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ciiAP ( dessin dans son véritable sens , et il adopta l'expUcation de Rii- Fainiiio des jj^ns. Eclvliel a imité et suivi Montfaucon ; mais le dessin et la
Césars.
irraviire sont assez corrects". Tous ont reconnu Tibère avec le costume des triomphateurs.
Ce camée, dont le travail est supérieur pour le dessin à celui de l'agate de la Sainte-Chapelle, n'est composé que de deux scènes; une de moins que sur l'autre camée.
Au milieu de la première, on voit Au£juste assis, représenté avec le torse nu, comme Jupiter, tenant le lituus et le sceptre. Son aigle est posé au-dessous du siège. A sa droite, la gauche du spectateur, est assise la déese Rome , dont les traits du visage présentent le profil idéal. Elle est coiffée avec un casque à triple aigrette; elle tient de la main droite une liaste, et appuie la ejauche sur \e parazonium. Rome et Auguste se regardent; ils foulent aux pieds des casques et des boucliers. On voit le capricorne au-dessus d'Auguste.
Derrière l'empereur, une femme dont le profil est idéal, coiffée avec des tours et un voile, la Terre, debout, place sur sa tête une couronne de laurier. Un homme dont le torse est nu , la chevelure et la barbe hérissée, Neptune, se réunit à la Terre pour le couronnement d'Auguste. A leurs pieds est assise une femme demi-nue, couronnée de lierre, ayant le profil idéal, tenant de la main gauche une corne d'abondance,, soutenant sa tête de la droite, ayant à ses côtés deux enfants nus, dont l'un tient des épis: c'est l'Abondance, divinité qui regarde Rome et Auguste.
Devant Rome et Auguste, on voit un char dont les chevaux sont guidés par la Victoire ; ce qui le fait reconnoitre pour un char de triomphe. Des armes sont jetées au-dessous. De ce char
(i) Pierres gravées du cabinet de Vienne, planche l"
descend un Romain d'un âge avancé, Tibère, en habit civil, chap. i. revêtu d'une tunique liée avec une ceinture, et d'une toge, te- ^"ce'Jr/* nant un sceptre de la main gauche, et de la droite un objet qui pi. xix*. est effacé. Entre le char et Rome est debout un jeune homme que les médailles font reconnoître pour Germanicus : il porte le costume militaire ; il appuie la main droite sur son flanc , et la gauche sur le parazoniuni.
L'érection d'un trophée au pied duquel sont liés des barbares, et d'autres barbares que l'on traîne vers ce monument de leur défaite et de leur captivité , remplissent la seconde scène, la scène inférieure.
Les auteurs qui ont écrit sur ce camée , Albert Rubens , Montfaucon, etc. ', ont voulu reconnoilre le triomphe accordé à Tibère l'an 763 de Rome, 10" de l'ère vulgaire, 40" du règne d'Auguste, à cause de ses victoires sur les Pannoniens, et que la nouvelle de la défaite de Varus fit différer. Ils ont cru que sa descente du char triomphal, conduit par le génie de la Victoire, exprimoit ce contre-temps , comme si la fatale nouvelle lui eût été annoncée au moment où il montoit triomphant au Capitole. Il est probable que les historiens auroient conservé le souvenir de celte singulière circonstance; mais le silence de ceux qui nous sont parvenus est absolu. Voici comment Suétone' s'explique: ce On lui accorda le triomphe, de très grands et de nom- «breux honneurs.... Auguste fit retarder ce triomphe, à cause «de la douleur dans laquelle la déAiite de Varus avoit plongé «Rome. Mais Tibère n'entra pas moins dans la ville, revêtu de «la prétexte, et couronné de laurier.»
(i) Depuis que j'ai composé cotle expli- sur nn came^e (gravé ici, pi. XXIX, n° i ),
cation, j'ai découvert que C.uper avoit fait qui est jointe à celle qui e.\|ili(nie les mo-
(lu second passage de Suétone le nicine nuuieuts consacres à liai iiuciale. usage que moi; c'est dans sa dissertation (?.) Cap. xvn.
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Un relard aussi triste, causé par un événement dont Auguste
Famille Jcs fut si douloureusement affecté, a-t-il pu exercer les talents d'un
habile artiste, et de quel œil auroit-il été vu par l'empereur? Ce W. XIX*. . . ,. . .
seroit pour ainsi dire un monument satirique.
