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ET SES ÉPOUSES

JULIA CORNELIA PAULA, AQUILIA SEYERA, ET ANNIA FAUSTINA.

Quoique les Romains eussent encore présents à Pesprit les règnes affreux de Caligula, de Néron, de Domitien, de Commode, et de Caracalla, ce fut dans Pliistoire d'Assyrie qu'ils cherchèrent un monstre couronné, Sardanapale, pour caractériser Pinfame Elagabale; tant celui-ci avoit surpassé ses prédécesseurs en débauches et en prodigalités' !

Elagabale fut appelé, en naissant, Varius Avitus Bassianus, et il prit ensuite les noms de Marcus Aurelius Antoninus, pour faire croire qu'il étoit fils adultérin de Caracalla. Les premiers noms étoientceux de son père, de son aïeul, et de son bisaïeul maternel. Il étoit arriere-neveu de Julia Domna, par son aïeule Julia Maesa, sœur de cette impératrice. Il se trouvoit cousin d'Alexandre Sévère, fils de Marnée, la sœur de sa mère, Soémias. Elagabale naquit Pan 2o5 (958 de Rome ) à Emese, ville de Phénicie célèbre par le temple magnifique du dieu Elagabale, qu'elle renfermoit. A peine sorti de Penfance, il en fut créé prêtre avec

(i) Le nom de cet empereur se trouve nier nom, d'après les médailles sur les-

écrit le plus souvent Héliogabale , mot quelles on lit , SACERDOS DEI SOLIS

composé du nom grec du soleil et de la ELAGABali, et SAÎSCTo DEO SOLI ELA-

terminaison du syrien Elagabale; mais on GABALo.

a adopté depuis quelques années le der- (2) Dio, LXXIX.

FAMILLE D'ELAGABALE. i83

son cousin Alexandre; et jamais peut-être il ne se fût élevé plus chap. ix. haut sans le secours de Maesa, son aïeule. Éiagabaie

' et sa rainille.

Maesa, ayant vécu à la cour de Sévère, auprès de Fépouse de pi li cet empereur, de Julia Domna, et se voyant ensuite renvoyée avec cette sœur, jeta les yeux sur son petit-fils Elagabale pour remonter avec lui sur ce brillant théâtre. Celui-ci, âgé de quatorze ans, avoit une taille avantageuse, de beaux traits, un air de douceur qui lui concilioit l'affection générale; sa beauté étoit encore relevée par l'éclat du magnifique costume qu'il portoit, en qualité de pontife du dieu Elagabale. Maesa avoit remarqué que les soldats de Macrin, campés aux environs d'Antioche, et qui venoient à Emese pour assister aux fêtes du dieu, étoient frappés de l'air de grandeur du jeune pontife, et avoient conçu de l'affection pour lui. Elle entretint ces dispositions favorables en donnant à entendre qu'il avoit pour père Caracalla " ; qu'il étoit le fruit d'une foiblesse de Soémias, sa mère, avec cet empereur, dont le nom leur étoit toujours cher, et qu'elle emploieroit ses grandes richesses pour le faire monter sur un trône qui lui appartenoit.

Les soldats, irrités de la sévérité de Macrin, se laissèrent gagner. Alors Maesa conduisit dans le camp situé près d'Emese son fils, revêtu d'un manteau qu'avoit porté Caracalla dans son enfance, et le présenta comme le fils de cet empereur'. Le i6 mai 9,18, l'armée posa le diadème sur le front d'Elagabalc, et lui donna les noms de Marc-Aurcle Antoulu , qu'avoit pris son prétendu père. Macrin envoya contre ce rival un jiréfet du prétoire avec des troupes qui furent défaites, et lui-même fut vaincu près d'Antioche et tué dans sa fuite. Diadumcnien, que

(i) Lampr.,//c%.,II;Dio, LXXVIII, 3o; Ilcrod., V, 4. (2) Dio, LXXVIII,3i.

Chap. IX.

Élajjahalc

cl sa famille

PI. I.l

i84 ICONOGRAPHIE ROMAINE. Part. IL

son père, Macrin, avoit déclaré Auguste, éprouva un sort aussi funeste; et ElagaLale régna sans rival depuis le 7 juin 218, jour où il entra à Antioclie en vainqueur".

