‹ Iconographie romaine (volume 4)Chapitre 62 sur 94 · OBSERVATIONS GÉNÉRALES · texte numérisé non relu

OBSERVATIONS GÉNÉRALES

JÎMPEREims. Le mot empereur ne rend rator, ni du mot àuT^xf^'f'' '' désigne seu-

point enlioi'enieut le sens du mot impe- lement un prince qui règne avec un pou-

(i) Plntarqno, Dion, et A|)pion, ont été mes guides dans cet article. Plutarque, de l^'dition do Urian; Uion, di- Jteimar, et Appien, de 1670.

2 ICONOGRAPHIE ROMAINE. Part. IL

Ciur. I. léoitimes de ce trône, et alliés des Romains , gagna par ses larlanuiiedes- o^sscs Ic consiil Calpumius Restia, plusieurs sénateurs, et dis-

t.esais. o ' l ' 1 '

n wiictxvm. sipa l'armée romaine. Il se rendit ensuite à Rome; et dit, en sortant de celle ville, on il avoit prodigué For, « cprdle étoit à «vendre, «t qu'elle périroit bientôt s'il se Irouvoit quelqu'un « qui pût raclieler»: Urhem veiialem et mature perituram , si

voir absolu. Mais le mot latin et le mot {;rer avoient , dans l'empire romain , trois sijjnifications distinctes , que l'historien Dion (lib. XLIII, $;. 44) a parfaitement exposées. Après la défaite de Pompée , « le « sénat, dit-il , donna au vainqueur, César, « le surnom à'imjjerato); non point dans «l'ancienne acception, et tels que d'au- " très , que lui-même , l'avoient souvent '' reçu après des guerres heureuses ; non « point tel que le portoient ceux à qui l'on Il confioit ladministratioti en chef de quel- « que objet, ou quelque pouvoir extraordi- « naire ; niais tel que le portent encore au- < jourd'bui ceux qui jouissent du pouvoir <' suprême. ( L'historien vivoitsous Alexan- « dre Sévère. ) On l'accorda pour la pre- (1 miere fois à César, pour le porter comme 'I un nom propre, et pour le placer avant <i ses autres noms. « D'après ce texte de Dion , il faut conserver le surnom impcratoi; ou le traduire par ces mots , comman- (1/int en chef, lorsqu'il appartient à un général, et pour celui sovis les auspices duquel le génércJ Vainqueur avoit combattu. Mais le mot empereur désignera très bien les souverains de Rome. Aussi , quoique César n'ait pu être appelé Auguste , comme lont été tous ses successeurs depuis son fils adoptif, je n'hésite point cependant à le placer à leur tête, parcequ'il reçut du sénat et du peuple le surnom A'imperator dans toute sa plénitude.

César. On a coutume de désigner par le surnom de César, i° quelques princes de la famille de César, ou qui furent adoptés par des princes de cette famille, quoiqu'ils n'aient jamais régné ni joui de quelque portion du ])ouvoir impérial; tels les fds d'Agrippa , Germanicus , etc. : 2" des princes que les empereurs choisirent pour leurs collègues, et qui partagèrent réellement la puissance impériale ; tels Constance Chlore, Galère Maximin : 3° enfin, et le plus souvent, le prince qui devoit succéder à l'empereur; mais auquel ce titre ne donnoit aucun pouvoir. iElius Verus, choisi par Hadrien pour être son successeur, porta le premier le nom de César ainsi restreint. ( Spartian, ci; et Aurelius Victor, c. xni.)

Tyrans. Les antiquaires ont adopté le nom de Tyrans pour désigner tous ceux qui dans l'empire romain usurpèrent la puissance souveraine. Les mots qui lui correspondent dans les langues grecque et latine ont une acception moins restreinte. Trebellius PoUion , l'un des écrivains de l'histoire d'Auguste , l'a employé pour désigner les usurpateurs , au nombre de vingt-neuf à trente, qui se firent déclarer empereurs en divers lieux, pendant les règnes honteux de Valérien et de Gallien. Nous suivrons son exemple.

Familles. Par le mot familles des empereurs ^on désigne ici et leurs familles propres et les personnes qu'ils avoient

emptorejji ùivenerit'. Dix. ans après naquit celui qui devoit ac- cu»? i. complir la prédiction de Jugurtha ; ce fut Caïus Julius César. Il ^^cé'sars. ' vit le jour Tan 654 de la fondation de Rome, un siècle avant le pi.xvuetxviii. commencement de l'ère vulgaire, le 12 juillet'. Il y a quelque variation sur Tannée 654 ou 653; mais il n'en existe pas sur le mois, ni sur le jour, le premier ayant reçu le nom de Julius , à

adoptées. Notre langue a des expressions pour caractériser ceux qui sont adoptés, lesji/s adoptifs ; mais elle n'en a point qui fasse connoître la personne ou la l'aniille qui adopte. En trouveroit-on la cause dans le silence des lois françoises antérieures à ce siècle, qui n'accordoient pas la faculté d'adopter?

Extraits des vies des Empereurs. Conformément au plan tracé par M. Visconti, je me suis efforcé de réduire à une juste proportion les notices qui accompagnent la description des portraits de chaque empereur. Cette proportion étant fort resserrée, je me suis attaché à retracer de préférence leurs mœurs et leurs manières de gouverner. Les guerres et les combats ont exercé la plume de tant d'historiens, que, pour donner un intérêt particulier à ces notices , j'ai borné mon travail aux traits principaux du caractère de chaque empereur; et j'ai rappch' l(;s exploits belliqueux dans le cas seulement où ils étoieni nécessaires pour achever le tableau.

Mkdaih.es. Cet ouvrage n'est point lui traité de nuiiiisn]aiir|ne ; on no doit donc point y trouver les médailles impériales les |#lus précieuses par leur rareté. C'est nn recueil de portraits des empereurs; et Ion

a choisi dans les médailles celles qui représentent le mieux les principaux traits de leurs physionomies, comme on l'a fait dans ï Iconographie grecque, et dans la première partie de Y Iconographie romaine.

« En commençant , dit M. Visconti , par Il les médailles de bronze frappées en l'hon- « neur d'Auguste, sous le règne de Tibère, ri les monnoies de bronze de coin romain 11 offrent , jusqu'à l'empire de Caracalla , 0 des portraits si finis, si ressemblants , et « d'un art si parfait, que les plus beaux ca- 11 mées en approchent à peine. Les por- « traits connus par ces médailles doivent « être les mieux constatés de toute 1 icono- « graphie ancienne.

« Les médailles qui offrent des portraits (1 d'Auguste et de quelques uns de ses suc- 11 cesseurs, ont été souvent frappées après « leur mort, et sous les règnes d'autres Cé- « sars qui n' étoient pas leurs successeurs «immédiats. Ces médailles, appelées rcs- 11 tiliiées par les antiquaires , quoiqu'elles Il soient d'un beau travail, ne rendent les Il portraits que d'une manière infidèle. La « cause de cet écart fut une os|u'ce singu- « Hère d'adulation ipii vouloil mêler les « traits de l'enqiereur régnant avec ceux du i. prince dont on renouvcloit la mémoire. ■>

(i) Sallusi., Jlell. Jiigurth., n" 35.

