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LUTS. ICON. PHOT. DES CENT. NEUV

DE L’AXE SPINAL

ture, la substance gélatineuse présente les particularités suivantes. Sur une série de coupes horizontales on peut s’assurer que les fibres des racines postérieures s éparpillent^ nne fois en contact avec la moelle, comme les filaments divergents d’un pinceau et que, sous forme de fibrilles grisâtres plus ou moins incurvées, elles s’amortissent au sein des réseaux gélatineux qui sont en avant d’elles (pl. 63, fig. 2). On constate en outre qu’elles disparaissent insensiblement en se fusionnant avec la substance même de ces réseaux gélatineux, et que bientôt du côté opposé à leur point d’immersion, de toute la surface interne du V constitué par la substance gélatineuse, (8 et 8') naît une génération nouvelle de fibres nerveuses qui sont en quelque sorte les prolongements médiats des racines postérieures et les véritables fibres efférentes de la substance gélatineuse.

Cette disposition qui paraît être identique pour tous les dépôts de substance gélatineuse de l’axe est particulièrement appréciable à la région inférieure; là, en effet, on voit les fascicules appartenant aux racines postérieures juxtaposées les uns à côté des autres, se confondre avec des petites agglomérations de substance gélatineuse nettement isolées et former par leur combinaison réciproque une série de petites intumescences gangliformes, placées régulièrement les unes à côté des autres fpl. 64, fig. 2, 7 et 7 ', 8 et 8' ). — Cette série de petites intumescences étant en quelque sorte, sous une apparence simplifiée, l’expression des rapports anatomiques de la substance gélatineuse avec les racines postérieures, on peut donc la considérer dans son ensemble comme représentant un réseau-de substance nerveuse sui generis, je dirai même, comme un amas gangliforme servant à amortir une portion des fibres radiculaires postérieures et relié d’autre part aux différentes régions ambiantes du système nerveux.

Le groupe des fibres efférentes de la substance gélatineuse présente, de même que, le groupe des fibres afférentes, certaines variétés dans son mode d’origine, dans le groupement de ses éléments, suivant qu’on les considère à telle ou telle région de la moelle. Ainsi à la région sous-lombaire elles expriment, sous forme de fascicules agglomérés, d’une façon bien nette,la continuité des fibres des racines postérieures (Pl, 64, — 7 et 7 ' fig. 2). A la région lombaire, elles sont plus déliées et plus épaisses; on les voit nettement suivre une direction antéro-postérieure et gagner les régions centrales de la moelle ( Pl. 63, fig. 2 — lo et lo', 8 et 8'.). A la région dorsale et à la région brachiale, elles présentent un aspect analogue, seulement en ces points, elles se groupent d’une façon régulière, sous forme de filaments spiroïdes, suivant une ligne commune d’alignement, comme on voit les nervures d’une feuille parties des différents points de la phéripbérie s’aligner toutes pour constituer le pétiole ou l’axe commun (Pi. 63, fig. I. e et 6' ).

Quels que soient leur mode d’origine et leur mode de groupement, les fibres efférentes de la substance gélatineuse affectent toutes une direction antéro-postérieure et paraissent se perdre en partie au milieu des réseaux de substance grise de la région médiane Peutêtre leurs prolongements effilés vont-ils se mettre en connexion avec les divers plexus de cellules des régions les plus antérieures. ( Pl. 64, fig. 1, 4 et 4')

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La structure de la substance gélatineuse est encore difficile à déterminer d’une façon précise, et l’on peut se demander souvent si la majeure partie des éléments histologiques qu’on y rencontre ont bien le caractère de cellules nerveuses franches. Chez l’homme il est très-difficile d’avoir à leur sujet des notions exactes à cause de la rapidité de leur altération. Lorsqu’on effet les cellules des régions antérieures et même de la région moyenne sont encore parfaitement reconnaissables, celles de la substance gélatineuse ne forment plus qu'un magma de substance jaunâtre et diffuse. Toutefois lorsqu’on peut les rencontrer, on constate qu'elles ont une coloration jaunâtre, — qu’elles sont très-molles et en général très-petites; — que leur forme est celle d’un ovoïde plus ou moins allongé, — et que leur noyau est relativement volumineux, et remplit presque toute la cavité de la cellule. On les rencontre principalement en séries au niveau des points d’immersion des fibres postérieures; elles sont situées dans ces cas sur le prolongement de chaque fibre nerveuse , dont elles ne paraissent être qu’un renflement fusiforme.

