses jambes. Gr. ,.
avait tout le corps roide, mais on ne saurait dire si la rigidité était plus prononcée d'un côté que de l'autre; il ne paraît pas y avoir eu de secousses cloniques, ni d'écume. Nous voyons la malade à 9 heures 20, et nous la faisons lever ; elle est incertaine, ne reconnaît personne, cherche ses fioles ; nous voulons la faire marcher, elle vésïslQ automatiquement. La face est paie; les pupilles sont dilatées.
9 h. 23. Peu à peu, mais très-lentement, la pâleur de la face diminue et les pupilles reprennent leurs dimensions normales, la pupille droite est restée plus dilatée que la gauche pendant une minute.
Gr... se rappelle que son accès l'a prise tandis qu'elle allait nettoyer ses fioles.
9 h. 27. Les pupilles se dilatent de nouveau et largement. — Gr. . raconte qu'elle a senti des palpitations depuis son lever jusqu'au début de l'accès; puis, qu'elle est devenue sourde, qu'elle « ne s'entendait plus parler, » que son bras gauche était engourdi et qu'elle sentait qu'elle allait être malade. —
A 9 h. 37, elle était tout à fait remise.
En résumé, après l'accès, il y a eu deux phases : 1» une phase d'incertitude. A' automatisme (2 ou 3 minutes) ; 2° une phase de fatigue avec retour de la raison (4 ou 5 minutes;.
Voici la marche des accès de 1865 à 1877.
Les 2^hénomènes choréiformes ou mieux Vhémichorée post-hémiplégique, dont nous avons annoncé l'existence chez un certain nombre de malades atteintes d'atrophie cérébrale, sont mis en évidence par la description que nous avons donnée dans le cours de cette dernière observation. La Planche IV représente aussi d'une manière assez satisfaisante l'une des attitudes de la main. Ces phénomènes sont venus, d'ailleurs, se surajouter aux symptômes que nous avons relevés dans les autres observations, à savoir : Etat de mal convulsif pri77iitif, hémiplégie consécutive , épilepsie partielle.
L'hémichorée, ici, n'est pas complète ; elle n'occupe pas les membres paralysés dans toute leur longueur : les mouvements anormaux sont circonscrits à la main, au pied, au cou, à la face ; en d'autres termes, nous
avons affaire au symptôme désigné par M. W. Hammond sous le nom d'athétose (1).
D'après ce médecin distingué, ïathétose « est caractérisée par l'impossibilité où se trouvent les malades de maintenir les doigts et les orteils dans la position qu'on leur imprime et par leur mouvement continuel.» M. Charcot a fait remarquer que cette définition était imparfaite pour les motifs suivants : « 1° Il faudrait y ajouter que les mouvements des doigts se font lentement et que ceux-ci ont une tendance à prendre des attitudes forcées ; — 2" de plus^, Yathétose ne reste pas toujours limitée aux muscles qui meuvent les doigts et les orteils ; quelquefois, en effet, la main tout entière et le pied sont affectés ; — 3" enfin quelques muscles de la face et du cou sont, en même temps que ceux de la main et des pieds, agités de mouvements choréiformes (2). » Or, la malade à laquelle M. Charcot faisait allusion dans ces remarques n'est autre que celle de l'observation précédente.
On a vu qu'une sœur et une tante maternelle de Gr. . . ont eu la danse de saint Guy : c'est là une circonstance étiologique que nous devons relever, sans y
(1) Hammond (V.-A.). — A Treatise on Discases of the nervous Si/stem, 1871, p. G54.
(2) Charcot (J.-M.)- — leçons surles Maladies du système nerveux, t. II, p, 455.
attacher pourtant une grande importance, car l'ensemble des accidents observés chez notre malade sont dus à une lésion particulière, désignée sous le nom d'atrophie cérébrale et possédant une localisation particulière (1).
A quelle époque survient Tathétose ? Dans ce cas, elle s'est montrée 15 ou 20 jours après l'état de mal convulsif. On l'a notée quand les mouvements ont commencé à revenir ; le plus souvent, croyons-nous, il en est ainsi; mais, à cet égard, de même que pour la contracture, des renseignements précis font défaut.
Les mouvements choréiques, dans Vathétose, différent des mouvements de V liémichoree post-hémiplégique non seulement par leur circonscription, mais encore par une lenteur excessive, par une exagération singulière, anormale. Voici, sur ce point, comment s'exprime notre ami, M. P. Oulmont, dans son excellente monographie, inspirée par notre maître commun, M. Charcot :
« Ils sont lents, c'est-à-dire que, sans secousses brusques, ils atteignent leur hmite en passant successivement, mais sans pouvoir s'y arrêter, par les positions intermédiaires. De là, pour ces mouvements involontaires, longuement réfléchis, destinés à atteindre
(l) Oulmont (P.). — Etude clinique sur Vathétose, p. IS-Vi.
un but déterminé. Ils sont exagérés, et cette exagération est surtout marquée aux doigts et aux orteils : ceux-ci vont jusqu'à la limite extrême de l'excursion articulaire, la dépassent même ordinairement, reproduisant ainsi, d'une façon instable et temporaire, les déformations les plus variées du rhumatisme noueux. Il semble, dans les cas les plus marqués, qu'il y ait là
Fi g. 1
une sorte de violence ; les doigts se crispent énergiquement comme pour saisir un objet imaginaire, les orteils se relèvent à angle droit ou s'accrochent au sol. »
C'est sans doute à l'exagération et à la répétition de ces mouvements qu'il convient de rattacher la laxité toute particulière des jointures du poignet et des doigts que nous avons mentionnée chez notre malade {Fig. 1).