(■->.) IV Idus ffuinctilcs; comme on lit dans un ancien calendrier publié par Lambecius.

4 ICONOGRAPHIE ROMAINE. Part. II. ^

Q„^f , cause de cette époque ; et le second étant devenu une fête pu- Famiiie des bliquc , d'.ipiès uu décrct proposé par Antoine. PI xviicixvm ^^ vuli^airc se plaît toujours à orner de récits fabuleux la naissance des grands hommes. C'est ainsi que plusieurs écrivains du Bas-Empire assurent que César ne vit le jour que par l'opération césarienne ; cependant sa mère , Aurélia , vivoit encore lorsqu'il brigua le pontificat, et mourut seidement pendant la guerre des Gaules. Servius ' n'avoit proposé cette opinion que comme un doute ; et Zonare l'a combattue victorieusement. Le même goût pour le merveilleux attribua son nom, Cœsar, au courage de son aïeul % qui, disoit-on, avoit tué en Afrique, de sa propre main , un éléphant appelé ainsi jîar les Carthaginois. Mais ce nom, dès la seconde guerre punique, formoit la distinction d'une des branches de la famille Julia\ à laquelle César, dont le nom propre étoit Caïus , appartenoit par son père : cette famille prétendoit descendre de Vénus par le fils d'Anchise ; comme la famille Marcia , à laquelle sa grand'mere appartenoit, comptoit le roi Ancus Marcius pour le premier de ses aïeux. César, faisant l'éloge funèbre de son épouse Cornélia, et de sa tante Julia^ rappela avec adresse ces origines illustres, qui produisent tant d'effet sur l'esprit du peuple ^

L'éloquence est, dans les républiques, un moyen sûr de parvenir aux dignités; c'est pourquoi Aurélia, mère de César, femme instruite et remarquable par l'élégance de sa conversation, cultiva soigneusement les dispositions précoces de son fils. On chercha aussi à fortifier sa constitution par les exercices journaliers. Il fut témoin, pendant son enfance, des guerres

(i) Ad En.\,\. I, V. 286. le consulat de Marcus Marcellus , et de

(2) Servius, jZ'îWew. Quintius Crispinus.

(3) SextusJulius César étoit pi-éteur sous (4) Suet., VI.

civiles de Sylla et de Marius. CeUd-ci avoit épousé sa taute ma- cb.p.i. ternelle, ce qui établit entre eux une liaison particulière; mais '^''ce!!,^ ' il s'en fallut peu qu elle ne devînt funeste a César. A peine eut-il pi.xviietxvm revêtu la prétexte, qu'il épousa, à l'âge de seize ans, Cossutia, et la répudia peu de temps après. Il choisit ensuite Cornélia, fille de Cinna, l'ami de Marius. La haine que Sylla conçut contre César, à cause de cette nouvelle alliance avec son ennemi , lui fit lancer un décret de proscription, auquel le jeune homme n'échappa que par les supplications des vestales, et par la considération dont jouissoient la famille Julia et celle de sa mère. Mais le dictateur, en accordant sa grâce, dit à ceux qui la sollicitoient : « Vous avez peu de discernement , si vous ne reconte noissez pas que dans cet adolescent il y a plusieurs Marius. » Il avoit formé cette opinion d'après les refus réitérés que César lui avoit fait de répudier la fille de Cinna.

Au reste ce nouveau Marius ne négligea aucun moyen d'échapper aux ressentiments de Sylla. Il se cacha dans les montagnes de la Sabine. Mais, ayant été forcé par une maladie à changer de retraite, il fut rencontré par les soldats du dictateur, envoyés pour découvrir ceux qui se cachoient; et il n'obtint sa liberté qu'à prix d'argent. Il s'embarqua sur-le-champ , passa en Asie, et se retira chezNicomede, roi de Bithynie. C'est peutêtre la frayeur qu'il conçut de la haine et des menaces de Sylla qui fit naître la maladie de nerfs (l'épilepsie, selon quelques auteurs ) dont on le vit éprouver en Espagne les premières attaques'.

Quoique César n'ait fait qu'un séjour peu lono à la coiu' de Nicomede , ce séjour a été cependant pour lui une source de chagrins. Ses ennemis lui reprochèrent d'avoir eu pour ce roi

(i) Plutarch., p. 1 18.

G ICOKOGRAPlIIi: ROMAINE. Pakt. IL

ciiAP. r. tles complaisances criininclles , qui lui firent donner l'odieux lamiiiodcs surnom de reine de Bithjnie. Sa jeunesse, le régularité de ses 11 xviictxviii traits, que les fatigues n'avoient point encore altérés, et le désordre qui régna souvent depuis dans sa conduite, semblent avoir prêté quelque fondement à cette accusation.

César fit ses premières armes contre Mitliridate dans cette contrée, et il mérita une couronne civique à la prise de Mitylene. Ce fut alors , dit-on , que des pirates de Cilicie s'emparèrent, auprès de l'Ile de Pharmacusa, du navire qui le portoit, et lui demandèrent pour sa rançon 20 talents ( environ 120 mille francs ) : il leur dit qu'ils ne conuoissoient pas l'importance de leur capture, et qu'il leur en donneroit 5o. Il envoya quelques uns de ses compagnons pour se procurer cette somme , et resta avec un seul ami et deux esclaves au milieu de ces hrifrauds pendant plus d'un mois; non pas comme un prisonnier, mais comme un chef entoviré de sa garde. La somme promise ayant été apportée de Milet, César s'embarqua pour cette ville, et envoya des navires à la recherche des pirates. Ceux-ci furent pris, et mis en croix. J'ai abrégé ce récit extraordinaire , qui ne se lit que dans Plutarquc et Suétone, mais dont la vérité m'est suspecte, du moins quant aux détails merveilleux.

Rhodes possédoit alors une école d'éloquence très célèbre, que Cicéron avoit fréquentée, et qu'avoit ouverte Apollonius Molon. César y prit des leçons sur l'éloquence et sur les exercices du barreau, carrière dans laquelle il se seroitfait un nom, si la guerre n'eût occupé tous ses instants. Ses Commentaires prouvent qu'il avoit également cultivé, et qu'il possédoit au même degré, l'art d'éci'ire et l'art de parler.

ce J'y ai remarqué aussi cela, dit Montaigne ', qu'il faict grand

(i) Vol. liî, c. XXXIV, sur les moyens de faire la guerre de Jules César.