Dans d’autres circonstances on trouve encore, dans les points qui correspondent aux fibres les plus externes des racines postérieures, des cellules gélatineuses aberrantes en continuité avec des fibres radiculaires. Dans ces cas elles sont plus volumineuses et plus accentùées que les précédentes et constituent des réseaux à mailles lâches au milieu des interstices des fibres ascendantes ambiantes (PL 64, fig. 2 — 5,5' et PL 63, fig. 2. — 7 et 7').

2“ Régions antérieures de la substance g^'ise. — Sur des coupes horizontales, la substance grise des cornés antérieures se présente sous l’aspect de deux amas, symétriquement placés de chaque côté de la ligne médiane, délimités en avant et en dehors par un contour semi-circulaire denticulé et continus en arrière avec les plexus de fibres et de cellules des régions médiane et postérieure. Ces deux dépôts sont reliés d’un côté à l’autre, par une série de fibres grises transversales qui constituent les commissures grises antérieures. L’aspect des cornes antérieures est nettement aréolaire, par suite du mode spécial d’immersioD des fibres radiculaires antérieures qui s’y distribuent. Chacune d’elles en effet y pénètre isolément et se divise à droite et à gauche, en filaments divergents ; il résulte de. cette disposition, une série d’espaces vides au milieu desquels sont logés d’une façon isolée et indépendante les différents groupes de cellules nerveuses antérieures. (PL 63, fig. 2,—2 et 2').

Sur des coupes verticales on peut pareillement constater que la substance grise des régions antérieures de la moelle se présente sous forme de deux colonnettes verticales sans aucune trace de solution de continuité dans toute son étendue.

Les cellules nerveuses des régions antérieures de l’axe sont disposées par groupes isolés, chaque groupe paraissant plus particulièrement affecté à une série de fibrilles qui trouvent en eux des petits noyaux de réception indépendants. Elles sont disposées plus particulièrement le long des bords antérieur et externe de la substance grise (PL 63, fig. 1 et 2). Ces cellules, dont le volume constitue le caractère fondamental.

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mesurent en diamètre 0^04 à 0” 06); elles sont polyédriques et affectent une coloration iaunâtre qui devient brune dans certaines régions où elles sont souvent pourvues de granulations pigmentaires; elles ont un noyau ovoïde, muni lui-meme d un nucléole. Leurs prolongements se présentent à leurs points d’origine, sous l’aspect de ramescences larges et épaisses (PL 64, fig. I. — 2 et 2' ); les bifurcations qu’ils présentent, après un court trajet constituent bientôt des ramuscules secondaires lesquels, en s’effilant de plus en plus, se mettent insensiblement en rapport avec les autres éléments nerveux ambiants (PI 66). Ces prolongements se continuent quelquefois dune façon tres-nette avec les fibres blanches: tantôt on voit en effet les plus antérieurs d’entre eux gagner la direction des fibres radiculaires correspondantes et devenir insensiblement une fibre de racine antérieure; et tantôt les plus internes, se redresser verticalement en haut et en dedans pour passer à l’état de fibrilles grises et servir d’origine aux fibres initiales des faisceaux antérieurs.

3“ Régions intermédiaires. — Les régions grises de la moelle épinière qui sont intermédiaires aux cornes postérieures et aux cornes antérieures sont très-imparfaitement délimitéés, et quoique présentant une disposition générale commune offrent cependant quelques particularités suivant les régions où on les étudie.

