‹ Iconographie romaine (volume 3)Chapitre 31 sur 40 · TYRAN EN AFRIQUE · texte numérisé non relu

TYRAN EN AFRIQUE

Le sénat et le peuple ne donnèrent point à Clodius Macer le titre d’empereur; il 11e le prit point sur les monnoies qu’il fit frapper en Afrique, et sur lesquelles 011 ne voit point gravée la tète de Galba, alors empereur; c’est pourquoi l’on s’accorde à lui donner le nom de tyran , dans le sens fixé par les observations placées au commencement de ce volume.

Ses noms étoient Lucius Clodius Macer. On ne commît aucun détail de sa vie avant l’année 68 (621 de Pvome), celle de la mort de Néron '. Ayant appris en Afrique, où il étoit propre-

/ 1) Tacit. , Ilist., I. n.

SUCCESSEURS DE NERON. a65

leur, cette mort, et la révolte de Vindex dans les Gaules, avec celle de Galba dans l’Espagne, Macer se déclara maître de l’Afrique, et prétendant à l’empire. Il créa une légion qu’il appela Macrienne. Si l’on en croit Plutarque', la rébellion auroit commencé du vivant de Néron; mais les autres historiens attribuent la révolte de Macer aux conseils de Crispinilla. Cette femme, ayant été, comme dit Tacite2, la maîtresse de débauche de Néron, passa en Afrique pour faire prendre les armes au propréteur, peut-être pour venger la mort de son éleve. Se voyant seul de son parti, sans qu’aucun autre général révolté lui offrit de joindre ses armes aux siennes, n’ayant aucun moyen de conserver la possession de cette contrée si elle lui éloit disputée, désespérant également de pouvoir en sortir avec sûreté, Macer commit toute sorte d’excès pour s’enrichir’. Enfin Galba, reconnu empereur, envoya Trebonius Garuclanus pour faire mourir ce tyran , dont la révolte avoit à peine duré quelques mois4. Quant à Crispinilla, le lecteur se formera une juste idée des mœurs des Romains à cette époque, lorsqu’il apprendra que cette femme odieuse ne craignit pas de revenir à Rome2. Le peuple demanda à grands cris le supplice de Crispinilla, qui avoit cherché à l’affamer en retenant dans les ports d’Afrique les navires qui portoient tous les ans à Rome les blés de cette contrée. Mais elle échappa à cette proscription, et reprit faveur parmi le peuple sous les trois successeurs de Néron, parcequ’elle possédoit de grandes richesses, et que, n’ayant point d’héritiers naturels , chacun espéroit occuper une place dans son testament.

On ne posséderoit aucun portrait de Clodius Macer, si l’on

(4) Tacit., I, 7.

(5) Plutarch., Galba , 38o; Tacit., Hist .,

(1 ) In Galba ,

(2) Ilistor . , I, 73.

(3) Plutarch. , Galba , 3 7 3-

Chap. If.

Successeurs de Néron.

pi. xxxr.

*Tf

266 ICONOGRAPHIE ROMAINE. Part. II.

cn*r. 11 adoptoit l’opinion d’Eckhel ' , qui doute de l’autlienticité de la ,uc“ llc médaille d’argent sur laquelle on voit sa tête, seul portrait de ce pi. xxxi. tyran qui nous soit parvenu.

Mais ce doute se seroit dissipé, s’il eût pu connoître deux médailles semblables cpii ont été trouvées depuis lui. iv/j. Le n° 4 présente celle de la collection d’Hunter, que le posses¬

seur de ce précieux monument voulut bien envoyer àM. Visconti pour la faire dessiner sur l’original. On y lit autour de la tête nue de Macer : Lucius CLOD1VS MACER Senatus Consulte >. Au revers : un navire, avec PROPRAEfor; à 1 exergue, AERICAE.

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