« cas de ses exhortations aux soldats avant le combat; car, où cmp. 1 « il veult montrer avoir été siirprins ou pressé , il, allègue ton- ^""cé-^^J^' «jours cela, qu'il n'eut pas seulement loisir de haranguer son pi.xvuetxvin. (c armée. De vrai sa langue lui a faict , en plusieurs lieux, de «bien notables services; et estoit, de son temps mesme, son « éloquence militaire, en telle recommandation, que plusieurs « en son armée recueilloient ses harangues; et, par ce moyen il « en fut assemblé des volumes qui ont duré long-temps après « lui. »

Enfin la mort de Sylla ouvrant de nouveau la lice aux ambitieux , que son exemple encourageoit , délivra César d'un grand ennemi. Aussi celui-ci se rendit à Rome sur-le-champ', et commença, en 78, la carrière d'intrigues et de corruption qui devoit un jour le porter au faîte du pouvoir. Voyant Pompée gouverner le sénat, et, sous le nom de celui-ci, toute la république, il parut s'attacher à cet homme puissant. On le vit seconder de tous ses efforts Cicéron, qui, par la loi Manilia, fit accorder ouvertement à Pompée les pouvoirs extraordinaires, qu'il n'avoit exercés jusqu'alors que par sa grande influence. Ce ne fut pas pour plaire à Pompée que César en agit ainsi, comme le remarque Dion'; mais ce fut pour se rendre agréable au peuple, dont la puissance s'élevoit alors au-dessus de celle du sénat, et pour rendre Pompée ro])jet de l'envie et de la jalousie populaire. 11 obtint dès cette année, malgré sa jeunesse, un témoignage éclatant de la faveur du peuple, qui le nomma tribun militaire, et qui accueillit avec enthousiasme les honneurs qu'il rendit, après leur mort, à sa lanle Julia, veuve de Marins, et à son épouse Cornélia. H jnononc a en jmMic leur oraison funèbre , et fil paroilre au convoi de la première les

(i) Dio,l. XXXVl,^". ?,G.

8 ICONOGRAPIITi: ROMAINE. Part. II.

c.Av. I portraits de Marins , qui furent un objet de scandale pour quel- '"'""''''" qucs anciens partisans de Sylla , mais que le peuple salua de i!xvii,txviii. plusieurs acclamations, comme s'il eût vu reparoitre son défenseur.

Nommé questeur de l'armée d'Espagne , il parcourut cette vaste péninsule jusqu'à Gadés ( Cadix), où il vit, dans le temple d'Hercule, un portrait d'Alexandre. Il gémit, à cette vue, de n'avoir point encore occupé la renommée à un âge où le roi de Macédoine avoit déjà conquis l'Asie. Agité par ces pensées ambitieuses, il quitta l'armée avant la fin de la campagne, et accourut à Rome, théâtre de toutes les intrigues.

Suétone ' parle d'une conspiration qu'auroit formée César à son retour d'Espagne, pour mettre à mort une partie des sénateurs , faire déclarer dictateur Marcus Crassus , et régner sous le nom de son maître de cavalerie. Il parle encore d'un 'autre complot qu'il auroit tramé pour le même objet avec Cneius Pison : mais la vérité de ces deux conjurations n'est point assez constatée pour en charger sa mémoire. Les soins de l'édilité semblèrent l'occuper tout entier en 65; il fit réparer le lieu où se tenoient les comices, \c forum, et construire des portiques au Capitole, pour donner des repas au peuple. Il célébra des jeux solennels avec son collègue Marcus Bibulus, et quelques uns en ■ son propre nom ; et , à la mort de son père , il fit combattre trois cent vingt couples de gladiateurs. Les dépenses furent communes ; mais César en recueillit tout le fruit : de sorte que Bibulus disoit qu'il lui étoit arrivé la même chose qu'à Pollux; on avoit érigé dans lejorum, en l'honneur des deux frères, un temple qui portoit seulement le nom de Castor.

Les profusions de César étonnoient ceux qui ignoroient que

(i) Cap. IX.

ses dettes s'élevoient déjà à 3oo talents (près de 1 millions de cbvp. i. francs); mais elles lui avoient tellement gagné la faveur du cesars. peuple, que chacun clierchoit de nouvelles magistratures, de pi.xvuetxviii. nouveaux honneurs, pour l'en revêtir'.

Dès-lors il se traça le plan qu'il ne cessa de suivre, celui d'abaisser le sénat, et de régner par le moyen de la multitude. Pour la flatter, il fit placer pendant la nuit dans le Capitole les images et les trophées de Marins. Le sénat irrité se rassembla sur-le-champ ; l'un de ses plus illustres membres accusa César de tyrannie; et dit ce mot, qui passa en proverbe: «Ce n'est « plus par des mines et des souterrains qu'il sape la république ; « mais c'est avec la tortue et le bélier. »

Pompée revint, en 63, triomphant de toute l'Asie, et même de tout l'univers, comme l'annonçoit une inscription de ses trophées'. Il eut la pudeur de ne jouir qu'une fois des honneurs nouveaux et extraordinaires que le sénat lui avoit décernés dans son absence, malgré l'opposition du sévère Caton, mais d'après les sollicitations de César. Celui-ci suivoit-il en cela le plan qu'il s'étoit formé de rendre Pompée l'objet de l'envie, ou vouloit-il préparer le sénat, en caressant son idole, à lui rendre un jour les mêmes honneurs? Cependant la conjuration de Catilina fit pressentir son penchant pour les troubles civils. Sans prendre la défense des conspirateurs, que la plupart des sénateurs vovdoient punir à l'instant du supplice capital, il proposa de les retenir en prison jusqu'îi la défaite entière de leur chef, qui s'étoit enfui. «Cet avis, dit Appicn ', le rendit suspect de « complicité dans leurs projets, ou du moins fit penser qu'il en « avoit connoissance. Cependant le consul (Cicérou) ne l'avoit

(i) IMutardi., |). io5. (3) Lcll. ciuil., 1. II, p. 713.

(2) Dio.l. XXXVII, c. XXI.

ïo ICONOGRAPHIE ROMAINE. Part. II.

Ch4p. r. « pas nommé avec les auteurs de la conspiration , parcequ il

' cX'lrs'' ' " n'avoit pas osé former une accusation contre l'homme le plus

pi.xviutxviii. « cher au peuple. « Mais Caton , en concluant à la mort des

conjurés , n'usa d'aucun ménagement envers César, sur lequel il

exprima ses soupçons.

Mctellus Plus, qui étoit souverain pontife , laissa vacante, en mourant , une dignité que la religion rendoit très recommandable, et que les ambitieux desiroient vivement, parceque la personne de celui qui en étoit revêtu devenoit inviolable et sacrée. Sylla, toujours occupé à réduire la puissance du peuple, lui avoit ôté le choix du chef des pontifes; mais Labienus, soutenu par César, le lui avoit fait rendre'. La mort de Metellus découvrit les vues de César. Quoiqu'il fût à peine âgé de trentesept ans, et qu'il n'eût point encore exercé les fonctions de préteur, il sollicita ouvertement les suffrages, s'abaissa aux plus humbles supplications devant les derniers des citoyens , et répandit l'or à pleines mains \ Enfin, calculant l'énormité de ses dettes, le jour de l'élection, il dit à sa mère, en sortant de sa maison, qu'il n'y rentreroit que pontife, ou qu'il s'exileroit de Rome; il réussit au gré de ses désirs. « Ce succès, dit Plutarque, jeta l'é- « pouvante dans l'esprit des sénateurs et des premiers citoyens. « Ils prévirent qu'il porteroit le peuple aux actes d'autorité les « plus extrêmes. 35

Sa nomination à la préture, en 62 , ne fit qu'augmenter leurs craintes. Dès-lors s'établit une lutte continuelle, tantôt sourde et déguisée, tantôt déclarée et violente, dans laquelle figurèrent d'une part le sénat, Cicéron, les pompéiens, qui soutenoient les droits des patriciens; et de l'autre, César, les tribuns, les factieux de toute sorte, et les plébéiens : lutte qui ne finit qu'a-

(i) Dio, 1. XXXVII, c. XXXVII. (2) Suet., c. xiii.