On y trouve au centre, l’orifice du canal central de la moelle qui se prolonge dans toute la hauteur de l’axe spinal; il représente en quelque sorte la ligne d axe autour de laquelle sont groupés tous les éléments fondamentaux du système nerveux. Le canal central est accompagné à droite et à gauche de deux troncs vasculaires qui sont souvent très-dilatés ( PL 64, fig. 2, 4 et PI. 63, fig. 2, 5 et 5 ' ).

Le canal central de la moelle est limité en avant par une série de fibrilles blanches entre-croisées qui sont les origines des faisceaux spinaux antérieurs. (PL 63, fig. 2 — 4 et fig. 1 — 4) Cet ensemble d’éléments nerveux qui se redressent verticalement au fond du sillon antérieur est improprement décrit sous le nom de commissure blanche antérieure delà moelle. En arrière de cette pseudo-commissure se voit une série défibrés grises curvilignes entre-croisées sur la ligne médiane et qui constituent les commissures grises antérieures de la moelle. En arrière du canal central on voit encore une série de fibres grises transversales plus ou moins obliques et qui paraissent relier les régions homologues de chaque segment de la moelle ( commissure grise postérieure ).

De chaque côté et au pourtour du canal central se trouve condensée la substance grise propre des régions intermédiaires de l’axe spinal. Diffuse à son début éparse en quelque sorte, elle commence à faire saillie à la région lombaire sous forme de deux intumescences bilatérales ; continue avec elle-même, elle s’allonge ensuite verticalement et se révèle, d’une façon bien indépendante encore, au niveau de la région dorsale, en dedans et en avant des dépôts gélatineux correspondants (pL 63 et 64 fig. 2). A la région brachiale, quoique moins nettement accusée, on la trouve encore dans sa localisation habituelle. A mesure que

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l’on s’élève, elle augmente successivement de masse et finit par devenir très-apparente au niveau de la région bulbaire et sus-bulbaire (pl. 62).

Au point de vue des caractères généraux qui lui sont propres, la substance grise des régions centrales de l’axe spinal offre les particularités suivantes :

Elle affecte une coloration d’un gris cendré tout à fait spéciale, qui se dessine d’une façon significative sous l’action de l’acide cbromique étendu; elle est constituée par des éléments anatomiques d’une configuration particulière: (cellules sympathiques de Jacubowisth) Ce sont des^cellules volumineuses plus ou moins globuleuses, ovoïdes parfois, dont les prolongements sont aussi de véritables ramescences de leur substance; elles sont d’une consistance molle, mesurent en général de 0“,04 à 0“,05 ; leur noyau est ovoïde et relativement volumineux, il est pourvu d’un nucléole ; elles sont plongées au sein d’une matière amorphe très-adhérente, et, anastomosées en plexus par leurs prolongements, elles constituent de petites agglomérations indépendantes plus ou moins denses dans les différentes régions de la moelle épinière.

(b) Substance blanche de la moelle épinière.

La substance blanche de la moelle épinière est constituée par une série infinie de tubes nerveux juxtaposés dan& une direction plus ou moins rapprochée delà verticale et occupant les régions postérieure, latérale et antérieure de la substance grise correspondante dont nous venons d’esquisser les principaux caractères. On peut donc diviser l’ensemble des fibres blanches en trois groupes principaux: T celui des régions postérieures; 2® celui des régions antérieures; 3" celui des régions latérales.

V Faisceaux postérieurs. — Les fibres des faisceaux postérieurs occupent 1 espace intercepté entre le sillon longitudinal postérieur de la moelle et les points d’implantation des radicules les plus internes appartenant aux racines postérieures. Sur des coupes horizontales, ces éléments se présentent sous l’apparence de tubes nerveux juxtaposes, séparés par de minces filaments de tissu connectif et par les radiations de substance grise aberrante appartenant aux racines postérieures.