L'influence de la volonté sur les mouvements dans l'athétose est la même que s'il s'agit de l'hémichorée : elle est nulle ; elle n'a d'autre effet que de les exagérer outre mesure.
L'hémiplégie, chez les malades atteintes d'atrophie cérébrale avec athétose ou hémichorée, diff'ère de l'hémiplégie des autres malades atteintes d'atrophie cérébrale sans phénomènes choréiques. Chez les premières, la paralysie est moins prononcée ; d'un autre côté, chez elles encore, les jointures des membres paralysés n'offrent pas, d'habitude, cette rigidité permanente qui existe chez les secondes (Obs. I, II, III, V, VI). Enfln, si Gr. . . et les malades qui lui ressemblent ont parfois, soit après leurs accès, soit sous l'action des variations atmosphériques, une contracture passagère, cette contracture n'est pas invincible comme la contracture permanente (Obs. I, etc.).
Pour terminer l'exposé des caractères de l'hémiplégie chez les malades que nous étudions, nous devons dire : i° que les membres paralysés ont souvent une coloration plus ou moins violacée, rendue très-évidente par les temps froids (alors la main et le pied paralysés peuvent être violacés); 2° que leur température est inférieure à cehe des membres du côté sain.
Nous avons, jusqu'ici, passé en revue : i° ïEtal de niai convulsif ; 2" V Hémiplégie consécutive et V AtJiétose, il nous reste à décrire les caractères particuliers
des accès d'épilepsie et à dire im mot des facultés intellectuelles des malades frappés d'atrophie cérébrale. C'est ce que nous ferons après avoir rapporté l'observation suivante :
Observation V. — AutCa'dents : Pai-ents n^vi-opathiques et ^pileptirjues. — ConvuLious à trois ans. — Paralysie progressive des membres du côte' droit.
— Apparition de la contracture. — Accès (pileptiques : Aura; — Limitation des convulsions au côté droit [paralysé). — Etat delà malade en 1878.
— Marche des accès. ■ — Règles.
St..., Emma, était âgée de 1 4 ans, à sa 1-^ entrée à la Sal pêtrière (service de M. Delasiauve), le 3 octobre 1872.
Renseignements fournie par S071 père (juillet 1877). — Père, i9 ans, commis voyageur, impressionnable. C'est un homme grand, brun, intelligent, bien portant. Il a eu, étant au régiment, des blennorrbagies et une afl'ection qu'on a déclaré être un rhumatisme du col de la vessie, mais pas d'accidents syphilitiques. Pas de maladies nerveuses. [Père, mort d'une fièvre typhoïde à 42 ans ; il n'était pas nerveux.
Mère, morte à 68 ans, on ne sait de quoi; elle était trèsnerveuse, sans avoir jamais eu d'attaques. — Aucun parent n'aurait offert d'affections nerveuses, etc.] Mère, morte à 36 ans, d'une
pneumonie. Jamais de phénomènes nerveux; pas de maladies de peau ; santé trèsbonne. Elle ne s'occupait que de son ménage. [Père, mort d'une fluxion de poitrine ; il n'était pas nerveux. — 3Jère, vivante, bien portante, âgée de 78 ans. Une sœur et deux frères ont une bonne sauté; un frère, mort, aurait eu une maladie dans le genre de celle de notre malade; il avait un bras paralysé, la parole difficile : c'était un enfant arriéré.
— Un oncle paternel tombe û'épilepsie depuis longtemps ; à la suite d'une attaque, il a eu une paralysie du côté droit, suivie d'aphasie. — Un cousin germain, du côté paternel, est idiot : « Il est pire qu'Emma ; il se balance toute la journée. »] Pas de consanguinité.
Un eufanl, noire malade, et une fausse couche. Emma est née à terme, et a été élevée au sein par sa mère. Elle a marché vers un an ; elle paraissait bien venir; peutêtre, cependant, avait-elle quelque chose de particulier dans le regard. — A deux ans et demi, elle ne parlait pas. A cette époque, une explosion de gaz l'efiraya et la lit tomber de son berceau.
Six mois plus tard (3 ans), elle eut des convulsions qui n'ont duré que cinq minutes \ elles étaient limitées aux membres dti côté droit et à la moitié corresimidante de la face. Ce qu'on assure, c'est que, à partir de ces convulsions, l'intelligence baissa, et l'enfant eut, environ tous les mois, des accès dans lesquels les convulsions étaient toujours circonscrites aux membres du côté droit et à la face « Emma, dit son père, avait un tic dans l'œil droit. » Les membres, envahis par les convulsions, se paralysèrent progressivement et, petit à petit, pour nous servir des expressions du père de la malade, les membres paralysés se sont ratatinés.
