‹ Iconographie photographique des maladies de la peauChapitre 43 sur 46 · CAPITIS · texte numérisé non relu

CAPITIS

Les maladies de la peau.

Plancue XLVI.

PHTHIRIASE

Synonymie. — Maladie pédiculaire, Pédiculose.

Observation de Phthiiuase de la tète. — Il s’agit d’une petite fille qui avait attrapé des poux a l’école, et que ses parents avaient négligée. La planche XLYI montre les lésions qui caractérisent la présence des poux, à savoir : les cheveux sont agglutinés par un exsudât provenaut d’une plaque d’eczéma situé à l’occiput, une tuméfaction des glandes cervicales, du porrigo et une éruption de pustules contagieuses sur le cou.

La Phthiriase ou Pédiculose est un nom qui indique la présence de poux et l’existence des lésions cutanées qu’ils produisent.

Dans quelques cas, lorsqu’il existe une prédisposition à l’eczéma, l’irritation produite par les poux et le grattage, détermine une éruption typique de cette affection. Les auteurs anciens croyaient que la P. était une affection dyscrasique spécifique dont les poux étaient le résultat naturel. Le vulgaire croit encore que les poux sortent de la peau, où ils avaient été engendrés par la maladie.

Les Peclicidi appartiennent à la famille des Hémiptères. Ils sont dépourvus d’ailes, leur bouche est en suçoir; ils ne subissent aucune métamorphose. Trois membres de cette famille vivent en parasites sur le corps humain. Les Pédiculi de la tète, du corps et du pubis donnent lieu aux trois affections suivantes : la Phthiriase de la tête , du corps et du pubis.

Le Pediculus de la tète est blanchâtre; il a de un à trois millimètres de longueur. Six pattes couvertes de poils, articulées et munies de crochets, s’insèrent sur le thorax et lui permettent de se mouvoir rapidement au milieu des cheveux. On ne le rencontre, d’ailleurs, que sur le cuir chevelu. Il dépose ses œufs un à un, ou en masse sur les cheveux. Ces œufs ou lentes sont blanchâtres, pyriformes. Leur extrémité pointue (dirigée vers le cuir chevelu) adhère aux cheveux par une matière collante. Les poux déposent leurs œufs près de la racine des cheveux ; donc, si on les retrouve vers leur extrémité libre, c’est que la maladie est déjà ancienne.

Le Pediculus du corps ressemble au Pcdiculus capitis , mais il est plus gros. Il ne s’enfonce pas dans la peau comme l’acarus de la gale, et ne se montre jamais dans les endroits où il y a des poils ; il vit dans les vêtements, et n’attaque la peau que pour y puiser sa nourriture. 11 est très vorace. Lorsque les poux sont nombreux, ou les retrouve un peu partout, dans les effets du malade; mais ils se logent de préférence dans les plis et les coutures. Les poux se communiquent facilement aux couvertures de laine.

Le Pediculus de la tête est très commun dans les classes pauvres. Il atteint surtout les enfants 5 particulièrement ceux qui fréquentent les écoles, les asiles, etc., mais on le l'encontre aussi chez l’adulte. La malpropreté et la négligence en sont les causes prédisposantes. Néanmoins on le trouve aussi, quelquefois, chez les personnes qui n’ont pas ces défauts. L’homme qui porte des cheveux courts, est moins exposé à en être atteint. 11 est à remarquer que certains individus contractent des poux avec une facilité étonnante.

Les démangeaisons sont le premier signe qui indique leur présence. Chez les enfants qui se grattent continuellement, il se produit des excoriations. Celles-ci versent à la surface de la peau Fox. — 91 — ' 46

PHTHIRI ASE.

une matière séreuse ou séro-punüente, qui agglutine les cheveux. De l’eczéma se développe fréquemment dans la région occipitale; cette lésion est caractéristique, et quand on l’observe, on peut affirmer l’existence de poux. Du porrigo peut se montrer sur le cou et les épaules. Chez les enfants strumeux, les glandes cervicales se tuméfient.

Le diagnostic est facile si l’on trouve des poux; dans le cas contraire, la présence des lentes suffit pour affirmer leur existence.

L’eczéma situé à la région occipitale a souvent une origine parasitaire. Si l’on néglige les parasites, l’eczéma résiste au traitement.

Le traitement varie suivant l'intensité de l’affection, et la position sociale des malades.

Chez les pauvres, on doit couper les cheveux très courts, surtout en été. S’il n’existe pas d’eczéma, on détruit les poux et les lentes, en frottant le cuir chevelu matin et soir avec du kérosène ordinaire. S’il existe de l’eczéma, il faut appliquer sur la région une pommade émolliente; mais il est souvent nécessaire de commencer par détruire les parasites, même au risque d’aggraver l’eczéma.