Sur des coupes verticales, ils apparaissent sous l’aspect de filaments legerement obliques et affectant une direction ascendante (1 ). A leur point d’emergence on les voit nettement se continuer avec les réseaux gélatineux ambiants dont ils sont en quelque sorte les fibres efférentes verticales internes; on constate en effet,à ce moment— que peu à peu les réseaux de substance grise se désagrègent sur les limites internes, — qu’ils prennent insensiblement une apparence aréolaire, — que leurs mailles affectent de plus en plus une disposition allongée, à mesure qu’on les examine dans les régions limites, et que

(1) Luys, Recherches sur le système nerveux. — Atlas lithographié (pl. 12, fig. 7 et 8;.

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finalement les réseaux transparents deviennent peu à peu opaques, c’est-à-dire (en langage histoloc^ique) que les fibres grises prennent à mesure qu’elles se constituent en fascicules, une gaine plus dense et une enveloppe de substance graisseuse plus épaisse.

Ainsi constitués, ces faisceaux postérieurs qui représentent les liens de continuité et les fibres véritablement efférentes des différents dépôts de substance gélatineuse de l’axe, se juxtaposent en échelons les uns à côté des autres en déterminant à mesure qu’ils s’élèvent l’écartement des lignes d’implantation des racines postérieures, qu’ils déjettent ainsi en dehors (PL 62 et 61 ). Arrivés ainsi au niveau de la région bulbaire, ils s’entre-croisent sur la ligne médiane avec les autres éléments nerveux et, une fois que leurs éléments fibrillaires ont passé isolément du côté opposé, il m’a paru jusqu’ici impossible de les suivre dans leur direction ultérieure (1 ).

2“ Faisceaux antérieurs. — Les faisceaux antérieurs de la moelle se présentent sous l’aspect de cordons fasciculés, occupant l’espace compris entre les points d’implantation des racines antérieures et le sillon longitudinal antérieur. Comme les faisceaux postérieurs, ils sont constitués par une série de tubes nerveux juxtaposés dans une direction verticale. Sur des coupes horizontales et verticales combinées, on voit que les faisceaux antérieurs émergent directement des régions internes de la substance grise des cornes antérieures pour lesquelles ils représentent de véritables fibres efférentes.

En les suivant pas à pas dans les différents modes de leur constitution, on les voit émerger des régions internes des cornes antérieures, là où sont répartis des groupes spéciaux de cellules nerveuses. On peut quelquefois suivre un ou deux prolongements de ces mêmes cellules sous l’apparence de filaments grisâtres d’abord, affectant une direction curviligne et transversale, et devenant insensiblement blanchâtres pour s’entrecroiser sur la ligne médiane et passer successivement dans le côté opposé de la moelle ( PL 63, fig. I — 3 et fig. 2, 4 ).

Ces filaments constituent ainsi les premiers linéaments de ce raphé médian d’entrecroisement, (commissure blanche antérieure) qui, à peine indiqué dans les régions inférieures de l’axe spinal, acquiert à mesure qu’il s’élève des caractères si franchement accusés. Les fascicules antérieurs ainsi constitués se juxtaposent les uns à côté des autres dans une direction légèrement ascendante et arrivent en s’infléchissant légèrement en dehors, à constituer dans les régions les plus élevées de la moelle, au niveau de la région bulbaire, la portion des faisceaux antéro-latéraux qui échappent àl’entre-croisement des pyramides (pi. 61).

Au point de vue synthétique, les faisceaux antérieurs représentent sous formés de

d) Il résulte de ces faits qu’il existe une solidarité intiaie entre les fibres des racines postérieures celles des faisceaux posteneurs de la moelle et la substance gélatineuse interposée; ce sont les troLTneCx d’une chame rendus ous trois solidaires, non-seulemenl dans leurs manifeslation, ph,siol"”ia“es ma”!

sont lutaenaeutassoctéesàcellesdes racines postérieures correspon-

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fibres Yerticales ascendantes la continuité médiate de la racine antérieure correspondante de même que les faisceaux postérieurs représentent la continuité médiate de la racine postérieure. Les uns et les autres sont les xéritables conducteurs efférents des différents dépôts de substance grise avec lesquels ils sont en connexion ; à ces points devueon peut donc dire qu’ils sont entre eux de véritables équivalents morphologiques.

