‹ Iconographie photographique des centres nerveuxChapitre 7 sur 90 · G. - DESCRIPTION DE LA COUCHE OPTIQUE · texte numérisé non relu

G. - DESCRIPTION DE LA COUCHE OPTIQUE

La couche optique représente le noyau central au pourtour duquel toutes les fibres cérébrales viennent successivement s’implanter. Elle joue vis-à-vis de chacune d’elles le rôle de véritable appareil centralisateur. Si Ton se représente les fibres cérébrales comme les rayons d’une roue, la substance corticale comme la circonférence de cette roue, la couche optique tient par rapport à l’ensemble du système la place d’un véritable moyeu.

Sa situation anatomique explique son rôle. Elle est située en effet au centre même du cerveau : on voit (PL 2 et 4) sur une coupe horizontale, en faisant la mensuration comme il est indiqué, qu’il y a autant de substance cérébrale en avant de A en A' qu’en arrière d’elle de B en B'.

Elle représente assez bien la forme d’un ovoïde à grosse extrémité postérieure; elle est libre dans toutes ses régions au milieu des cavités cérébrales excepté en dehors ; c’est par cette portion de sa substance qu’elle est pénétrée par les fibres blanches cérébrales.

Sur des coupes horizontales, elle présente à peu près l’aspect d’un triangle rectangle (PL 6 et PL 7) ; un côté est représenté par la paroi du troisième ventricule, un autre par une droite allant du centre postérieur aux corps genouillés; l’hypoténuse, qui joint ces deux lignes, et qui est par conséquent le côté le plus prolongé du triangle, représente la limite externe de la couche optique.

La direction de la couche optique est telle que c’est précisément par cette région exlerne qui offre le plus de surface que l’immersion des fibres convergentes s’effectue.

Les régions interne et supérieure, libres dans la cavité des ventricules, n’ont pas de rapports immédiats avec les fibres convergentes. La région inférieure au contraire affecte des rapports très-intimes avec les différents groupes d’éléments nerveux qui passent dans son voisinage; ainsi, on voit très-nettement sur les planches 26 et 28 qu’au moment où les fibres des pédoncules cérébraux s’étalent en éventail avant de s’épanouir dans les régions inférieures du corps strié, elles embrassent la région inférieure de la couche opticpie correspondante. D’un autre côté, les olives supérieures, les fibres qui en éma-

DU nUD\~EATT PROPREMENT DIT.

nent^ les fibres des pédoncules cérébelleux supérieurs, ont encore avec les régions inférieures des couches optiques des rapports de voisinage excessivement importants et délicats à apprécier, non-seulement au point de vue de l’anatomie normale, mais encore au point de vue de l’appréciation topographique exacte de certaines lésions qui, localisées dans ces mêmes points, peuvent quelquefois à tort être rattachées à la couche optique.

L’étude anatomique de la couche optique présente à considérer :

1° Une série de petits amas de substance grise, nettement isolés les uns des autres, jouant vis-à-vis des fibres cérébrales convergentes le rôle de petits centres de réception isolés ;

2” Une région centrale de substance grise, disposée sous forme de deux bandelettes linéaires le long du troisième ventricule et qui représente dans le cerveau la continuation de la substance grise de l’axe spinal.

1° Des centres de la couche optique.

(PI. 2-3-4-6-7-8 et les verticales 26-27-28.)

Les centres de la couche optique se présentent sous l’aspect de petits amas de substance grise, disposés les uns à la suite des autres dans le sens antéro-postérieur. Ils m’ont paru jusqu’ici être au nombre de quatre bien nettement circonscrits. Us sont en général superficiellement situés et forment par leurs saillies les principales protubérances que l’on observe à la surface de la couche optique.

Au point de vue des rapports généraux qu’ils affectent entre eux, on peut les désigner sous la dénomination de centres antérieurs, centres moyens, centres médians, centres postérieurs ; et, au point de vue de la spécificité des fibres sensorielles qui s’y distribuent, on peut les distinguer sous le nom de centres olfactifs, optiques, sensitifs et acoustiques. Leur volume, qui est susceptible de présenter quelques variations, oscille entre celui d’un gros pois et celui d’une noisette : c’est le centre moyen qui présente les plus fortes dimensions et le centre médian les moindres. Leur coloration est en général rougeâtre et uniforme dans les cerveaux sains ; ce n’èst que dans les cas pathologiques que l’on constate dans leur masse des décolorations partielles et des taches grisâtres. La coloration du centre médian est cependant en général moins accentuée que celle des trois autres..Leur structure est à peu près identique; ils sont constitués, uutre une forte proportion de substance amorphe d’une ténacité variable, par des cellules nerveuses qui, à l’état frais, mesurent environ 0““,02 à 0““,03 ; elles sont de forme ovoïde, de coloration jaunâtre, quelquefois fortement pigmentées, pourvues d’un noyau et de prolongements en forme de chevelu. Les caractères généraux de ces cellules les rapprochent vaguement des cellules ganglionnaires.

