‹ Iconographie photographique des centres nerveuxChapitre 8 sur 90 · D. - DESCRIPTION DE LA SUBSTANCE GRISE DU CORPS STRIÉ · texte numérisé non relu

D. - DESCRIPTION DE LA SUBSTANCE GRISE DU CORPS STRIÉ

La substance grise du corps strié est localisée sous forme d’un noyau ovoïde au niveau des régions antéro-externes de la couche optique. Accumulée en tres-forte proportion dans les régions antérieures, elle s’avance en s atténuant insensiblement jusqu au niveau du renflement postérieur des couches optiques, de telle sorte que toutes les fibres cérébrales convergentes, au moment où elles vont s’implanter dans les couches optiques sont toutes plus ou moins en contact avec une portion quelconque de la substance grise du corps strié interposée sur leur passage (PL \, PI. 2 et PL 22-2-2').

Les fibres convergentes antérieures qui la traversent de part en part la divisent en deux segments inégaux (PL 6 et 8, PL 37, 38, 39). Le segment externe et inférieur est le plus volumineux, c’est dans sa masse que les fibres spinales viennent principalement se répartir. Le segment supérieur et interne reçoit sous forme de lignes onduleuses la terminaison des fibres spinales qui semblent particulièrement trouver dans cette région du corps strié le terme de leur long parcours. La substance grise de ces deux segments

(1) Voir pour l’histologie du conarium, Luys, Recherchas sur le système nerveux, p. 216.

(2) Remarquons encore que le caractère spécial d’excentricité qui est propre à la circonvolution de l’hippocampe détachée de la masse commune de ses congénères se retrouve encore dans les régions centrales avec lesquelles elle est en connexion. Les noyaux de substance grise avec lesquels elle est reliée ont tous un cachet spécial d’excentricité : ainsi, la substance grise des tubercules mamillaires fait saillie à'la base du cerveau; celle du conarium est presque complètement détachée de la couche optique, elle est hors rang, et enfin celle du centre antérieur est la plus proéminente par rapport à celle des autres centres.

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communique librement de part et d’autre à travers les vides interceptés entre les fascicules convergents antérieurs (PL 39).

Les régions supérieure et interne de la substance grise du corps strié sont libres dans la cavité ventriculaire^ les régions externe et inférieure sont limitées par une série de fibres curvilignes appartenant soit au système des convergentes, soit au système des commissuranfes (PI. 37-38-39 et PI. 5-6-8-10 et 11). Les régions inférieures, criblées de pertuis vasculaires très-multipliés, se voient à nu à la base du cerveau; elles sont connues sous le nom d’espace perforé de Vicq d’Azyr.

La coloration de la substance grise du corps strié est d’un rouge plus sombre que celui de la substance corticale ; sa mollesse est des plus remarquables et tranche d’une façon très-nette avec celle de la couche optique dont le tissu est relativement ferme et dense (1).

Les cellules que l’on rencontre dans la substance grise du corps strié sont, les unes très-petites, les autres très-volumineuses. Ces dernières sont en général ovoïdes, de coloration jaunâtre, pourvues d’un noyau volumineux ; elles ont des prolongements multiples et mesurent en moyenne 0“'",03 à 0““,06 ; ce qui les distingue particulièrement ce sont les petites cellules quelquefois franchement pigmentées qui sont accolées à leurs prolongements et souvent à leurs parois. Ces petites cellules qui sont apparentes le long de la continuité des fibres en connexion avec les grosses cellules et qui se greffent ainsi à leur surface, ne sont vraisemblablement que le mode de terminaison ultime des réseaux pédonculaires cérébelleux.

Quant aux petites cellules libres, elles mesurent en général en diamètre de 0““,01 à 0”“,02 et paraissent n’être la plupart du temps que de simples noyaux munis de prolongements. On les trouve souvent accolées le long de la continuité de la gâîne des fibres spinales antérieures.

Noyauco jaunes du corps strié {Vl. 32-33-35-31, fig. 2 et 36). — La substance grise du corps strié n est pas partout homogène; une portion de.sa masse est constituée par une accumulation de substance blanc jaunâtre ferme et dense située dans les régions inférieure et interne et placée sous l’espèce de voûte formée par l’ensemble des fibres convergentes antérieures. C est précisément au niveau de cette substance grise,spéciale qui j’eprésente en quelque sorte le bile du corps strié que les différentes catégories d’éléments nerveux qui lui sont destinées vont se répartir.

Ces éléments sont: 1“ les fibres spinales antérieures; 2“ les fibres du contingent cérébelleux; 3“ les fibres cbrtico-striées.