3“. Faisceaux latéraux. — Les faisceaux latéraux sont constitués par cette série de fibres verticales ascendantes, localisées entre les points d’implantation des racines antérieures et des racines les plus externes du groupe postérieur. A la région lombaire ils sont formés par un groupe de fibres directes appartenant aux racines postérieures et qui se révèlent d’une façon bien apparente au moment où celles-ci s’implantent sur la moelle. On constate eu effet qu’à ce moment les fibres initiales des faisceaux latéraux se détachent des racines et constituent une bandelette fasciculée dont le volume va successivement croissant à mesure qu’elle s’élève sur les parties latérales de la moelle. Ce fascicule doué de propriétés sensitives si caractéristiques (Expérience de Chauveau) (1) constitue à lui seul la plus grande partie de la portion postérieure des faisceaux latéraux.

Les fibres latérales de la moelle dont nous venons d’indiquer en partie la provenance, s’élèvent verticalement directement en haut en se groupant les unes au devant des autres ; elles arrivent ainsi aux régions supérieures, s’entre-croisent comme leurs congénères au niveau de l’entre-croisement des pyramides, (PI. 02, fig. 1 3 - et 3') et une fois entre-croisées, échappent à la poursuite dans leur mode de distribution ultérieure.

(c) Racines postérieures.

Les fibres des racines postérieures une fois qu’elles sont en contact avec la moelle s’y implantent isolément et s’y distribuent en s’accommodant aux dispositions correspondantes de la substance gélatineuse.

Elles suivent trois directions principales (PI. 63, fig. 2) : les plus internes paraissent, en côtoyant la substance gélatineuse, ou bien se perdre dans la substance grise centrale directement, ou. bien contribuer à la constitution médiate des faisceaux postérieurs ; (lo et 10^)—les moyennes, qui sont les plus abondantes, s’amincissent insensiblement et s’amortissent dans la substance gélatineuse qui est directement en avant d’elles ; ('g et 9') — les plus externes vont, tantôt, en contournant la substance gélatineuse, s’implanter dans les dépôts de la substance grise de la région centrale, tantôt, sous forme de traînées grisâtres serpentines, former des plexus de substance grise à mailles lâches (7 et r) au milieu desquelles les cellules nerveuses sont quelquefois très-nettement accusées et qui paraissent être les moyens de communication directe entre les régions postérieures de la moeUe et les régions antérieures correspondantes (arcs diastaltiques).

(1) Journal de physiologie de Brown-Séquard. Annnée 1861, p. 57. — Luys, Recherches sur le. système nerveux, p. 116.

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(a) Racines antérieures (PI. 63).

Les fibres nerveuses des racines antérienres, au moment ou elles abordent la moelle épinière se partagent en trois groupes : - celles du groupe le plus interne se dirigent cUrectement en dedans en se rapprochant de la scissure anterieure, sous forme de linéaments plus ou moins atténués ; - celles du groupe moyen qui sont presque parallèles entre elles s’éparpillent dans la substance grise qui leur est desünee ; — celles du groupe le plus externe incurvées plus ou moins obliquement en dehors gagnent les différents territoires de cellules éparpillés dans ces régions externes des cornes anté-

rieures de la moelle.

Quel que soit le mode de répartition dans la substance grise des differents groupes de racines antérieures, elles présentent toutes ces particularités communes :

A partir de leur moment d’implantation, elles s’amincissent insensiblement, puis, arrivées sur les limites de la substance grise, elles se dissocient en s’écartant a droite et à gauche ; les fibrilles d’un groupe se croisent avec celles d un groupe voisin de façon à constituer un réseau continu , puis à mesure qu’elles progressent au milieu de la substance grise, elles interceptent des espaces aréolaires plus ou moins nombreux au sein desquels sont disposées, comme dans de véritables nids, les agglomérations des grandes cellules nerveuses. (PL 63, fig, 2, — 2, 2' et 3, 3')