Dans la clientèle riche, il est inutile de faire couper les cheveux; des soins de propreté et une application, tous les soirs, de pommade mercurielle ammoniacale, suffisent. Les lentes sont quelquefois difficiles à détacher ; pour y parvenir on frotte les cheveux atteints, d’une extrémité à l'autre, avec une éponge ou un linge fin imbibé d’alcool ou d’eau de Cologne.

PHTH EIRIASIS

CORPOR1S

Les maladies de la peau.

Planche XLVII.

PHTHIRIASE DU CORPS

Synonymie. — Ecthyma pédiculaire (Hardy).

Observation de phthiriase du corps. — Le malade était au dispensaire de New-York. C’était un homme sans domicile, qui, la plupart du temps, couchait dans les postes de police, et qui probablement n’avait pas changé de vêtements depuis plusieurs mois. Ses effets étaient remplis de poux, son corps couvert de papules saignantes et d’égratignures. La planche XLVII montre la localisation caractéristique de l’éruption, entre les épaules, etles égratignures parallèles, produites par les ongles.

Le nom de Phthiriase du corps , indique qu'il existe des poux dans les vêtements et sur la peau certaines lésions plus ou moins marquées.

Cette affection est commune ; généralement chronique dans les classes pauvres, elle se montre quelquefois à l’état aigu chez les riches. Héhra fit observer une fois à ses élèves, que ce n’est pas toujours honteux d’avoir des poux, mais que c’est honteux de ne pas s’en débarrasser rapidement (U).

Les lésions cutanées qui caractérisent la Phthiriase du corps sont: î, des points hémorrhagiques particuliers, appelés morsures ; 2, de petites papules d’origine inflammatoire ; 3, des écorchures, dont la surface est à nu, ou recouverte de sang desséché; 4, des égratignures parallèles, que l’on ne rencontre que dans cette affection, et 5, des pustules, des furoncles, et des ulcérations superficielles.

Le plus souvent l’éruption se produit sur le tronc et les cuisses, particulièrement sur les parties du corps, qui sont en rapport avec les coutures et les plis des vêtements ; c’est dans ces endroits que les poux se logent et déposent leurs œufs. Ces derniers sont très nombreux, petits, blancs et brillants. Une portion de peau de la grandeur de la paume de la main, située sur le dos, entre la partie supérieure des omoplates, est le siège habituel des excoriations; c’est là aussi que les poux se logent de préférence. Dans cet endroit, l’éruption présente un aspect remarquable; la peau est souvent pigmentée, recouverte de vieilles cicatrices et d’excoriations récentes. L’éruption est quelquefois très marquée autour de la taille, surtout lorsque le pantalon est maintenu à l’aide d’une ceinture; on pourrait alors l’appeler P. en ceinture. Les excoriations sont communes autour des trochanters et sur la face externe des cuisses, lorsque le pantalon contient des poux. J’ai vu un malade qui avait sur les membres inférieurs de véritables raies, correspondant aux coutures de son pantalon, qui étaient remplies de poux.

Le diagnostic est facile, on peut le faire à distance. Il suffit que le malade soit déshabillé pour que la nature de l’affection devienne évidente, si toutefois elle est ancienne ou bien caractérisée; les égratignures ont, en effet, un siège particulier, et le malade a une tendance invincible a se gratter. Il n’y a pas de maladie dans laquelle le prurit soit aussi intense que dans la Phthiriase. Le contact de Pair frais semble augmenter les démangeaisons. L’existence de ces démangeaisons nous permet d’exclure l’idée de syphilides et d’autres affections non prurigineuses de la peau, et de songer à l’urticaire, au prurigo, à l’eczéma et à la gale, éruptions qui s’accompagnent de vives démangeaisons. L’irritabilité de la peau dont l’existence est démontrée par les lignes rouges parallèles, Fox. — 93 — 47

PHTHI R.IASE.

qui se produisent au contact des ongles, et les raies blanches ou petites papules, qui sont caractéristiques de l’urticaire, pourraient induire en erreur. Mais dans l’urticaire les excoriations font défaut; de plus l’éruption est généralement de date récente et se développe rapidement. Le prurigo intense, tel qu’on le voit à la clinique des maladies de la peau de Vienne, est rare, presque inconnu aux États-Unis. On en rencontre quelquefois une forme légère ; il se distingue alors de la Phthiriase, en ce qu’il atteint principalement les extrémités, et qu’il est invariablement chronique.

