‹ Iconographie photographique des centres nerveuxChapitre 10 sur 90 · LUYS. ICON. PHOT. DES CENT. NEHV · texte numérisé non relu

LUYS. ICON. PHOT. DES CENT. NEHV

sous des incidences variées au sein de la substance grise en regard de laquelle elles sont placées.

Maintenant ces fibres que deviennent-elles? Comment se comportent-elles par rapport aux divers éléments nerveux ambiants? Ce sont là des questions difficiles à trancher d’une façon complète dans l’état actuel de nos connaissances. Je suis seulement disposé à admettre que les éléments fondamentaux dont les fibrilles blanches sont constituées se modifient insensiblement à mesure qu’a lieu leur immersion au sein de la substance grise. Tandis en effet que les cylinder axis s’effilent de plus en plus en traversant de part en part le réseau des corpuscules de la zone moyenne pour gagner la région des grosses cellules avec lesquelles ils paraissent combinés, les autres éléments de la fibre nerveuse subissent à leur tour un amoindrissement progressif; ils s’effilent eux aussi, se subdivisent en fibrilles de plus en plus fines, la substance médullaire devient de moins en moins apparente, et finalement ils paraissent se perdre au milieu des réseaux des corpuscules de la zone moyenne.

D’après cette disposition, la fibre blanche cérébelleuse paraîtrait donc avoir à son point d’émergence une double origine : d’une part, elle plongerait dans la zone des grosses cellules par son cylinder, et d’autre part, elle se rattacherait aux plexus de la zone moyenne à l’aide des éléments de sa gaine.

% Substance blanche du cervelet.

Les fibres de la substance blanche du cervelet paraissent pour la plupart présenter les mêmes dispositions générales que nous avons signalées pour le cerveau, c’est-à-dire une tendance à se concentrer autour d’un noyau central. Pour le cervelet c’est la substance grise des corps rhomhoïdaux qui paraît être le centre d’attraction des fihres cérébelleuses et jouer comme un appareil régulateur le même rôJe que les couches optiques jouent dans le cerveau.

Envisagées d’une façon générale, les fibres cérébelleuses émanées du sein de la substance corticale sous l’apparence de filaments grisâtres très-déliés s’accolent les unes à côté des autres dans les régions centrales de chaque folliole et obéissent alors à un mouvement d’ensemble qui les rapproche des corps rhomboïdaux. Celles qui dans chaque hémisphère proviennent des régions supérieures se dirigent plus ou moins obliquement en bas et en avant; celles qui émergent des régions inférieures se dirigent en haut et en avant ; celles qui émergent des régions externes et qui sont le plus multipliées se portent toutes en dedans et en avant ; quant à celles qui appartiennent aux régions centrales, elles vont en suivant un parcours plus ou moins rapproché de l’horizontale gagner

(1). Ce mouvement de concentration des fibres cérébelleuses au pourtour des corps rhomboïdaux s’indique sur des coupes horizontales (PL 17) et sur des coupes verticales (PI. 18) par une ligne elliptique qui entoure les corps rhomboïdaux. o r 'i

ET DES APPABEILS DE L’INNERVATION CEREBELLEUSE.

pareillement la substance grise des corps rhomboïdaiix. Une fois arrivées en contact avec cette même substance grise^ toutes les fibres blanches pénètrent dans chaque anfractuosité quelle présente et entrent finalement en connexion avec les grosses cellules, anastomosées en plexus, qui y sont très-abondamment réparties.

En outre de cet ensemble de fibres blanches cérébelleuses à direction convergente qui forment un système bien nettement isolé, il paraît exister encore une autre série de fibres blanches cérébelleuses à disposition curviligne dont les éléments apparaissant à la base de chaque circonvolution sous l’aspect de bandelettes arciformes, représentent vraisemblablement un système de fibres commissurantes destinées à relier dans un même lobe entre elles les différentes régions de la substance cérébelleuse.

3° Corps rhomboïdaux du cervelet.

Les corps rhomboïdaux sont constitués par une lame de substance jaunâtre dense repliée en zigzags un grand nombre de fois et constituant une bourse sensiblement ovoïde à grand diamètre dirigé en avant en haut et en dedans, et dont la partie rétrécie ou goulot répond au niveau des angles supérieurs du quatrième ventricule (PL 17 et 18).

Cette coque de substance nerveuse est constituée par une série de cellules la plupart de forme triangulaire, pourvues de prolongements multipliés qui les relient les unes avec les autres et qui paraissent quelquefois en continuité directe avec les fibres nerveuses. Elles mesurent en moyenne de 0““,03 à 0““,05. Leur noyau nucléolé est ovoïde et relativement volumineux; elles sont en général pourvues de granulations pigmentaires trèsmultipliées.

Il est difficile d’apprécier jusqu’ici les rapports intimes des fibres blanches cérébelleuses avec les réseaux de cellules de la substance rbomboïdale. Il est cependant vraisemblable d’admettre que ces cellules anastomosées en réseaux très-serrés et formant en quelque sorte une barrière interposée au-devant des fibres blanches, les reçoivent comme les autres agglomérations ganglionnaires par un de leurs pôles, et que par leur autre pôle elles émettent une génération nouvelle d’éléments nerveux qui sont leurs propres fibres efférentes.

Quoi qu’il en soit de ces rapports intimes, on peut néanmoins constater d’une façon manifeste que de toutes les sinuosités de la surface interne des corps rhomboïdaux naît une nouvelle série de fibres blanches qui par cela même sont, a proprement parler, les fibres efférents médiates de la substance grise cérébelleuse et les véritables origines des pédoncules cérébelleux (PL 17 et suivantes) dont nous allons passer en revue les différents modes de distribution périphérique.

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