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68 ICONOGRAPHIE ROMAINE. Part. II.
Ton croit avoir été consul en 69, est connu particulièrement pour avoir témoigné à Nerva, son ami, que Ton créoit empereur, non lop.iv, (Je 1j, JQie ^ ij^ais (Je la commisération '. Il fut père d'Arria Fadllla , mère de l'empereur Antonln, et probablement aussi d'un fds que riiistoirc ne nous fait point connoitre, mais qui paroît avoir été le mari de Matidie, petite-niece de Trajan; car celle-ci étoit en effet tante maternelle d'Antonin. Cette famille fut toujours nombreuse; aussi Lampride dit-il' que dans le troisième siècle il y avoit encore plusieurs Antouins issus de parents ou d'alliés du premier des empereurs de ce nom.
Celui-ci naquit l'an 86 (839 de Rome). Ses noms furent Titus AureliusFulvus Bojonius Arrius Autoninus. Son père avoit été consul; et il le fut lui-même Tan 1-20 (873 de Rome), après avoir exercé la questure et la préture avec beaucoup d'éclat et de grandes dépenses, parceque plusieurs de ses parents, touchés de la douceur de ses mœurs, l'avoient institué leur héritier.
Hadrien, qui l'estimoit beaucoup, le nomma un des consulaires chargés du gouvernement de l'Italie, et bientôt après, proconsul d'Asie. «Il gouverna cette province, dit Capitoliu *, «avec tant de prudence, que seul il put faire oublier son aïeul, ce dont le sage proconsulat étoit encore présent à la mémoire des «Asiatiques. 5> Au retour de cette province, Antonin fut admis dans le conseil particulier d'Hadrien. Il avoit épousé depuis longtemps Faustiue, tante paternelle de Marc-Aurele, qui le rendit père de deux fils et de deux filles : l'une de celles-ci fut l'épouse de Marc-Aurele; l'autre, qui avoit été mariée à Lamia Syllauus, mourut à l'époque où Antonin fut nommé proconsul d'Asie. Quant aux deux fils, qui perdirent la vie avant son avènement à
(i) Vict., Epit., XII. (2) In Diadum., I. (3) In Anton. , III.
l'empire, on ne conuoît le nom que d'un seul, de Galerius Antoninus. Ce nom est gravé sur une médaille grecque, avec sa tête; mais le travail est si grossier, qu'elle ne mérite pas d'entrer dans ce recueil'.
Le César Aelius étant mort subitement le i" janvier i38 (8g i de Rome), Hadrien assembla les sénateurs le -25 février suivant. Après avoir parlé de la perte qu'il avoit faite, il leur dit' : «Je «vous ai choisi et je vous donne un autre empereur, de noble «extraction, modéré, prudent, trop âgé pour se conduire avec «témérité, trop jeune pour le faire avec négligence, versé dans «l'étude des lois, ayant exercé toutes les charges, comme il étoit «d'usage chez nos ancêtres; de sorte qu'il a toutes les connois- « sauces nécessaires pour gouverner, et qu'il en fera un bon usage. «C'est Aurelius Antoninus, que je sais être par caractère fort «éloigné des affaires, et encore moins avide des honneurs; mais «qui, je l'espère, voudra prendre soin de moi et de vous, et ac- «cepter le commandement malgré sa répugnance. « Antonin eut dès-lors le titre de César, de fils adoptif d'Hadrien, de son collègue dans la puissance proconsulaire et dans la puissance tribunitienne. Mais l'empereur exigea de lui que, n'ayant plus d'enfants mâles, il adoptât Annius Verus (appelé depuis Marc- Aurele), neveu de l'impératrice, et Lucius Commodus (Verus), fils du défunt César Aelius. Ces deux jDrinces portèrent dès-lors le nom de César.
Par une fatalité que rien ne peut expliquer, nous n'avons pas sur l'histoire d' Antonin autant de renseignements que sur celle de ses prédécesseurs. Capitolin n'a écrit qu'un abrégé de sa vie; et la partie de l'ouvrage de Dion qui avoit rapport à cet empereur
Cuvp. V.
Antonin-Pie it sa famille
adoptive.
ei XL.
