‹ Iconographie romaine (volume 4)Chapitre 55 sur 94 · LYSIMAOUE · texte numérisé non relu

LYSIMAOUE

J'ai prouvé dans l'Iconograpbie grecque, contre l'opinion de plusieurs savants, que rciïigie d'un roi dont le diadème est orné

(i) Le chevalier Calcagni avoit public, il y a quelques années , cette médaille à Palerme, avec un mémoire sur ce sujet.

(a) Ce savant antiquaire, étant venu à Paris dans le courant d'août dernier(i8 17), m'a lait voir la prétendue médaille de Liparou , dont le dessin étoit déjà gravé.

(3) Strahon, 1. VI, p. n()?..

(4) On pouiroitopposer à celii' (Ici nierc conjecture que les nionnoies des Brnttiens ne portent pas dans leurs légendes les noms

des magistrats. Cepeiulant ou en a découvert sur les monnoies de Pandosia, quoiqu'il n'y en eut pas sur les médailles antérieurement connues (Taylor Combe, Xumi -vet. pop. (]ui in Musco Lritunn. adscn-, , p. 54). D'où l'on peut conclure qu'on s'éloignoit quelquefois de l'usage ordinaire. Cette supposition n'est pas invi'aisend>!able dans la médaille que nous examinons, et que la fabrique et le slyle n'absignent pas aux plus anciennes époques des Crotoniates.

Pi.. A. des cornes d'Ammon, qu'on voit empreinte sur les médailles de Lysimaqiic, est celle de ce prince, et non l'effigie d'Alexandrele-Grand'. Ea médaille d'argent inédite, frappée dans la ville d'Amastris en Pa|)ldagonie, que je pu])lie ici sous le n" 6, confirme de plus en plus celte opinion. Il y a d'un côté la même tête qui, sur les médailles de Lysimaque, est décorée du diadème à cornes de bélier, mais fjui porte ici la coiffure phrygienne du dieu Lunus, ou Mois, une des divinités principales de ces contrées. Le type du revers représente une reine assise sur son trône, ayant un long sceptre dans la main gauche. La légende nous fait connoltre que c'est une monnoie des ^mastriens , AMASTPIANflN. Leur ville , ainsi que nous l'avons remarqué ailleurs % fut rebâtie par Amastris, princesse du sang royal des Perses, qui devint l'épouse de Lysimaque; et cette réédification fut postérieure à la mort d'Alexandre. Nous avons vu une autre médaille sur laquelle est empreinte une tête entièrement semblable à celle que nous avons sous les yeux^; et, comme le nom de cette reine se Irouvoit dans la légende du revers, j'ai conclu que la tête du dieu Lunus, ressemblant par ses traits à celle qu'on voit sur les médailles de Lysimaque, étoit un portrait de ce prince, époux d'Amastris.

Les antiquaires qui voudroient encore reconnoître Alexandre sur les médailles de Lysimac^ue ne pourront jamais expliquer comment une tête qui présente les mêmes traits a pu être gravée sur une médaille des Amastriens : ceux au contraire qui reconuoissent l'effigie de Lysimaque sur ses médailles ne seront pas étonnés de la retrouver sur les monnoies d'une ville bâtie par une princesse que Lysimaque avoit épousée, et dont il vengea

(i) Partie II, c. v, §. i.. (3) Iconogr. grecg., pi. xli, ii° 6.

(a) Partie II , loco citato.

SUPPLEMENT. i3

la mort. Je ne doute pas que la figure assise qui forme le type de la médaille ne soit celle d'Amastris elle-même, fondatrice de la ville de son nom. Cette monnoie a été proLablement frappée lorsque Lysimaque s'empara d'Héraclée et d'Amastris, et sacrifia à la vengeance de son épouse les deux fils quelle avoit eus de Diony sius , et qui, par un affreux parricide , avoient voulu monter sur le trône en étant la vie à leur mère. Il est vraisemblable que l'autre médaille, dont j'ai donné le dessin dans l'Iconographie grecque, avoit été frappée du vivant de cette princesse, lorsque, séparée de Lysimaque, mais toujours son alliée et son amie, elle régnoit, sous sa protection à Héraclée, sur l'héritage de Dionysius, qu'elle avoit rendu plus considérable en y construisant une nouvelle cité'.

§. 6. CLÉOPATRE, REINE DE SYRIE, MEPtE D'ANTIOCHUS VIII GPvYPUS.

J'ai fait mention, dans l'Iconographie grecque, de ce tétradrachme unique de Cléopâtre de Syrie, sur lequel cette princesse ambitieuse a fait graver son effigie toute seidc '. Aujourd'hui, grâces à l'intérêt que M. le comte de Northwich prend aiix progrès de la numismatique et à l'étude de l'antiquité, je suis à portée de donner un dessin exact de ce monument précieux. Le portrait de Cléopâtre, qui eut trois rois pour maris et fut la merc de quatre rois, est représenté, sur l'un des côtés du nu'chullon , dans le costume que nous avons vu sur les portraits d'Arsinoé et de lîéréuiic, junncesses (]c la même fa-

(i) Mylord Nortliwic'li ma comiiiuni- possède dans son cabinet,

que rempreuile de cette médaille, qu'il (2) Partie U, c. \iu, J". 18.

i4 ICONOGKAPniE GRECQUE.

l'c. A. mille. Sa coiffure, où l'on voit des épis de blé entrelacés, a beaucoup de resseml)lancc avec celles de la déesse Isls dans des ouvragées de style iirec. La léiiende du revers fait sentir la convenance de cette allusion; on y lit le nom BA2IA12ZH2: KAliO- HATPAS 0RA2 I^YEïHPIAS; de la reine Cléopdtre , déesse de lafertRité. C'est une épithetc qui convient à Cérès et à Isis, que les Grecs d'Alexandrie se plaisoient à regarder comme la même divinité. L'année ZIIP, 187 de l'ère des Séleucides, laS avant J. C. , qu'on voit marquée sous la pointe inférieure de la double corne, est la même où cette princesse dénaturée fit périr son mari, et, peu après, son fils aîné Séleucus V, et continua à régner sous le nom de son second fils Antioclius YIII, qu'elle associa, en apparence, à la royauté. Le type est la dou- - ble corne d'abondance, ou rliyton {dikéras), que nous avons vu souvent au revers des médailles de quelques autres reines issues, comme Cléopâtre, de la famille des Lagides. On remarque dans le champ du médaillon un monogramme qui semble composé d'un 2 et d'un Y '.

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