ICONOCRyVPIITE ROMAINE. Part. IL
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Famille des ■■lir* ■ /""l'" •.>! 1 ^>r'
Césars. «'^ccusoit de le lavoriser. L.elui-ci parvint a le calmer, et a taire PI. xxvir. différer jusqu'au lendemain , en promettant d'ôter la vie à Agrippine si, après avoir été entendue, elle se trouvoit coupable. Elle défia ses accusateurs de prouver qu'elle eiit essayé d'ébranler la fidélité des cohortes ou des provinces, de produire des esclaves ou des affranchis qu'elle eût corrompus; enfin elle demanda à son fds un entretien secret dans lequel elle ne parla point de son innocence , comme si elle ne croyoit pas qu'elle put être soupçonnée, ni de ses bienfaits, dont le récit eût été un reproche. Elle obtint des peines contre ses délateurs, et des récompenses pour ses amis.
Malgré cette^ réconciliation, soit feinte, soit forcée ^ Néron n'étoit pas d'un caractère à différer longtemps l'exécution d'un crime qu'il croyoit utile à sa sûreté. Les intrigues d'Agrippine lui causoient de trop vives inquiétudes pour qu'il ne cherchât pas à s'en affranchir. Ce n'étoit pas assez pour lui d'avoir dépouillé sa mère de tous les honneurs publics, d'éviter sa rencontre en tous lieux, et de lui faire éprouver tous les dégoûts d'une surveillance ombrageuse, il résolut, l'an Sg, de lui ôter la vie. Ce forfait appartient particulièrement à l'histoire de ce fils dénaturé,, et c'est là que j'en rapporterai les détails. Je dirai seulement ici qu'après avoir échappé à la mort qu'il lui avoit préparée par la rupture d'un navire disposé à cet effet, Agrippine fut poignardée, par son ordre, à l'âge de quarante-trois ans; elle s'écrioit : «Percez ce sein qui a produit un parricide.» Tacite dit, après ce récit: «Quelques personnes assurent que Néron osa «fixer des yeux avides sur le cadavre de sa mère, et qu'il en «loua les belles formes; mais d'autres nient cette atrocité. '.»
(0 Jnnai, XIV, 9; Xiphil., LXI, 14.
FAMILLE DES CESARS. ii3
On brûla les restes cVAgrippine la nuit même de l'assassinat, ch*!- i. sans aucun honneur funèbre, et tant que Néron vécut, on n'é- ""cLL^' leva aucun monument sur la terre qui les avoit reçus. Un de ses pi. xxvu. affranchis, Mnester, se poignarda sur son bûcher. «On ne sut «pas, dit Tacite, s'il fut porté à cet acte de désespoir par son «attachement à sa maîtresse, ou par la crainte du supplice." Telle fut la fin d'Agrippiue, fille du César Germanicus, petitefille d'Agrippa, arriere-petite-fille d'Auguste, sœur d'un empereur (Caligula), épouse d'un autre empereur (Claude), et mère d'un troisième (Néron). On ne trouve dans les temps antérieurs qu'une femme distinguée par d'aussi belles alliances, c'est Lampido, fille de Léotychidas, épouse d'Archidamus , mère d'Agis, tous trois rois de Sparte; et, dans les temps modernes, que Claude, fille de Louis XII, épouse de François I", mère de Henri II.
On voit à Naples , dans la collection des Farneses, devenue la n" 6 et 7. collection royale, une belle statue de la mère de Néron. Les n 6 et 7 en présentent le profil et la face. Il y a dans ses traits quelque chose de dur qui rappelle les crimes que lui reproche l'histoire; mais ils sont grands et majestueux. Le prince Chigi, à Rome , possède un très beau buste de cette impératrice.
Ses traits sont bien exprimés sur la médaille du n" 8. Elle est ^' ' d'or, et présente d'un côté la tête de Claude, couronnée de laurier, avec la légende TJberàis CLAYDius CAESAR AYGustus GERWlanicus Vontifex Maximus TKibunitia VOTestate Vater Vatriœ. Pixx revers: tète d'Agrippine, couronnée de laurier, avec la légende AGRIPPINAE AVGVSTAE.
ClIAV. I.
Famille des Césars.
PI, XXIX
214 TCONOGRAPIIIi: ROMAINE. Paut. II.