On pourrait confondre la Phthiriase avec l’eczéma papuleux ou pustuleux, la différence entre ces deux affections n’étant pas très notable ; mais le siège caractéristique des excoriations, entre les épaules, autour de la taille et à la face externe des hanches et des cuisses, démontre son origine parasitaire. La gale, lorsqu’elle est très étendue, ressemble à la Phthiriase, mais elle affecte surtout les mains, les avant-bras, la partie inférieure de l’abdomen, les organes génitaux et la face interne des cuisses, et ne se montre pas là où siège habituellement la Phthiriase. C’est une affection très prurigineuse, mais qui ne force pas le malade à se gratter avec autant de violence que la Phthiriase.

Le diagnostic est donc facile quand l’affection est bien caractérisée; mais on rencontre des cas, dans lesquels le prurit est peu intense et les excoriations peu nombreuses. On ne réussit pas alors à trouver des poux, et il est difficile de distinguer l’affection du prurit cutané, qui est une affection d’origine nerveuse et dépend d’un désordre interne. Cependant les points hémorrhagiques produits par la morsure des parasites, existent généralement et nous aident à découvrir la véritable origine de la maladie. Pans la clientèle privée, lorsqu’on soupçonne la présence de poux, il vaut mieux rechercher tranquillement les lésions caractéristiques de l’affection, que de blesser la susceptibilité du client, par un examen minutieux de ses vêtements.

La question du traitement sera étudiée à l’article Porrigo pédiculaire (voy. pi. XLVIII).

PORRIGO

E PEDICULIS.

Les maladies de la peau.

Planche XLVIII.

PORRIGO PÉDICULAIRE

Synonymie. — Porrigo e pediculis, Porrigo contagion. Impétigo contagieux.

Observation. — Un malade du dispendiaire de New-York était atteint de porrigo ; 1 éruption pustuleuse que l'on voit sur la planche XLVIII était récente. Les croûtes étaient épaisses, d’une teinte jaune verdâtre; la plupart d'entre elles étaient ombiliquées; quelques-unes s’étaient détachées spontanément, d’autres étaient légèrement adhérentes, et lorsqu’on les arrachait, on voyait à leur place des macules circulaires et rosées. Celles que le malade avait arrachées de force, avaient laissé une ulcération superficielle. 11 était évident que le malade, en se grattant, s’était inoculé de nouveau la maladie ; car sur les points où les ongles avaient déchiré la peau, il s’était formé, dans les vingtquatre heures, de nouvelles vésico-pustules qui, en trois ou quatre jours, s’étaient recouvertes d'une croûte jaune et épaisse caractéristique.

Le nom de Porrigo a été appliqué par les dermatologistes anciens à tant d’affections pustuleuses et autres, que de nos jours il est fort difficile de lui trouver une place dans la nosographie des maladies de la peau, .le vais suivre l’exemple de Startin, Nayler et Hutchinson, et décrire sous le nom de Porrigo , une affection pustuleuse et contagieuse de la peau, qui diffère de l’eczéma, et qui serait peut-être d’origine parasitaire.

C’est une affection aiguë, caractérisée par une ou plusieurs vesico-pustules aplaties, qui se développent rapidement sur une peau d’apparence saine. Elles sont superficielles, s’agrandissent à la périphérie, tout en conservant leur forme aplatie, et elles atteignent généralement le volume d’une pièce de vingt centimes. Les croûtes sont épaisses, friables, de coloration jaune paille ou jaune-verdâtre ou brunâtre, et ombiliquées. Elles sont légèrement adhérentes, et lorsqu’on les arrache de force, elle laissent à nu une ulcération superficielle, baignée de pus. Lorsqu’elles tombent spontanément, l’épiderme sous-jacent est mince et rouge; cette rougeur ne tarde pas à disparaître, sans laisser de cicatrice.

Les pustules sont contagieuses, voilà leur trait caractéristique. Lorsqu’elles surviennent comme complication de la Phthiriase, ce qui arrive souvent, il est évident qu’elles ont une tendance à se développer sur tous les points de la peau qui ont été lésés ; il est donc très probable que le pus possède des propriétés infectieuses, et qu’il est transporté d’un point à un autre par les ongles du malade. L’inoculation expérimentale, d’ailleurs, détermine le développement de pustules de Porrigo.

'L’affection est commune chez les enfants, mais on l’observe aussi chez l'adulte. Fréquemment plusieurs membres d’une même famille en sont atteints, et l’on cite des cas dans lesquels elle a régné épidémiquement.

Les pustules se montrent surtout sur le cuir chevelu et la face, souvent aussi sur le tronc et les extrémités, et particulièrement sur les doigts. Quelquefois elles se développent sans cause connue. Le plus souvent cependant, on retrouve les traces de quelque irritation locale et des poux. On a découvert un champignon dans les croûtes, mais il n’est pas démontré que ce champignon joue un rôle important dans l’étiologie de la maladie.

Le diagnostic est facile, mais on pourrait confondre le Porrigo avec l’impétigo et l’eczéma impéti-

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