‹ Iconographie romaine (volume 4)Chapitre 46 sur 94 · II.'' 111 11 • 1 toire llllér. de · texte numérisé non relu

II.'' 111 11 • 1 toire llllér. de

onner les témoignages de la plus noble reconnoissance , en le Romains.

comblant d'honneurs et de dignités, et, ce qui le flattoit encore pi. xiv. plus, en continuant de vivre avec lui dans l'amitié la plus intime. L'affection de Marc-Aurele suivit son maître au-delà du tombeau ; et, pour en consacrer la mémoire, il pria le sénat de lui décerner des statues.

Nous ignorons l'année précise de la mort de Junius Rusticus, ainsi que l'âge auquel il étoit parvenu : il est cependant certain que cet événement est postérieur à l'an 162 de l'ère chrétienne, époque de l'élévation de Marc-Aurele à l'empire, et de celle de Rusticus à la dignité de consul ordinaire ' ; et il est même probable qu'il vivoit encore l'an 167, où l'on trouve un Rusticus, jiréfet de Romc". L'empereur l'avoit désigné consul pour la

(i) Les savnnts qui ont arrangé les fastes consulaires ont confondu Q. Junius Rusticus avec Lucius Junius Rusticus , dont nous parlons : mais le prénom de celui-ci, Lucius, est fixé par l'inscription de Fhermès que Fulvius Ursinus a publié, et que je reproduis ici. Lucius Junius Rusticus est donc le consul de l'an 162, qui fut désigné pour un second considat ( Gapitolin, in AI. Antonino , c, m) , mais qui n'y parvint point, comme la phrase coiisiilem iteruni designcwit semble le prouver. Quintus Junius Rusticus est le consul de l'an 1 19, collègue d'Adrien et de Q. Flavius Tertullus, qui le fut après la démission que l'empereur donna de cette dignité.

Voyez Marini, Fratelli Aivali , p. 656.

(2) Le P. Corsini, de PrœJ'cctis Lîrbis, pag. 80 , a prouvé par les Actes grecs de S. Justin martyr que Junius Rusticus étoit

préfet de Rome l'an 1G7 et 168 de l'ère chrétienne : mais ce savant est porté à croire que le préfet de Rome éloit, non pas le philosophe, mais son fils. Le seul motif de son opinion est le silence de Jules Capiiolin sur cette dignité de l'instituteur de Marc-Aurele. Je suis d'une opinion contraire. Le biographe de Marc- Aurele a bien parlé du consulat de Junius Rusticus , mais il a pu négliger de faire mention de la préfecture de Rome, qui n'étoitpas à cette époque une magistrature d'une aussi haute importance qu'elle le fut dans des temps postérieurs. Je trouve une raison bien convaincante, pour croire que le préfet de Rome étoit le j)hilosophe, dans les expressions remarquables d'un rescrit de Marc-Aurele et de Lucius Vérus, rapporté par Ulpien, legc I", Digest. de appellationihus ; ils donnent ù Rusticus,

3o8 ICONOGP.APIIIE ROMAINE. Part. I.

Ciivp.iv. seconde fois, lors([iic la mort l'enleva à ce nouvel honneur et

Personnages il. '^ l'-^^^^^yj. J^ ^^^^ piiuCe. lustres dans 1 lus- X

toire liltér. des Bomains.

PI. XIV. Fulvius Ursinus avoit fait graver dans la première édition de

son recueil un hcrmès désigné par une inscription qui portoit le nom de Lucius Jiinius Pvusticus'. On ne sait plus ce que cet hernies est devenu : il semble qu'il avoit déjà disparu, lorsque Théodore Galle exécuta les dessins de tous les portraits recueillis par ce premier auteur de l'iconographie ancienne; puisque, dédaignant vraisemblablement de le dessiner d'après une estampe, il l'omit dans le nouveau recueil que Jean Lefebvre publia au commencement du siècle suivant.

J'ai fait copier fidèlement cet hermès de Jimius Rusticus d'après un calque pris sur l'estampe originale. L'inscription gravée au bas de la poitrine doit se lire ainsi : Lucii Jiniii Rusticiphilosophi stoici. Lucius Junius Lucii Libertus Myrinus patrono posuit : « ( portrait ) de Lucius Junius Rusticus , philosophe « stoïcien. Lucius Junius Myrinus son affranchi l'a consacré à « (la mémoire de) son patron''. »

Je n'hésite pas à donner ce portrait au second Junius Rusticus. Rusticus l'ancien, tribun du peuple sous Néron, devoit être

préfet de Rome, le litre honorable de leur ami : Ut ad Juniuin Rusticuin , prœfectum Urbi, amiciun nostruvi proyocaret.

Il me semble qu'une distinction si flatteuse désigne un personnage qui jouissoit de la plus grande confiance de son prince, tel que l'homme illustre qui fuit le sujet de cet article.

(i) A la page 69.

(2) Gruter a inséré cette inscription dans son Trésor, pag. cDXivi, u° 10; niaiS; dans

la copie de Gruter, l'inscription se termine par trois lettres isolées, S P P, dont la première n'est probablement qu'une répétition erronée de la dernière lettre du nom de MYRINVS. La cause de la méprise a été probablement l'usage bien plus commun de l'abréviation S ■ P • P-, sua pecunia posuit, u l'a fait à ses frais » ; que de l'autre, P • P • , patrono posuit, « l'a consacré à son patron », c'est-à-dire u à son « ancien maître. »

PERSONNAGES ILLUSTRES

toire littér. des Eomains.

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