(1) Doct. Num. Fet, VII, 43. (2) Dio, LXIX, ai.
jo ICONOGRAPHIE ROMAINE. Part. II.
c„M V se trouvoit perdue dès le temps où Xîpliilin composoit un Antonin-iv al)r(''iré de cct auteur, il y a plus de huit cents ans.
et sa famille " 7^1
wioptivr L'adoption d'Antonin fut célébrée par de grandes largesses,
et XL. qu'il fit de son propre bien, sans puiser dans le trésor public. Il en usa toujours de même. Les revenus de ses biens, qu'il faisoit cultiver avec beaucoup de soins, et qu'il visitoit tous les ans pour y jouir des douceurs de la vie privée, suffirent toujours seuls à ses besoins personnels et à ses nombreuses libéralités. Il témoigna pour Hadrien la plus vive reconnoissance, et la tendresse vigilante d'un fils. J'ai parlé dans le chapitre précédent des soins qu'il prit pour prolonger la vie de cet empereur, et pour lui ôter les moyens de l'abréger. Quelques personnes y ont cru trouver l'origine du surnom Plus, que lui donna le sénat, et qui désignoit plus souvent la piété filiale que la piété religieuse. Lorsque Hadrien fut mort, le lo juillet i38 (891 de Rome), Antonin sollicita le sénat pour lui faire rendre les honneurs divins, comme on en avoit usé avec ses prédécesseurs; mais les sénateurs, irrités de ce que cet empereur, dans les derniers temps de sa vie, avoit fait mourir plusieurs de leurs collègues, et avoit ordonné à Antonin d'oter la vie à d'autres (la seule fois que celui-ci lui ait désobéi), rejetèrent sa demande. Cependant, vaincus par les prières d'Antonin, et considérant que cet acte de rigueur rendroit contestable l'élection de ce fils adoptif d'Hadrien , comme ayant été faite par \v\\ prince abhorré , ils accordèrent l'apothéose. Antonin institua en son honneur, à Pouzzoles , des jeux quinquennaux appelés Pialia; et Eckhel' conclut avec probabilité de ce nom que le surnom Pins lui fut donné à cause des honneurs extraordinaires qu'il fit rendre à Hadrien.
(i) Docl. Num.VeL,y\\,'i&.
Antonin-Pie Kt sa famille ive.
Au reste plusieurs de ses successeurs, Commode entre autres, chai. v osèrent prendre ce noble surnom; mais il ne servit qu'à faire remarquer combien ils en étoient indignes. •*''°p'
Parvenu àTempire, Antonin conserva, sans blesser la dignité etXL. impériale, la simplicité de mœurs qui l'avoit rendu si recommandable; et ses amis ne trouvèrent aucun changement dans son intérieur. Quant aux sénateurs, il les traita avec tous les égards qu'il regrettoit de ne leur avoir pas vu témoigner par ses prédécesseurs; il leur communiquoit tous les actes de son gouvernement; il en usoit de même avec les peuples, qu'il instruisoit par des proclamations. Jamais il ne demanda le consulat, ni d'autres dignités pour lui ou pour ses enfants, que comme Fauroit fait un simple particulier. C'est de lui que Marc-Aurele ' disoit avoir appris qu'un prince peut, même à la cour, vivre sans gardes, sans ornements impériaux, et sans se faire précéder par des serviteurs portant un feu perpétuel (dans lequel on brùloit des parfums).
Il surveilloit sans relâche les gouverneurs et les intendants des provinces, leur recommandant la modération dans la levée des impôts, et exigeant un compte rigoureux de leur administration, lorsqu'ils avoient excité des plaintes. C'est pourquoi les villes et les provinces furent, sous son règne paternel, riches et florissantes.
Le jeune Victor' décrit ainsi les relations des peuples étrangers avec cet excellent prince: «Tous les rois et les peuples, « et toutes les nations , étoient si pénétrés de crainte et d'ace mour pour lui , qu'ils le regardoient plutôt comme un père « et un protecteur que comme un maître et un empereur, et
(i) Lib. [, cap. XVII. {?.) Epit.,X\.