Lors de sa première admission à la Salpètrière (1859),
Emma se servait encore de son bras; elle boitait, mais beaucoup moins qu'aujourd'hui. C'est pendant ce premier séjour à l'hospice (1839 — 1868) que la contracture serait survenue; que la boiterie aurait augmenté et enfin qu'Emma serait devenue incapable de se servir du bras droit. A sa sortie (-2 mai 1868), elle parlait un peu mieux qu'à son entrée.
Son père l'avait reprise chez lui parce qu'un individu lui avait promis de la guérir par l'électricité. Durant trois mois, tous les deux jours on électrisa les membres paralysés. L'insuccès fut complet.
On essaya des bains de mer :
aucun résultat. Les accès revenaient tous les mois, les convulsions restant toujours limitées au côté droit du corps ; pendant des années — et il en était encore ainsi de 9 à U ans; — Us convulsions, aftirme-t-on, étaient jAus fortes dans la jambe q ue dans le bras. Emma les sentait venir :
elle se plaignait de battements de cœur, très-violents et qu'il était facile de constater; sa physionomie exprimait l'effroi et elle disait :
« Maman! maman! je vais être malade. » Ceci durait
environ une vingtaine de secondes.
Au moment de sa seconde admission dans le service (3 octobre 1872), St... était, au point de vue de sa paralysie, de la parole et de l'intelligence dans la situation où nous la voyons aujourd'hui. Son père lui avait fait faire de la gymnastique du bras ; le bras s'assouplissait momentanément, et, peu après, reprenait son attitude habituelle.
V intelligence a toujoui's été très-bornée : jamais, Emma n'a pu apprendre ses lettres, ni compter, sa mémoire était presque nulle; toutefois, il parait qu'elle retenait trèsbiiii les airs de musique, après les avoir entendus une seule fois. Elle est restée affectueuse, caressante, quelquefois à l'excès. Elle n'aurait jamais été violente. Elle était gourmande et, pour satisfaire ce penchant, il lui arrivait fréquemment de voler. Pendant longtemps, elle aurait été adonnée à Vonanisme : dès qu'elle était seule, elle se balançait, se frottait, etc.
Jamais d'accidents scrofuleux. — Elle a pissé au lit, de temps en temps, jusqu'à 9 ans. — Les règles ont paru à
■12 ans ; elles ont été régulières dès le début ; elles n'ont exercé aucune action favorable sur l'épilepsie.
Etat actuel (1878). ~ Taille l'",57 ; poids, 49 kil., peau assez brune ; système pileux abondant. — Le front est symétrique ; les arcades sourcilières sont assez saillantes.
Les os malaires paraissent égaux, mais les parties molles de la joue gauche semblent moins épaisses que celles de la joue droite. — Le sillon naso-labial droit est plus acousé que le gauche, surtout quand la malade parle ou rit. La commissure labiale droite est tirée. Les lèvres sont assez épaisses. Les dents sont parfaitement rangées ; quelques-unes sont gâtées ou manquent. La voûte palatine est un peu creuse ; elle est, d'ailleurs, symétrique ainsi que le voile palatin. — La percussion du crâne ne provoque pas de dovileur.
Membre supérieur droit. — Rigidité assez prononcée des jointures, facile toutefois à vaincre ; pas de craquements.
D'habitude le bras reste appliquécontre le thorax, l'avantbras fléchi à angle droit sur
le bras, le poignet sur l'avantbras. Les doigts sont infléchis sur la paume de la main (Pl. V.). S... peut exécuter certains mouvements avec le bras droit, porter, par exemple, la main sur la tète, mais en général, elle ne s'en sert pas.
Droit. Gauche.
Circonférence du bras au niveau de l'aisselle 23'=,5 2'i^5
Cire, du bras à 10 cent, au-dessus de l'olécrâue 22,7 23, a
Cire, à 10 cent, au-dessous de l'olécrâne 19,5 22,5
Cire, (lu poignet, l'i 15
Cire, du métacarpe 17 18
Distance de l'acromion à l'olécrâne 30,5 32,5
— de l'olécrâne à l'apophyse styloïde
du cubitus 21 22,5
— de celle-ci à l'extrémité du médius 16,5 17
Longueur de la clavicule 14,5 15,5
Membre inférieur droit. — Les jointures sont assez libres, sauf le pied qui est assez rigide. Il a l'attitude du pied lot varus équin. On l'assouplit facilement par des mouvements provoqués. La
malade plie, allonge, soulève la jambe avec une certaine force. Pas d'atrophie musculaire, ni de trépidation provoquée.
Droit. Gauche.