DU CERVEAU PROPREMENT DIT

Chacun de ces petits noyaux peut être considéré comme une intumescence ganglionnaire isolée, ayant d’une part à un de ses pôles des fibres afférentes et a 1 autre des

fibres efférentes. „ i ’

Ils ont tous des rapports généraux communs avec les fibres cérébrales qui ^ont s y distribuer et des rapports spéciaux et indépendants avec les différentes categories eléments nerveux qui émanent d’une façon isolée des différents appareils sensoriels. Nous allons les envisager chacun à ce double point de vue.

Centre antérieur (PL % 3 et 30-5). — Le centre antérieur se présente sous l’aspect d’une légère intumescence bien nettement isolée, et faisant saillie au niveau de la région antérieure de chaque couche optique. Sa forme est ovoïde, son grand diamètre est dirigé obliquement de haut en bas et de dehors en dedans. Il a à peu près le volume d’un gros pois. Ses fibres afférentes sont représentées par les fibrilles du tœnia semi-circulaire qui, plongeant par leur extrémité inférieure dans le ganglion olfactif où se perd la racine externe du nerf de ce nom, se distribuent par leur extrémité supérieure dans le centre antérieur (PL 32 et PL 1 ),.

La provenance des fibres du tœnia, qui servent en quelque sorte de trait d’union entre le ganglion du nerf olfactif d’une part et cet amas central si nettement isolé de substance grise de la couche optique, implique par cela même son rôle physiologique et sa participation à la réception et à l’élaboration des impressions olfactives (1).

De même que les autres centres de la couche optique, le centre antérieur est rattaché à certaines régions de la périphérie corticale à l’aide d’un système de fibrilles qui représentent pour lui son système de fibres efférentes. C’est particulièrement à la circonvolution. de l’hippocampe, dont le développement dans la série des vertébrés lui est pareillement proportionnel, qu’il se trouve rattaché. Ces cannexions ont lieu d’une façon indirecte par l’intermédiaire de.la substance grise de la région centrale.

Ainsi, sur des coupes verticales (PL 30-7-7') on voit naître, de la masse même du centre antérieur, un fascicule à direction spiroïde, verticalement dirigé de haut en bas, et dont les fibrilles inférieures vont s’éparpiller dans la substance grise des tubercules mamillaires, précisément dans le point où les dernières fibres convergentes de l’hippocampe (piliers de la voûte) vont s’amortir (PL 14-7). Ce fascicule, signalé déjà dans l’ouvrage de Vicq d’Azyr, sert donc de trait d’union entre ce centre antérieur et la substance grise des tubercules mamillaires (2).

D’un autre côté, il se trouve encore relié au conarium à l’aide d’une série de fibrilles à direction antéro-postérieure, lesquelles partant des piliers de la voûte, vont à leur point d’amortissement appliquées sur les parois internes des couches optiques (PL 4).

( 1 ) Le développement des centres antérieurs dans le cerveau des vertébrés, des rongeurs, est proportionnel, en effet, au développement des appareils olfactifs. Dans l’encéphale de la taupe par exemple, le centre antérieur constitue â lui seul la presque totalité de la couche optique.

[2) L’anastomose des fascicules de Vicq d’Azyr avec les fibres des piliers se fait quelquefois d’une façon prématurée, ainsi qu'on le voit dans la PL 34.

DU CERVEAU PROPREZilEKT DIT.

Les connexions de la substance grise du conarium avec cette catégorie de fibres efférentes du centre antérieur, permettent de la considérer comme succédanée de celle des tubercules mamülaires, dont elle représente en ces régions postérieures des couches optiques, les mêmes modes de eonnexion.