-ji ICONOGRAPHIE ROMAINE. Part. II.
c.A, V. «qu'ils s'.'ulrcssolent à lui, comme à une divinité, pour termi- Anton.n-Pie « ngr leurs différents. Les Indiens, les Bactriens, les Hyrca-
el sa famille ''
adoptive. ce niens , convaincus de son équité parfaite, que rehaussoient un
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,., XL ce iront serem, de Ixaux traits, une grande taule, et un port «majestueux, lui envoyèrent des ambassadeurs.» Quoiqu'il n'ait jamais commandé les armées, parcequ'il ne trouvoit point de charmes dans la gloire militaire, cependant il employa de bons généraux pour réprimer dans l'Achaie et en Egypte quelques séditieux qui se révoltèrent ; pour repousser les Maures jusqu'au mont Atlas, les Brigantes (peuple du Northumberland) dans leurs forêts, où il les contint en faisant construire un mur semblable à celui d'Hadrien, les Allemani, les Daces, les Alains, enfin les Tauroscythes.
Antonin trouva dans son économie habituelle les moyens de faire des constructions utiles et dignes d'admiration. Il fit creuser un porta Gaëte, rétablir ceux de Terracine , de Pouzzoles , et achever le tombeau d'Hadrien. Dans la Grèce , dans l'Ionie , dans la Syrie, et à Carthage, il contribua par des sommes considérables à la construction de nouveaux édifices, ou au rétablissement des anciens. Il éleva au rang de ville le bourg de Pallaiitium dans l'Arcadie', et l'exempta de tout impôt; parceque, selon une ancienne tradition, le roi Evandre, avec une partie des habitants de ce lieu, étoit venu fonder une ville dans l'endroit où Rome fut bâtie depuis. Ce respect pour les anciennes traditions contribua à faire comparer Antonin à Numa. « On dit, rapporte Dion, « qu'il y eut sous son règne , dans la Bithynie et l'Hellespont , « un affreux tremblement de terre qui renversa presque entiècc rement plusieurs villes , entre autres Cyzique et son temple , le
(0 Pausan.,VIlI,43. (2) Llb. LXX, 4.
Antonin-Pin cl sa famillo ive.
«plus beau et le plus grand de l'univers.... On raconte aussi CHAr. v
«qu'une montagne s'entr'ouvrit , et que son sommet vomit ime
« grande abondance d'eau de même nature que celle de la mer. » ^^"v^
PI XXXIX
L'an 189 (892 de Rome) Antonin donna à Marc-Aurelc pour ,'t xi, épouse sa fille Faustine jeune, avec tout son patrimoine, s'en réservant seulement l'usufruit pour l'employer au bien de l'empire. L'année suivante, i4o, il donna à son gendre le titre de César. Il perdit, l'an i^i , son épouse Faustine, et lui fit rendre les honneurs divins , quoique la vie de cette impératrice eût été licencieuse et quelle eût voulu l'engager à user d'une rigueur extrême contre Celsus, qui s'étoit révolté; mais ses conseils ne purent vaincre la répugnance de l'empereur pour les moyens extrêmes.
Antonin choisit pour consul de l'an i43 Hérode Atticus, sophiste aussi célèbre par son éloquence que par les richesses immenses que lui a voit léguées son père, dont nou^s avons parlé sous Nerva. Il l'avoit donné pour maître d'éloquence grecque à Marc-Aurele et à Lucius Verus. C'est ainsi qu'il avoit appelé d'Orient un certain Apollonius pour leur enseigner la philosophie stoïcienne. Arrivé à Rome , celui-ci exigea que ses élevés vinssent le trouver dans sa demeure; l'empereur y consentit, disant avec un sourire malin «qu'il étoit étonnant que celui qui « étoit venu de l'Orient en Italie refusât, étant à Rome, d'aller « de sa maison au palais impérial. » On l'avoit vu , lorsqu'il étoit proconsul d'Asie , descendre à Smyrne dans la maison du sophiste Polémon, qui étoit absent, parcequ'elle étoit la plus belle de la ville, et en sortir bientôt après, même pendant la nuit, parceque le propriétaire étant arrivé parut tort courroucé , comme s'il ne fût pas resté assez de place pour le recevoir'. De-
(1) Philost., Soi)hist., XXV.