Circonférence de la cuisse au niveau de l'aine if 51"=
Cire, à 10 cent, au-dessus delà rotule 30 38,5
Cire, de la jambe à 10 cent, au-dessous de la rotule.. 27 31,5
Cire, juste au-dessus des malléoles. . 18 19
Cire, du métatarse 21 21,5 Distance de l épiiie iliaque antérieure et supérieure à l'extrémité supérieure du tibia 50 51
— de celle-ci à
la malléole externe. 32 33,5
— de celle-ci à l'extrémité de l'orteil
médian 16,5 16,5
Dans la marche, le talon est relevé de plus de 10 centimètres ; S... mai che tout à fait sur la pointe du pied qui décrit un léger arc de cercle. La déambulation s'accompagne d'un tremblement de la jambe qui s'accuse quelquefois davantage quand la malade s'arrête et appuie sur la jambe paralysée.
La parole est passablement embarrassée ; souvent, il y a hésitation et lenteur dans la prononciation des mots que la malade semble prononcer entre les dents. — Son langage est celui d'un enfant ; elle réclame des images, demande à embrasser, tutoie tout le monde. Elle passe son temps à courir dans les cours, à jouer à la poupée ; un rien l'amuse. Elle a la manie de courir après les gens pour leur dire qu'elle les aime bien.
Elle a eu, pendant longtemps des habitudes d'onanisme qui auraient cessé. On est obligé de l'habiller ; elle aide à peine, tient ses jupes, tire ses bas.
Elle est propre, ne gâte pas.
Elle mange seule assez convenablement, à condition que les aUments soient coupés par morceaux.
Les fondions digestives paraissent régulières. — Le2}0i(ls, compté dans la station verticale,est à 88, les battements du cœur sont réguliers, avec un léger bruit de souffle anémique. — Les muqueitses sont un peu décolorées.
5 février. — Traitement par le bromure de sodium (1).
(l) Voir le Progrès médical, 1878.
tl mars. — S... vient d'avoir un accès !Wi\e a été prise dans la cour, n'a pas prévenu et n'a point poussé de cri. Lorsque nous arrivons auprès d'elle, elle est dans l'état suivant :
La tête est fortement tournée à droite, la bouche est tirée dans le même sens ; les paupières sont fermées; si on les écarte, on aperçoit les yeux très-dé viés à droite et en haut. — Les membres du côté droit sont plus rigides que ceux du côté gauche. Alors, surviennent des convulsions dans les muscles de la moitié droite de la face et quelques secousses cloniques, plus fortes et plus prolongées à droite.
La période clonique a été très-courte, elle est suivie simplement de pâleur de la face; il n'y a eu ni ronflement ni écume.
S... se relève ; elle est trèspâle; elle dit : « C'est passé, je veux aller m'asseoir sur le banc. » Jamais, il n'y aurait d'hébétude consécutive. — T. R. aussitôt après l'accès, 370,9 ; 20 minutes après, T.R.
Les accès, nocturnes et surtout diurnes, se, sont répartis ainsi qu'il suit depuis l'admission.
Années.
Accès.
Vertiges
187ii
D'après la sous-surveillante, les vertiffes auraient les caractères suivants : La malade devient immobile, le regard est hébété ; la face rougit d'abord, puis pâlit ; ceci n'a qu'une durée très-brève.
St... reste incertaine pendant quelques instants : au bout
d'une minute et demie à deux minules tout est fini. Elle ne tombe pas. Ni dans ses accès, ni dans ses vertiges elle ne se serait jamais blessée et n'aurait pas eu d'évacuations involontaires.
Les rèffles ne semblent pas avoir d'action sur les accès.
II est des mois oia elle a ses règles et pas d'accès; — des mois où elle a des accès et pas de règles : — d'autres où elle a des accès pendant les règles et à des jours différents.
Si l'on s'en rapporte an récit du père de la malade, les convulsions 'primitives ont été, dans ce cas, de courte durée, et la 2^ci^(^'^!Jsië, au lieu d'atteindre son maximum dès le début, s'est, au contraire, développée progressivement (p. 43.)
Parmi les autres particularités de ce fait, nous avons à mentionner l'atrophie assez prononcée des membres avec prédominance relative dans le membre inférie^ir, phénomène qui est en opposition avec ce que nous avons observé chez les autres épileptiques du groupe que nous étudions : chez celles-ci, en effet, l'atrophie était plus prononcée au membre supérieur. Ajoutons aussi que le père de St... nous a assuré que, jusqu'à l'âge de 14 ans, époque de la seconde entrée de sa fille à la Sal-
pêtrière^ les convulsions étaient plus fortes dans la jambe que clans le bras du côté paralysé.
Abordons maintenant la description des accès.
Dans cette variété d'épilepsie partielle ou hémiplégique, les accès ne surviennent quelquefois que plusieurs années après l'hémiplégie ; d'autres fois, et le plus ordinairement, ils se montrent quelques jours, quelques semaines ou au plus quelques mois après l'état de mal convulsif qui a produit la paralysie.
