‹ Iconographie romaine (volume 5)Chapitre 11 sur 139 · LUCIUS AELIUS CESAR · texte numérisé non relu

LUCIUS AELIUS CESAR

« Ce prince n'a dans sa vie, dit Spartien ', rien de mémoralile «que d'avoir reçu le titre de César, non eu vertu d'un testa- «ment, comme c'étoit l'usage, ni par l'adoption, comme Trace jan; mais avec les mêmes attributions que Dioclétien accorda «aux Césars Maximien et Constance; c'est-à-dire comme à des « fils d'empereurs et à des héritiers de l'empire. » Il est fi'icheux que Spartien n'ait point fait connoître les attributions particulières accordées par Hadrien à Lucius Aelius; mais on peut assurer en général que chaque empereur qui donnoit le titre de césar j attachoit à son gré diverses portions d'autorité, parcequ'il ne croyoit son pouvoir limité par aucune loi, et parcequ'il n'existoit réellement point à Rome de constitution impériale. *

Le père du César Lucius Aelius fut Cesonius Commodus, que les uns ont appelé Verus; d'autres, Lucius Aurelius; d'autres enfin, Annius. Il descendoit d'une famille noble, originaire d'Etrurie. Le fils porta ces noms divers, et y joignit celui d'Aelius, après son admission dans la famille Aelia, par l'adoption d'Hadrien , et le titre de César par le choix de cet empereur. Ce fut alors qu'il se fit appeler simplement Lucius Aelius César. On cherche vainement la cause qui détermina l'empereur à placer si près du trône un citoyen qui n'étoit recommandable sous aucun rapport. Spartien' dit seulement, « C'étoit un homme qui menoit « une vie licencieuse, qui avoit des counoissances assez étendues « en littérature; les malveillants assurent qu'il gagna les bonnes

(1) In Jeliojl. (2) Ibid., V.

bi

a grâces d'Hadrien plutôt par la beauté de ses traits que par de «bonnes mœurs.» Les savants sont partagés d'opinion sur l'année dans laquelle fut faite cette adoption : les uns assignent 888 de Rome, et ils ont pour appui Spartien dans la vie d'Hadrien et dans celle d'Aelius ; les autres, l'année 889. Une inscription recueillie par Gruter' est favorable aux derniers. Elle présente Tannée 21 de la puissance tribunitienne d'Hadrien, avec la première de cette même puissance pour Aelius jointe à son second consulat. Or ce fut au mois d'août 890 qu'Hadrien entra dans la vingt-unième année du tribunal; donc la première d'Aelius commença avant la fin de 889.

Aelius, aussitôt ajjrès son adoption, fut nommé préteur, gouverneur de la Paunonie, où il acquit de la gloire, selon Spartien, consul pour la première fois l'an 889, et consul désigné pour la suivante. Sa mauvaise santé et de fréquents vomissements de sang le firent retourner, après une courte absence, à Rome, où, ayant pris un remède dont il espéroit un grand soulagement, il mourut le premier jour de l'an i38 (891 de Rome). Quelques écrivains ont avancé cette mort d'une année entière; mais ils sont contredits par l'inscription citée plus haut, et par une seconde du même recueil \ dans laquelle on lit : L • AELIO • CAE- SARE • H • P • COELIO • BALBINO KAL • IVL. «Il fut enterre, « dit Spartien , avec les honneurs que l'on rendoit aux empereurs; « et il n'eut de la royauté que les honneurs funèbres. » Aussi Hadrien le pleura-t-il, ajoute le même historien ^, non en bon prince, mais eu bon père. Cependant on put attribuer la mort d'Aelius à ces paroles de l'empereur adressées au préfet des prétoriens et relatives à la maladie du jeune César: «J'ai ])erdu les

Cbai'. IV.

Nerva

ei -sd famille aJoptive.

IM XXXIX •

(1) Paf;e ccui , a.

(2) Page Mix, 6.

(3) Cap. vm.

(4) Cap. vi.

CI XXXIX

IS' I et 2.

cha. IV «3 mille sesterces Tphis de Si millions de fr. ), que j'ai distri- ^T" „ «bues à l'armée et au peuple (lorsque Aelius avoit été nommé

t sa faraillf 1 x ^ L

a.ioptiv. «César); car j'ai pris pour appui une muraille qui penche et «qui, loin de pouvoir soutenir l'empire, peut à peine me soute tenir moi-même.» L'indiscrétion tlii préfet, qui répéta ces paroles, apprit à Aelius qu'il ne devoit plus avoir d'espoir de ii'uérison, et avança le terme fatal.

Ce prince avoit de l'éloquence et de la bravoure; mais sou goût pour la débauche et pour le luxe de la tai)le a terni sa mémoire. On ne se le rappeloit qu'en parlant des lits de roses et de lis sur lesquels il couchoit, et des mets extraordinaires dont il se glorifioit d'être l'inventeur. L'Art de plaire d'Ovide ' étoit sa lecture favorite; et il appeloit Martial son Virgile.

Aelius avoit épousé une fille de Nigrinus, dont on ne trouve point le nom dans l'histoire; inais Mezzabarba et Occon l'ont appelée, sans aucun fondement, Domitia Lucilla, et lui ont attribué quelques unes des médailles de Lucille, épouse de Lucius Verus '.

L'épouse d' Aelius le rendit père de ce Lucius Verus qui fut emi^ereur avec Marc-Aurele, et d'une fille appelée Fabia, qui fut promise en mariage à Marc-Aurele, mais qui ne l'épousa pas.

Spartien dit qu'il étoit très bel homme, qu'il avoit beaucoup de dignité dans les traits du visage. Quoiqu'il n'ait été César que peu de temps, ou a cependant de lui des marbres et des médailles , parceque Hadrien, qui en avoit fait déposer les cendres dans son mausolée, lui fit élever des temples et des statues colossales '.

On voit sous les n" i et 2 de la jDlanche XXXIX* la face et le

(1) De Arte .-iniinifli. (2) Spart., VII. (3) Numism.,^. ^^■].

profil d'une statue du musée royal, n" iio. Elle étoit conservée à Rome, dans la villa Pinciana' (jadis villa Borghese). La tète présente les mêmes traits, la même coiffure, et la même barbe que les médailles du César Lucius Aelius. 11 faut observer seulement que l'extrémité du menton, qui a été restaurée, est plus longue qu'elle n'a dû l'être avant la fracture. Le musée royal renferme sous le n° 111 une autre statue, trouvée dans les fouilles de Gabies , sur laquelle on a remplacé la tête originale, qui manquoit , par une tête antique qui présente les traits d' Aelius jeune \

Le médaillon du u° 3, de bronze, présente la tête nue du César Aelius, avec la légende hucius AELIVS CAESAR. Revers, TRibunitia POTestas COS. (consul) II; Cérès assise sur la ciste (corbeille sacrée des mystères); Aelius, en costume civil, debout devant elle.

Chap. IV.

Nerva

' t sa famille ailoptive.

PI. XXXIX'

(i) Villa Borghese, \,Y>- '9- (2) Moniimenti Gabini, p. ^-j.

64 TCONOGRAPHTE ROMAINE. Part. II.

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