FAMILLE DES CESARS. n

vec la vie de Pompée. L'année de la préUire de César fut remar- oup. i. quaLle par Tattentat de Clodius. Epris des charmes de Pompéia, 7e.Jrs." troisième épouse de César, et ne pouvant tromper la vigilance pi.xvuetxvm. d'Aurélia sa belle-mere, qui l'accompagnoit en tous lieux, il se déguisa en femme pour pénétrer dans la maison du préteur, où se célébroient la nuit, et par les femmes seules, les mystères de la Bonne-Déesse. Clodius découvert fut traduit en jugement. César, cité comme témoin, dit qu'il n'avoit rien vu qui pût faire condamner l'accusé , auquel il savoit que le peuple accordoit une protection ouverte ; mais il répudia Pompéia. C'est alors qu'il dit ce mot, devenu proverbe : «Il ne fiuit pas que la « femme de César soit même soupçonnée. »

Cependant César, voulant égaler Pompée en puissance, pensa qu'il devoit couvrir de l'éclat de la gloire militaire les intrigues auxquelles il s'étoit livré jusqu'à ce jour. Il sollicita et obtint un commandement en Espagne et dans la Lusitanie; mais il lui étoit plus facile de gagner les suffrages de la multitude que d'apaiser la foule de ses créanciers, qui s'opposoicnt à son départ. Ce fut alors que commencèrent ses liaisons avec le riche Crassus , qui se rendit garant de ses dettes , pour favoriser un rival de Pompée.

C'est à cette expédition que Plutarque ' rapporte un mot de lui si connu. Traversant les Alpes pour se rendre en Espagne par terre , il trouva un village habité par un petit nombre d'hommes à demi sauvages ; ses amis lui demandèrent s'il croyoit qu'il y eût dans ce lieu retiré de l'ambition et des brigues pour obtenir le commandement. « Pour moi , leur réponte dit-il, j'aimcrois mieux être ici le premier que le second dans « Rome. »

( 1 ) Page III.

12 ICONOGRAPHIE ROMAINE. Part. IL

ci.Ai.f ïl pénétra avec promptitude jusqu'aux rivages de TOcéan,

'^cd"!/'^' soumit les révoltés, leur imposa d'énormes tributs, qu'il s'appi.xviietxvin. propria, et revint à Rome, en 69, avant la fin de la campagne. Des projets de la plus haute importance l'y rappeloient. Il vouloit briguer le consulat, et séduire par l'éclat d'un triomphe la multitude , qui devoit accorder cette émiuente dignité. Mais , arrivé au moment où les comices s'assembloient pour l'élection, et où les candidats sollicitoient en personne les suffrages, tandis que les lois retenoicnt hors de la capitale, jusqu'au jour du triomphe^ celui à qui le sénat accordoit cette récompense, il trompa l'attente des sénateurs, qui travailloicnt à faire nommer un autre consul, renonça au triomphe, et obtint le consulat parle crédit de Crassus et de Pompée, réconciliés par ses soins. Ses envieux parvinrent seulement à lui faire donner pour collègue ce Marcus Pïibulus qui avoit déjà partagé l'édilité avec lui, et qu'ils excitoient à le contrarier dans toutes ses démarches. Cet homme foible ne put résister au génie et à l'ascendant de son collègue : de là vint que l'on dit assez plaisamment , ce Tel acte a été passé sous le consulat de Julius et de César « , au lieu de dire sous le consulat de César et de Bibulus.

Alors en Sg (ôgS de Rome) se forma le premier triumvirat; celui de Pompée, de Crassus, et de César. Quoique ce triumvirat ne fût institué par aucune loi, il eut cependant des résultats aussi funestes pour la république; parceque ces trois Romains jurèrent de ne rien entreprendre qui pût contrarier les vues de l'un d'eux. Velleius Paterculus ' désigne avec précision ces résultats, qui, dit-il, devinrent funestes à Rome, à l'univers, et aux triumvirs eux-mêmes.

Pompée fut porté à cette réunion par le désir de faire conflr-

FAMILLE DES CESARS. i3

mer les actes de sou commandement dans les provinces situées vu^p. i au-delà de l'Adriatique; confirmation qui trouvoit de fortes op- ^^q^^^/^ positions, et qu'il croyoit ne pouvoir obtenir sans le crédit de pi xvneixvm. César. Celui-ci, en paroissant subordonner sa gloire à celle de Pompée, augmentoit la sienne, ainsi que sa propre puissance, et excitoit de plus en plus l'envie contre ce redoutable rival. Crassus enfin, n'ayant pu atteindre au pouvoir suprême par le crédit de Pompée seul, espéroit le devoir à l'appui de César.

Fort de cette union , le consul se conduisit avec l'audace d'un tribun du peuple, et manifesta la volonté déclarée de capter la bienveillance de la multitude par tous les moyens. Il proposa des lois agraires et des colonies à fonder. En vain le sénat voulut-il s'y opposer, les triumvirs insistèrent; et Pompée, oubliant cette retenue qui lui avoit jusqu'alors concilié les grands, les menaça de ses armes. Il épousa ensviite Julia, fille de César; et celui-ci, en se mariant à Calpurnia, fille de Pisou, fit déclarer son beau-jDcre consiil pour l'année suivante. Ces alliances intéressées excitèrent l'indignation de Caton, qui seul, au milieu de la corruption générale , osoit encore parler de la république et des lois anciennes. César voulut le faire conduire en prison, espérant qu'il invoqueroit le secours des tribuns ; mais le silence des grands, du peuple, constant admirateur du courage de Caton, et celui du vertueux accusé lui-même, effraya le consul, au point qu'il engagea secrètement un tribun à s'opposer à cette violence. Cicéron éprouva aussi les effets du ressentiment de César. Devenu tout-puissant, le consul, n'osant ouvertement se venger de celui qui avoit découvert et puni justement (d'une manière illégale peut-être) les complices de Catilina, protégea ce Clodius violateur des choses sacrées, amant recoimu de sa propre femme, mais ennemi déclaré de Cicérou. 11 le fil nom-

i4 ICONOGRAPHIE ROMAINE. Part. II.

(jiiAp. I. mer tril)iiii ; et, en même temps il obligea l'orateur à s'exiler lui-

Famille des „*„ 1 1 l'Ttl'

... même hors de 1 Italie.

Césars.

l'i XVII et XVIII. Tous les usurpateurs du pouvoir suprême , depuis l'Atlicuien Pisislrate, avoient créé de prétendues conjurations pour obtenir des gardes, ou du moins pour se rendre plus cliers à la multitude ; César, qui marclioit sur leurs traces, employa les mêmes moyens'. Un homme du peuple, Vetius, s'avança dans une assemblée des comices, montrant un poignard, qu'il disoit lui avoir été remis par un licteur de Bibulus; ajoutant qu'il étoit envoyé par ce consul, par Cicérou, et par Caton, pour assassiner Pomjiée et César. Quoique le récit parût douteux, celui-ci s'en servit pour échauffer la multitude, et remit au lendemain à le vérifier. Mais Vetius, pendant la nuit, fut tué dans la prison ; et César ne fit aucune recherche sur cet assassinat.