Centre moyen (PL 3-8, PL 4-7, PL 28-4 et 26-4). — Contigu au précédent, derrière lequel il est placé, le centre moyen se présente sous l’apparence d’une petite intumescence faisant saillie à la surface de la région moyenne et interne de la couche optique, au niveau delà commissure grise. Cet amas de substance grise qui est souvent d’une couleur rougeâtre est le plus volumineux des centres de la couché optique.

Les origines et la direction de ses fibres afférentes, analogues à celles du tœnia pour le centre antérieur, sont encore très-difficiles à apprécier. 11 m est arrivé fréquemment sur des pièces fraîches de voir des fibres blanches ascendantes, émergeant de la substance grise des corps genouillés, s’infléchir, sous l’apparence de filaments curvilignes, dans le voisinage de celles du tœnia, pour se perdre dans la région du centre moyen. Néanmoins la démonstration de cet ordre de fibres est encore pour moi un sujet qui exige de nouvelles recherches. On peut dire cependant, que la continuité de substance qui existe entre le centre moyen et la masse du tuber cinereum au sein de laquelle viennent se distribuer les fibres grises optiques, implique sa participation dans l’élaboration des impressions optiques (1).

Les fibres efférentes, au contraire, du centre moyen, sont nettement accusées; elles sont représentées par toute cette série de fibres cérébrales convergentes qui, tirant leur origine dans la substance corticale des circonvolutions antérieures et externes du cerveau, vont s’amortir sous forme de filaments très-ténus dans sa masse. Il résulte donc de ces connexions que les impressions optiques sont principalement transmises dans les circonvolutions des régions antérieures et externes du cerveau, et que c’est là qu’elles sont principalement élaborées (PL 4 et PL 5), (PL 3-4).

Centre médian (PL 6-9, PL 7-6 et 6', PL 27-3 et 3' et PL 28-7). — Jusqu’à ce jour, non décrit par les anatomistes qui ne m’ont pas paru en avoir soupçonné l’existence, le centre médian, situé en arrière du précédent, ne fait pas saillie comme ses homologues à la surface de la couche optique ; il occupe la portion la plus centrale de la couche optique, et par cela même le centre du cerveau.

Il se présente sous l’aspect d’une petite masse de substance blanchâtre, sphéroïdale, intermédiaire comme volume au centre moyen qui est en avant et au centre postérieur qui est en arrière. Il avoisine les régions postérieure et inférieure de la substance grise du troisième ventricule et se. trouve contigu à celles de l’olive supérieure, au-dessus de laquelle il est situé.

(1) La signification physiologique du centre moyen est indiquée par les faits rapportés par Serres : « Quand la couche optique est détruite dans sa profondeur, dit-il, la vision n’est perdue que lorsque la désorganisation pénètre au niveau du point de départ de la commissure molle.» (Serres, JnufoHiiecomparéedMcerueau,!. II, p.707.)

DU CERVEAU PROPREMENT DIT

Ses fibres afférentes sont probablement de provenances variées ; elles sont surtout formées par cette série d’éléments nerveux que l’on désigne improprement sous le nom de commissure blanche postérieure (PI. 7-7 et 25-5 ^ PL 27-4 et 4' et 2 ! -4 et 4'). On constate en effet qu’une portion de ces fibres, qui sont obliques ascendantes et qui proviennent probablement des régions sous -jacentes de l’axe spinal, se portent dans les régions médianes et postérieures de chaque couche optique pour s’y distribuer.

La série des fibres efférentes propres au centre médian est représentée par une multitude de fibrilles irradiées dans toutes les directions et qui paraissent mettre ce centre, véritable poinl central du cerveau, en relation avec l’ensemble général de toutes les circonvolutions (l).

Si ce centre est bien en rapport avec les impressions de la sensibilité, on peut par conséquent induire de ses rapports multiples avec la périphérie corticale, que les impressions de la sensibilité sont disséminées dans tous les points de la surface corticale.

Centre postérieur (PL 3-9, PL 8-9, PL 20 et 25). — Le centre postérieur, situé en arrière et un peu au-dessus du précédent, se présente sous forme d’une saillie mamelonnée à la surface de la couche optique. La substance grise qui le constitue est mollasse, son volume est variable. Ses éléments histologiques sont relativement rares.

Les fibres afférentes qui lui sont propres paraissent émerger des fascicules stratifiés qui constituent en partie la commissure postérieure. Il est jusqu’à présent presque impossible de déterminer leur provenance.

