ET CORNELIA SUPERA SON EPOUSE
Doué des talents militaires, courageux, mais prudent, Marcus Aemilius Aemilianus s’étoit élevé aux plus hauts grades de la milice, et a voit défait les Goths en plusieurs rencontres, lorsque l’an 253 (1006 de Rome), les soldats de la Pannonie et de la Mœsie, offensés de l’inertie deGallus,le proclamèrent empereur'.
Emilien étoit âgé de quarante ans, Maure d’origine, et d’une basse extraction. Pendant que Valérien, chargé par Gallus de s’opposer à cette insurrection, rassembloit les troupes des Gaules
(1) Vict., EpiLt XXXI.
ICONOGRAPHIE ROMAINE. Part. II.
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chip. xi. et de la Germanie, Emilien se transporta eu grande hâte vers '•njanDece l’Jtalîg , et le sénat le déclara ennemi de la patrie. Mais, bientôt i"'-1 VaIe'rieri- après, le sénat le reconnut empereur, après la mort de Gallus et de Yolusien. On est moins étonné de ce changement soudain, lorsqu’on lit dans Zonare' qu’Emilien, au moment de son élection, écrivit aux sénateurs, leur promit de délivrer la Thrace, qui étoit ravagée par les Goths; de repousser les Perses, qui menaçoient les provinces de l’Orient, et de se conduire en toutes choses comme leur simple lieutenant.
Il n’eut pas le temps d’exécuter ces promesses; car, après un régné de quatre mois, il fut mis à mort par son armée, qui redoutoit l’approche de "V alérien et des troupes appelées au secours de Gallus. Si l’on en croit Zonare, les soldats d’Emilien l’avoient reconnu peu digne du trône; ils se croyoient d’ailleurs en trop petit nombre pour résister à Valérien, et ils voulaient épargner le sang romain.
Le régné d’Emilien fut si court, qu’Eusebe, ainsi que d’autres historiens, ne le placent point dans le tableau des empereurs, et font succéder immédiatement Yalérien à Trebonianus Gallus.
Selon l’opinion généralement adoptée aujourd’hui, Cornelia Supera fut son épouse.
\ n. La médaille de bronze du n" 11, frappée par ordre du sénat,
comme l’annoncent les sigles S. C., devenus à cette époque si rares (excepté sur les médailles de Dece), présente la tête d’Emilien couronnée de laurier, avec la légende IMP erator CAESar AEMILIANVS 1V«a Félix AYG ustus. Revers, femme marchant, tenant une fleur et relevant sa stole, l’Espérance; légende, SPES PYBLICA; S. C. dans le champ.
(i) Lib. XII, 29..
Cornelia Supera n’occupe aucune place dans l’histoire, et n’est connue que par des médailles grecques et romaines; aussi les opinions des antiquaires sur l’empereur dont elle fut l’épouse ont-elles été très différentes. Tristan, qui le premier fit connoitre ces médailles, Taillant, Pellerin, et plusieurs autres lui donnèrent pour époux Valéi'ien le jeune; ce fut Trebonianus Gallus, si l’on en croit Banduri. Mais Eckhel 1 a rassemblé de grandes probabilités, d’après lesquelles il paroit constant qu’Emilien a été l’époux de Cornelia Supera.
On voit sur la médaille d’argent du n° 11, planche LYI, la tète de cette impératrice placée sur un croissant, avec la légende C aia CORNe/Az SVPERA AYG usta. Revers, Junon debout, tenant une patere et une haste; un paon est à ses côtés : légende, VESTA.
Chap. XI.
T raja n Deee et ses successeurs jusqu’à Valérien.
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