‹ Iconographie romaine (volume 4)Chapitre 58 sur 94 · II. ARSACE XXV PACORUS · texte numérisé non relu

II. ARSACE XXV PACORUS

K"^ 3ï. Lorsque, dans Tlconographie grecque, j'ai annoncé que les

lettres «i»!, empreintes sur le type d'un médaillon imique, sur lequel on lisoit le nom et les titres d'Arsace Pacorus, ne marquoient pas une époque''; que cet Arsace , successeur d'Artaban IV, et prédécesseur de Cliosrhoès , loin d'avoir vécu au commencement du VF siècle de l'ère des Séleucides (5io, *i), avoit régné avant la fui du IV, je n'imaginois pas qu'on découvrît sitôt un tétradrachme qui démontreroit sans réplique la vérité de mes conjectures. Je l'ai cependant trouvé en Angleterre, dans le riche cabinet du comte de Nortlnvich^ qui s'est empressé de m'en faire tenir une empreinte. Je l'ai fait graver sous le n" 12.

On voit d'un côté le buste de Pacorus, parfaitement sem-

pas une ville fortiGée, mais qu'elle étoit ce- le nom de Sacarauci aux Scythes qui ré-

pendantunegrantleviile,etqu'ilyavoitune tablirent Sanatrécès sur son trône, résidence royale, T«^bp«x« ito'a/» âriiyja-To ^ (2) Iconograph. grccç.j part. II , c. xv,

(1) Lucien, Macrohii, §. i5: il donne

SUPPLEMENT. aS

Llable à celui que j'ai publié d'après le tétradrachme de la Bi- pi..a. Lliotheque du Roi , avec cette seule différence qu'une barbe naissante, couvre, dans celui-ci, le bas des joues du prince, et que la lettre gravée dans le champ derrière la tète est un B au lieu d'un A.

Le revers offre la même légende que l'autre médaillon, 3^-i- Aeoç BA2lAEov AçsaKOu IIAKoçov AlKAlOu EIII'î'ANOuç «aeXAHNoç, du roi des rois Arsace Paco rus, juste, dieu présent , ami des Grecs\

Le type de ce médaillon est bien plus riche que le tjpe de celui du cabinet du Pioi. Sur celui-ci est empreinte une ville personnifiée qui offre une guirlande au prince Arsacide assis sur son trône ; sur le tétradrachme que nous examinons sont représentées deux villes, pevit-être Séleucie et Ctésiphon, allant à la rencontre du roi parthe, qui est à cheval. Ce type a quelque rapport avec celui qu'on a vu sur un médaillon d'Arta- ])au IIP. Mais une particularité qui rend ce tétradrachme plus précieux que toute autre, c'est la date, A)^T, Sg/j, qui est gravée au-dessus des figures et à la place accoutumée. Le chiffre ou hoppa qui sert de caractère arithmétique pour iudi(iuer le nombre nonagénaire est d'une figure qui se rapproche beaucoup du coph de l'alphabet samaritain.

L'an 394 des Séleucides a dû finir à l'automne de l'an 83 de l'ère vulgaire : c'est l'époque du règne de Pacorus, que j'avois

(i) La différence qu'on peut trouver en- n"a laissé aucun vestige; comme ici j'ai sup-

tre ces légendes dépend <lc <piel(pies lignes pléé apzakot, d'après le médaillon qui est

enipoi'tées par le bord. J avois lu sur le mé- au cabinet de la IJil>liollu'(|ue du Uoi : il n'y

daillon de la planche t., n". y de l'/cowogr. a pas de trace de celte ligne sur celui de

gffcq., le seul litre de /•oi, BA^lAEfl;, et niylord Nortliwich. non BA^LiAEn» , parccque la ligne supc- (2) Iconograph. grecq. ^Y'\. i^^u" 1.

rieurc, BA-iAtii::;, toute au-dehors duflaon.

Pi. A. indiquée comme signalée par Maillai'" La guerre de Domltlcn contre les Caltcs, et les brouillcries de ce même empereur avec un Arsace Pacorus, sont rapportées par le poëte comme des événements de la même année'.

