‹ Iconographie photographique des centres nerveuxChapitre 4 sur 90 · PREMIÈRE SECTION · texte numérisé non relu

PREMIÈRE SECTION

DU CERVEAU PROPREMENT DIT

Le cerveau proprement dit peut être considéré comme constitué :

1° Par une lame de substance grise repliée un ^rand nombre de fois sur elle-même et formant une véritable écorce (circonvolutions cérébrales) ;

2“ Par de la substance blanche disposée suivant un plan régulièrement déterminé (fibres convergentes et fibres commissurantes) ;

3° Par des noyaux de substance grise (couches optiques et corps striés), occupant les régions les plus centrales de la masse encéphalique et jouant dans le plan général de l’organisation du cerveau le rôlô de véritables centres d'attraction autour desquels tous les autres éléments .gravitent.

À. - DESCRIPTION DE LA SUBSTANCE GRISE DES GIRGONVOLÜTIONS. (i)

La substance grise des circonvolutions se présente sous l’apparence d’une lame onduleuse partout continue et repliée un grand nombre de fois sur elle-même. Elle est en rapport dans ses parties profondes avec les fibres blanches cérébrales qui viennent s’y distribuer sous forme de filaments excessivement ténus, et dans ses parties superficielles, avec la pie-mère dont les réseaux vasculaires la pénètrent de toutes parts.

Cette couche de substance nerveuse est d’épaisseur à peu près uniforme dans toutes les régions du cerveau, elle mesure en général de 2 à 3 millimètres sur des cerveaux d’adulte. Sa consistance à l’état sain est ferme élastique; on peut décortiquer la piemère sans entraîner ordinairement des parcelles du tissu sous-jacent. Sa coloration (sur des cerveaux de sujets qui ont succombé à une mort subite) est franchement grisâtre et tranche d’une façon très-nette avec la teinte des fibres blanches qui s’y distribuent. En 1 examinant de près, on constate de plus que les couches les plus superficielles, celles qui sont sous-jacentes à la pie-mère offrent une teinte grisâtre légèrement transparente, tandis que les couches les plus profondes présentent des nuances généralement plus foncées et ont quelquefois un aspect rougeâtre. Il n’est pas

(1) Voir J. Luys. Recherches sur le système nerveux, page 161. 1865. — Atlas. PI. 20.

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rare non plus que l’on puisse apercevoir même à l’œil nu, au milieu de la substance corticale, une certaine série de fibres transversales formant un liséré blancliâtre interposé entre les deux zones de substance grise que nous venons de signaler. Ces fibres transversales acquièrent un développement maximum dans les circonvolutions des régions postérieures, où elles se présentent sous l’aspect d’une bandelette blanchâtre continue(1). (PI. 5 et 6.)

Envisagée dans l’étude de ses éléments constitutifs, la substance corticale offre à considérer ; des cellules nerveuses, des fibres nerveuses, des capillaires et une matière unissante spéciale.

1° Les cellules de la substance corticale se présentent, sur des cerveaux sains d adultes sous l’aspect de petites masses triangulaires d’une teinte jaune ambrée et réparties en nombre i nfini , au sein de la matière amorphe dans laquelle elles sont plongées. Elles sont toutes groupées d’une manière régulière et disposées méthodiquement le long de la continuité des fibres blanches afférentes.

Les régions les plus superficielles sont occupées par une agglomération de petites cellules anastomosées en réseaux, tandis que les régions profondes sont constituées par la réunion exclusive de cellules de grande dimension qui rappellent par leur forme et leurs connexions les grandes cellules des régions antérieures de 1 axe spinal. On tronve dans les régions intermédiaires une série de cellules de transition dont les caractères peu tranchés rappellent ceux des cellules limitrophes. Ces diverses catégories d’éléments nerveux forment un plexus partout continu.

Les petites cellules ont en général 0““,0Î 0 à 0““,016 ; elles sont pourvues d un noyau volumineux et présentent des prolongements chevelus qui les rattachent soit les unes avec les autres, soit à la continuité des fibres nerveuses afférentes ; leur forme est généralement ovoïde.

Les grosses cellules de la zone profonde sont la plupart très-nettement de forme pyramidale ; elles mesurent en moyenne de 0’“'”,015 à û““,035 ; leur sommet regarde vers la zone supérieure et leur base vers le point d’arrivée des fibres afférentes. Elles sont pourvues d’un noyau ovoïde nuléolé, et de prolongements multiples. Les prolongements qui correspondent à leur base et qui sont souvent plus ou moins ramifiés paraissent se continuer directement avec les fibres nerveuses amincies; ceux qui correspondent à leur sommet se dirigent vers les couches superficielles des petites cellules et se confondent avec leur réseau; quant aux prolongements latéraux qui sont plus fréquemment ramifiés que les précédents, ils s’anastomosent avec leurs homologues des cellules du voisinage et constituent ainsi un plexus continu dans le sens transversal.