Il n'en est pas de même de l'explication que je propose de substituer à celle que je viens d'exposer: on y trouve la convenance; et un passage de Suétone' lui sert de base. «Tibère re- «vint de la Germanie deux ans après (765 de Rome, 12*^ de l'ère ce vulgaire , ^n' du règne d'Auguste ) ; alors il célébra le triomphe « qu'il avoit différé, suivi parles lieutenants auxquels il avoitfait «accorder les ornements triomphaux: avant de monter au Ca- «pitole [priusquam in CapitoliuinJlcctere€),'A descendit de son «char, et se prosterna aux genoux de son père, qui présidoit à «la pompe triomphale'.» Ce témoignage de piété filiale est, à mon avis, le sujet représenté sur le camée. Il remplit de joie le cœur d'Auguste ; et la poésie l'a aussi célébré.
On lit dans Ovide^ : Rome te verra avec joie paroitre en vain- «qucur sur la roche Tarpéienne, traîné par des chevaux ornés «de fleurs. Ton père, éprouvant la joie qu'il fit jadis ressentir «au sien, sera témoin déshonneurs qui te seront décernés avant «rà";emiîr. »
M. Yiscouti^ a dit, avec raison, que le principal personnage de ce camée est Auguste, représenté, comme Jupiter, assis, le
(,) Tih., c. XX.
(2) L'expression m Capitolium jtccteret , est susceptible de deux sens différents, que je dois faire connoître. L'un se trouve indiqué dans ce passage du septième plaidoyerde Cicéron contre Verres (cap. xxx): Currum deforo in Capitolium fiectere ; « dé- (. tourner son char, pour aller du forum au « Capitole. » L'autre est relatif à l'usage où
étoit le triomphateur de monter, sur ses genoux, les degrés de la plate forme du Capitole. (Dio, 1. LX, c. xxiii, et !. XLIII, c. xxi); dan~ ce sens, il faut sous-entendre asceiiswus et fjenua; dans le texte de Suétone , priusquani in Capitolium (ascensurus) JJccteret (genua).
(3) De Ponio, H, i, 5;.
(4) Miiseo l'io-Clcm., III, p. i , not. E.
torse nu, tenant un sceptre et le Utuus , l'aigle à ses pieds. Le ca- c.i*p i pricorne, gravé au-dessus de ce personnage, témoigne que c'est ^""^^^^f Auguste, qui étoit né sous ce signe , et qui le faisoit graver sur pi xix* ses médailles. Aussi Manilius', parlant du capricorne , dit, «qui «brilla si heureusement au moment de la naissance d'Auguste. «
Rome est représentée souvent sous les traits d'une femme armée, telle qu'on la voit ici. L'association de Rome personnifiée, et d'Auguste représenté sous les traits d'un dieu rappelle l'adroite politique de ce prince. Il craignit d'offenser le peuple romain , en acceptant les honneurs divins qu'on vouloit lui rendre dans les provinces. Il s'y refusa , à moins que la déesse Rome ne les partageât avec lui ; mais il ne le permit jamais dans la capitale de l'empire. Suétone' nous l'apprend:
«Quoiqu'il sût que l'on élevoit des temples en l'honneur des «proconsuls, il ne souffrit point qu'on lui en bâtit dans aucune «province, à moins que la ville de Rome n'en partageât l'hon- «neur avec lui; mais il refusa toujours avec obstination qu'on «en élevât dans la capitale.» Aussi lit-on sur plusieurs de ses médailles, frappées hors de la capitale, et sur-tout à Lyon, la légende ROMAE ET AVGVSTO. On trouve aussi cette double consécration dans une inscription du recueil de Muratori'. Il pourroit paroi tre extraordinaire à quelques personnes de voir le Utuus j attribut des augures et du souverain pontife, placé dans la main d'Auguste, qui est représenté sous la forme d'un dieu. Je citerai deux exemples semblables; une médaille d'or de Jules César'*, sur laquelle on lit DIVO IVLIO autour de sa tête, couronnée de laurier; une comète dans le champ. Au revers, un
(i) Jstron.., Il, V. 499. (4) Mus.d'Jrschot;Gessner,Iinp.,tah.iv,
(a) Jiig., cap. lu. ;V; iMorcIli, Foniil., tab. xv, n"3, p. 5.(1);.