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v.uu- V. venu empereur, Antoniii vit au nombre des courtisans le même An.u.m.-i'.,- sQj)lj]stc, et la seule vcne;eance qu'il tira de son impudence fut
et sa hiiiiillc 1 ' D T. 1
adopiive. Je commander qu'on lui donnât un logement dans le palais, en
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et XL. ajoutant seulement : « Et que personne ne 1 en déloge. » 11 repondit aussi à un comédien qui lui demandoit justice de Polémon , parcequ'il l'avoit chassé du théâtre en plein midi: «Il m'a bien ce chassé à minidt, et je n'en ai point appelé. »
L'an goo de la fondation de Rome (i47 de l'ère vulgaire) fut consacré par la célébration des jeux séculaires, par de grandes largesses faites au peuple, et par le partage de la puissance tribunitienne en fiiveur de Marc-Aurele. Ce prince étoit fort estimé d'Anloniu, qui le consultoit toujours dans la nomination aux emplois, qui lui confioit les affaires les plus importantes, et qui tourna en dérision les calomnies de ceux qui vouloient exciter sa jalousie, en accusant Marc-Aurele d'avoir souhaité la mort de son bienfaiteur'. Mais les défauts et les vices de Lucius Verus éloianerent de lui le vertueux Antonin: celui-ci ne lui donna jamais d'autres marques de considération que celles qu'exigeoit le titre de son fils adoptif.
Quelque rapide que doive être mon récit, je ne puis passer sous silence les consuls de l'an i5i, les deux frères Quiutilius, à cause de cet amour fraternel qui les rendit plus célèbres encore que leur érudition, leur science militaire, et leurs grandes richesses. Ils furent consuls ensemble; la Grèce fut gouvernée par eux l'an lyS, et la Pannonie, l'an 178. Leurs lettres écrites à l'empereur étoient signées de tous deux; les réponses étoient adressées à tous les deux; tous deux sont cités dans les Géoponiques, comme auteurs d'écrits sur l'agriculture; enfin le farouche
{i) Capho\.,M.Jnm.,\ï. (2) Dio,LXXl,33,etLXXlI,5.
Commode les fit mourir tous deux, sous prétexte d'une rébellion dont ils étoient innocents, mais parcequon pouvoit croire qu'ils verroient sans douleur la ruine de l'empire.
Une des actions les plus mémorables d'Antonin fut de faire cesser les persécutions dont les chrétiens étoient l'objet. C'est de la quinzième année de son règne ( iS^ de l'ère vulgaire) qu'est datée la lettre qu'il adressa à loute la province d'Asie en leur faveur, et qui est rapportée dans l'Histoire ecclésiastique d'Eusebe ', où sont citées d'autres lettres de cet empereur, écrites dans le même sens aux habitants d'Athènes, de Thessalonique , de Larisse en Thessalie, et à tous les Grecs. Plusieurs critiques ont attribué à Marc-Aurele la piemiere lettre; mais l'éditeur moderne des œuvres de S. Justin', dom Prudent Marant , a prouvé qu'Antonin en étoit l'auteur. Il y disoit entre auti^es choses: «Mon père (Hadrien) a répondu aux gouverneurs, qui le conccsultoient relativement aux chrétiens, qu'ils ne dévoient point «les tourmeiiler, èi moins qu'on ne découvrit quelque attentat ce de leur part contre l'empire romain. J'ai répondu dans le même «sens aux magistrats qui m'ont écrit sur ce sujet. Si donc quel- « qu un accuse l'un deux d'être chrétien, celui-ci doit être ab- « sous, dans le cas même où il seroit prouvé qu'il le fût; et l'on « doit punir le délateur. »
Antonin cessa de vivre l'an 161 (914 tle Rome), après environ vingt-trois ans de règne , et âgé de plus de soixante et treize \ Dès le troisième jour de la maladie qui le conduisit au tombeau il fit venir Marc-Aurele , confia à sa sollicitude l'empire et sa fille Faustine jeune, et fit transporter chez lui la Victoire d'or qui étoit toujours placée dans la chambre des enij^ereurs. Ensuite,
Chap. V.
Antouin-Pie cl sa famille
adoptive.
ri. XXXIX ■
r-t XL.
