‹ Iconographie photographique des centres nerveuxChapitre 9 sur 90 · DD CERVELET ET DES APPAREILS DE L’INNERVATION CÉRÉBELLEUSE · texte numérisé non relu

DD CERVELET ET DES APPAREILS DE L’INNERVATION CÉRÉBELLEUSE

Le cervelet forme un sous-système à part bien nettement isolé dans 1 ensemble général des fibres du système nerveux. Relégué à la partie la plus postérieure de la masse encéphalique dans une loge indépendante circonscrite par les parois osseuses de 1 occipital et les replis de la dure-mère, il n’a aucun rapport direct avec les divers départements du système. Ce n’est que par ses pédoncules, véritables émanations de sa substance, qu’il se trouve rattaché aux régions les plus centrales de l’encéphale.

Le cervelet peut être considéré comme un appareil central d’innervation; les fibres qui en émergent (les pédoncules), comme des conducteurs efférents, ët les différents dépôts de substance grise avec lesquels ces fibres se continuent, comme des régions périphériques destinées à recevoir, à condenser, et à disséminer l’innervation spéciale dont il est le générateur.

Ces différents appareils ne sont donc que les anneaux successifs d’une même chaîne dont les divers éléments forment un tout complet et un système anatomique indissoluble; cette disposition si remarquable qui relie en une seule unité les régions cérébelleuses centrales au sein desquelles est engendré l’influx cérébelleux, et les régions périphériques où il se dissémine, présente des rapports analogiques des plus frappanst avec ce qui existe pour le système circulatoire.

Le cœur en effet ne représente-t-il pas le cervelet comme appareil central, et ne peut-on pas considérer les troncs artériels qui en émergent comme les analogues des fihres pédonculaires cérébelleuses, et voir alors dans les réseaux capillaires avec lesquels ces mêmes troncs artériels se continuent, les équivalents morphologiques des plexus de substance grise périphérique au sein desquels ^ viennent se perdre les fibres cérébelleuses ultimes ?

Ces prémisses étant posées pour expliquer la méthode générale que nous allons introduire dans la description du cervelet et des appareils de l’innervation qui lui sont annexés, nous allons successivement passer en revue :

1“ Le cervelet proprement dit, envisagé comme centre d’innervation;

2® Les pédoncules cérébelleux, considérés comme système de fibres efférentes;

3° Les différents dépôts de substance grise au sein desquels s’amortissent les fibres cérébelleuses pédonculaires et qui, localisés surtout dans les régions antérieures de 1 axe

spinal^ constituent dans leur ensemble un véritable réseau périphérique continu depuis le collet du bulbe jusqu’au sein de la substance grise du corps strié.

A. - Dü CERVELET PROPREMENT DIT.

L’étude du cervelet proprement dit présente à considérer : la substance grise, la substance blanche, les corps rbomboïdaux.

1“ Substance grise des circonvolutions cérébelleuses.

La substance corticale du cervelet présente des caractères bien tranchés qui la différencient essentiellement de celle du cerveau, non-seulement au point de vue de sa disposition foliacée qui lui donne un cachet tout à fait spécial, mais encore au point de vue de ses éléments fondamentaux qui sont des individualités histologiques vraiment spécifiques.

L’aspect foliacé de la substance corticale du cervelet se rencontre avec des développements plus ou moins apparents presque partout. Les régions où cette disposition est le moins accusée sont surtout la région moyenne au niveau du lobe médian (PI. 16 et 17);, mais quelle que soit son apparence, qu’elle affecte la forme de lobules isolés (amygdales), ou bien celle d’une lame mince (valvule de Vieussens), la substance corticale cérébelleuse n’en est pas moins constituée par des éléments identiques.

Chaque circonvolution cérébelleuse présente à considérer de dehors en dedans (1 ) :

r Une zone externe sous-jacente à la pie-mère de couleur jaune rouille caractérisée surtout par la présence de grosses cellules (cellules de Purkinje) ;

2“ Une zone moyenne, de coloration grisâtre, constituée par une multitude de petits corpuscules cellulaires ;

3" Une substance centrale axile, constituée par une série de fibrilles blanches subdivisées dichotomiquement en ramuscules secondaires et constituant en quelque sorte la charpente même de chaque circonvolution.