Il écrivit au sénat une lettre remplie de calomnies contre Macrin, promettant cependant de ne jamais poursuivre ceux qui avant la mort de cet empereur avoient agi ou écrit contre lui, Elagabale. On assure qu'il tint sa promesse; mais Ton a remarqué aussi que c'étoit la seule bonne action qu'il ait faite pendant les trois années de son reirne. Il en signala le commencement en poignardant Gannys, l'ami de sa mère et de son aïeule, le soutien de son enfance, celui qui avoit le plus contribué à son élévation, et qui lui donnoit de sages conseils. Arrivé à R.ome en 219, et la première fois qu'il entra dans le sénat , il voulut qu'on invitât son aïeule à y siéger auprès des consuls ; elle donna son avis et remplit toutes les autres fonctions des sénateurs. Livie et Agrippine, malgré leur puissance et leur ambition, u'avoient jamais eu tant d'audace; et jamais on ne vit un pareil exemple après Elagabale. Celui-ci conduisoit toujours Maesa avec lui, non seulement au sénat, mais aussi dans le camp des prétoriens ; et sa mère Soémias créa un sénat de femmes, où elle rendoit des décrets

(1) Une inscription trouvée vers la fin du dernier siècle, en creusant les fondalions de la sacristie de Saint -Pierre de Rome, et relative aux frères Arvales (association religieuse), nous apprend que le 12 juin on conuoissoit à Rome la victoire du 6 juin, remportée par l'armée d'Élagabale près d' Antioclie de Syrie. Ces deux villes étoient séparées par quinze degrés de longitude , environ trois cents lieues moyennes, ce qui fait cinquante lieues par jour. On s'étonnera moins de cette vitesse extraordinaire si l'on se rappelle que les

anciens employoient, pour faire parvenir les nouvelles, des relais sur la terre, et des signaux de feu sur les îles situées dans la mer Egée et la mer Ionienne (l'Archipel et l'Adriatique). Eckehl {Doctr. A'^iwiism. Vet. , VII, 247) rapporte cette inscription , dans laquelle on lit pridie \dus lui; ce qui donneroit un mois d'intervalle , et par conséquent n'apprendroit rien d'extraordinaire : c'est évidemment une faute d'impression, et l'on doit livepiidie \dus 1 1(H? , h la veille des ides de juin. »

FAMILLE D'ELAGABALE. i85

sur le costume de son sexe, et sur tous les objets frivoles dont il chap. ix. s'occupe ordinairement. Eiagabaie

i. et sa tamille

Au mépris des Romains pour l'auteur de ces folies succéda pi. li. bientôt une liaine profonde, lorsqu'ils le virent profaner les objets de leur culte. Prêtre du dieu Elagabale, l'empereur, qui en prcnoit le titre sur ses monnoies, voulut faire de sa divinité le premier des dieux de tout l'univers. C'étoit une pierre noire arrondie par le bas et terminée en cône '. il bâtit donc auprès du palais des enq^ereurs un temple superbe, dans lequel II fit transporter Elagabale, le feu de Vesta, la statue de Cybele, les boucliers (ancilîa) sacrés de MArs,\e pal/adiui?i, demeuré jusqu'alors invisible, enfin la célèbre divinité de Cartilage, Céleste, que l'on croyoit représenter la lune-. Non content d'une réunion aussi bizarre , il imagina bientôt de faire é]30user Céleste par Elagabale, image du soleil; et il obligea même tous les sujets de l'empire ri faire les frais de ce mariage ridicule.

Toutes les actions de cet empereur furent des actes de cruauté, de démence, ou de débauche outrée. Son aïeule, Maesa, n'ayant pu y mettre un frein par ses remontrances, prévit le sort funeste qui le menaçoit, et travailla à s'assurer, ainsi qu'à sa famille, un avenir moins malheureux. Elle parvint à lui persuader qu'il devoit associer à l'empire son cousin x\lexandre. Elagabale le conduisit au sénat, accompagné de Maesa et de Soémias. Là il annonça que son dieu Elagal)ale lui avoit ordonné d'adopter son cousin (quoique celui-ci fût moins âgé que lui seulement de quatre ans), de lui donner le nom d'Alexandre; et il le déclara César et consul pour l'année suivante. Après cet acte solennel, il