(i) Lib. IV, cap. .\xvi. (2) Édii. 174?., in-fol. (3) Capitol., .Int.,\l\,
(Jiiu'. V.
Antoiiin-I'ii' i( sa famille
atloptivf.
l'I XXXIX • pt XL.
76 ICONOGRAPHIE ROMAINE. Part. II.
ayant donne pour nioL du guet, le calme de l'esprit {œquaniinitas), il s'<^lelgnit sans douleur. On rcmarr|ua que dans les accès de fièvre il n'ctoit occupé que du soin de lempirc et de quelques rois qui par leur esj^rit inrpiiet excitoient sa colère." «Le sénat, dit Capitolin', le plaça au rang des dieux, auxaccla- « mations de tous les citoyens, qui louoient sa piété, sa clé- « mence , son esprit , et la pureté de ses mœurs . » On lui rciulit tous les honneurs dont les meilleurs princes avoient été l'objet; on créa nn flamine et des confrères antoniniens; et on établit des jeux du cirque pour éterniser sa mémoire. Son corps fut porté en grande pompe, et renfermé dans le mausolée d'Hadrien^; les deux empereurs ses successeurs prononcèrent ses éloges funèbres, et l'on vit depuis un autre empereur, Gordien d'Afrique le père, composer sur Antonin et Marc-Aurele un poëme en trente livres qui n'est pas parvenu jusqu'à nous^
Capitolin' a tracé ainsi le portrait d' Antonin: «Il avoit une ce figure agréable et une taille élevée; mais, la vieillesse ayant ce courbé sa longue taille, il faisoit appliquer sur sa poitrine des « planches de tilleul très minces pour la redresser. » J'ai dit aussi au commencement de cet article que les traits d'Antonin rappeloient ceux des antiques portraits de Numa.
On voit ici, planche XL, n° 3, un nrédaillon de bronze d'An-
(1) Capitol., XIII.
(2) Comment accorder avec cet éloge l'aveu que fait Marc-Aurele (lib. I, §. i6) relativement au f;oùt trop vif qu' Antonin avoit montré pour les jeunes gens dans ses premières années? à moins de ne rappeler ici que la plupart des Grecs et des Romains regardoient ce goût, pourlequel le christianisme a fait concevoir une juste horreur, non comme un vice, mais seulement comme
une foiblesse excusable. Quant à Julien l'apostat, il parle d'un penchant immodéré pour les femmes; je ne rapporterai point son opinion sur Antonin, parceque les jugements qu'il prononce sur les Césars sont presque toujours dictés par la prévention et par l'orgueil.
(3) Gapitol.,iV. ^«re/., VII.
(4) Ihid., Corel, l\.
(5) Jnton.,XlU.
tonin, très rare, qui prouve la ressemblance de ses portraits ojravés dans cette planche et dans la précédente. Sa tète est couronnée de laurier; une portion àe paludamentiim et de cuirasse est attachée à ses épaules. Légende : ANTONINVS KNGustus PIVS TV\ibimitidVotestate COS. [consul) IIII. Revers, sans légende ; Bacchus debout dans un temple entouré de galeries circulaires; au-devant, un victimaire tenant un bouc , et une autre figure portant des fruits sur un plat.
Les n" I et :2 présentent la face et le profil d'un buste colossal d'Antonin, qui est conservé dans le musée royal, sous le n° 8. L'empereur, voilé et couronné d'épis, est représenté dans le costume religieux des frères Arvales. Cette espèce de confrérie, dans laquelle on n'admettoit que les personnes les plus distinguées de l'empire, étoit désignée par ce nom, à cause des sacrifices que ses membres offroient aux dieux pour obtenir la fertilité des champs [arvorum). La tête est antique et de marbre pentélique; on l'a encastrée dans un buste de marbre de Paros. Elle étoit placée dans le chiîteau d'Ecouen.
Cette belle tête nue d'Antonin est gravée sur une améthyste de la collection desFarnese, conservée à Naples, dans le palais de Capo-di-Monte. Elle est gravée ici de la grandeur de l'original.
Chip. V.
Antonin-Pie
et sa fanûlte
adoptive.
PI. xxxix •
et XL.