Les fibres efférentes de ce centre sont surtout représentées par cet ensemble de fibrilles très-fines qui proviennent de l’éparpillement des faisceaux convergents postérieurs (PL 6-5 et PL 5-10.)

C’est par conséquent avec les circonvolutions des régions postérieures du cerveau qiie le centre postérieur a surtout ses connexions ; c’est donc dans les circonvolutions postérieures du cerveau que les impressions sensorielles acoustiques sont principalement réparties.

Il est cependant a noter que l’on rencontre quelquefois, sur des coupes horizontales principalement, une certaine série de fibres blanches à direction antéro-postérieure, côtoyant les régions externes du corps strié, et servant ainsi de trait d’union entre les régions antérieures du cerveau et les régions postérieures de la couche optique (2) (PL 5 et PL 6, et PL 14-4 et 4'). Cette disposition, si elle est constante, établirait des rapports entre les régions postérieures des couches optiques et les circonvolutions anté-

(1) La signification physiologique de centre médian m’a été révélée par le fait suivant : chez un sujet

ont 1 observation sera publiée et qui était atteint de paralysie persistante de la sensibilité dans tout un côté du corps, avec paralysie concomitante de la motricité, j’ai constaté l’existence d’un ancien foyer occupant exactement l’emplacement du centre médian dans l’hémisphère opposé au côté malade, avec propagation de la lésion dans le corps strié. : b

(2j J ai été amené à considérer ce centre postérieur de la couche optique comme étant affecté à la réception

DU CEER^mU PROPBEMENT DPT.

rieures du cerYeau. Elle permettrait de supposer qu’une certaine portion des impressions acoustiques est pareillement reçue dans les régions antérieures du cerveau.

2° Région centrale grise des centres nerveux.

La région centrale grise de la couche optique (PL 8-7, PL 10-9 et 32-7) représente dans le cerveau la prolongation de cette même substance qui occupe les régions centrales de l’axe spinal.

Après avoir tapissé les parois du quatrième ventricule, les plexus de substance nerveuse qui la constituent se condensent au pourtour de l’aqueduc de Sylvius sous forme d’une masse capitulée, puis de là s’étalent sur les parois du troisième ventricule d’arrière en avant sous forme de deux bandelettes grisâtres. Une fois arrivées au-devant de la cloison, ces deux bandelettes s’épaississent et constituent alors deux intumescences bilatérales qui sont les limites les plus antérieures de la région centrale grise.

Cette substance grise spéciale tapisse donc les parois internes de chaque couche optique et par conséquent se confond, dans une certaine partie de son parcours, avec la substance même de chacun des centres auxquels elle sert en quelque sorte de trait d’union et de lien sympathique.

Dans les régions les plus inférieures du troisième ventricule, là où elle est le plus abondamment répartie on constate qu’un certain nombre de fibres cérébrales convergentes vont directement s’y distribuer (PL 32-7 et PL 33).

C’est grâce à ces connexions que les diverses régions de la substance corticale se trouvent associées aux régions les plus centrales du système nerveux et que les ébranlements dont elles sont le siège peuvent y retentir ; on peut même ajouter que c’est par son intermédiaire que les divers états dont sont animés les différents segments de l’axe spinal se propagent jusqu’aux circonvolutions, et que c’est par elle que les impressions de la vie végétative s’irradient jusqu’aux sphères de l’activité psychique.

La substance grise centrale forme d’avant en arrière plusieurs intumescences qui méritent d’être isolément étudiées :

1“ C’est d’abord la substance grise de la cloison (PL 6-5 et PL ST'-s). Cette intumescence^ qui est située sur les parois latérales de la cloison et dont le volume présente de grandes variétés individuelles, se propage plus ou moins autour des piliers et remonte ainsi quelquefois très-nettement jusqu’au centre antérieur avec lequel elle se confond. Elle reçoit

des impressions acoustiques, non-seulement en raison de ses rapports avec ses congénères, de son mode de connexion avec les fibres cérébrales, mais encore en raison d’un fait pathologique d’une très-haute importance, dont j’ai été témoin. Chez un sourd-muet, en effet, mort à l’âge de 43 ans, dont l’observation sera publiée plus tard, j’ai constaté non-seulement une dégénérescence amyloïde complète des deux centres postérieurs, mais encore l’atrophie consécutive des fibres convergentes postérieures qui sont en connexion avec eux.