(i) Cette pierre, les bactiles, et d'an- des pierres tombées de l'atmosphère,

très pierres adorées dans l'Orient, étoient /jx Lanipr. Ifeltoa, lll.

probablement des aéiolitlics, c'est-à-dire

i86 ICONOGRAPHIE PtOMAINE. Part. II.

cmu. IX voulut engai^cr le jeuuc prince à partacjer ses folies et ses débautiafiabaïu. ^.|^^g mais Mamcc , mère d'Alexandre , en éloigna son fils par ses

el sa famille. ' ' ' D x

l'i II conseils , et par ceux des maîtres de tout genre , qui lui dounoient des leçons en secret. Elagabale , voyant dans Alexandre des inclinations entièrement opposées aux siennes, se repentit de l'avoir adopté, et employa tous les moyens pour le faire mourir; mais la vigilance de Mamée et l'amour des soldats préservèrent le jeune César de ses embûches.

Les prétoriens, irrités contre l'empereur, ne s'apaisèrent qu'en lui faisant promettre de respecter les jours de son cousin, et d'éloigner les compagnons de ses débauches. Elagabale promit tout ce qu'on exigea de lui, et ne tint aucune de ses promesses. Ayant appris qu'il persévéroit dans ses sinistres desseins contre Alexandre, les soldats jurèrent de lui ôter l'empire, et ils le poignardèrent avec sa mère , qui le tenoit embrassé. L'endroit du camp où périt Elagabale, les latrines, étoit un tombeau digne d'un tel monstre ; on ne l'en arracha que pour le précipiter dans le Tibre. Il étoit âgé de dix-huit ans, lorscp'il mourut, le 1 1 mars 111 de l'ère vulgaire (975 de Rome). Il en avoit régné quatre. Elagabale fut le dernier des Antonins. Il avoit eu pour épouses légitimes et avoit répudié Cornélia Paula, Aquilia Severa, et Annia Faustiua ; aucune d'elles ne Pavoit rendu père.

On peut croire que la haine et le mépris ont exagéré le nombre et le genre des débauches, des traits de folie et d'avarice, et des actes de cruauté qui ont fait du nom d'Elagabale le surnom des princes les plus odieux. Cependant j'en dois rapporter quelques uns pour faire connoitre les dangers de la puissance absolue. Il dissipa les trésors amassés par Macrin. Les lieux les plus reculés de Pempire fournissoient au luxe de sa table, qui étoit ordinairement couverte de vingt-huit services. Il buvoit à chaque repas

FAMILLE D'ELAGABALE. 187

dans une nouvelle coupe d'or. Le baume, alors aussi précieux que chap. ix. l'or, alimcntoit ses lampes, et il se baignoit dans des piscines ^t^'.j^fg^^j',',, parfumées. Il se fit servir un repas composé de langues de paons pi. u. et de rossignols, et l'aliment ordinaire de ses lions étoit des perroquets et des faisans; quelquefois il n'invitoit a ses repas que des chauves, ou des louches, ou des sourds, ou des hommes très gras, ou des hommes très maigres; et souvent il fit lâcher sur eux des lions et des léopards auxquels on avoit coupé les ongles et arraché les dents; et quelquefois tous les mets qu'on leur servoit étoient d'ivoire, de cire, ou de marbre. Après ses repas, il se livroit à la danse, ou il conduisoit des chars, ou il faisoit mettre à mort quelc|ue riche citoyen pour hériter de ses biens.

Afin de donner une preuve de la grandeur de Rome, Elagabale fit ramasser toutes les toiles d'araignées c[ui se trouvoient dans cette ville; le poids total s'éleva, dit-on, à dix mille livres romaines (environ 8268 kilogrannnes). Il ne portoit que des habillements tissus de lames d'or et d'argent ; les pierres précieuses les couvroient depuis la coiffure jusqu'à la chaussure. Il faisoit répandre les plus riches métaux réduits en poussière sur le chemin qu'A devoit suivre pour monter sur son char, afin de ne marcher que sur des matières aussi chères.