(3) Page 222 , n° 5, Le.\ii-. , RçiA'um. Artsc/if , t. F I, part. ii. i n-K
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cim. I temple à six colonnes, dans lequel s'clevc sa statue, tenant le ranùiiedes 11^^^. ]('.,rcndc, ViibUus LENTVLVS MARCELLINVS AED//a
Césars. o '
PI. XIX*. CYR«//i'.. On voit ici, sous les n" 3 et 4 > une médaille d'argent N'3ci 4. d'Auguste : d'un côté, sa tête, avec la légende \}i,WeratorCPi.V.sar DIYl lilius III VIR. ITERm/?^ '^ei^uhlicœ C\B.andœ : revers, la statue de César, tenant le iitiius, dans un temple; on lit sur le fronton, DIVO IVLTO, et la légende COS. {consul) ITERwm ET TER DESIGN«/«^.
La victoire navale d'Actium autorisoit l'artiste à réunir, pour couronner l'heureux Octave, Neptune à la Terre, personnifiée avec la coiffure de Cybele.
Le bonheur et l'abondance dont Rome jouissoit pendant son règne sont rappelés ici par la présence de l'Abondance et de la Fécondité réunies en une seule personne : c'est une femme portant une couronne de lierre, attribut des personnages attachés au culte de Bacchus, tenant la corne remplie de toutes sortes de fruits, et ayant à ses côtés le symbole de la fécondité, deux enfants, dont l'un tient deux épis.
Un char, dont les chevaux sont guidés par la Victoire, qui tient un fouet , est le char triomphal d'où descend un personnage d'un âge mur, Tibère, âgé de cinquante-trois ans. Il porte le costume des triomphateurs, la couronne de laurier, et la toge, dont la sculpture, qui n'exprime point les couleurs, ne peut faire distinguer l'espèce, et il lient de la main gauche le sceptre d'ivoire, ordinairement surmonté d'un aigle. Le temps a détruit l'objet qu'il tenoit de la main droite.
Pourquoi Germauicus fait-il partie de cette scène. ^ La réponse se trouve dans le passage de Suétone ', que j'ai rapporté, et dans lequel il est dit de Tibère: «Il célébra le triomphe qu'il avoit
(1) Tib , ?,o.
FAMILLE DES CESAPtS. , 65
«différé, suivi par les lieutenants auxquels il avoit fait accorder ch,p. i. «les ornements triomphaux. » Auguste , en habile politique , mul- ''''^^'"^^^ " tiplia les honneurs et les récompenses , pour augmenter le nom- pi. xix*. bre de ceux qui se dévouoient à lui. Il établit une distinction entre le triomphe et les ornements qui décoroient le triomphateur. Il les accordoit une première, ime seconde fois; mais il ne décernoit souvent le triomphe que dans un temps plus reculé. Lorsqu'il l'accorda à Tibère, il ne donna que les ornements triomphaux à Germanicus , qui avoit commandé sous ses ordres. Nous en avons pour témoin Dion'. «Germanicus apporta la «nouvelle de cette victoire; pour la célébrer, on décerna à Au- «guste et h Tibère le titre à'imperator, avec le triomphe.... mais «à Germanicus, les honneurs triomphaux seulement, ainsi qu'à «plusieurs autres chefs.»
Ainsi Germanicus devoit suivre le char de Tibère; mais pourquoi n'est -il pas à cheval comme les chefs des légions.^ C'est encore Suétone'' qui donnera la réponse; décrivant le triomphe de l'empereur Claude, après son expédition dans la Grande-Bretagne, il dit que «son char étoit suivi par ceux qui avoient ob- «tenu dans cette guerre les ornements triomphaux; qu'ils étoient «à pied, revêtus de la prétexte : mais que Cassius Frugi, portant «la toge chamarrée d'or, montoit un cheval richement capara- «çonné, parcequ'il étoit décoré des ornements triomphaux pour «la seconde fois.» Or, Germanicus ne les ayant encore obtenus qu'une fois, ne pouvoit paroître à cheval dans cette pompe.
La scène inférieure s'explique d'elle-même : ce sont des Germains et des Pannoniens captifs. Ils portent le costume que les artistes romains semblent être convenus de donner aux barbares, européens et africains: le torse est nu, les cheveux sont longs et
(i) Lib. LVI, §. 17. (o.)Cap. xvii.
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Chap. I. hérisses, ainsi que la ])ar])C. Il faut excepter les Egyptiens, qui
Famille dfs conscrvcnt sur les monuments leur costume particulier. Quant
n.xix-. à celui des Asiatiques et des Scythes, il consiste en vêtements qui
couvrent tout le corps , avec la mitre phrygienne, une tunique à
longues manches, de longues chausses, des chaussures fermées;
et dans Tahscnce de la barbe.