N° i3. La petite médaille de bronze gravée sous le n° i3 appartient

aussi à Pacorus, jjuisqu'elle est marquée de la même épo(pie que le tétradraclime: elle est tirée du même cabinet. Je me suis empressé d'en faire connoitre le dessin, parceqvie reffigie de TArsace qu'on y voit gravée rappelle d'une manière indubitable les traits de Pacorus, mieux prononcés sur les tétradrachmes. Si Ton s'en rapportoit aux simples descriptions, cette petite médaille embarrasseroit, jusqu'à un certain point, les antiquaires. La tète qu'on y voit empreinte est décrite comme une tête barbue^; et cependant Pacorus n'a pas plus de barbe sur cette médaille que sur son médaillon, n° 12. On a pris pour de la barbe la saillie du menton.

§. II. ARTABAZE, ROI DE LA CHARACENE.

N° 14. J'ai annoncé, dans l'Iconograpliie grecque, la découverte de

ce médaillon comme propre à confirmer mes conjectures sur ce genre de monuments que j'ai attribués aux souverains de la

(i) Liv. IX, épigr. xxxvi. a d'ailleurs bien attribué cette médaille an

(2) Ce synchronisme avoit échappé à règne de Pacorus; Mionnet, Description l'exactitude de Tilleniont. de iMédailles , etc. , t. V, Rois parlhes,

(3) Sestini, Dcscript. tnonuin. , etc., n° i5o. p. 55'3 : Caput barbatum diademalum. Il

SUPPLEMENT. i^

Cliaracene'. Lucien a fait mention de Tiréus et d'x\rtabaze , qui pi a. avoient régné sur cette région''; j'ai publié un létradraclime de Tiréus, tiré de la riche collection de M. Richard Payne Rnight, à Londres''; et je présente ici, sous le n° i4, un médaillon pareil que je crois appartenir à Artahaze, Les deux tétradrachmes , par la fabrique, par les types, par la coiffure des têtes, par la distribution des légendes, se ressemblent parfaitement. Ce qui les distingue Tun de l'autre, c'est que le médaillon d'Artabaze est moins grand, et semble annoncer que l'art étoit dans un élat encore moins florissant que sous Tiréus. La date marquée à l'exergue du revers est l'an 2N , aSo, sans doute de l'ère des Séleucides, 62'' avant l'ère chrétienne, qui répond à-peu-près à l'époque des guerres de Pompée en Orient, et au règne de Pliraate III, ou du douzième Arsace , roi des Parlhes. Aussi Lucien nous apprend -il qu'Artabaze étoit le septième successeur de Tiréus. On aperçoit sur sa figure les marques de cette longévité dont parle l'écrivain de Samosate, et qui lui a fourni l'occasion de nous transmettre des connoissances isolées sur l'histoire de la Characene et de ses rois, que nous aurions vainement cherchées ailleurs.

La légende du revers est, BA3lAeoç APTAIlA^ou SflïHçoç; du roi Artapaze , ou Artahaze ^ dieu sauveur.

Le nom , APTxVIIA.... , auroit pu être suppléé de différentes

(1) /cowog'. g'7rr<7.,pail. Il, c. xvir, $. /{. « douze ans; et Artabaze, qui ('toit lo sep-

(2) Lucien, Macrolni, §. i(). t>i;«(3ç h a « lietue roi ile Cliarax aprôs Tiréus, étoit jK£T« Ycrs-ao-i'v)!» TjiVof /3a(rixiv(rit;, Sua i^ tt»ivri- (( âgé de quatre-vingt-six ans , lorsque, Je *3irT«etTi) Siw, éTf^éur»»»'™- Àp7«5«Çoç ^i 0(«c7-<« « retour du pays des Parthes, il obtint la T))ç«(«» iS^a,«of ^ainxtùira.', xà-^tcKcf , '(| )ù cySati- « royauté. )> On pcut voir à l'endroit cité do xoKTi» trai Kctrux^tis «xo nù^iut iZttrlxivirt ; V Jcoiiogrophie. grocqne quelques reniar- (( Tiréus, le troisième après Ilyspasinès, ques que j'ai faites sur ce passage.

« mourut de maladie , Agé de quatre-vingt- (3) Iconof^raph. grcctj., pi . i. r , u" 1 8.

iS ICONOGRAPHIE GRECQUE.

IV A. manières; mais il m'a semblé que le texte de Lucien, qui indique un Artabaze parmi les princes du pays où il est certain que ce médaillon a été frappé, étoit une autorité suffisante pour lire et pour suppléer ce nom ainsi que je l'ai fait graver. D'ailleurs nous avons vu le n substitué au B dans la léiiende d'uu autre médaillon appartenant à un roi de la Characene '.

§. 12. ATTAMBILUS.