2" Les fibres blanches qui se distribuent au sein de la substance corticale sont de provenances multiples et forment ainsi deux systèmes de fibrilles bien distinctes.

(1) Ce liséré a été parfaitemerit indiqué dans les planches de l’ouvrîige de Vicq d’Azyr.

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Les premières ne sont autres que les fibres blanches cérébrales qui y pénètrent sous l’apparence de fibrilles rectilignes légèrement divergentes.

Les secondes sont des fibres sensiblement transversales curvilignes; elles se présentent au niveau des anfractuosités sous l’apparence de bandelettes continues servant a relier entre elles les circonvolutions du voisinage :

(а) Les fibres du premier groupe se présentent pour chaque circonvolution sous l’aspect d’un gros faisceau central de fibrilles juxtaposées dont les extrémités de plus en plus effilées s’écartent peu à peu les unes des autres et pénètrent sous des incidences variées au sein de la substance grise. Une fois qu’elles sont arrivées sur les limites de la substance amorphe intercellulaire, les fibrilles blanches s’amincissent progressivement; elles perdent peu à peu le caractère des fibres nerveuses contenant de la moelle, et finissent par entrer en connexion avec les prolongements des cellules. Parmi ces fibres amincies, les unes se mettent manifestement en rapport avec la zone des grosses cellules où elles s’épuisent, les autres au contraire continuant leur trajet au milieu des rangées multipliées de cellules qu’elles côtoient chemin faisant, paraissent se terminer soit au sein des réseaux de la zone des cellules superficielles, soit en formant des plexus ultimes d’une délicatesse extrême dans les régions de la substance corticale sous-méningée.

(б) Les fibres du second groupe suivent une direction tout à fait différente. Ce système de fibres spéciales dont Gratiolet a donné une bonne description se présente sous l’aspect de bandelettes incurvées qui embrassent par leur concavité la base de certaines circonvolutions. Elles pénètrent au sein de la substance grise sous forme d’anses parallèles à concavité regardant en dehors ; leurs extrémités s’effilent progressivement en formant au milieu des plexus de cellules un lacis de fibrilles transversales plus ou moins nettement accusé suivant les régions.

Ces fibres commissurantes intercorticales paraissent former un système de fibres transversales uniformément réparties dans toutes les circonvolutions du cerveau. Seulement, peu apparentes dans les circonvolutions des régions moyennes et antérieures, où elles ne se montrent que sous l’aspect de tractus grisâtres échappant à l’œil nu, elles sont au contraire très-manifestes dans les circonvolutions des régions postérieures, où elles deviennent manifestes grâce à la substance médullaire dont elles sont pourvues et qui leur donna l’aspect d’un liséré blanchâtre (liséré de Vicq d’Azyr).

La circonvolution de l’hippocampe présente ces particularités remarquables que la lame de subtance grise qui la constitue est enroulée sur elle-même en forme de cornet et que la portion devenue libre de cette lame contribue, en s’épaississant et en formant quelques ondulations rudimentaires, à constituer la substance grise des corps godronnés.

Les cellules nerveuses que l’on y rencontre sont de même nature que celles des au-

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très régions du cerveau; elles offrent cette particularité remarquable que la zone des petites cellules y est parfaitement limitée^ très-nettement appréciable, et que celle des grosses cellules y est aussi très-nettement accusée ; les fibres blanches, qui s’y distribuent, affectent toutes une direction légèrement spiroïde.

3" La substance amorphe, au sein de laquelle reposent les cellules corticales, paraît homogène dans les différentes régions du cerveau. Elle est dans les conditions normales, de coloration grisâtre plus ou moins teintée de rouge, suivant la turgescence des capillaires qui s’y distribuent, finement grenue sur les bords de la solution de continuité et d’une consistance élastique assez notable ; c’est au milieu de sa masse que sont plongées les cellules en voie de développement. La dissociation de ses molécules constitue une des premières phases du ramollissement de la substance cérébrale et le résultat immédiat des transsudations vasculaires.

4" Je me suis étendu ailleurs sur les capillaires de la couche corticale ainsi que sur la configuration de leurs réseaux et leurs rapports avec les cellules ambiantes (1).

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