L'année de son consulat étant près d'expirer, il se fit donner jDar le peuple le commandement général de la Gaule Cisalpine et de rilljrie, avec trois légions. Le sénat craignant, dit Suétone', qu'à son refus le jDcuple n'ajoutât la Gaule Transalpine, lui en offrit le commandement avec une quatrième légion. Le même historien nous apprend les moyens qu'il employa pour régner encore dans Rome, quoiqu'il en fût éloigné. D'abord il fit nommer consuls, pour l'année 58, Lucius Pison son beaupere, avec Aulus Gabinius, qui n'étoit connu que par son habileté dans l'art de la danse. Ensuite il eut grand soin de s'attacher les magistrats de chaque année, de favoriser pour candidats et de laisser parvenir aux dignités ceux-là seulement qui s'engageoient à prendre ses intérêts pendant son absence : il exigea même de quelques uns un serment; et d'autres, une promesse écrite et signée , syngrapham exigere.

(i) Appian, 1. II, p. 718. (2) Cap. xxii.

FAMILLE DES CESARS. i5

Quoique César eût rapporté de la Lusitanie des sommes assez cbaî. r. considérables pour satisfaire ses nombreux créanciers, il avoit ^amiiie des

■•■ ' Césais.

cependant contracté de nouvelles dettes, soit à sa nomination pi sviietxviu au consulat , soit en satisfaisant son penchant pour la débauche '. Curion , le père , Tappeloit le mari de toutes les femmes ; de même que ses liaisons trop étroites avec Nicomede, roi de Bithynie, Tavoient fait surnommer la femme de tous les maris. Peut-être sa politique l'engageoit-elle aussi à mettre par ce moyeu les femmes des grandes maisons dans ses intérêts; du moins le vit-on se déclarer ouvertement l'amant d'une sœur de Caton. Les Gaules étoient regardées à Rome comme un pays fort riche; on y recueilloit l'or dans le limon des fleuves ; et les proconsuls romains n'y avoient point encore exercé cet esprit de rapine dout le reste du monde connu se plaignoit déjà si amèrement. A la vérité les Gaulois étoient courageux et vaillants; mais la tactique romaine devoit triompher d'une bravoure qui dédaignoit toute discipline. Les peuples qui habitoient les Gaules formoient une confédération, obéissoient à divers chefs, étoient gouvernés par des lois différentes ; l'on pouvoit donc espérer de les diviser à force d'intrigues, et de les vaincre en les armant les uns contre les autres. Tel fut le plan que suivit César pendant les neuf années employées à conquérir les Gaules, et à porter les aigles romaines dans la Grande-Bretagne et sur la rive droite du Rhin, contrées où elles étoient inconnues.

Plutarque' ftiit observer judicieusement qu'ici César commença une vie nouvelle qui le plaça au-dessus des plus habiles capitaines de l'antiquité, des Fabius, des Scipion, des Mctellus: de ses contemporains, Sylla, Marins; des deux Lucullus, et même de Pompée, honoré du nom de Grand; si l'on considère

(i) Suet., LU. (?.) rage ii5.

Césars.

PJ.XVlIetXVIlI

i6 ICONOGPtAPIIIE ROMAINE. Part. II.

Ciup. I. l'âpretc des lieux où il fit la guerre, l'étendue des contrées tliéâ- Kainiiic Jes jj,g jg g^g vlctolres, lu multitude et la vaillance des peuples qu'il vainquit, la barbarie de ceux qu'il civilisa; enfin la clémence qu'il exerça à l'c'gard des vaincus , et les immenses largesses qu'il répandit sur ses soldats. Le même historien ajoute que non seulement il a surpassé chacun d'eux par quelques uns des traits que présente sa carrière militaire, mais qu'il les surpassa tous par le nombre étonnant des combats qu'il livra , et des ennemis qu'il fit périr; car il prit d'assaut, dans la guerre des Gaules, plus de huit cents lieux fortifiés; il subjugua trois cents peuples; il combattit à différentes époques contre trois millions d'hommes, dont un million resta sur le champ de bataille, et le reste fut fait prisonnier.

César dut ses succès à son courage, à la sagesse de ses plans, à l'or qu'il prodiguoit à ses soldats , et sur-tout à la vitesse avec laquelle il se transportoit en tous lieux. Parti de la capitale pour se rendre dans les Gaules, il arriva en huit jours sur les bords du Rhône, à deux cent vingt heues de Rome '. Il dormoit le plus souvent dans la litière ou dans le char qui le portoit , ayant seulement à ses côtés un secrétaire qui écrivoit sous sa dictée, et derrière lui un soldat ceint d'une épée. Dès l'enfance , il s'étoit exercé habituellement à l'équitation ; il croisoit quelquefois ses mains derrière le dos, et abandonnoit le cheval à toute son impétuosité; voyageant à cheval, il essaya de dicter des lettres à deux secrétaires à la fois; Oppius dit même à plusieurs. C'est ainsi que, né avec un tempérament foible, il le fortifia par l'exercice, et parvint à supporter la fatigue et la faim. Ce n'étoit pas assez pour lui de surprendre ses ennemis par une promptitude extraordinaire, il les accabloit par sa persévérance à les

(i) Plutarcli., p. II 8.

poursuivre jusqu'à leur entière dispersion. Aussi disoit-il tou- chap. 1. jours : «Il n'y a rien de fait tant qu'il reste quelque chose à faire." ^^cLL^'

Pendant que César combattoit dans les Gaules , Pompée rap- pi.xviietxvin pela Cicéron de l'exil. Crassus et César ne s'y opposèrent point, parcequ'ils regardèrent ce retour comme un événement qu'ils ne pourroient empêcher ; et celui-ci témoigna même quelque bienvaillance à l'orateur; mais Cicéron, pénétrant leur politique , ne leur en sut aucun gré , et reporta toute sa reconnoissance sur Pompée '.

Celui-ci se rendit à Lucques, où César étoit venu pour conférer avec lui et Crassus sur les moyens de conserver le pouvoir. Les magistrats arrivèrent en si grand nombre , que l'on y compta cent vingt licteurs, et plus de deux cents sénateurs'. On y arrêta que Pompée et Crassus seroient nommés consuls, et que l'on continueroit encore à César, pour cinq ans, le commandement des Gaules et des légions. C'étoit ainsi que chaque hiver il laissoit les armées sous la conduite de ses lieutenants , et se rapprochoit de Rome pour diriger les amis qui y travailloient pour ses intérêts.