1 Les fibres spinales antérieures, au moment où elles émergent de la protubérance.

, (l) Ces particularités anatomiques rendent un compte satisfaisant de la fréquence extrême des hémorrhas-ies

du corps strie et de la rareté relative de celles des couches optiques.

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se présentent sous l’apparence de fascicules juxtaposés et rangés suivant une ligne courbe dont la convexité regarde en avant et en dehors (PL 9-3-4 et - 10-7 et 8). Elles s’écartent les unes des autres à mesure qu’eUes s’élèvent en suivant une direction spiroïde^ comme les rayons d’un éventail qui se déploie (PL 30-13 et 31 , fig. 1 ^ 4 et 5), puis elles se perdent insensiblement sous forme de lignes serpentines dans la masse des noyaux intra et extra-ventriculaires.

2° Le contingent des fibres cérébelleuses affecte précisément dans ce point de son parcours une direction sensiblement transversale. Ces fibres cérébelleuses croisent p ar conséquent sous des angles plus ou moins ouverts les fibres spinales antérieures, avce lesquelles elles se combinent pour opérer en commun leur distribution ultime (PL 12- 3 - 4 - 5 - 2 , PI 15 - 6 - 7 - 8 - 9 ) ( 1 ).

3“ Les fibres cortico-striées, ainsi que nous l’avons déjà indiqué page 9, après s être réfléchies au niveau des régions inférieure et interne des couches optiques, pénètrent sous forme de filaments récurrents, au niveau des noyaux jaunes dans la substance grise des corps striés, pour se mettre vraisemblablement en rapport d’une façon isolée avec les différents groupes des fibres spinales antérieures qui s’y sont étalés. (PL 32-9-31, fig. 2-3-4, PL 36-3-4-6 et 35-7-9).

La substance grise des corps striés, eu égard aux différentes catégories d éléments nerveux qui entrent dans sa constitution, est donc une des régions les plus importantes de l’encéphale et une de celles dont l’étude mérite le plus de soin. Elle reçoit dans sa masse une série de fibres nerveuses de provenance dissemblable; l’activité du cerveau, l’activité du cervelet, celle de l’axe spinal, y sont également représentées sous forme de conducteurs isolés, et l’on peut dire que ces trois sources d activité nerveuse s’y combinent intimement de façon à constituer une véritable trilogie anatomique complète, représentée par des réseaux d’une délicatesse et d’une complexité extrêmes (PL43et44).

En résumé, au point de vue anatomique, chaque hémisphère cérébral peut être idéalement conçu sous forme d’une sphère creuse de la concavité de laquelle partirait une multitude infinie de fibres rayonnées destinées toutes à converger vers un noyau central où elles s’amortissent en commun. La substance grise des circonvolutions représente la périphérie de cette sphère, celle de la couche optique et du corps strié la

(1) C’est l’appoint même des éléments cérébelleux qui donne à cette région du corps strié sa coloration jaunâtre si caractéristique. Quand le cervelet en effet est atrophié dans certains cas pathologiques, l’intensité de la coloration des noyaux jaunes est sensiblement modifiée ; de même dans les espèces animales dont le cervelet est relativement peu développé par rapport au cerveau, la coloration jaunâtre est très-peu prononcée.

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masse même du noyau central, et les libres radiées l’ensemble des fibres blanches convergentes.

D’autre part, comme chaque hémisphère cérébral est relié à son congénère par une série de fibres commissurantes, on peut dire que la formule anatomique sous laquelle peut être défini l’appareil cérébral, tant chez l’homme que chez les vertébrés, est celleci : Le cerveau est l’ensemble des circonvolutions reliées- entre elles d’un côté à l’autre et reliées à la couche optique et au corps strié.

La nouvelle façon d’envisager la structure de l’encéphale, dont nous venons d’esquisser les principaux détails, trouve sa confirmation dans le témoignage des faits que l’anatomie pathologique nous révèle. Il existe, en effet, une série d’observations d’atrophie cérébrale, dont nous avons déjà donné l’analyse, et d’après lesquelles il résulte que dans l’immense majorité des cas (36 fois sur 38) les dégénérescences atrophiques des régions périphériques du cerveau retentissent sur les régions centrales avec lesquelles elles sont en connexion, et qu’en un mot ces différentes régions du système nerveux sont aussi bien associées dans les conditions normales que dans les conditions pathologiques de leur fonctionnement (1 ). -

; (1) Recherches sur Vanatomie et la physiologie du système nerveux, page 505 et suivantes.

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