Des symptômes précurseurs, constituant une véritable aura, annoncent l'arrivée des accès. Cette aura consiste d'habitude en des engourdissements, des douleurs variables, des secoMSscs (Obs.I, p. 8), une augmentation de la rigidité des membres paralysés et, le plus souvent, du membre supérieur. Ces douleurs occupent tantôt l'épaule seule (Obs. IV), tantôt plusieurs jointures ou toute la longueur du membre . Il est des malades qui accusent, en outre, une impulsion en avant (Obs. I, p. 8), une douleur à l'épigastre ou des battements de coeur. Préciser davantage nous est impossible, parce qu'il est très-difflcile d'avoir un tableau détaillé de ces symptômes. Le fait capital c'est que ces malades ont une -aura d'une durée suffisante pour leur permettre d'avertir les personnes qui les entourent ou de se protéger elles-mêmes . Aussi est-il tout à fait exceptionnel qu'elles se blessent, ce qui les différencie déjà, dans une certaine mesure, des autres épileptiques. De plus, des
changements de coloration de la face avertissent de l'arrivée de l'accès. Chez Gr .. (Obs. IV), les crises, autrefois, étaient précédées d'une cpistaxis. Celle-ci, nous devons le dire, appartient à la catégorie des 'phénomènes prodromiques médiats ou lointains et non pas à celle de Vmtra véritable, immédiate.
Bien que depuis huit années nous suivions d'une façon régulière les services d'épileptiques de la Salpêtrière, plus spécialement dans le but d'étudier d'une façon exacte les caractères des accès d'épilepsie (1) et leurs variétés ainsi que celles du vertige épileptique afin d'en faire une description et d'en établir une classification moins imparfaites que celles que nous possédons jusqu'à ce jour, nous n'avons jamais pu voir, par nous-même, que, chez une seule malade, toutes les périodes des accès de cette variété d'épilepsie hémiplégique. Le plus souvent, nous n'avons observé directement qu'une de ces périodes. C'est donc beaucoup plus par les renseignements qui nous ont été donnés, soit par les parents, soit parles surveillantes, que nous tracerons les caractères de ces accès.
(l) Dans les recherches que nous avons entreprises sur les accès d'épilepsie e\,\eis attaques d'k'jsiéfo-('pilepsie, mus avo is constate que, tandis que les diverses phases qui composant la période épileploide de l'attaque hystôro-épileptique étaient séaarécs par un repoî ainsi que les diverses périodes (p. epileptoïde, cljniq.ie, délirante), les périodes rie l'a -ces épilepiiquc se succèdent sans repos intermédiaire ; c'est là un si^ne diagnostique que lous relevons dès mai;itenant.
— oO —
Le cri initial fait en général défaut.
Période tonique. — La rigidité est on circonscrite au côté paralysé, ou prédomine à un haut degré dans ce côté.
Période clonique. — Les convulsions cloniques sont presque toujours limitées au côté paralysé; quand elles envahissent le côté sain, elles sont, et moins violentes et moins prolongées. L'écume est assez rare; la miction involontaire l'est encore davantage.
Période de stertor. — Elle est très-courte, peu prononcée et manque quelquefois. — Nous avons vu que les convulsions étaient parfois plus accusées tantôt au membre inférieur (Obs. V), tantôt au membre supérieur (Obs. VI); mais, dans bien des cas, il est malaisé de s'assurer de la différence.
Période de délire. — Les malades reviennent promptement à la connaissance et jamais aucune de celles que nous avons observées n'a offert de délire épileptique. L'hébétude consécutive disparaît communément au bout de quelques minutes, et les malades reprennent leurs occupations ou leurs jeux.
Parmi les phénomènes intéressants qui peuvent succéder aux accès, nous signalerons un tremblement des membres paralysés, lequel peut se manifester, d'ailleurs, en dehors d'eux (Obs. VI;.
Dans cette variété d'épilepsie partielle, les accès isolés donnent lieu à une élévation de la température semblable à celle des accès d'épilepsie vulgaire. Chez St... (Obs. V), nous avons trouvé dans le rectum 37°, 9 aussitôt après l'accès et 20 minutes plus tard 37°, 6. — Chez Lefè... Augustine {Obs. inédite), les accès se présentent par petites séries et la température monte à 38° ou 38°, 5 et même 39°. — Enfin, si, par accident exceptionnel, les accès prennent l'allure d'un état de mal, comme nous l'avons vu chez Pet... Marie (06s. inédite), la température peut atteindre 40°, 9.
Les détails qui précèdent nous apprennent que les accès, dans cette variété d'épilepsie, de même que dans l'épilepsie ordinaire, peuvent être isolés, sériels, ou constituer un état de mal. — Toutefois, nous devons faire une remarque très-importante au point de vue de la marche de la maladie. Durant une période variable, assez longue du reste et qu'il ne sera facile d'évaluer que quand on aura suivi un grand nombre de malades pendant 10, 15 ou 20 ans, les accès sont très-fréquents. Lec... (Obs. II) nous a atïirmé qu'elle avait eu, avant son entrée à la Salpêtrière, jusqu'à 8 ou 10 accès en un jour (1). Pet.. Lef..., dont nous parlions toutàl'heure.