Maintenant, que deviennent les fibres radiculaires antérieures? Se mettent-elles toutes en rapport avec les prolongements des grosses cellules qu elles rencontrent tout d abord sur leur parcours, ou bien pénètrent-elles plus avant pour s amortir dans les régions les plus centrales de la moelle ?—Sans pouvoir encore nous prononcer avec certitude sur ces différentes questions, il est permis d’admettre que dans la majeure partie des cas les fibres radiculaires antérieures se continuent directement avec certains prolongements des cellules correspondantes, ainsi que nous avons pu le constater un certain nombre de fois. (PL 64, fig.' 1 , 2 et 2'.)

Quant à la distribution ultime de cette autre portion des fibrilles radiculaires antérieures qui pénètre plus avant, nous manquons encore à ce sujet de données précises.

IL RÉGION BULBAIRE.

La structure de la région bulbaire est un des points des centres nerveux le plus difficile à élucider, à cause de l’intrication d’une part des différents éléments qui s’y sont donnés successivement rendez-vous et d’autre part, à cause de la présence des plexus cérébelleux périphériques qui viennent s’y surajouter. La formule générale que

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nous ayons donnée du mode de groupement et de répartition des éléments nerveux entre eux va nous servir de guide dans ces nouvelles régions, en nous permettant d’associer par les lois de l’analogie les faits connus à ceux qui ne le sont pas encore, et de comparer les résultats constatés à ceux dont l’étude n’est encore qu’à l’état d’ébauche.

[a] Substance grise.

En étudiant la région bulbaire à l’aide de coupes successives étagées méthodiquement, un voit d’abord que la substance grise rappelle d’une certaine façon les dispositions corrélatives des régions inférieures de la moelle, puis qu’elle change brusquement d’aspect, qu’elle s’étale, se transforme et revêt tout-à-coup une apparence nouvelle qui la rend en quelque sorte méconnaissable (PL 61 et 62).

Substance gélatineuse. — Les noyaux de substance gélatineuse appartenant aux fibres du pneumo-gastrique et du gloso-pharyngien, se présentent avec les mêmes caractères morphologiques qu’ils avaient à la moelle, seulement ils sont insensiblement déjetés en dehors par le fait de l’interposition des faisceaux postérieurs des régions sousjacentes, et ils finissent par occuper insensiblement les régions postéro-latérales de l’axe (PI. 62 fig. \ -5 et 5' — PL 61 fig. 2 — 4 et 4' et fig. 1).

La disposition fasciculée fusiforme de la substance gélatineuse est très-apparente en certains, points ; on peut voir ainsi comment les fibrilles postérieures sont presque toutes absorbées par les réseaux gélatineux correspondants et constater d’une autre part, le mode d’émergence du système des fibres efférentes de cette même substance gélatineuse; on voit, en effet, ces dernières naître des profondeurs de sa masse et insensiblement, sous forme d’un lacis plexiforme plus ou moins serré, se relier soit à la substance grise centrale, soit à celle des régions antérieures directement. (PL 62, fig. \ — 4 et 4' — PL 61, fig. \ 3 et 4' et fig. 2. 4 et 4' ).

Substance grise des régions antérieures. — La substance grise des régions antérieures, reconnaissable encore en 2 fig. 1, PL 62, se modifie insensiblement et n’arrive plus à se révéler que sous forme d’un promontoire grisâtre (en 2 et 2 'fig. 1, PL 61), au milieu duquel apparaissent encore des grandes cellules antérieures.

C’est dans ces derniers vestiges des cornes antérieures de la moelle que les fibres ‘les- plus supérieurs dm nerf spinal prennent leur implantation.

Peu à peu la substance grise antérieure se reconstitue, une fois que l’entrecroisement général des fibres nerveuses s’est effectué ; mais cette fois elle n’apparaît plus sous forme de colonnettes continues dans le sens vertical, elle se montre alors sous l’apparence de noyaux bilatéraux bien nettement localisés, comme ceux qui sont destinés à la réception des fibres de l’hypoglosse.

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