{a) La zone superficielle des circonvolutions cérébelleuses dont l’épaisseur est égale à celle de la zone moyenne est constituée par une substance amorphe mollasse d’une coloration rougeâtre et pourvue de nombreux capillaires. Elle est représentée histologiquement par des grosses cellules caractéristiques et par des petites cellules qui rappellent plus ou moins l’aspect de celles de la zone nioyenne.

Les grosses cellules sont ovoïdes, piriformes, de coloration jaunâtre et pourvues d’un noyau pareillement ovoïde; elles sont situées d’une façon régulière sur les limites de la

(1) Voir Recherches, p. 199, et Atlas, PI. 33.

ET DES APPABEILS DE L’ESilsERVATION GEBÊBELLEUSE.

^one moyenne et de la zone externe; elles se trouvent juxtaposées les unes à côté des autres^, et de plus elles sont orientées de telle sorte que leur extrémité effilée se dirige xers la périphérie tandis que leur portion renflée regarde xers la zone moyenne. EUes présentent des prolongements multiples t

1 ° Les prolongements profonds irradiés de la partie renflée des cellules forment quelquefois un réseau continu axec les mêmes prolongements appartenant aux cellules du xoisinage, ils m’ont paru quelquefois en continuité très-nette axec les filaments atténués des fibres blanches de la région centrale;

2“ Les prolongements qui sont tournés xers la périphérie sont plus ou moins ramifiés, ils sont les plus xolumineux et les plus apparents. Ils plongent suixant une direction plus ou moins rectiligne au sein de la substance amorphe ambiante, se dichotomisent peu à peu, et après s’être amincis paraissent à leur terminaison se combiner soit axec les corpuscules cellulaires qui les enxironnent, soit axec ceux qui forment une

zone très-mince immédiatement sous-jacente à la pie-mère;

3“ Les prolongements latéraux naissent principalement de la partie renflée des grosses cellules. Tantôt ils paraissent se combiner axec les corpuscules cellulaires du xoismage, tantôt ils s’anastomosent axec ceux des cellules qui sont le plus rapprochées, et constituent ainsi un lacis réticulaire d’une finesse extrême.

Les petites cellules que l’on rencontre dans la zone superficielle ont en général le caractère plus franc de cellules complètes que leurs homologues de la zone moyenne. Plongées au milieu de la substance amorphe elles sont très-difficiles à isoler et paraissent être, dans un certain nombre de cas, un des modes de terminaison des prolongements effiles des grosses cellules ambiantes.

(b) La zone moyenne se présente .sous l’aspect d’une substance blanc grisâtre. Elle est constituée presque exclusivement par une multitude de petits corpuscules cellulaires, serrés entre eux et anastomosés à l’aide de leurs prolongements de façon à former un lacis inextricable et un tissu sans analogue dans l’ensemble du système nerveux.

Ces corpuscules, qui mesurent en général de ü“”,006 à 0“-,009 en diamètre, se présentent plutôt sous l’aspect de noyaux pourvus de filaments que sous celui de cellules complètes. Ils sont tous à peu près égaux en volume et répandus à profusion au milieu des plexus excessivement serrés de fibres nerveuses qui vont s’y distribuer. Ils sont pourvus de prolongements funiculaires qui forment tantôt axec ceux du voisinage un lacis plexiforme très-dense, et tantôt se continuent manifestement axec les fibres dissociées de la gaine des tubes nerveux qui traversent la zone moyenne<

(c) La substance fibrillaire qui o ccupe la région centrale des circonvolutions cérébelleuses n’est autre chose que la substance médullaire elle-même ramifiée dicbotomiquement.' Les fibrilles blanches qui la constituent, groupées tout d’abord à la base en fascicule central, s’éparpillent rapidement sous forme de filaments divergents et pénètrent

Page 1