(l) La malade de I'Obs. I, interrogée de nouveau, nous a déclaré qus, jusqu'à 18 ans, eile avait eu des a-cès presque tous les jours et quelquefois trois ou quatre dans un seul jour.
sont actuellement dans ce cas. Mais lorsqu'on suit longtemps les malades (Obs. I, II, III, IV), et qu'on a eu soin de faire relever exactement les accès, on constate ce fait rassurant : c'est que, à mesure que les malades avancent en âge, les accès diminuent de fréquence et qu'enfin, dans un certain nombre de cas, ils disparaissent complètement. N'est-ce pas là une circonstance très-intéressante en ce qui concerne lepro^osh'c, et qui indique pleinement l'utilité du travail que nous avons entrepris, puisqu'il fournit des renseignements pratiques?
Les accès, sont duirnes et nocturnes ; donc, à cet égard, il n'y a pas de différence entre cette variété d'épilepsie et l'épilepsie ordinaire. Mais contrairement à ce qui a lieu le plus souvent dans cette dernière, à savoir l'existence simultanée du grand mal (accès) et du petit mal (vertiges), dans Yépilepsie hémiplégique, les vertiges manquent presque toujours, ou, s'ils sont notés, ils ont une tendance très-marquée à diminuer (Obs. V et VI) (1). L'absence ou la rareté des vertiges peut, par conséquent, être considérée à juste titre comme un caractère distinctif de la première variété d'épilepsie partielle.
Nous allons encore relater une observation du môme •
(l) Chez quelques-unes des malades, les vertiges, très-rares, pouvaient être attribués au bromure de potassium.
genre ; outre qu'elle confirme Tensemble des considérations qui précèdent, elle nous fournira matière à quelques réflexions nouvelles.
Observation VI. — Convulsions. — Affaiblissement paralytique âes membres du côte' droit. — Prot/rès de la, paralysie sons l'influence des accès d épilepsie. — Aura. — Tremblement des membres paralys(fs. — Sept abcès sur la jambe paralysée. — Modification de IVpile/isie. — Attitude des membres. — État actuel de la malade. — Marche des accès. — Traitement jMr le bromure de sodium.
Til.., Jeanne, née à Paris, était âgée de 16 ans à son entrée à la Salpêtrière (service de M. Delasiauve), le 17 février 1875.
Renseignements fournis par sa grand'mère (16 décembre 1876). — Père, on ne sait s'il est vivant, on ignore tout ce qui le concerne ; il n'était pas marié.
Mère, corsetière, partie pour Londres il y a sept ans; elle était bien portante, mais nerveuse, sans attaques toutefois ; on n'a plus de ses nouvelles; pas de maladies de peau ; elle était saine. [Père, 69 ans, santé excellente. — Mère, 68 ans, bien portante, très-nerveuse, aurait eu des attaques de nerfs, qui se montraient à la suite de contrariétés.—Une tante maternelle
de la malade aurait de temp en temps des attaques de nerfs qui surviendraient principalement après des émotions et à l'époque des règles. — Ni aliénation, ni paralysies, ni migraines dans la famille].
Pas de consanguinité.
La mère de Jeanne avait 22 ans quand elle est devenue enceinte. Elle a dissimulé sa grossesse autant qu'elle a pu et a cessé de voir ses parents durantlesderniersmois.
L'accouchement a été régulier.
— L'enfant a été mise en nourrice. Quand elle est revenue, à 13 mois, elle ne marchait ni neparlait et ne semblaitpas comprendre. En la rendant, la nourrice déclara que Jeanne avait parfois des mouvements nerveux, que ses yeux totirnaient. Elle aurait dit n'avoir
pas observé de grandes convulsions. On s'aperçut bientôt que l'enfant se servait toujours de préférence du bras gauche, que le bras droit restait pendant, était flasque, que la main droite était fermée. La santé générale était bonne.
Aie mois, on constata les convulsions pour la première fois. Depuis lors jusqu'à 3 ans et demi, les accès revinrent à peu près toutes les semaines. Jeanne commença à marcher vers cette époque ; elle s'avançait sur la pointe du pied, et on assure que, à cet âge, il n'y avait pas de diiTérence de volume entre les deux jambes.
De 3 ans et demi jusqu'à 10 ans, les accès onl continué, en devenant plus fréquents.
L'enfant prévenait, se plaignait de souffrir au creux de l'estomac, elle disait : « Maman, j'ai du mal 1 » La face devenait très-pâle, la connaissance disparaissait, la tête se tournait et le corps devenait roide. Pas de cri, pas d'écume ni de morsure de la langue, ni de miction involontaire. Après l'accès, elle avait durant une demi-heure un trembknnent des me))tl/res du côté droit. — Quelquefois même, sans avoir eu d'accès, elle avait des
mouvements commlsifs que l'on qualifie d'agitation, da7is la Jambe et le bras du côté droit.
Rougeole à 3 ans ; aucune manifestation scrofuleuse.
A 10 ans (1870}, sept abcès se sont développés sur le pied et la jambe para lysés. Des incisions ont été pratiquées ; il n'est pas sorti de fragments d'os. Rien de pareil sur le reste du corps. On ignore si cet accident a modifié les accès.