Enfin l'année 49 (70^ de la fondation de Rome) vit éclater une rupture ouverte entre César et Pompée. La mort de Julia , fille du second , épouse du premier, rompit le dernier lien qui les unissoit en apparence; et la mort de Crassus dans l'expédition contre les Parthes délivrant les deux rivaux d'un concurrent, ou leur enlevant un médiateur, les détermina à chercher ouvertement à se siqiplanter l'un l'autre. Leurs partisans excitoient sans cesse des troubles dans Rome ; les comices ne s'assembloient jamais qu'il n'y eût du sang répandu: ou n'obtenoit les magistratures que par des largesses distribuées publique-

(i) Uio, 1. XXXIX, c. IX. (9.) riutarch, pii;}. 12J.

i8 ICONOGRAPHIE ROMAINE. Part. II.

cbap. I. ment, ou par dos combats à coups de pierre et dYpce. Rome Famiiiecics f^^^ |^j^j|^ yiiq[^ gaiis consuls; ranarcbie y étoit à son comble; on

Césars.

pi.xviictxvm. y disoit ouvertement que le seul remède à de si grands maux étoit de remettre le pouvoir absolu à un homme puissant, qui fût en même temps un bon citoyen. La plupart des gens de bien désignoient pour cela Pompée, et parloient de la dictature, mais César, qui fomentoit ces troubles, s'attachoit la multitude par des repas splendides, des combats nombreux de gladiateurs; tous ceux qui l'entouroient, et même une grande partie du sénat, par des prêts à intérêts ou gratuits; les citoyens de tous les ordres, qu'il appeloit, ou qui se rendoient auprès de lui, par des distributions auxquelles il faisoit participer les affranchis, les esclaves mêine, lorsqu'ils avoient quelque crédit sur leurs maîtres et leurs patrons". De sorte qu'il devint le refuge assuré des hommes accablés de dettes, des jeunes dissipateurs , à moins qu'ils ne fussent coupables de trop grands crimes, ou entièrement perdus de débauches; et il disoit alors ouvertement à ceux-ci qu'une guerre civile étoit nécessaire.

César, résolu de repousser par la force les attaques de Pompée, passe le Rubicon, aujourd'hui le Luso, près de Rimini. Ce fleuve séparoit la Gaule Cisalpine du reste de l'Italie ; et d'après un sénatus-consulte, que l'on voit encore gravé sur le chemin de Rimini à Césene, c'étoit mériter les noms de sacrilège et de parricide que de le traverser à la tête d'une armée sans le consentement du sénat. Cicéron- dit que César répétoit souvent deux vers d'Euripide dont voici le sens; « S'il faut violer les lois, «que ce soit pour obtenir le pouvoir suprême; en toute autre «chose, on doit s'y conformer, j) Ce fut, dans cette journée, la règle de celui qui, ne voulant point d'égal, alloit combattre

(i) Suet., cap. XXVII. (2) De officiis, 1. III, c. xxi.

FAMILLE DES CESAPvS. 19

Pompée; cet homme, qui de son côté, selon l'expression de chap. i Lucain, ne vouloit point de supérieur. Il fuit cependant de Rome FamUie des à l'approche de César; il est suivi par tous les magistrats; de pi xviietxvi sorte qu'il paroit emporter avec lui le destin de la république. Sa marche est incertaine. Il se retire d'abord à Capoue, ensuite à Brindes, où il est assiégé par César, qui n'est point entré à Rome de peur de perdre des instants précieux, comme l'espéroit son rival. Le port même de Brindes alloit être fermé, lorsque Pompée s'en échappe, et fuit vers l'Illyrie. Maître de l'Italie entière, César se rend à Rome, y entre seul, est reçu par la multitude avec l'ivresse de la joie, n'exerce aucun acte de vengeance, ni même de violence; si ce n'est contre un tribun qui vouloit l'empêcher d'enlever le trésor public, déposé dans le temple de Saturne.

Loin de s'endormir dans le repos, César va combattre les Pompéiens en Espagne, et laisse à Antoine le commandement de Rome et de l'Italie. Il revient bientôt vainqueur, les assiège, et les défait encore dans Marseille. Le préteur Lépide, qui depuis fut triumvir, le fait nommer dictateur pendant son absence, qui fut de courte durée. Le nouveau dictateur accourt à Rome, enlevé du Capitole et des autres lieux sacrés toutes les offrandes ', vole à Brindes , débarque avec cinq légions dans la Cliaonie; mais la flotte ennemie ayant enlevé les subsistances de sa petite armée, il se rembarque seul pour accélérer la marche d'Antoine et du reste de ses troupes. Une tempête s'élève; le pilote, qui ne le connoît pas, veut regagner le port; César se découvre, et lui dit: «Courage, ne crains rien; tu conduis Cé- « sar et sa fortune '. »

Le rival de Pompée, revenu en lllyric, éprouve quelque re-

(1) Dio, XJ.I, \.\xix. (2) Plutaicli., p. i4i.

20 ICONOGRA1411E ROMAINE. Part. II.

dur. I. "vers qu'il surmonte avec habileté, joint son ennemi à Pharsale ^^ clt'r ' ' ^^ 4^ (7*^^ ^^ Rome), et le défait enlièremcnt. Celui-ci ahanpi xviictxviii. donne son armée, ses partisans, et fuit en Egypte, où il est assassiné. On présente la tête de Pompée au vainqueur, qui verse des pleurs en la voyant'. Mais que penser de cet attendrissement, lorsqu'on se rappelle Tardeur avec laquelle il a voit poursuivi sans relâche le malheureux Pompée? Il versa aussi des j)leurs en apprenant la fin de Caton, qui aima mieux se donner la mort que d'implorer sa clémence. César pleura-til la perte d'une occasion où il auroit pu accorder un pardon éclatant.^ du moins eut-il l'adresse d'en agir toujours ainsi ; et l'on ne peut lui reprocher que quelques vengeances obscures : telle fut la destitution des tribuns , qui s'opposèrent depuis aux efforts concertés d'Antoine, lorsqu'il voulut, dans un spectacle, placer le diadème royal sur le front du dictateur perpétuel '. Ce furent encore deux actes de clémence fastueuse qu'il exerça, après la bataille de Pharsale et en Afrique, en brûlant, sans les lire, les lettres des Pompéiens, qui se trouvèrent dans les porte-feuilles de Pompée, et d'un Scipion leur chef, et en pardonnant à ce Marcus Brutus qui depuis fut son assassin. Mais il fit mourir coinme captifs, et sans les juger, Afranius et Faustus, fils de Sylla son ancien ennemie II feignit à la vérité de vouloir entendre en justice Lucius César son parent, qui avoit toujours été Pompéien, et qui le supplioit de lui faire grâce; mais, n'osant le condamner lui-même, il suspendit le jugement, et lui fit ôter la vie en secret.

Son penchant pour les femmes faillit à lui être funeste en Egypte, où les charmes de Cléopâtre, qu'il rendit mère, le retinrent oisif pendant plusieurs mois (en 47)? après la mort de

(i) Dio, XLII, VIII. (2) Ibid., XLIV, x. (3) Ibid., XLIII, xii.

FAMILLE DES CESARS. ii

Pompée. Il se réveilla cependant en apprenant que le fils du re- chap i. doutable Mithridate, Pharnace, roi de Pont, ravaffeoit l'Asie; f"™"'' "i^* il arriva avec la vitesse de l'éclair, mit en fuite son armée; et écri- pi.xviietxvr vit à Rome ces trois mots célèbres : «Je suis venu, j'ai vu, j'ai « vaincu, w II paroit ensuite dans la capitale pour se faire nommer encore dictateur, contre l'usage constant c|ui n'admettoit que des dictateurs annuels ; et il choisit pour son maître de cavalerie ce Marc-Antoine dont il avoit éprouvé le dévouement. Enfin il vole en Afrique pour y achever la destruction des fils de Pompée, de leurs partisans, et sur-tout celle du vertueux Caton; avide de tout genre de gloire, il ne quitte pas cette contrée sans relever les murs de Carthage, comme il avoit déjà fait pour Corinthe.