LÜYS. ICON. PHOT. DES CENT. NEBV.

DU CERVEAU PROPREMENT DIT

dans sa masse la racine interne de l'olfactif (PI. 38-7 et r). Son développement dans la série des vertébrés est proportionnel à celui de la racine interne de ce nerf.

T Le tuler cinereum (PL 32-14 et PL 16-i et i') représente sous un Yolume considérable un des différents dépôts de substance grise homologue que nous retrouverons ans la description de Taxe spinal et qui sont spécialement affectés à la réception des racines grises des nerfs spinaux.

La masse du tuber cinereum, coslescente sur la ligne médiane, est le point d amortissement des fibres grises optiques ; son développement est pareillement proportionnel à l’ensemble des fibres grises optiques dans l’encéphale des vertébrés.

3“ Les tubercules mamillaires ne sont pas, comme les intumescences précédentes de la substance grise centrale, en rapport avec des fibres grises sensorielles d origine périphérique. Ces deux petites agglomérations de substance grise reçoivent en effet d’une part les dernières fibrilles des piliers de la voûte étalées sous forme de filaments spiroïdes, et d’autre part les fibrilles inférieures du faisceau de Vicq d’Azyr dont nous avqns précédemment parlé à propos du centre antérieur (PL 30-14 et PL 14). C est en effet au milieu de cette substance grise que ces deux éléments nerveux entrent en connexion et que les ébranlements irradiés du centre antérieur sont probablement reçus avant d’être répercutés dans une direction centrifuge vers les réseaux nerveux de 1 hippocampe dont les piliers de la voûte sont les fibres convergentes spéciales.

La substance grise des tubercules mamillaires est donc en connexion plus ou moins directe avec celle des circonvolutions cérébrales, et c’est là un caractère qui la différencie essentiellement de celle de la cloison et de celle du tuber cinereum, qui ne sont en rapport qu’avec des fibres d’origine périphérique et qui par cela même représentent de véritables dépôts d’origine spinale.

Les éléments histologiques que l’on y rencontre sont variables suivant les régions ; ce sont tantôt de petites cellules à coloration jaunâtre souvent triangulaires, d’autres fois ovoïdes, pourvues d’un noyau quelquefois volumineux. Elles présentent toutes une série de prolongements excessivement fins subdivisés bientôt en filaments multipliés qui constituent un lacis plexiforme non interrompu avec lequel les fibres nerveuses ont probablement des rapports immédiats de continuité.

4° Le conarium, au point de vue des éléments fibrillaires qui s’y distribuent, présente les plus grandes analogies avec la substance grise des tubercules mamillaires dont il peut être considéré comme Véquivalent morphologique

En effet, s’il se présente dans le cerveau de l’adulte sous forme d’une petite masse coalescente sur la ligne médiane, il n’en est pas toujours ainsi. Chez l’embryon, il est bilobé d’une façon transitoire. Chez un certain nombre d’espèces animales, le lapin, entre autres, il est constitué par deux petites masses mamillaires occupant les régions postérieures et latérales des couches optiques. D’une autre part, il présente avec le centre antérieur et les piliers de la voûte des connexions non moins significatives ; on

BU GERYEAÜ PROPEESIEXT DIT. 19

voit en effet, sur des pièces fraîclies, émerger des centres antérieurs une série de fibrilles blancbes {habenæ) qui, se dirigeant le long des parois internes de la couche optique, vont se perdre dans le conarium. Ces fibrilles représentent en miniature leurs homologues du faisceau de Vicq d Azyr.

D’un autre côté, il est facile de voir qu’il existe une certaine catégorie de fibres des piliers qui au niveau des trous de Mouro se recourbent en arrière, s’accolent aux fibres précédentes et vont avec elles se distribuer dans la substance grise du conarium. L’ensemble de ces deux groupes d’éléments juxtaposés se voit bien (PL 4) dans une portion de son parcours (1 ).

Il résulte de cette disposition remarquable que la substance grise du conarium possède avec le centre antérieur et la périphérie corticale les mêmes connexions que celle des tubercules mamillaires ; que le conarium est pourvu d un système de fibres afférentes et d’un système de fibres efférentes, et qu’il peut être par cela même considéré comme une véritable intumescence mamillaire postérieure, devenue coalescente sur la ligne médiane (2).

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