On se rappelle seulement qu'ils ont persisté durant la suppuration. — Ces abcès auraient exercé une certaine action sur le caractère de l'enfant qui, très-duuce, affectueuse, facile à mener auparavant, serait devenue méchante, violente et difficile à conduire.
De 1 0 à 1 4 ans, les accès venaient plus d'une fois par semaine et c'est surtout durant cette période que la main a pris l'attitude qu'elle a aujourd'hui, que la différence entre les membres du côté droit et ceux du côté gauche s'est accusée, enfin que le pied s'est déformé.
Les phénomènes de Vaura auraient diminué vers 13 ou '14 ans. T... se sentait moins et il lui est arrivé — ce qui n'avait pas eu heujusqu'alors
— de tomber dans la rue et de se blesser à la figure ou à la tête ; jamais de morsure de la langue; deux fois seulement on aurait observé de l'écume.
Le cri initial est exceptionnel.
Après l'accès, un jour, elle a mordu le doigt d"une de ses tantes qui, ne la croyant pas suffisamment revenue à elle, s'opposait à ce qu'elle sortit ; — d'autres fois, menaces à son grand-père et toujours parce qu'elle voulait s'en aller, aimant beaucoup à aller causer chez les voisins.
On assure que T... était intelligente de 4 à 10 ans, qu'elle avait de la mémoire, apprenait facilement des fables, etc.
L'intelligence aurait commencé à baisser à partir de 12 ans et surtout de 14 ans. De temps en temps, on remarquait de l'égarement ; elle répondait tout de travers aux questions qu'on lui faisait. Souvent, elle se plaignait de douleurs à la tête, qui était brûlante sur toute son étendue. C'est à ces douleurs qu'on attribue l'appauvrissement de sa chevelure qui, auparavant, était, dit-on, magnifique.
Réglée à 14 ans, sans le moindre accident, les règles ont été régulières jusqu'à son admission à la Salpètrière. A
l'approche des règles, elle devenait plus colérique et les accès étaient plus nombreux.
Durant fécoulement sanguin, elle était calme, mêmeallourdie.
Les fondions digcstives, circulatoires, cntanées, etc., n'ont jamais offert de dérangement.
Depuis qu'elle est à la Salpètrière, T. . . aurait maigri ; les accès auraient augmenté.
L'attitude des membres paralysés, l'intelligence n'auraient subi aucune modification appréciable.
Traitements antérieurs: belladone, iodure de potassium, sirops antiscorbutique, d'iodure de fer, toniques, bromure de potassium.
1 877. 1 ^^juin. — Bromure de sodium, 1 gr. — o juillet. 2gr.
— 7 juillet. 3 gr. — 1 0 juillet.
4 gr. — 13 septembre. On n'a rien noté de particulier, si ce n'est que T... aurait un peu moins d'appétit. — \ septembre. Purgatif. — 15 septembre, t cuillerées de sirop de bromure de sodium, soit 2 gr. — 20 septembre. 4 gr. — \<^'' octobre.
6 gr.
Accès. Voici ce que nous avons appris sur ce sujet. T... appellerait l'inlir-
mière, dirait : Marie ! Marie !
je suis mal... Je suis mal...! Et il s'écoulerait un temps assez long pour que l'on puisse venir à son secours.
Elle montrel'épigastre, comme si elle souffrait dans cette région. — Elle ne se blesserait jamais. — Dans les accès, la tète se porterait à droite, les convulsions seraient beaucoup plus fortes dans les membres paralysés, et il parait qu'elles prédominent dans le iras. — Jamais les accès n'ont été suivis de délire.
Jantier -1878. — Tête petite; front médiocrement élevé ; bosse frontale droite un peu plus saillante que la gauche.
Sur celle-ci, il existe une tache érectile qui occupe également tout le sourcil correspondant. — Les plis du front sont égaux. Les arcades sourcilières sont les mêmes. — L'ouverture palpébrale gauche est un peu plus petite que la droite. Les pommettes sont égales. — Le sillon nasolabial droit est effacé; le gauche est accentué, principalement quand la malade parie ou rit. — La bouche est petite. — Les lèvres sont de moyenne épaisseur ; les dénis sont régulièrement dis-
posées; une seule fait défaut. — La langue est déviée à gauche. — La voûte, le voile et les piliers du palais sont symétriques. La percussion de la tête n'est nulle part douloureuse.
3Iembrc supérieur droit. — Altitude habituelle : le bras est accole au thorax, l'avantbras est à angle droit sur le bras, appliqué sur la poitrine, au-dessous du sein. La main est si fortement fléchie que les doigts viennent pour ainsi dire s'appuyer sur l'avant-bras. La main forme un crochet dont l'ouverture est très-étroite. — Elle est, comme le bras, dans la pronalion.
Vépmile est très-rigide ; on parvient à placer le bras à angle droit avec le tronc en provoquant des craquements et de la douleur. — Le coîtde est rigide ; on arrive à étendre l'avant-bras incomplètement et en faisant souffrir la malade. La flexion complète est possible. — Quant au poignet, c'est à peine si on peut mettre la main à angle droit. Les fléchisseurs des doigts sont extrêmement coutracturés.