César, rentrant dans Rome , signala son retour par des fêtes splendides et par quatre triomphes. Il arrivoit chargé des dépouilles de l'Asie et de l'Afrique, d'un nombre prodigieux de couronnes d'or ; il avoit même enlevé toutes les richesses du temple d'Hercule à Tyr, pour punir, disoit-il, les habitants de cette ville de ce qu'ils avoient recueilli dans leur fuite l'épouse et le fils de Pompée '.

Mais à peine ces fêtes étoient-elles terminées, qu'il fut obligé d'aller en Espagne combattre les fils de Pompée et les derniers Pompéiens. Il parvint en 45 (709 de Rome) à détruire cette armée, la dernière espérance des amis de la république; et il courut dans cette campagne le plus grand danger à la bataille de Munda, près de Malaga : « Ailleurs, dit-il, j'ai combattu pour la «victoire; mais ici, c'étoit pour ma vie.»

Le sénat lui prodigua à son retour les honneurs, même ceux d'un nouveau triomphe; ce qui aliéna plusieurs de ses partisans,

(1) Dio,XLII, 4<j.

22 ICONOGRAPHIE PtOMAINE. Part. II.

cinr. I. parcequc c'ctoiciit des Piomaius qu'il avoit vaincus, cl qu'un Famille des pareil triomphe étoit sans exemple. Après avoir été nommé seul PI. XVII et XVIII. consul, comme l'avoit été Pompée, il le fut encore pour dix ans: de même que Sylla , on le créa dictateur perpétuel; ce qui le rendoit égal en puissance à un roi, mais sans lui donner ce nom odieux aux Romains. Celui d'empereur, d^imperalor, lui fut donné dans toute sa plénitude, pour lui et pour sa postérité; il fut appelé ycere de la patrie, titre qu'avoit reçu Cicéron après qu'il eut découvert la conjuration de Catilina. A l'autorité sans bornes le sénat joignit les honneurs de la royauté, et même ceux qui étoient réservés aux dieux. Sous le nom de tribun perpétuel, sa personne devint inviolable et sacrée. Il lui fut permis d'assister aux spectacles sur un siège doré, avec une couronne d'or, et d'en porter habituellement une de laurier. Ses partisans, Antoine entre autres, essayèrent plusieurs fois en public de lui ceindre le diadème ; mais l'indignation générale y forma toujours obstacle. Le mois de sa naissance fut appelé y «//«J-.

A tout cela Dion' ajoute un trait si extraordinaire, que je dois rapporter ses propres j^'^roles. Enfin il s'en trouva qui «osèrent proposer de lui accorder le pouvoir d'épouser tel nom- «bre de femmes qu'il voudroit; car, quoique âgé déplus de cinccquante ans, il avoit encore plusieurs maîtresses.» On lit la même chose dans Suétone \ Au reste l'historien fait remarquer qu'une grande partie des sénateurs cherchoit par ces flatteries excessives à exciter la haine et l'envie pour hâter sa perte , et qu'ils y réussirent, tandis que leur feint dévouement l'aveugloit lui-même au point de renvoyer ses gardes anciens , de refuser les sénateurs et les chevaliers qui offroient de lui en servir, parcequ'il croyoit n'en avoir plus besoin. « J'aime mieux, disoit-il

(i) Lib. XLIV, c. vu. (2) Cap. ui.

FAMILLE DES CESARS. iZ

«(comme l'a dit depuis notre grand Henri), périr une fois que chap i. « de craindre toujours. « ^"^^''- ^''

J Césars.

César ambitionnoit la gloire qu'obtiennent les sages législa- pi.xviictxvm. teurs, et il sut l'ajouter à la gloire militaire. En qualité de souverain pontife, il étoit cbargé du règlement des fêtes, de la fixation de l'année civile: celle-ci, qui avoit Numa pour auteur, étoit de près de onze jours plus courte que l'année solaire; et les intercalations qu'elle exigeoit avoient été faites si arbitrairement, qu'à l'époque où César régnoit elle n'avoit plus aucun rapport avec les saisons; le commencement avoit été dérangé de soixante-sept jours. Pour remédier à ce désordre, César fit venir d'Egypte un fameux mathématicien, Sosigene; d'après son conseil, il établit en 46 (708 de Rome) une année de trois cent soixante-cinq jours, portée à trois cent soixante-six dans les bissextiles. Quoiqu'elle fût trop longue d'environ onze minutes, toutes les nations chrétiennes l'employèrent jusqu'au milieu du XVI" siècle. Il établit, ou plutôt il conserva une forme de gouvernement qui annonçoit toujours une république, mais avec un chef absolu: incohérence dont il fut la victime. Le sénat, qu'il auroit pu détruire, fut conservé avec toutes ses prérogatives; mais il fut traité par César avec tant de hauteur, que, «par-là même, dit Montesquieu, sa clémence fut insultante; on «dit qu'il ne pardonnoit pas, mais qu'il dédaignoit de punir. » Il encouragea les bonnes études en donnant le droit de cité aux médecins et aux professeurs des arts libéraux, qui habiteroient Rome '. Pour empêcher que les criminels riches n'échappassent à la justice en s'cxilant eux-mêmes pour conserver leujs patrimoines , il fit coufis(pior la moitié de leurs biens ; celui des parricides tout entier. Il vouloit extraire du grand nombre de lois

(1) Suet., c. xui.

24 ICONOGRAPHIE ROMAINE. Part. II.

ù„P I un code civil peu volumineux. Il publia des règlements somp- Famiiiedts tualrcs, ouvrit les portes d'ilalie aux marchandises étrangères:

Césars. 7 1 <->

pi.xviietxvui. sou dessein étoit d'embellir la capitale de temples et de théâtres; d'ouvrir des bibliothèques grecques et latines, et il avoit chargé le docte Varron du soin de les former; de dessécher les marais Pontins; de faire écouler dans la mer le lac Fucin; d'ouvrir un cheinin à travers les Apennins, de l'Adriatique au Tibre; de percer l'isthme de Coriuthe ; enfin de faire la guerre aux Parthes , de laver la honte des aigles , et de venger la mort de Crassus. Ce dernier projet avoit un but ostensible fort louable; mais on faisoit circuler dans Rome un oracle qui assuroit qu'un roi pourroit seul l'atteindre; et les moins clairvoyants apercevoient dans ce mot roi le but caché de César. Il fixa ainsi l'indécision de ceux des sénateurs qui vouloient recréer la république en faisant périr celui qui l'avoit détruite, et qui se joignirent aux conjurés , dont les uns cherchoient à exercer des vengeances particulières ; les autres à satisfaire leur lâche jalousie.

