OTHON
E11 plaçant Galba sur le trône vacant par l’extinction de la famille des Césars, le sénat et le peuple firent un choix dans lequel ou ne pouvoit blâmer que l’âge trop avancé du nouvel empereur. A la vérité les maux qu’ils avoient éprouvés sous Caligula et Néron, devenus empereurs avant d’avoir atteint l’âge viril, pouvoient faire excuser le choix d’un vieillard. Mais que dut-on penser en les voyant accéder aux vœux de l’armée, qui donna pour successeurs à Galba deux citoyens, Otbon et Yitellius, renommés par les débauches les plus honteuses et par les basses adulations avec lesquelles ils avoient favorisé ou fait naître la corruption des derniers empereurs! «les deux hommes «les plus corrompus, dit Tacite2, les plus impudiques, les plus «lâches, les plus dissolus, et qui sembloient avoir été choisis «parle sori pour perdre l’empire. »
Othon, qui se couvrit de honte pendant toute sa vie, et sur-
(1) Doctr. num. , VI, 290. (2) Tacit., Iiist cap. vu
tout pendant sa première jeunesse, naquit l’an 785 de Rome 1 (3?. de l’ere vulgaire ). Son pere avoit été'consul sous Tibere; sa mere, Albia Terentia, appartenoit à une illustre famille. 11 se déshonora, dès ses plus jeunes ans, par les débauches les plus scandaleuses. Cette conformité de mœurs lui procura de bonne heure l’amitié, la confiance de Néron. Othon fut le confident de tous ses secrets, le compagnon de tous ses plaisirs; il l’accompagnoit dans ses orgies nocturnes, insultant tous ceux qu’il rencontroit. Il étoit prodigue, et vouloit rivaliser avec Néron en folles dépenses; aussi avoit-il contracté des dettes énormes, qu’il ne pourroit payer, disoit-il, qu’en devenant empereur. Il avoit les habitudes et le costume d’un efféminé; il couvroit sa tête chauve avec une perruque ( galericulus ) artistement travaillée3. Tous les jours il se rasoit, et appliquoit des cosmétiques sur son visage, afin que l’on crût qu’il n’avoit jamais eu de barbe.
Le mariage d’Othon avec Poppée faillit à lui faire perdre l’amitié de Néron, et même à lui faire perdre la vie, parceque ce prince résolut d’épouser lui-même cette femme, dont Othon étoit jaloux. Il fallut l’intercession de Séneque, selon Plutarque, pour que l’empereur se contentât de l’envoyer gouverner la Lusitanie, quoiqu’il n’eût point encoi’e exercé la questure. Il y demeura dix ans, jusqu’à la mort de son rival; et, au grand étonnement des Romains, il y acquit par sa justice et par son désintéressement une estime que la capitale lui avoit refusée avec raison.
Lorsque Galba eut déclaré qu’il acceptoit l’empire, offert par son armée, Othon, le premier des généraux, se joignit à lui, J’aida de son crédit et de son trésor, l’accompagna à Rome, et lui
(1) Vict., Epit., cap. vu. (2) Tacit. , Idist., I, 5o; Suet., cap. xii.
CllAP. II.
Successeurs de Néron.
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ICONOGRAPHIE ROMAINE. Part. II.
Chap. II.
Successeurs de Néron.