La nialadc, qui tient d'ordi-
naire les doigts infléchis, est capable de les étendre dans une mesure très-restreinte.
Elle étend, mais imparfaitement, l'avaut-bras. — Les mouvements spontanés du bras sont encore plus limités.
Droit.
Gauche.
Circonférence du
bras au-dessous
de l'aisselle . . .
Circonférence à 10
cent, au-dessus
de l'olécràne. . .
Circonférence à 10
centimètres au-
dessous de 1 olé-
Circouférence du
Circonférence du
Distance de l'acro-
mion à l'olé-
Distance de celle-
ci à l'apophyse styloïde du cu-
Dislance de celle-
ci à l'extrémité
du médius. . . .
Longueur de la
Circonférence du
Au palper, les seins ne paraissent pas différer de volume. Le droit est peut-être
plus mou que le gauche, circonstance due probablement à la pression constante de l'avaut-bras.
Membre inférieur droit. — Roideur de la hanche et du genou : rigidité du cou-depied. Le pied est en varus équin ; il est en quelque sorte carré, ramassé sur lui-même.
Le gros orteil est dans l'extension. La malade exécute la plupart des mouvements; ceux du pied sont plus circonscrits. — Pas de trépidation spontanée ou provoquée. — Les orteils, à droite, sont rouges, cyanosés, et plus froids qu'à gauche.
Droit, Gauclie.
Circonférence de
la cuisse au niveau
du pli de l'aine ....
Circonférence à 10
centimètres au-dessus
Circonférence de
la jambe à 10 centi-
mètres au-dessous de
Circonférence au
niveau des malléoles.
Circonférence du
Distance de l'épine
iliaque antérieure et
sup. à l'extrémité su-
périeure du tibia . . .
Droit. Gauche.
Distance de celleci à la malléole externe 33 37
Distance de celleci à l'orteil médian. 14 13,5
T... marche en détachant assez facilementlepieddu sol. D'habitude , elle s'avance sur la pointe du pied; quelquefois , pourtant , le pied s'appuie entièrement . Elle i marche en fauchant (à droite) et fléchit plus de la jambe paralysée que de l'autre.
La colonne vertébrale présente une déviation à concavité droite, de la nuque aux lombes. — L'épaule droite est plus élevée que la gauche.
— Le pli fessier est abaissé à droite.
La sensibilité gé7iérale est conservée dans ses divers modes. — h' ouïe, la vue, etc., paraissent intactes. — La parole est embarrassée, peu développée : il est des mots que T. prononce mal ; d'autres
qu'elle est impuissante à dire. Elle parle souvent en serrant les dents: tamisole pour camisole, — tatouiller pour chatouiller, etc. — i3ans le jour, elle est propre; mais, durant la nuit, qu'elle ait ou non des accès, elle gâte. — Elle mange seule, '',de",la main gauche, sans voracité. Elle ne peut 's'habiller. Elle passe son temps à coudre des chiffons, à courir dans les cours ; elle est curieuse et capricieuse, se fâche si on la contrarie.
Poids : 30 kilogr. — Taille :
'1"\44. — Les poils, peu abondants aux aisselles, le sont beaucoup au pénil. — Pas d'onanisme?
T. a des accès et des vertiges; voici la marche qu'ils ont suivie :
Années. Accès. Vertiges.
18?:; (il mois). 163 56
Vfiémiplégie, chez cette dernière malade, s'est accentuée progressivement et l'intelligence semble avoir baissé peu à peu tant que la paralysie n'est pas devenue stationnaire. Autre particularité : les membres
paralysés sont parfois atteints d'un tremblement conviilsif qui tantôt succède aux accès, tantôt apparaît en dehors d'eux. De plus, il s'est produit, autrefois, sur la jambe paralj^sée sept abcès qui ont laissé des cicatrices, n'offrant pas l'aspect des cicatrices consécutives à des nécroses. Est-ce là un accident qu'il faut rattacher à la paralysie? S'agit-il là d'une variété de troubles trophiques ? Nous n'oserions nous prononcer d'une manière catégorique, bien que le cas d'une malade du service de M. Charcot puisse nous fournir un nouvel argument en faveur de cette hypothèse. Voici, en quelques mots, l'histoire de cette malade (Pl. VI bis).
Mull...Magdeleine,âgéeaujourd'haide33ans, est entrée àla Salpétrière le 2 mai 1874 (service de M. Charcot) Elle est orpheline et ne peut donner que des renseignements vagues sur sa famille. Son père était alcoolique; elle n'aurait pas connu d'exemples de maladie nerveuse chez aucun de ses parents. Il n'y a pas de consanguinité.
A 4 ans, elle a eu des convulsions dont elle ignore la durée. Ces convulsions ont laissé une paralysie du côté droit du corps. Elle est restée alitée de 4 à 10 ans. Pendant ce temps, elle a eu des accès « qui revenaient souvent, » et une série à'abcès sur le bras et la jambe paralysés.
Les accès ont continué, l'apparition des règles, à 14 ans, ne les a pas modifiés. Vers 17 ans, ils ont été très-fréquents , et il s'y est joint des vertiges. A