L'an 710 de Rome, 44*^ avant l'ère vulgaire, et la 56' de son âge , César fut assassiné au milieu du sénat. Il tomba percé des coups que lui portèrent des meurtriers, à la plupart desquels il avoit laissé la vie et accordé un généreux pardon après la victoire de Pharsale. A leur tête étoit ce Marcus Brutus qui n'avoit de commun que le nom avec l'ennemi des Tarquins, que César traitoit avec assez d'amitié pour qu'on put croire qu'en expirant il l'eût appelé son fils , comme l'attestoient quelques témoins du meurtre ' ; quoique l'empereur n'eût que quinze ans plus que lui, et en eût quarante-sept à l'époque de sa liaison avec Servilia, mère de Brutus. L'autre chef de la conjuration étoit Cassius , beau-frere de Brutus ; irrité de la préférence que

(i) Dio, XLIV, 19.

FAMILLE DES CESAPtS. ^5

César avoit accordée à celui-ci sur lui pour la préture, mais chap. r amant passionné de la gloire et de la liberté. On vit se joindre ""cLL^^ à eux un Decimus Brutus que César avoit nommé son héritier pi xviietxvin. en second. Des présages sinistres, des avis secrets, les sollicitations de son épouse alarmée (Calpurnia), rien ne put Teffrayer, ni l'empêcher de se rendre au sénat le jour des ides de mars (le quinze), qui fut le dernier de sa vie. Il expira, percé de trente-trois coups, dans la curie qu'avoit bâtie Pompée, et auprès de la statue de ce rival malheureux. Lorsqu'il vit sa perle assurée, il couvrit sa tête; et, conservant jusqu'au dernier soupir ce sentiment d'égard pour la pudeur publique, qui caractérisoit les mœurs romaines, «il abaissa, dit Suétone, sur ses «jambes, le devant de sa toge, afin de tomber avec décence, «en dérobant à tous les regards la partie inférieure de son «corps.» On sait qu'alors les Romains enveloppoient seulement le pied, la jambe, et les cuisses, dans des bandelettes plusieurs fois repliées, sans porter d'autre vêtement sous la punique.

Les suites de cette mort, le testament de César, l'adoption d'Octave, la conduite prudente d'Antoine, resté seul consid par cet assassinat, etc. , tous ces détails se lisent dans les notices sur Marcus Brutus et sur Antoine, cpil se voient dans la première partie de l'Iconographie romaine. Mais la Généalogie abrégée de la famille de Jules César se trouve placée à la fin de ce chapitre. D'après la nature de cet ouvrage, elle ne devrolt présenter les noms que de ceux des princes et des princesses de cette famille dont nous possédons quelques portraits; nons y avons cependant ajouté quelques personnages, nécessaires pour la continuité des filiations. Au reste, on trouvera cette Généalogie complète dans rédllion qu'a donnée de Tacite Gabriel Brollcr'.

(i) Tome I, p. 46r.

i6 ICONOGRAPHIE PiOMAINE. Part. IL

ciiAP. I. Voici le portrait de César, tracé par Suétone":

Famille des «Lcs tradilions nous apprennent qu'il étoit d'une taille éle-

l'i.xviictxvni. «vée; qu'il avoit le teint blanc, le visage assez plein, les yeux «noirs et vifs: il prenoit un si grand soin de sa personne, que « non seulement il fesoit couper ses cheveux symétriquement, et «qu'il se fesoit raser, mais encore qu'on l'épiloit. Ses ennemis «le plaisantoient sur la peine qu'il ressentoit d'être chauve; de «là vint qu'il ramenoit ses cheveux sur le front, et que de tous «les honneurs et les privilèges accordés par le sénat et le peu- «ple, celui qui l'autorisoit à porter toujours une couronne de «laurier lui fut le plus agréable.»

Velleius^ dit qu'il étoit le plus beau des Romains: Forma omnium civium excellentissimus.

Le sénat décréta que le portrait de César seroit placé sur les monnoies , appelées médailles par les antiquaires lorsqu'il s'agit de celles des anciens peuples^: cet honneur n'avoit été accordé encore à personne. Sa tête y est ordinairement ornée d'une couronne de laurier qui n'est point entourée du diadème, comme celle que portèrent les successeurs d'Auguste. ^"4 615. «Il n'existe point de médailles avec la tête de César, dit

«M. Visconti, qui soit d'un beau travail; ordinairement celles « qui présentent son portrait paroissent avoir été frappées dans «les provinces. Cependant, comparées entre elles, elles offrent « un ensemble assez décidé pour faire reconnoitre le portrait de «ce dictateur sur des marbres antiques. m On voit ici, sous les n° 4 et 5 (pi. XVII), deux médailles d'argent du cabinet du Roi. Sur la première on trouve la tête de César ceinte d'une couronne de laurier simple, avec la légende CAESAR • IMPera/or, gravée des deux côtés, mais en relief sur l'un, et en creux sur l'autre.

(i) Cap. XLV. (2) Lib. H, cap.XLi. (3) Dio, XLIV, 4; Zonar, X, 12.

Les antiquaires appellent ces médailles des incuses , parcequ'elles cbap i. sont les résultats de la négligence des monnoyeurs , qui ou- ^^cé'lrs^" blioient quelquefois de retirer la médaille frappée avant de pla- pi.xviietxvm. cer \eJlaon, c'est-à-dire la médaille à frapper. L'astre gravé derrière la tête est relatif à la planète Yénus ( César prétendoit descendre d'Enée , fils de cette divinité ) , ou au soleil , dont le cours avoit été pris pour base de l'année julienne. La même têteparoît sur la seconde médaille , dont le revers présente la tète d'Auguste avec la légende C AES<2r DIVX Yilius ; César ,jîls du dieu ( César ) . Le vase placé derrière la tête d'Auguste est le signe distinctif du monétaire, ou un des attributs du souverain pontife.

Une statue du Capitole, revêtue de cuirasse et de clilamyde, représente César ' ; « elle parolt exécutée après sa mort , dit «M. Visconti, et les traits tiennent de l'idéal.»

Je n'en fais mention ici que pour rappeler ce passage de Pline ' : Cœsar quidem dictator loricatam dicari sihi in J'oro suo passus est.

Le roi de Naples possède un buste colossal de César dont la x'i,3,ct3. face et le profil sont gravés sous les n° i et 2 (pi. XVII). Il faisoit partie de la collection Farnese. Il est d'un beau travail. Mais on peut citer après ce buste la tête d'une statue colossale du musée du Capitole, ici n" 3. L'intérêt que l'on porte à ce Romain célèbre, et l'occasion fréquente de reproduire ses traits, ont engagé à les multiplier en faveur des artistes. Les n" i et 2 de la n" i « 3. planche XVIII présentent la face et le profd d'un buste de basalte noir qui est conservé dans la bibliothèque du château royal de Saint-Cloud. César y paroitavec les traits d'un homme dont la vieillesse commence à sillonner le visaiie.

La manière dont les cheveux sont ramenés sur le front de ces

(i) Pericr, t:,l). IX. , (2) Lib. XXXIV, §. 10.

iS ICONOGRAPIITK ROMAINE. Part. II.

Chai.. I. troîs biistcs , ct IV'gallté avcc laqucllc Us y sont coupés, expliquent ' c'!v^ ' l'expression de Sut'todc,«ito7Z(r/ere/f/r<^Z///^(?/zter, beaucoup mieux pi.xviietxviii. que je n'ai pu le faire en disant : Il iaisoit couper ses cheveux symétriquement. On la retrouve sur les têtes des princes de la famille d'Aii£;usle.

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