ECZÉMA
DE LA JAMi'.E
Obseiivation. — W. H., 25 ans. Le malade est au Dispensaire de New-York. L’éruption, située sur les jambes et le dos des mains, durait depuis un mois. Un cataplasme appliqué, la nuit fit loin ber la croûte qui avait déjà été en partie détachée par une exsudation sous-jacente abondante ; à sa place on voyait une surface rouge et humide. On prescrivit au malade une potion contenant de l’acétate de potasse; on appliqua sur les parties malades une pommade à l’oxyde de zinc, étendue sur des linges fins. Une amélioration notable eut lieu, mais la guérison se fit attendre par suite de la négligence du malade et de ses habitudes alcooliques. Au bout de six semaines cependant la peau des jambes était scche et en voie de desquamation ; on prescrivit alors une potion contenant du sulfate de fer et de magnésie et des applications locales avec un onguent à l’huile de cade.
D’après l’École allemande, l’eczéma est une maladie locale, indépendante de tout vice constitutionnel. Le traitement local par conséquent est le plus efficace. On rejette l’idée des « éruptions rentrées », de leur métastase possible à quelque organe interne; les rechutes sont attribuées à une perversion locale de la nutrition des cellules, plutôt qu’à un état constitutionnel.
L’École française a toujours soutenu l’origine constitutionnelle de l’eczéma. La diathèse strumeuse, qui en Amérique prend le nom de rheumic cliathesis , est un terme qui indique un état général dont l’eczéma (ainsi que le psoriasis) n’est qu’une manifestation extérieure. Pour cette école, le traitement local n’a qu’une importance secondaire; un traitement général seul peut amener une guérison radicale.
Les dermatologistes anglais, bien qu’ils n’acceptent pas celte manière de voir, appuient cependant sur ce fait, que l’eczéma est le plus souvent associé à la goutte, au rhumatisme et à la dyspepsie; aussi recommandent-ils une combinaison de remèdes internes et externes.
En Amérique ces idées opposées se rencontrent sur un terrain commun; le temps sans doute nous fera connaître laquelle est la meilleure.
Les causes prédisposantes de l’eczéma sont assez mal connues. 11 ne manque pas de gens en dehors de la profession médicale qui se contentent de dire que l’eczéma résulte de « la chaleur du sang », « d’humeurs viciées », du scorbut, et môme il y a des médecins qui croient que tout est clair du moment qu’ils ont indiqué comme cause de l’éruption un défaut d’assimilation, un trouble de l’innervation, ou quelque diathèse favorite. Nous savons que l’eczéma est souvent associé au rhumatisme, à quelques formes de dyspepsie; qu’il est aggravé par une mauvaise alimentation, des abus alcooliques, les soucis, les excès de travail, etc. Son association avec la dentition, la gestation, les vers, le diabète a été remarquée si souvent, qu’on a cru qu’il existait quelque rapport entre lui et ces états; mais il ne faut pas perdre de vue ces faits lorsqu’on est appelé à traiter un cas d’eczéma. S’il n’est pas toujours héréditaire, il a certainement une tendance à se manifester chez ceux qui ont hérité de leurs parents eczémateux d’une peau délicate et facilement irritée, d’une diathèse rhumatismale ou goutteuse.
Les causes excitantes sont la plupart locales. Toute cause irritante de nature mécanique ou chimique produira de l’eczéma sur n’importe quelle peau, à plus forte raison s’il existe en même temps quelque cause prédisposante. Des médicaments irritants employés contre d’autres affections de la peau, tels que le soufre dans le traitement de la gale, la pommade mercurielle dans Fox. — 1 1 — 0