N- i5. Trois médailles du même prince, découvertes ensemble près

de Bagdad, viennent enrichir la suite des souverains de la Characene, et confirmer l'opinion que j'ai émise sur ce genre de motuiments. M. Grivaud de la Vincelle a déjà fait connoître ces médailles par un mémoire très bien ûiit^. J'ai fait graver ici le dessin de celle qui est la mieux conservée des trois ; on l'a pris sur la médaille même.

On y voit d'un côté la tête barbue d'un prince dont la chevelure, serrée par le diadème, a un certain rapport avec la coiffure médique que nous avons remarquée sur les médailles des rois de ces contrées. L'Hercule assis, qui est le type du revers, ne diffère ni par la pose, ni par le sfoût du travail, de l'Hercule gravé sur d'autres médailles de la même suite. La légende , quoique mutilée , offre distinctement les noms et les titres , éaoïXfoç ATTAMBiAou 2fi,THPoç K Al EYEPyeTOv ; du roi Attamhilus% dieu sauveur et hienfaileur. L'époque marquée dans

(i) Iconograph. grecq., pi. li , n° 16. ris, 1817, in -4". La même Dissertation,

Le méilaillon d'Artabaze vient d'être acquis mais moins complète , a été insérée dans les

pour le cabinet de la Bibliothèque du Roi. yj nnales Encyclopédiques , mois de juin

(2) Il est intitulé, Dissertation sur une même année. La matière de ces médailles

Médaille inédite de Phraate IV, et sur est un argent fort mêlé d'alliage. quatre Médailles d' Altambilus , etc.; Pa- (3) L'I du nom Auamhilus est très ap-

l'exergue, H02, indique l'an 298 de Tere des Séleucides ( i4 avant J. C. ). Les deux autres médailles , publiées par M. Grivaud , appartiennent aux années T, 3o,0; et riT, 3i3, de la même ère. La première répond à Tan 12 avant J. C; le second, à Tan 1 de l'ère vul<?aire.

J'avois indiqué un Attamhilus que, dans le texte de Dion, on trouve écrit ^lliamhilus, autre roi de la Cliaraceue et de la Mésene sous Trajan'. L'époque des médailles cpie nous considérons les assigne à un prince bien antérieur ; la conformité du nom est cejiendant une preuve cpi'il avoit été pris par un souverain de la même contrée avant l'époque marquée jiar l'historien*.

Pl. A.

parent sur la médaille n° 3 de M. Grivaud.

(i) Iconogr. grecq., part. II, c. xvii, §.6.

(2) Il ne sera pas inutile de mettre ici sous les yeux du lecteur le tableau chronologique des médailles qui appartiennent aux princes de la Characene.

1. Tircus, ctoit le troisième prince de cette contrée, en conuncnrant à compter par Spasinès, qui vivoit sous Antiochus II Théos, et qui probablement se rendit indépendant.

Les médailles de Tiréus présentent dans l'exergue l'an 80 et l'an 83. Le n de ces dates est extraordinaircniunt laree. Le re<rne de Tiréus répondoit par consé(juent à celui de Séleucus II Callinicus en Syrie, et à celui de Tiridate sur les Parlhes.

2. ytrtabazc. Il étoit, suivant Lucien , le septième successeur de Tiréus. Son médaillon porte la date de l'an 25o des Séleu-

cides (7a avant J. C). Il étott donc contemporain des derniers princes de cette famille, qui régnoient encore en Syrie, et qui étoient la septième génération de Séleucus II. Phraate III régnoit sur les Partîtes.

3. Attambilus. Les époques de ses médailles, 298,303, 3i3, le font régner dans le même temps qu'Auguste à Rome, et que Phraate IV sur les Parthes.

4. Adinnigaûs. Sa médaille, frappée l'an 3 33 des Séleucides, ■>.?. de l'crc clintienne, prouve qu'il étoit conteni[ioraiu de Tibère et d'Artaban III.

5. Monncscs. Son époque est l'an .'yii des Séleucides, ou 1 1 1 de l'ère chrétienne. Il étoit le contemporain de Trajan et de Chosrhoès.

11 paroît par Dion , qu'un autre AUnmbilus fut le successeur de Monnésès,

Pi. A. ^* •^'''^^''>" ou 7ï';?<7/)rt«. L'excigue tie

sa médaille ne laisse distingtiei' aucune date. La fabrique et l'orthographe de la légende annoncent cependant luic époque de déca-

dence; et il est vraisemblable que le règne d'Arlaban répondoit à la dernière période de celui des Arsacides, et au commencedii IIP siècle de l'ère chrétienne.

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