GALE
Le diagnostic repose sur la présence des sillons, et, à défaut de ceux-ci, sur le siège des papules excoriées qui caractérisent l’éruption. On retrouve les sillons plus facilement dans les cas légers et récents; dans les cas graves, ils sont masqués par des vésicules et des pustules. Lorsque la profession du malade exige qu’il tienne les mains constamment dans l’eau, les sillons peuvent passer inaperçus et l’éruption n’être visible que sur le corps.
Le traitement dépend de l’âge du malade, de la durée de l’affection, de la présence ou de l’absence d’un eczéma symptomatique
Chez les petits enfants, dont la peau très tendre ne supporterait par les préparations sulfureuses, on pourrait employer de la vaseline et du baume de Tolu, en parties égales.
Chez les enfants plus âgés et chez l’adulte, on doit se servir de préparations plus énergiques, tout en tenant compte de la susceptibilité de chacun. Le styrax sous forme de Uniment ou de pommade, rend de grands services : (styrax 10 parties, huile d’olives 2 parties ; ou styrax et cosmoline, parties égales). Le soufre, cependant, est le plus efficace, dans la grande majorité des cas. On l’associe au carbonate de potasse, au mercure, au goudron, à la craie, etc. ; mais, d’après mon expérience, ces combinaisons n’ont aucun avantage sur la pommade sulfureuse ordinaire, qui, si on l’applique à dose convenable, et sur toutes les parties du corps, ne laisse rien à désirer. La pommade sulfureuse, composée d’une partie de soufre pour deux d’axonge, est trop forte, surtout lorsqu’on doit en continuer remploi pendant quelque temps, et l’associer aux bains et aux frictions. Une pommade à 20 et même 10 °/0 suffit, car le malade préfère généralement les moyens doux aux moyens violents.
Lorsque l’affection est récente, on se borne à enduire les mains de pommade au moment du coucher. Mais quand elle est ancienne, ii faut l’appliquer sur toute la surface du corps, à l’exception de la tête (1). Avant de se coucher le malade peut se mettre dans un bain chaud pendant un quart d’heure. Le bain ramollit l’épiderme à tel point, qu’une forte friction avec du savon suffit pour déterrer un certain nombre d’acarus; dé plus, il facilite l’action de la pommade que l’on doit ensuite appliquer. Ilebra ne conseille pas de répéter trop fréquemment les bains chauds. Cependant ils n’irritent la peau, que lorqu’on se sert des préparations trop énergiques qu’il recommande. Si l’éruption siège sur une peau tendre, surtout s’il existe une prédisposition à l’eczéma, on peut prescrire les bains et appliquer la pommade avec ménagement, et pendant quelques jours seulement chaque fois.
Généralement il est inutile de désinfecter les effets du malade (2), mais il est important de traiter en même temps que lui, les personnes avec lesquelles il vit, et qui pourraient en être atteintes. Sans cela, aussitôt guéri, il contracterait la maladie de nouveau.
La durée du traitement est nécessairement variable. Les cas ordinaires guérissent en 5 ou 10 jours. Il est toujours difficile de dire quand la guérison est complète, et par conséquent quand le traitement doit cesser. Trop souvent on continue le traitement pour faire disparaître une éruption produite par les remèdes employés et non par la présence des acarus.
(1) C’est parce que les médecins prescrivaient des frictions partielles et dans les points seulement où ils observaient des vésicules, que les récidives de la gale étaient si fréquentes autrefois (Hardy) (trad.).
(2) Eu France on a l’iiabitude de désinfecter non seulement les vêtements, mais aussi la literie des galeux (trad.).
PHTHEIRIASIS