Ce c[ui surpasse toute croyance c'est ce c[ue l'on raconte des débauches d'Elagabale. Il ne recherchoit aucun des plaisirs que la nature inspire. Las de vivre en homme, il exerça l'infâme métier des courtisanes; paré de leurs atours, il appcloit les passants, se livroit à leur brutalité , et recevoit le prix de sa honte. Il rassembla toutes les courtisanes, les harangua, comme le fait un général pour ses soldats, les appela ses compagnons d'armes {cominililones) , s'entretint avec elles sur les différents genres de

i88 ICONOGRAPIITE ROMAINE. Part. II.

ciiAi. ix. voluptés , et leur cHslril)ua des présents. Il fit elicreher dans tout Kiagabaie l'omnire les hommes fini se distinfruoient par la errandeur des

cl sa famille l 1 D 1 O

l'i. i.i organes, aux(juels il attaelioit un si grand prix; et Ton conduisit dans son palais, avec une pompe royale, un Smyrnéen qui les surpassoit tous. Celui-ci l'aborda en disant, comme il étoit d'usage, « Seigneur empereur, je vous salue; » mais Elagabale répondit, en adoucissant sa voix et en baissant la tcte, « Ne «c m'appelez pas seigneur, car je suis une femme. » Il épousa avec toutes les cérémonies ordinaires Hicroclès, un vil esclave, qu'il voulut déclarer César. Enfin, non content de se conduire en tout coinme s'il eût été d'un autre sexe, il demanda aux médecins (qui alors exerçoient la chirurgie) s'ils ne pourroient pas créer en lui le sexe féminin.

N" 1,2, et 3. Les 11° I et 2 de la planche LI présentent la face et le profil d'un buste d'Elagabale du musée royal, n° 63. Le travail en est précieux. On y observe la barbe naissante, comme à la tête couronnée de laurier du médaillon de bronze n° 3. Autour du buste d'Elagabale on lit IMVerator CAESar Marcus AYVJLhius ANTONINVS PIVS FELIX AYGustus. Revers , quatre chevaux tirent un char sur lequel est placée une pierre de forme conique (son dieu Elagabale) , un aigle éployé est posé devant cette pierre; on voit dans le champ une étoile , qui fait distinguer quelques unes des médailles d'Elagabale de celles de Caracalla , a23pelé aussi Marcus Aurelius Antoninus. Légende , CONSERVATOR AYGYSTI, exergue, COS (^consul) IIII, l'année 222, celle de sa mort.

Dans le mois de septembre 1820 j'ai lu à l'académie des inscriptions un mémoire dans lequel j'ai cherché à prouver que la statue du Vatican qui représente Sardanapale II , selon Winckelmann; Platon, selon quelques philologues; et Bacchus l'ancien , selon Viscouti, représente Elagabale avec le costume des

Élagabale et sa famille.

FAMILLE D'ELAGABALE. 189

prêtres syriens : ce costume, qu'il affectionnoit, le fit surnom- chm-. ix. mer l'Assyrien; comme ses vices honteux lui firent donner le surnom de Sardanaj)ale. On trouve dans les traits et la barbe pi. u de la statue, dans l'ampleur et la longueur des vêtements, les traits qui caractérisent Bacchus l'ancien ou le barbu. Elagabale étoit d'une grande beauté, selon le témoignage exprès d'un historien contemporain, d'Hérodien qui dit que « ce jeune homme « ressembloit aux beaux portraits de Bacchus. » On s'accorde à rapporter l'inscription CAPAANAIIAAAOC , qui est gravée sur le manteau , au siècle des Antonins : le dernier des empereurs qui portèrent ce nom fut Elagabale. A la vérité la barbe épaisse et longue de cette figure paroit contraster avec les traits de l'âge viril, qu'elle représente: mais ou sait que les artistes, voulant exprimer une ressemblance entre les successeurs des Antonins et ces empereurs célèbres, donnèrent aux premiers la barbe touffue qu'avoient portée les derniers, à l'imitation des philosophes. Pour achever la conviction, j'ai fait ajuster par un dessinateur la chevelure et la barbe de la statue au buste d'Ela":abale du musée royal, n" 63, et à un buste d'un médaillon de bronze du cabinet du roi : la ressemblance avec la statue a été frappante.

De ces trois noms, Julia Cornelia Paula , qu'on lit sur des médailles grecques, le premier fut pris par toutes les femmes qui portèrent le titre d'Auguste, depuis Julia Domna, épouse de Sévère, jusqu'à Julie Marnée, mère d'Alexandre Sévère; de même que les empereurs prenoient le nom d'Autonin. Elagabale épousa Cornelia Paula , l'an 21g, après son arrivée à Rome. Un an s'étoit à peine écoulé , qu'il la répudia , parccqu'll avoit , disoit-il, découvert une tache sur son corps '. Ilérodien ajoute qu'il la

(i) Dio,LXXlX,9.

igo ICONOGRAPHIE ROMAINE. Part. II.

ciivi. IX. priva ensuile de tous les honneurs dont jouissoient les impéra- '■''•T^'.',: triées.

et ^a fainiUr.

l'i. u. On ne connoît que des médailles de cette impératrice, et Ton

"*" 4- en voit ici une de moyen bronze. Sa tête nue est entourée de la légende IVLIA PAVLA KNGusta. Au revers paroit la Concorde assise, tenant une patere et une double corne d'abondance, avec la légende CONCORDIA; dans le champ, l'étoile, qui caractérise un grand nombre des médailles d'Elagabale ; à l'exergue, S. C.

Les lois condamnoient à être fouetté publiquement, ensuite étranglé en prison, celui qui auroit attenté à la pudeur d'une vestale ' ; et Elagabale n'eut pas honte d'épouser, l'an 111 , AQUI- LIA SEVEPvA, qui étoit consacrée au culte de Vesta. Pour consoler le peuple, affligé d'un pareil sacrilège, il ajouta l'ironie à l'irréligion, en disant qu'étant grand pontife, il avoit cru devoir prendre pour épouse la grande vestale, afin de procréer des enfants divins. Bientôt après il la répudia; mais il la rappela quelque temps avant sa mort.

N° 5. Nous ne connoissons de portrait de cette imjDéra triée que sur

ses médailles. On le voit ici, au n° 5, sur une médaille de moyen bronze, avec la légende IVLIA AQVILIA SEYERA KXGusta. Revers, Elagabale et Aquilia Severa se donnent la main; la Concorde, désignée par la légende CONCORDIA, les unit.

Les médailles seules nous ont appris le nom de la troisième femme d'Elagabale, Annia Faustina. Dion et Hérodien disent qu'il épousa, après la répudiation d'Aquilia Severa, la veuve de

(i) Dio, LXXIX, 9.

FAMILLE D'ELAGABALE. igi

Bassus, qu'il avoit fait mourir parcecju'il trouvoit dans la vie de cmi-. ix. ce consulaire, exempte de reproches, une censure de la sienne, J^'aG^i-^'e

'il' ' tt sa tamille.

OU plutôt parceque ses sollicitations n'avoient pu ébranler la pi. li sagesse de son épouse". L'ayant rendue veuve, il la contraignit de cacher ses larmes, et de lui donner la main l'an 221. Arrierepetite-fille de Marc-Aurele , elle n'ajouta point à ses noms patronimiques ( Anuia Faustina) le surnom de Julia, comme le faisoient les femmes de la famille d'Elagabale. Ses vertus ne la préservèrent p^oint du sort commun à toutes les épouses de cet empereur; il la répudia.

La fabrique des médailles qui portent pour légende autour n» 6. d'une tête de femme ANNIA • FAVSTINA • AYGVSTA, la coiffure de cette tête, et la conformité des types de ces médailles avec ceux des médailles qui représentent les épouses d'Elagabale , les ont fait attribuer à sa troisième femme. Elles nous ont appris son nom. On en voit ici, sous le n°6, une de grand bronze extrêmement rare : la légende, CONCORDIA, entoure les figures d'Elagabale et d'Aunia Faustina, qui se donnent la main; à l'exergue, S. C, et dans le champ, l'étoile d'Elagabale.

§. 2. JULIA SOEMIAS, MERE D'ELAGABALE.

Elle porte sur les médailles ces deux noms , dont le second (son nom propre) y est écrit de plusieurs manières. Une inscription grecque, expliquée par Oderici, ajoute celui de Bassiana '. Julia Domna, sa tante maternelle, l'introduisit, vers l'an 204,

(1) Dio, LXXIX , 5,9; Hcrod. , V, (?.) Dissertai, et Adnol. , 199. lickJiel,

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